Carabine M1

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Carabine M1
Image illustrative de l'article Carabine M1
Carabine M1
Présentation
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Type Semi-automatique ou Automatique
Munitions 7.62 x 33 mm (.30 Carbine)
Fabricant Winchester Repeating Arms Company, Springfield Armory, Inland, Underwood, Saginaw Gear, Irwin Pedersen, National Postal Meter, IBM, Standart, Quality Harware, Grand Rapid, General Motors, Rock Ola et Howa, Japon, après guerre
Période d'utilisation 1941
Production 6 332 000
Poids et dimensions
Masse (non chargé) 2,36 kg
Masse (chargé) 2,52 kg
Longueur(s) 904 mm
Longueur du canon 458 mm
Caractéristiques techniques
Mode d'action Emprunt de gaz
culasse rotative
Portée pratique 50-150 m
Cadence de tir 30 coups/min
Vitesse initiale 750 m/s
Capacité 15-30 coups
Variantes M1A1, M1A3, M2 et M3

La carabine M1 (M1 carbine en anglais) produite par Winchester ainsi que de nombreuses autres firmes américaines, est l'arme individuelle la plus produite par les États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale, avec 6 332 000 exemplaires construits à la fin du conflit.

Conception[modifier | modifier le code]

C'est en 1937 qu'a commencé, aux États-Unis, la production du fusil M1 semi-automatique, un fusil de conception Springfield, et produit par de nombreuses autres firmes américaines.

Mais en 1940, l'US Army, après un examen de l'équipement de ses unités combattantes, exprima la nécessité de disposer d'une carabine d'un stockage et d'un maniement facile, pouvant être utilisée d'une main tel un pistolet. Plusieurs manufactures d'armement entrèrent alors en compétition et présentèrent leur projet. Le projet Winchester l'emporta et fut retenu sous le nom de carabine calibre 30-M1.

La carabine M1 avait un mécanisme ressemblant a celui du M1-Garand , toutefois celuis-ci est d'origine Winchester et n'est pas a proprement parlé une copie du mécanisme Garand ( qui proposa aussi une carabine ) Le fonctionnement est un classique emprunt des gaz p. Elle tirait une munition dite .30 Carbine (7,62x33mm), d'une puissance intermédiaire entre celle d'une cartouche de pistolet et celle d'un fusil.

C'est Winchester qui remporta le concours mais comme ses moyens de productions étaient limités, tous ses concurrents la fabriquèrent : ils avaient perdu le concours mais les appels d'offre furent bien partagés, même General Motors, IBM, Underwood (machines à écrire) et Rock-Ola (Juke-boxes) en ont fabriqué. Howa, fabricant d'armes Japonais en a aussi produit 10000 après la guerre pour l'Asie, une rareté aux États-Unis et en Europe.

On définit généralement par un certain pourcentage la production à tel ou tel fabricant.

Toutes les pièces des fabricants sont compatibles entre elles (hormis certaines culasses civiles "rondes"). Un exemple de production par divers fabricants tout comme le fusil Garand M1 d'ailleurs.

La carabine connut un succès immédiat. Elle était légère et très maniable, et fut adoptée par de nombreuses unités d'appui, telles que les artilleurs ou les équipages d'unité blindées, mais aussi par les soldats ayant une fonction autre que le combat d'infanterie, tel les radios ou les techniciens des unités de soutien.

Mais elle présentait un inconvénient majeur, inhérent à la nature de la cartouche de faible puissance qu'elle utilisait : la portée pratique efficace n'était que d'environ 150 mètres et une balle ne suffisait souvent pas à neutraliser un ennemi. Néanmoins, les légendes urbaines à propos de la cartouche sont totalement infondées : il est fréquent d'entendre que la .30 carbine ne peut même pas traverser une boite en carton ou un drap mouillé à 100 mètres, ou encore que l'uniforme de l'ennemi suffit à stopper la balle.

Ce genre d'histoires est évidemment exagéré et il faut se replacer dans le contexte historique pour comprendre la réputation de faible puissance de cette munition d'où sont parties toutes ces rumeurs infondées : le calibre standard de l'armée américaine était le .30-06 du Garand M1, une munition extrêmement puissante.

Lorsque les soldats ont été fournis en carabines USM1, ils ont vu une arme dont la puissance d'arrêt et la portée étaient bien inférieures à celles du Garand M1, qui servait au commun des soldats d'étalon pour juger des capacités d'une arme de même type ou approchant.

De fait, ils ont trouvé que le calibre de cette carabine était peu performant face au 30-06.

Il faut dire que durant la guerre de Corée, les soldats chinois luttaient contre le froid en mettant des épaisseurs de journaux sous leurs vêtements et qu'à 150 m, les tirs de 30M1 ne parvenaient pas à les tuer.

Le 5,56 OTAN a reçu le même accueil lors de sa démocratisation aux pays du bloc de l'Ouest durant les années 1960, car il était comparé à la monstrueuse 7,62 OTAN, une cartouche, encore une fois, d'une puissance énorme. Tout comme le 5,45 x 39 russe de la AK74, d'ailleurs, qui était comparé au 7,62 x 39 des AK47 et AKM dans le bloc de l'Est. Et pourtant ces deux calibres (le 5,56 OTAN et le 5,45 x 39) sont aujourd'hui les grands standards de l'armement militaire, déclinés aussi bien aux "micro" fusils d'assaut qu'aux mitrailleuses légères.

Ainsi, les jugements de valeur sur le calibre .30 carbine sont à prendre avec un certain recul et à analyser en se replaçant dans le contexte historique. De plus, il faut se rappeler que l'idée de départ était de fabriquer un pistolet hypertrophié plus qu'un fusil. Ainsi, l'objectif était atteint puisqu'on avait une arme d'une compacité et d'une légèreté étonnante qui remplaçait donc sans problèmes le pistolet automatique mais qui offrait à l'utilisateur une puissance et une précision largement plus élevées et une portée plus que triplée (le standard militaire pour la portée avec précision acceptable d'une arme de poing est en général de 50 mètres et il est habituellement estimé que la limite de précision lors du tir de combat au pistolet se situe dans les environs de 15 mètres, soit un dixième de ce que permet la USM1). On notera d'ailleurs que le 9 mm parabellum (le standard actuel des pistolets et pistolets mitrailleurs) délivre entre 400 et 650 joules alors que le .30 carbine, lui, développe une énergie de 1 200 joules, soit deux à trois fois l'énergie du 9 mm parabellum.

Actuellement, le calibre .30 carbine est très apprécié des tireurs sportifs, qui obtiennent d'excellents résultats à 100 et 200 mètres, son système de visée à œilleton aidant beaucoup les tireurs et son faible recul permettant une remise en ligne très facile par rapport aux autres armes semi automatiques plus puissantes. La cartouche est facile à recharger et très économique (peu de fissures, peu de poudre, une balle peu chère).

Le calibre étant même utilisé pour la silhouette métallique, une discipline de tir de loisir et de tir sportif dont le but est de renverser des silhouettes en métal à plusieurs centaines de mètres et qui nécessite une cartouche puissante (pour renverser les silhouettes à coup sûr, à cause du poids élevé de ces silhouettes), preuve que cette munition n'est pas si peu efficace que l'imaginaire collectif le laisse entendre.

Plusieurs armes de poing existent dans le calibre 30M1, en revolvers ou en pistolets semi automatiques (puissants et plus légers toutefois que le 44 magnum).

Howa, fabricant d'armes Japonais en a aussi produit 10 000 après la Seconde Guerre mondiale pour l'Asie.

La production en masse commença en septembre 1941 et sa mise en service eut lieu en juillet 1942.

Engagements[modifier | modifier le code]

Infanterie au combat aux Pays-Bas en novembre 1944 avec le M1.

Essentiellement fabriquée à l'origine pour les unités de second échelon comme le génie ou les transmissions, son emploi s'étendit rapidement à certains personnels du front comme les officiers et les servants des pièces d'artillerie.

En effet, la carabine était plus légère que le fusil M1, contenait plus de cartouches (15 à 30 cartouches de 7.62 mm contre 8), mais était moins précise que le Garand.

Les unités parachutistes en furent équipées et les Marines l'employèrent lors des combats dans la jungle des îles du Pacifique.

Des carabines M1 ont été parachutées dans les maquis français où elle fut d'ailleurs très recherchée car c'est une bonne arme, idéale pour les actions de guérilla. Elle est légère, très maniable et peu encombrante.

La Wehrmacht la jugea assez valable pour l'utiliser elle-même sous le nom de Selbstladekarabiner 455 (a), dès qu'elle en eut saisi un assez grand nombre, dans les dernières phases de la guerre en Europe. Elle fut très appréciée par les Waffen-SS.

Utilisée dans de nombreux conflits jusqu'aux années 1960 par les forces américaines ou leurs alliés, elle équipa en outre, la Belgique, le Sud-Viêt Nam, la France, la Corée du Sud, la majorité des pays d'Amérique latine ainsi que d'autres états en Afrique. Elle fut distribuée à ces pays par les États-Unis jusqu'aux années 1970[1]

Ainsi la carabine M1 arma-t-elle les soldats de l'armée française lors des guerres d'Indochine, de Corée et d'Algérie. Elle demeura embarquée dans les avions et hélicoptères français jusqu'à la première Guerre du Golfe. Des forces de police (comme la PJ) la conservèrent jusqu'aux années 1990, surtout en raison de sa cartouche de faible puissance qui convient mieux aux circonstances dans lesquelles elles doivent intervenir.

De nombreux exemplaires d'une version « civile » sont vendus de nos jours aux États-Unis et en Israël.

Israël a produit des versions de la USM1 destinée aux forces de l'ordre, aux gardes de frontières et postes et contrôles et certaines unités militaires ne nécessitant pas une arme plus imposante comme un fusil d'assaut. Ces USM1 israéliennes sont caractérisées par des garnitures synthétiques et non plus en bois et des crosses squelettiques repliables.

Versions[modifier | modifier le code]

  • M1 première version : œilleton de visée 2 positions rabattable (100 et 250 m)
    seconde version : œilleton de visée coulissable, avec plus de réglages possibles (50 75 100 et 250 m).

La carabine M1 ne comporte pas de tenon de baïonnette au cours de la Seconde Guerre mondiale mais il a été ajouté par la suite (guerre de Corée).

M1A1, version crosse pliable des parachutistes.
  • M1A1 : version destinée aux troupes parachutistes ; la M1A1 est très proche de la M1, mais diffère extérieurement par une crosse métallique pliante se rabattant sur le côté pour prendre moins de place lors des parachutages. Cette version fut construite à 150 000 exemplaires.
  • M2 : version fusil d'assaut de la M1 avec une mécanique modifiée permettant le tir semi-automatique ou automatique à une cadence de 750 coups par minute. Le chargeur utilisé avec la M2 est plus grand, de 30 coups et de forme incurvée, qui pouvait également être monté sur les M1 et M1A1. La M2 fut produite à partir d'avril 1945 à environ 500 000 exemplaires. À ceux-ci s'ajoutent de nombreuses M1 transformées en M2 après 1945 grâce au kit de conversion T17. La M2 ne semble pas avoir été employée pendant la Seconde Guerre mondiale mais connut le feu durant la guerre de Corée aux mains des Américains, puis pendant celle du Viêt Nam, à la fois par les Américains (avant l'apparition du M16) et les Sud-vietnamiens. Les carabines M2 peuvent comporter un garde main ajouré en métal pour refroidir le canon de l'arme lors des tirs automatiques.
  • M3 : version de tir de précision nocturne basée sur la M2, appelée à l'origine T3. L'appareil de visée, le système Bell & Howell M2 (alias T120) Sniperscope, est un système de vision nocturne de première génération dit « actif » : il utilise un phare émettant dans l'infrarouge pour « éclairer » la zone visée avec une lumière infrarouge (donc imperceptible par l'œil humain) ; une lunette grossissant 4 ×, alimentée par batterie, convertit l'image perçue en infrarouge en une image visible par le tireur. Ce système est lourd et a une faible portée. La M2 a été choisie car son faible poids compense celui du système de visée, et sa faible portée n'est pas un problème compte tenu de la faible portée permise par le système. La M3 fut produite à partir d'août 1945, et en faible nombre (entre 1 900 et 2 000 exemplaires[2]). La M3 n'a quasiment pas été utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale (il semble que des T3 aient été utilisées pendant la bataille d'Okinawa), mais elle le fut pendant la guerre de Corée.

Des versions de tireur d'élite ont été produites pour la police du Danemark avec une lunette conventionnelle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. (en) Foreign Military Assistance and the U.S. M1 & M2 Carbines
  2. « L'USM1 : la carabine de la libération », Gazette des armes, Paris, Regi'Arm, no 14 (hors-série),‎ 2005.