Achille Liénart

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Achille Liénart
Biographie
Naissance 7 février 1884
à Lille (France)
Ordination sacerdotale 29 juin 1907
Décès 15 février 1973 (à 89 ans)
à Lille
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
30 juin 1930 par le
pape Pie XI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Sisto
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 8 décembre 1928 par
Mgr Charles Lecomte
Prélat de la Mission de France
13 novembre 1954 – novembre 1964
Précédent Création de la prélature Gabriel Marty Suivant
Évêque de Lille
6 octobre 1928 – 7 mars 1968
Précédent Hector Quillet Adrien Gand Suivant

Blason
« Miles Christi Jesu »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Achille Liénart, né le 7 février 1884 à Lille et mort le 15 février 1973, communément désigné sous le titre cardinal Liénart, a été évêque de Lille pendant 40 ans. Une telle longévité est assez rare dans l'histoire de l'Église.
Son soutien au syndicalisme chrétien lui valut le qualificatif de cardinal rouge qui ne recouvre pas cependant la totalité de son action qui s'étendait à tous les milieux.

Prêtre à l'église Saint-Christophe de Tourcoing jusqu'en 1928, il devint à 44 ans le plus jeune évêque de France. Il fut créé cardinal moins de deux ans plus tard par Pie XI à un moment où celui-ci souhaitait renouveler profondément l'épiscopat français. Le cardinal Liénart accorda, dans la ligne de ce pontificat, une priorité au développement de l'Action catholique, particulièrement de l'Action catholique spécialisée, moyen privilégié de l'évangélisation dans le diocèse de Lille.

Novateur, il fut l'un des plus ardents partisans du concile de Vatican II et l'un des plus importants parmi les évêques libéraux qui souhaitaient un assouplissement de la discipline, de la liturgie et de la théologie.

Éducation et famille[modifier | modifier le code]

Achille Gustave Louis Joseph Liénart est issu d'une famille appartenant à la moyenne bourgeoisie lilloise. Il est le deuxième d'une famille de quatre enfants : Anna, Marie-Thérèse et Maurice. Son père, Achille Philippe Hyacinthe Liénart (décédé en 1911) est négociant en toile, et sa mère, née Louise Delesalle, élève ses enfants. Leur train de vie est modeste et la famille est très unie. Quand il prendra ses fonctions d'évêque en 1928, il installera sa mère dans un appartement à l'évêché jusqu'à sa mort en 1932.

En 1891, il entre au collège jésuite Saint-Joseph, situé depuis 1877 rue de Solférino à Lille, où il obtient en 1901 son baccalauréat de philosophie. Sa vocation apparaît tôt: dès sa sortie du collège, il sait qu'il sera prêtre et entre au séminaire d'Issy-les-Moulineaux, près de Paris. Il effectue son service militaire, qui durait trois ans, en octobre 1903 au 43e RI à la Citadelle de Lille.

Puis il reprend ses études de séminariste au séminaire Saint-Sulpice à Paris. Comme on le destine à l'enseignement religieux supérieur il fréquente également l'institut catholique de Paris. Ordonné prêtre le 29 juin 1907[1] il se spécialise en Écritures Saintes à l'institut biblique de Rome dont, en 1909, il est parmi les premiers étudiants. Puis il enseigne au séminaire de Saint-Saulve.

Il est le grand-oncle de l'écrivain Élisabeth Bourgois.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début du conflit, bien qu'ayant été réformé "RD2" en 1907, il signe un engagement le 7 août 1914 et devient l'aumônier volontaire de l'ambulance 3 de la 51e division de réserve qui est envoyée dans les Ardennes pour soutenir les 1er et 10e corps d'armée à Dinant. Il participe, toujours avec la 51e division, à la bataille de la Meuse en août 1914 et à la bataille de la Marne en septembre 1914.

Le 23 mars 1915, il est nommé à la division d'infanterie du 3e corps d'armée, puis il devient l'aumônier du 201e RI de 1915 à 1919 qui est un régiment du Nord. Dans les tranchées, il va au secours des blessés et des mourants. Il sera blessé deux fois : une fois à la cuisse le 23 juillet 1916, et à la nuque le 21 août 1916 pendant la campagne de la Somme. À la fin du conflit, il sera démobilisé en mars 1919.

Il devient enseignant au Grand Séminaire de Lille et s'intéresse de près aux questions sociales.

Évêque de Lille[modifier | modifier le code]

En 1926, il est désigné curé doyen de l'église Saint-Christophe de Tourcoing et le 6 octobre 1928, évêque de Lille à seulement 44 ans.

Tout juste nommé, il se pose en médiateur lors de la grande grève d'Halluin, qui durera de septembre 1928 à avril 1929[2].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 31 mai 1940, la poche de Lille tombe : Lille est occupée. La région Nord-Pas-de-Calais est sous l'autorité de l'Ober Feld Kommandatur ou OFK 670 et de son gouverneur Felzman. Le 5 juin 1940, le cardinal Liénart obtient de Felzman des laissez-passer pour lui ainsi que pour ses collaborateurs afin de pouvoir se déplacer librement en zone « occupée » (le Nord-Pas-de-Calais faisant partie de la zone interdite) et de réorganiser le diocèse de Lille. Le 22 juin 1940, jour de la signature de la convention d'armistice franco-allemande dans la clairière de Rethondes, il est convoqué par Rüdiger, le Regierungspräsident pour le Nord-Pas-de-Calais. Le cardinal s'y présente accompagné de Mgr Lotthe. L'entretien est courtois, le but du cardinal est avant tout de « préserver les conditions pastorales sous l'occupation »[3].

À l'instar de la hiérarchie catholique, le cardinal Liénart prône le loyalisme vis-à-vis du gouvernement de Vichy. Le Cardinal était à Vichy aux côtés de Philippe Pétain, en avril 1942, lors du renvoi de l'Amiral Darlan par les Allemands. Il déclare dans le Journal de Roubaix daté du 17 avril 1942, "Pétain est l'homme autour duquel tous doivent de tenir". Philippe Pétain restera silencieux lors des rafles de juifs[4]. Sa position ne se nuance qu'en 1943 à propos du STO[5].

Suite aux événements survenus pendant la nuit du 1er au 2 avril 1944 lors du massacre d'Ascq, le cardinal Liénart écrit une lettre de protestation au général von Falkenhausen transmise par l'intermédiaire du général-lieutenant Bertram qui le convoque le soir-même à l'OFK. Les Services Secrets allemands, arrivés sur place l'autoriseront à officier, lui-même,[réf. nécessaire] lors de la célébration des funérailles des victimes du massacre le 5 avril 1944.

Prélat de la mission de France[modifier | modifier le code]

Écartelé: au premier d'azur à la Vierge de la Treille d'argent, au deuxième et troisième de gueules au pont d'argent à trois arches qui est de Pontigny, au quatrième d'azur au livre des Saints Évangiles d'argent chargé de l'alpha et l'oméga de sable. À la croix de sable chargée en cœur du Sacré Cœur d'or, rayonnant, blessé et enflammé de même, brochant sur les partitions. Accompagné de la devise MILES CHRISTI JESU[6].

En 1954, le cardinal Liénart accède aux fonctions de prélat de la mission de France. Il ajoute à son blason, qui comportait une représentation Notre-Dame de la Treille (vénérée à Lille depuis le XIIIe siècle) le symbole du pont à trois arches de Pontigny où est situé le siège de la mission de France.

Vatican II[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vatican II.

Lors de la première session de travail du IIe concile œcuménique du Vatican, le cardinal Liénart déclencha un coup de théâtre : alors que l'ordre du jour prévoyait un passage direct au vote des textes des commissions préparatoires, il prit la parole, avec le cardinal Frings, pour demander un débat préalable. Le changement de procédure proposé fut immédiatement accepté par Jean XXIII. À une immense majorité, les évêques décidèrent alors par un vote de ne pas procéder ainsi que l'avaient prévu les commissions préparatoires, mais de d'abord délibérer entre eux, par groupes nationaux et régionaux, ainsi que dans des réunions plus informelles.

Hommages[modifier | modifier le code]

Décorations principales[modifier | modifier le code]

Art[modifier | modifier le code]

Lieux[modifier | modifier le code]

Parcours ecclésiastique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Voix du Nord, octobre 2009
  2. Collectif, Le Nord, de la Préhistoire à nos jours, Bordessoules,‎ 1988 (ISBN 2-903504-28-8), p. 309
  3. Catherine Masson, Le cardinal Liénart, évêque de Lille 1928-1968 (présentation en ligne)
  4. Le Cardinal Liénart Article de Catherine Masson sur le site du diocèse de Lille
  5. Collectif, Le Nord, de la Préhistoire à nos jours, Bordessoules,‎ 1988 (ISBN 2-903504-28-8), p. 328
  6. Archives du Diocèse de Lille
  7. http://www.cathedralelille.com/index.php/decouvrir/l-exterieur-de-la-cathedrale/30-portail-sud-dedie-a-saint-eubert

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]