Capriccio (peinture)

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Capriccio de Rome, Pannini, 1758

Un capriccio (de l'italien qui signifie caprice et qui donne au pluriel capricci) est, en peinture, la représentation d'un paysage imaginaire ou partiellement imaginaire, s'opposant au registre des vedute.

Origine[modifier | modifier le code]

Chez Vasari, le terme capriccio fait référence aux traits de fantaisie déroutante témoignant de l'originalité d'un peintre. Parlant de Filippino Lippi, l'historien souligne les strani capricci che egli espresse nella pittura (les « étranges caprices » que celui-ci exprime dans ses tableaux). Raffaello Borghini (Il Riposo, 1584) marque une distinction entre une inspiration puisée chez autrui et celle intrinsèque à l'artiste : a suo capriccio.

Au XVIIe siècle, Baldinucci (Vocabolario dell'arte del disegno, Florence, 1681) définit finalement le capriccio comme œuvre née de l'imagination spontanée du peintre (improvvisa). Le sens de caprice devient métonymique en renvoyant à l'œuvre même, non à l'idée fantasque qui l'a produite.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au milieu du XVIIIe siècle, le terme prend le sens particulier de paysage fictif chez les peintres de vedute. À Rome, Giovanni Paolo Pannini (1691-1765) se fait précurseur du mouvement néoclassique avec ses vues qui dépeignent la ville et des scènes de ruines antiques, auxquelles sont intégrés des détails non existants mais contribuant à l'atmosphère évoquée. À Venise le genre des capricci était surtout apprécié par les Vénitiens eux-mêmes, amusés par le jeu ingénieux du peintre avec l’architecture.

Michele Marieschi (1710-1743) se prête aux libertés du capriccio avec la représentation de l'escalier d'une cour intérieure de palais. Il se fonde sur au moins treize versions de motifs inspirées de dessins de décors de théâtre dessinés par Marco Ricci pour donner à sa composition une perspective théâtrale. Selon un style typique de Marieschi, le Capriccio con Edificio Gotico ed Obelisco, huile sur toile de 1741 à l'Académie vénitienne, montre une Venise fantasmée, avec un portique gothique et un obélisque pointant sur un môle, et en second plan, des reliefs de collines et de montagnes où s'adossent maisons en bordure d'eau.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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