Capella (étoile)

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Coordonnées : Sky map 05h 16m 41.4s, +45° 59′ 53″

Capella A/B
α Aurigae

Description de cette image, également commentée ci-après

Capella est l'étoile la plus brillante de la constellation du Cocher.

Époque J2000.0

Données d'observation
Ascension droite 05h 16m 41,4s
Déclinaison +45° 59′ 53″
Constellation Cocher
Magnitude apparente +0,71 (+0,71/+0,96)
Caractéristiques
Type spectral G5IIIe/G0III
Indice U-B +0,45
Indice B-V +0,80/-0,25
Indice R-I ?
Indice J-K ?
Variabilité RS CVn
Astrométrie
Vitesse radiale 30,2 km/s
Mouvement propre μα = 75,52 mas/a
μδ = -427,13 mas/a
Parallaxe 77,29 ± 0,89 mas
Distance 42,2±0,5 a.l (∼12,9 pc)
Magnitude absolue -0,5 (+0,14/+0,29)
Caractéristiques physiques
Masse 2,69/2,56 M
Rayon 10,2/8,5 R
Gravité de surface (log g) ?
Luminosité 78,5/77,6 L
Température 5 270/5 900 K
Métallicité 50 % celle du Soleil
Rotation  km/s
Âge 5,2 × 108   a

Autres désignations

α Aur (Bayer), 13 Aur (Flamsteed), HR 1708, HD 34029, BD+45 1077, SAO 40186, ADS 3841 AP, CCDM J05168 +4559AP, FK5 193, HIP 24608, GJ 194, LTT 11619, NLTT 14766, GC 6427

Capella, également connue sous les noms α Aurigae, α Aur, Alpha Aurigae et Alpha Aur, est un système stellaire situé à environ 42,2 années-lumière de la Terre dans la constellation du Cocher. Étoile la plus brillante de cette constellation, c'est la onzième étoile la plus brillante du ciel nocturne et la troisième de la sphère céleste de l'hémisphère nord, après Arcturus et Véga[1].

Identifiée comme une seule étoile à l'œil nu, Capella est en fait un système stellaire composé de 2 paires d'étoiles doubles. La première paire consiste en deux brillantes étoiles géantes de type G, chacune avec un rayon d'environ 10 fois celui du Soleil, en orbite l'une autour de l'autre. Ce sont des étoiles qui ont quitté la séquence principale et évoluent lentement en géantes rouges, stades qu'elles n'atteindront que dans plusieurs millions d'années. La deuxième paire, près de 10 000 unités astronomiques de la première, consiste en deux naines rouges[2],[3].

Étymologie et culture[modifier | modifier le code]

Capella signifie « chevrette » en latin, l'étoile représentant traditionnellement la chèvre que le cocher porte sur le dos, ou bien parfois l'épaule gauche du cocher de la constellation éponyme. En astronomie chinoise, elle fait partie de l'astérisme Wuche, représentant cinq chars. Parmi les étoiles les plus brillantes, Capella est l'étoile la plus proche du pôle nord céleste et jouit ainsi depuis longtemps d'un rôle très important dans l'ensemble des mythologies.

Observation[modifier | modifier le code]

Capella est l'étoile de première magnitude la plus proche de l'étoile polaire[4].

La déclinaison nord de Capella est telle qu'elle est invisible au sud de la latitude 44°S, ce qui inclut notamment le sud de la Nouvelle-Zélande, l'Argentine, le Chili et les Îles Malouines. Elle est circumpolaire au nord de la latitude 44°N, ce qui inclut notamment la majorité de la France métropolitaine (le parallèle 44°N passe juste au nord d’Avignon), le Royaume-Uni, la Scandinavie, la majorité du Canada et le nord des États-Unis.

On estime que Capella est l'étoile la plus brillante du ciel entre 210 000 ans et 160 000 ans avant aujourd'hui, à une magnitude d'environ -1.8[réf. souhaitée].

Le système de Capella avec ses étoiles en comparaison avec le soleil.

Le système de Capella consiste en deux étoiles géantes formant une étoile binaire ainsi qu'une paire de naines rouges orbitant à distance d'une année-lumière des deux premières. On[Qui ?] présume que les deux étoiles principales sont en voie de devenir des géantes rouges.

Capella Aa et Capella Ab[modifier | modifier le code]

En 1899, des observations spectroscopiques permettent de découvrir que Capella n'est pas une étoile simple[5],[6]. Le système est par la suite observé par interférométrie en 1919 par John Anderson et Francis Pease à l'observatoire du mont Wilson. Les données sont publiées en 1920[7],[8]. C'est la première mesure interférométrique d'un objet en dehors du système solaire[9]. Une orbite de haute précision a ensuite été publiée en 1994 selon les observations effectuées par l'Interféromètre Stellaire Mark III, toujours à l'observatoire du mont Wilson[10].

La paire formée par Capella Aa et Capella Ab consiste en deux étoiles géantes de type G. Elles sont séparées l'une de l'autre par environ 90 millions de kilomètres et ont une période orbitale de 104,02 jours. La première, Capella Aa, onzième étoile la plus brillante du ciel nocturne, a une température de surface d'environ 4 900 K, un rayon d'environ 12 rayons solaires, une masse d'environ 2,7 masses solaires et une luminosité d'environ 79 fois celle du Soleil. La deuxième, Capella Bb, quatorzième étoile la plus brillante du ciel nocturne, a une température à la surface d'environ 5 700 K, un rayon d'environ 9 rayons solaires, une masse d'environ 2,6 masses solaires et une luminosité d'environ 78 fois celle du Soleil[10].

Vues de la Terre, aucune des deux étoiles ne passent devant l'autre dans leur orbite.

Capella Ha et Capella Hb[modifier | modifier le code]

En 1914, R. Furuhjelm observe que la binaire spectroscopique Capella Aa et Capella Ab a une étoile pour compagnon, mais beaucoup moins visible, qui, avec son mouvement propre similaire à celui de l'étoile binaire spectroscopique, est liée physiquement à elle[11]. En 1936, Carl Leo Stearns (en) remarque que ce compagnon est une étoile double, ce qui est confirmé en octobre de la même année par Gerard Kuiper[12],[13].

Cette étoile binaire est composée de naines rouges, à une distance d'environ 10 000 unités astronomiques de la première paire[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Schaaf 2008, p. 146
  2. (en) James B. Kaler, The Hundred Greatest Stars, Springer,‎ 2002 (ISBN 0387954368, DOI 10.1007/0-387-21625-1_19, présentation en ligne), §18
  3. a et b (en) T. R. Ayres, « Capella HL », Cool Stars, Stellar Systems, and the Sun: Proceedings of the Third Cambridge Workshop on Cool Stars, Stellar Systems, and the Sun, tenue Cambridge, Massachusetts (publié dans Lecture Notes in Physics), Berlin/Heidelberg, Sallie L. Baliunas et Lee Hartmann, Springer-Verlag, vol. 193,‎ 5–7 octobre 1983 (publication 1984), p. 202–204 (ISBN 978-3-540-12907-3, DOI 10.1007/3-540-12907-3_204, résumé)
  4. (en) Robert Burnham, Burnham's Celestial Handbook: An Observer's Guide to the Universe Beyond the Solar System, Courier Dover Publications,‎ 1978, 2138 pages p. (ISBN 048623567X, lire en ligne)
  5. (en) W. W. Campbell, « The spectroscopic binary Capella », Astrophysical Journal, vol. 10, no 177,‎ octobre 1899, p. 177 (DOI 10.1086/140625, résumé, lire en ligne)
  6. (en) H. F. Newall, « Variable velocities of stars in the line of sight », The Observatory, vol. 23,‎ février 1900, p. 93-94 (lire en ligne)
  7. (en) « Classical Observations of Visual Binary and Multiple Stars », Binary Stars as Critical Tools and Tests in Contemporary Astrophysics, Proceedings of the 240th Symposium of the International Astronomical Union, tenue à Prague, République Tchèque, du 22 au 25 août 2006, William I. Hartkopf, Edward F. Guinan et Petr Harmanec, Cambridge University Press,‎ 2006, p. 94 (ISBN 0521863481, DOI 10.1017/S1743921307003857, résumé, lire en ligne)
  8. (en) J. A. Anderson, « Application of Michelson's interferometer method to the measurement of close double stars », Astrophysical Journal, vol. 51,‎ juin 1920, p. 263–275 (DOI 10.1086/142551, lire en ligne).
  9. (en) Bob Tubbs, « Modern Optical Interferometry », Astronomical Optical Interferometry: A Literature Review, St. John's College, Cambridge,‎ avril 1997 (consulté le 13 décembre 2011)
  10. a et b (en) C. A. Hummel, « Very high precision orbit of Capella by long baseline interferometry », The Astronomical Journal, vol. 107, no 5,‎ mai 1994, p. 1859–1867 (DOI 10.1086/116995, lire en ligne)
  11. (de) R. Furuhjelm, « Ein schwacher Begleiter zu Capella », Astronomische Nachrichten, vol. 197, no 4715,‎ février 1914, p. 181 (lire en ligne)
  12. (en) Carl L. Stearns, « Note on duplicity of Capella H », Astronomical Journal, vol. 45, no 1048,‎ juillet 1936, p. 120 (DOI 10.1086/105349, lire en ligne)
  13. (en) G. P. Kuiper, « Confirmation of the Duplicity of Capella H », Astrophysical Journal, vol. 84,‎ octobre 1936, p. 359 (DOI 10.1086/143788, lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article(en) Fred Schaaf, The Brightest Stars: Discovering the Universe through the Sky's Most Brilliant Stars, New Jersey, John Wiley & Sons,‎ 2008, 281 p. (ISBN 978-0-471-70410-2, lire en ligne)
  • M. Duflot, « Capella », L'Astronomie, vol. 68,‎ 1er avril 1954, p. 143-147 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]