Capitulaire de Quierzy

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Le capitulaire dit de Quierzy fut promulgué lors d'une assemblée tenue à Quierzy-sur-Oise entre le 14 juin et le 16 juin 877.

Origine et contenu[modifier | modifier le code]

Appelé au secours par le pape Jean VIII, Charles le Chauve est sur le point d'entreprendre une expédition en Italie. Préalablement, il réunit une assemblée à Quierzy pour régler la bonne marche de son empire. Dans cette même assemblée, il promulgue un capitulaire dont deux articles qui n'avaient qu'une portée ponctuelle — l'expédition en Italie et ses conséquences directes — ont été considérés comme les articles fondateurs de la féodalité par l'hérédité des honneurs.

Il s'agit des articles qui règlent la question des honneurs laïcs et ecclésiastiques qui viendraient à vaquer pendant cette période :

  • les évêchés vacants seront soumis à un conseil de gestion en attendant la décision de l'empereur ;
  • si un comte meurt, son fils aîné, assisté de l'évêque et des principaux officiers du comté, gérera le comté ;
  • si un vassal meurt, sa veuve et ses enfants disposeront provisoirement de ses bénéfices ;
  • si l'empereur meurt au cours de l'expédition — Charles le Chauve sort tout juste d'une pleurésie — et qu'un grand se retire dans un monastère pour prier pour son salut, son fils ou un parent « hérite » de ses bénéfices.

En fait, le texte prévoyait que ces transmissions se feraient sous le contrôle du roi. Charles le Chauve meurt la même année. Il est remplacé par Louis le Bègue et les grands feudataires prennent progressivement leur autonomie.

Cependant, ces articles n’ont jamais été évoqués au Moyen Âge pour justifier l’hérédité des fiefs[1] : les vertus guerrières étant réputées se transmettre par le sang. Le système féodal se développa plus sûrement par l’effet d’un édit de Clotaire II de 614, réservant le titre de comte à des hommes issus du comté et y possédant des biens. Cet édit, qui permettait aux rois de saisir ces biens si la gestion du comte était indélicate, permit à ceux-ci d’augmenter leur puissance en s’appuyant sur un réseau de proches[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Michel Dillange, Les comtes de Poitou, ducs d'Aquitaine : 778-1204, Mougon, Geste éd., coll. « Histoire »,‎ 1995, ill., couv. ill. en coul. ; 24 cm, 303 p. (ISBN 2-910919-09-9, ISSN 1269-9454, lien notice BnF?), p. 66 .
  2. Michel Dillange. op. cit., p 11

Liens externes[modifier | modifier le code]