Canville-les-Deux-Églises

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Canville-les-Deux-Églises
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Arrondissement de Rouen
Canton Canton de Doudeville
Intercommunalité Communauté de communes du Plateau de Caux-Fleur de Lin
Maire
Mandat
Josiane Cerveau
2014-2020
Code postal 76560
Code commune 76158
Démographie
Population
municipale
333 hab. (2011)
Densité 58 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 46′ 14″ N 0° 50′ 28″ E / 49.7706, 0.8411 ()49° 46′ 14″ Nord 0° 50′ 28″ Est / 49.7706, 0.8411 ()  
Altitude Min. 82 m – Max. 133 m
Superficie 5,77 km2
Localisation

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Canville-les-Deux-Églises

Canville-les-Deux-Églises est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attesté sous les formes Canvilla 1149, 1172 ; Camvilla 1153 ; Caumvilla 1170 - 1172[1].

Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman villa « domaine rural »). L'identification du premier élément ne fait pas l'unanimité (c'est le moins que l'on puisse dire) parmi les spécialistes.

  • Albert Dauzat, sans citer (et donc sans connaître) de formes anciennes, y voit un nom de personne d'origine germanique Cano, soit « le domaine rural de Cano » [2]. Cette explication est difficilement compatible avec les formes du 12e connues aujourd'hui.
  • Adigard des Gautries et Lechanteur[3] voient clairement que les formes en Caun- peuvent présupposer l'amuïssement d'une dentale ([t] ou [d]) entre les deux voyelles, mais n'arrivent pas à percer le secret du premier élément.
  • François de Beaurepaire[5] considère malgré tout le premier élément comme indéterminé.
  • Ernest Nègre propose, quoique dubitativement, le nom de personne scandinave Skamel [6]. Cette solution est elle aussi difficilement conciliable avec les premières attestations du toponyme, que l'auteur cite pourtant.
  • René Lepelley n'arrive pas à se décider, et reprend, faute de mieux, les deux dernières opinions : élément indéterminé, mais peut-être le nom de personne scandinave Skanel[7].

Le problème posé par ce toponyme est le suivant : les formes anciennes conviennent parfaitement, d'un point de vue phonétique, au nom de personne gallo-romain Catonus, Catunus, proposé par Marie-Thérèse Morlet. Malheureusement, les noms de lieux en -ville commencent à apparaître en Normandie vers les 7e / 8e siècles, époque à laquelle les noms gallo-romains sont déjà supplantés en toponymie par les noms d'origine germanique. C'est la raison pour laquelle les autres spécialistes se sont évertués à chercher dans cette direction; mais les propositions qu'ils ont faites pèchent du côté de la phonétique.

En fait, il existe un petit nombre de toponymes en -ville formés avec des noms gallo-romains. François de Beaurepaire signale par exemple dans la Manche l'existence du lieu-dit Cloville < *Claudii villa « le domaine rural de Claudius » tout près de Clouay < °CLAUDIACU « (le domaine) de Claudius », tous deux formés sur ce nom de personne gallo-romain. L'apparition réelle des noms en -ville, nécessairement antérieure à leurs premières notations par écrit, a dû coïncider avec la fin des noms en -ACU, rendant possible une occasionnelle explication par un nom d'origine gallo-romaine. C'est la raison pour laquelle l'hypothèse de Marie-Thérèse Morlet semble la plus vraisemblable, d'où le sens probable de « domaine rural de Catonus / Catunus » pour le nom de Canville[8].

Le qualificatif « les deux églises » se réfère aux deux anciens lieux de cultes Saint Martin et Sainte Marie. Seul subsiste l'église Saint-Martin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Canville devrait son nom à Can qui signifie marécageux, et à ses deux églises dont une seule subsiste. Jusqu'à la Révolution c'est une haute et puissante seigneurie, titre d'une des doyennetés du Pays de Caux. Elle fait partie de la terre de Cany-Caniel. La prison féodale, le carcan et le gibet de la haute-justice de Cany se trouvaient à Canville.

Au XIIIe siècle, le doyenneté de Canville compte 53 paroisses, 1 700 habitants et possède un marché hebdomadaire. Son patrimoine actuel est son église et son château, une ancienne forge, le presbytère bâti par le curé architecte Isaac Nion et une mairie-école qui date de la fin du XIXe siècle.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Gérard Ducastel    
    Jean Voisin    
         
mars 2008 2014 Michel Marais    
2014 en cours Josiane Cerveau    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 333 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
980 955 934 971 1 018 1 017 1 045 1 035 1 007
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
970 925 859 810 780 715 652 571 495
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
437 409 471 402 415 366 343 353 356
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
305 248 216 195 239 299 301 333 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Martin existe déjà au XIIIe siècle et forme une seule et même cure avec l'église Notre-Dame, aujourd'hui disparue. Le clocher date du XVIè, le reste a été reconstruit au XVIIIè, en grès. L'église conserve des vitraux du XIXè, des fonts baptismaux, un aigle-lutrin du XIIè et une plaque en bois sculptée par Fred Raoul Duval du Havre. Une litre funéraire trouvée sur les murs de la chapelle nord de l'église lors de travaux de maçonnerie effectués en 2011 représente le blason de la famille Bec-de-lièvre, seigneurs de Cany.

Le château : en briques et silex, du XVIIe siècle, la demeure a subi d'importantes modifications à la fin du XIXe siècle. Elle a été la propriété de la famille Duperron, du marquis de Quirrieu en 1733, de la famille Prier d'Hattenville, puis aux familles Bourdel et Lerebourg. Le pignon nord est le plus ancien, et deux lions de pierre surmontent les piliers de l'entrée principale.

Il y avait deux écoles autrefois à Canville. L'une, l'école Macré, abrite toujours une salle de classe, l'autre la fondation Roger Douville, agriculteur devenu célèbre sculpteur sur bois précieux

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Eugène Julien (1856-1930), évêque d'Arras - né à Canville-les-deux-Églises 1856 mort à Arras en 1930. Ordonné prêtre à Rouen en 1881, curé de la paroisse Notre-Dame du Havre puis évêque d'Arras en 1917, il fut surnommé « l'évêque de la reconstruction ». Élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1925.
  • Roger Douville - Né à Bourville le 28-08-1915 mort à Canville-les-deux-églises le 21-06-1981. Ami d'enfance de Bourvil. Destiné à une carrière d'agriculteur, ce n'est qu'en 1940 dans les camps de prisonniers qu'il découvrira son don pour la sculpture. Devenu un des « rois » de la sculpture sur bois, ses œuvres sont exposées dans une dizaine de pays. Il a aussi été en 1978 un des initiateurs de l'association artistique AYAC d'Yvetot.
  • Armand Désiré Savalle : le 12 Ventôse an II de la République française est né à Canville-les-deux-Églises, Armand Désiré Savalle, DCD à Lille le 18 avril 1864. Ingénieur inventeur il construisit le premier appareil de distillation à travail continu au moment où s'introduisit en France la culture de la betterave et l'industrie du sucre. Il amassa une fortune considérable.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et des anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard,‎ 1979, 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150), p. 56
    Ouvrage publié avec le soutien du CNRS
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963, p. 143a.
  3. Les noms de commune de Normandie, Supplément aux annales de Normandie, 15 fascicules (jusqu'au nom Cottun), 1961 - 1969.
  4. Nom dérivé de Cato (radical Caton-), lui-même formé sur le cognomen latin Catus issu de l'adjectif catus « aigu, pointu », puis « fin, pénétrant », d'où « habile, avisé ».
  5. Op. cité.
  6. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 1021, § 18394.
  7. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, p. 85b.
  8. Dominique Fournier, WikiManche
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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