Caours

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Caours
La mairie.
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Abbeville
Canton Abbeville-Nord
Intercommunalité Communauté de communes de l'Abbevillois
Maire
Mandat
Bernard Duquesne
2014-2020
Code postal 80132
Code commune 80171
Démographie
Population
municipale
607 hab. (2011)
Densité 99 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 07′ 53″ N 1° 52′ 59″ E / 50.1314, 1.883150° 07′ 53″ Nord 1° 52′ 59″ Est / 50.1314, 1.8831  
Altitude Min. 6 m – Max. 87 m
Superficie 6,13 km2
Localisation

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Caours

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Caours

Caours est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Caours est un petit village picard du Ponthieu situé à 4 km au Nord-Est d'Abbeville, en direction de Saint-Riquier, dans la vallée de la Drucat.

Il était desservi par l'ancienne ligne de chemin de fer Abbeville - Auxi-le-Château

Louis Flandrin nous apprend que la commune est formée du chef-lieu, Caours et de ses annexes L'Heure et l'Argillière qui ne comprend qu'une seule maison[a 1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Caours :

636, Cortaneum puis Curtidus, Curticulus, Curtes[1].

855, 856, Cathortum[2].

Dès 1222, on trouve Caours (Cartulaire de Berteaucourt).

Caours ou Caux signifierait un lieu de pâturage, une métairie avec son enceinte[a 2].

  • L'Heure :

En 1134, Loarac ou Lorac[3].

D'après Dusuel, le nom de ce lieu découlerait du latin "ora", bordure, limite, confins. Étymologie d'autant plus crédible que la chapelle de L'Heure se trouvait à la limite du grand bois de Vauchelles[a 3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les tufs d'origine fluviatile de Caours, connus des archéologues depuis la seconde moitié du XXe siècle, témoignent d'une époque où le climat était tempéré : l'Eémien, le dernier interglaciaire, connu anciennement sous le nom d'interglaciaire Riss-Würm, calé entre -130 000 et -115 000 environ. On y avait noté la présence de restes de grands mammifères d’âge paléolithique, notamment des bois de cervidés[4].

Une fouille programmée pluriannuellement, entreprise conjointement par l'INRAP et le CNRS en 2005, a livré des résultats particulièrement intéressants en ce qui concerne l'homme de Néandertal[5],[6].

Cinq niveaux d'occupations humaines d'un âge moyen de 122 000 ans ont été mis en évidence. Ils correspondent à une fréquentation des lieux sur quelques centaines d'années sous la forme de courts séjours de plusieurs jours à quelques semaines. Ces haltes de chasse proches d'une ancienne rivière sont illustrées par les fossiles d'aurochs, de cerf, de daim, de rhinocéros de prairie, de sanglier et d'éléphant antique qui présentent des stigmates de boucherie montrant que le gibier avait été débité sur place ainsi que par l'outillage lithique mis au jour. La découverte d'un bois de jeune cervidé de six mois permet de situer l'installation du camp à l'automne.

L'intérêt de la découverte de Caours réside dans le fait qu'on ne connaît que de très rares sites en Europe de l'Ouest témoignant de la présence de l'homme de Néandertal pendant cette phase tempérée de l'Eémien. Le site démontre que ce dernier n'était pas exclusivement adapté à un climat froid et à un paysage ouvert de steppes comme certains préhistoriens le soutiennent. L'environnement du site était marqué surtout par une extension importante de la forêt, à peu près 80 % du milieu naturel, composé par ailleurs de prairies, avec un climat à peu près comparable au nôtre.

La théorie qui expliquait la disparition de l'homme de Neandertal par son incapacité à s'adapter à un changement climatique est du coup mise à mal par l'apport du site de Caours dont les fouilles vont se poursuivre[7].

Antiquité[modifier | modifier le code]

En 1961, un sarcophage gallo-romain est mis à jour dans la pâture de M. Gilles Pelletier[a 4].

Le cimetière mérovingien de Caours a été fouillé. Il a conduit à la découverte d'un mobilier conséquent[a 5].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1214, les seigneurs de Caours, Mareuil, Fontaine, Bailleul, Hallencourt, Maisnières et Beauchamps se distinguèrent à la célèbre bataille de Bouvines[a 6].

Un procès est intenté à Philippe de L'Heure en 1334, d'après le cartulaire de Saint-Riquier[a 7].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

1849 : comme dans toutes les communes de France, la population masculine majeure peut, pour la première fois, aller voter grâce à l'instauration du suffrage universel. Voici la répartition (en nombre) de quelques-uns des patronymes des 87 électeurs (saisie non exhaustive)[8]

Brocquevielle Carpentier Démarest Flandrin Gamard Leroy Pénet Rançon Toulet Toullier
2 3 2 2 5 8 3 3 3 4


Au cours de la Première Guerre mondiale, des raids de l'armée allemande ont été menés sur la commune. Des troupes de nombreux pays : Anglais, Indiens, Canadiens, Australiens, Portugais et Américains ont stationné sur le territoire communal. Les noms de sept soldats du village figurent sur le monument aux morts élevé en leur mémoire[a 8].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2014[9] Nadine Tahon    
mars 2014[10] en cours
(au 6 mai 2014)
Bernard Duquesne    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 607 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
554 181 293 264 255 270 338 344 335
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
317 339 359 356 351 352 335 341 302
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
284 294 281 250 258 316 298 335 375
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
358 388 508 567 599 592 597 598 607
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Martin de Caours
  • Chapelle de l'Heure, qui fut église paroissiale, fut un lieu de pèlerinage très fréquenté (le mardi de Pâques) et reçut la visite de Louis XI. Avec son portail roman et son chœur du XVIIe siècle, elle contient notamment une Vierge à l'Enfant romane, vénérée par les pèlerins[13]
  • Viaduc du Scardon en béton précontraint de 1 022 m, construit en 1997, sur le Scardon, la Drucat et l'Hermitage. Il supporte l'autoroute A16[14].
  • Manoir de l'Heure, du XVIe siècle[15]
  • La Riviérette est un cours d'eau qui prend sa source entre Caours et Neufmoulin et qui rejoint le Scardon à Caours.
  • La Traverse du Ponthieu, randonnée de 18 km, à pied, à cheval ou à vélo, d'Abbeville à Auxi-le-Château, passe dans la commune.
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Florent et Alexandre Flandrin font un don de 40 000 francs, en 1885, au bureau de bienfaisance communal. Ce don fait suite à un héritage issu de J-B Gaffé, originaire de Caours[a 10].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Flandrin, Un village du Ponthieu : CAOURS-L'HEURE, imp. Leclerc, Abbeville, réédition : 2e trimestre 1994, 150 pages.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Étymologie des noms de lieux de Picardie, d'après Alcius Ledieu
  2. Lettre de Charles le Chauve (Hariulfe)
  3. Notes de l'Abbé Mille
  4. rapport d'activité 2006 de l’Inrap page 101
  5. Article sur le site de l'INRAP : Néandertal s'invite à l'Eémien (page consultée le 5 mars 2007)
  6. Communiqué de presse de l'INRAP : Néandertal s'invite à l'Eémien (page consultée le 5 mars 2007)
  7. Jean-Philippe Noël, « Neandertal. Le mystère de sa disparition s'épaissit », dans Science et Vie, no 1074, mars 2007, p. 86-88.
  8. Liste électorale de Caours, Archives Départementales de la Somme, Amiens, 1849
  9. [http://www.somme.pref.gouv.fr/elections/2008/liste_maires_Somme_20 08_MAJ090608.xls « Liste des maires de la Somme »], sur http://www.somme.pref.gouv.fr,‎ 9 juin 2008 (consulté le 18 juillet 2008)
  10. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 2 avril 2014, p. 12.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  13. « Chapelle de l'Heure », sur le site de Structurae (consulté le 18 juillet 2008)
  14. « Viaduc du Scardon », sur le site de Structurae (consulté le 18 juillet 2008)
  15. « Le Manoir de l'Heure à Caours (80) », sur Patrimoine de France (consulté le 18 juillet 2008)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Louis Flandrin, Un village du Ponthieu : CAOURS-L'HEURE, imp. Leclerc, Abbeville,‎ 1994, 150 p.
  1. p. 1
  2. p. 19
  3. p. 20
  4. p. 26
  5. p. 27
  6. p. 28
  7. p. 28
  8. p. 45
  9. p. 115
  10. p. 120

Liens externes[modifier | modifier le code]

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