Cantal (fromage)

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Cantal
Image illustrative de l'article Cantal (fromage)

Pays d’origine Drapeau de la France France
Région, ville Auvergne, Cantal
Lait de vache
Pâte pressée non cuite
Appellation, depuis 1956

Le cantal est un fromage français à pâte pressée en fourme (forme de cylindre haut pour ce fromage) non cuite, originaire du Massif central et fabriqué à partir de lait cru de vache ou pasteurisé. Il est protégé par une appellation d'origine contrôlée en France et par une AOP au niveau européen[1]. 400 litres de lait sont nécessaires à la confection d’une meule de 40 kg[2]. Il tient son nom du massif dont il est originaire.

Le territoire de production[modifier | modifier le code]

Le Cantal est produit sur un territoire couvrant l'intégralité du département du Cantal, débordant sur 8 communes du nord de l'Aveyron, 23 communes du Puy-de-dôme, 7 communes de l'est de la Corrèze et une commune de Haute-Loire.

L’histoire[modifier | modifier le code]

Officiellement, il porte ce nom dès 1298.

Les premiers écrits de Pline[modifier | modifier le code]

De nombreuses références historiques établissent la très longue histoire du cantal. Pline l’Ancien, dans le livre XI de son Histoire naturelle note que le fromage le plus estimé à Rome était celui du « Pays de Gabalès et du Gévaudan ». Au VIe siècle, Grégoire de Tours dans son Histoire de France signale que les toiles à fromage étaient lavées dans le Lac des Salhiens et parle de « formes » devenues plus tard « fourmes ».

Diderot[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, l’Encyclopédie d’Alembert et de Diderot décrit la fabrication du cantal, illustrée par une planche gravée où figurent tous les instruments nécessaires à cette fabrication.

Émile Duclaux[modifier | modifier le code]

Les techniques ont évolué entre 1890 et 1900. Émile Duclaux, disciple de Pasteur, qui possédait une propriété à Marmanhac dans le département du Cantal, a largement contribué au développement de l’économie fromagère du Cantal en décrivant la fabrication du cantal dans un traité resté célèbre, daté de 1893, intitulé Principe de laiterie. Les premières laiteries industrielles ne virent le jour qu’en 1910. Le 17 mai 1956, le cantal se voit décerner, par un jugement du Tribunal Civil de Saint-Flour, l’Appellation d’Origine Contrôlée cantal ou fourme de cantal en application de la loi du 6 mai 1919.

À cette époque, 1 500 producteurs fermiers fabriquaient 8 000 tonnes de cantal. En suivant les évolutions du monde agricole, d’une fabrication fermière, la production s’est regroupée dans les coopératives, puis au milieu du XXe siècle, sont apparues les productions plus « industrielles » concentrant de gros tonnages.

L’élevage[modifier | modifier le code]

La zone de production de lait communément appelée le « Pays vert » s’étend sur près de 600 000 hectares au cœur de l’Auvergne. L’eau est présente en abondance et la nature des sols, riches en acide phosphorique, en potasse et en magnésie, favorise la pousse de l’herbe. Aujourd’hui à travers le nouveau décret AOC cantal, les éleveurs doivent s’engager à respecter ces critères patrimoniaux.

Comme pour le Salers, et contrairement au Laguiole, le lait entrant dans la fabrication du fromage Cantal provient de n'importe quelle race de vache laitière[3].

Fabrication[modifier | modifier le code]

Le cantal est un fromage au lait de vache à pâte pressée et non cuite. Les fromages cantal ou fourme cantal se présentent sous la forme caractéristique d’un cylindre d’un poids de 35 à 45 kilogrammes, fabriqués dans des moules d’un diamètre de 36 à 42 centimètres. Pour obtenir l’appellation cantal, les fourmes doivent afficher un minimum de 30 jours d’affinage. Il s’agit alors d’un cantal dit « jeune ». On trouve également deux autres catégories de cantal affiné, « l’entre-deux » et le « vieux ».

La fabrication d’un cantal nécessite 33 heures ; les différentes étapes de la fabrication sont :

  • emprésurage/coagulation : température du lait entre 30 et 34 °C ;
  • découpage et brassage : jusqu’à obtention d’un grain de caillé d’une taille comprise entre un grain de blé et un grain de maïs ;
  • égouttage, premier pressage : passage du caillé au presse-tome pour obtenir la tome ;
  • maturation tome : durée dix heures minimum ;
  • broyage/salage : temps d’attente de une heure au minimum ;
  • moulage : en couches successives avec tassage manuel ou mécanique ;
  • deuxième pressage : temps minimum douze heures pour un petit cantal, 18h pour un cantal avec un pressage progressif ;
  • démoulage : départ pour l’affinage.

Le schéma de fabrication détermine la « recette type ».

L’affinage[modifier | modifier le code]

Le fromage sort de la fromagerie pour entrer dans la cave d’affinage. Il y reste au strict minimum 30 jours pour obtenir le droit à l’Appellation d’Origine Contrôlée, mais aussi et surtout pour avoir le temps de commencer à acquérir sa texture et à exprimer ses saveurs.

La maitre affineur retourne régulièrement le fromage durant l'affinage, il le frotte et contrôle son vieillissement dans des caves, dont la température est comprise entre 6 et 12 °C et à une hydrométrie à 95 % minimum.

Au fil des mois, la pâte, ferme, de couleur ivoire à jaune foncé, souple pour les fromages les plus jeunes, peut devenir légèrement friable pour les plus affinés. Elle est enrobée d’une croûte évolutive : d’abord de couleur gris-blanc, puis dorée et enfin brune pouvant être parsemée de boutons de couleur ocre à brune.

La durée d'affinage varie selon le type de Cantal :

  • Cantal jeune : 30 à 60 jours
  • Cantal entre-deux : 90 à 210 jours
  • Cantal vieux : 240 jours minimum

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

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