Canon sans recul

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Un canon sans recul SPG-9M de l'armée polonaise en cours de chargement

Un canon sans recul est une arme lourde d'infanterie ou montée sur des véhicules légers dont le fonctionnement emprunte à la fois au canon et au lance-roquettes. Généralement utilisé contre les blindés, son projectile est stabilisé par les rayures du canon ce qui le distingue de la roquette stabilisée par des ailerons. Le recul du tir est compensé par l'éjection des gaz de la charge de propulsion comme pour un lance-roquettes.

Ce système permet de tirer des obus de petit calibre (jusqu'à 50mm) à une vélocité équivalente à celle d'un canon et des munitions plus lourdes à une plus faible vélocité. Cette vélocité réduite implique une portée plus faible mais ne nuit toutefois pas à la puissance de l'arme qui tire généralement des projectiles dotés d'une charge creuse.

Soldats français utilisant un canon sans recul de 57mm contre de l'artillerie Viet Minh pendant la Guerre d'Indochine. (1953)

Certains modèles sont tirés à l'épaule, d'autres comme le canon sans recul M40 de 106 mm sont montés sur trépied ou affût. Ce dispositif permet de tirer avec une précision supérieure à une roquette des munitions d'un calibre important en demeurant incomparablement plus léger et donc beaucoup plus mobile qu'un canon et accessoirement moins cher à produire. Les canons sans recul ont ainsi été mis en œuvre par l'infanterie, montés sur des jeeps et des blindés légers. L'armée française déploya même pendant la guerre d'Algérie des canons sans recul de 75mm transportés sur des scooters Vespa parachutables (Vespa 150 TAP). On peut également citer le M50 Ontos américain, blindé léger aéroporté doté de 6 canons sans recul M40 de 106mm.

Les premiers canons sans recul ont été imaginés pendant la première guerre mondiale mais ils ont significativement été employés lors de la Seconde Guerre mondiale. Initialement développés par l'URSS, c'est l'Allemagne nazie qui en déploya le plus grand nombre alors que les Alliés occidentaux ont commencé à les utiliser à la fin du conflit.

Ils ont été massivement produits et déployés dans les années 1950 et 1960 puis sont tombés dans une relative désuétude face au développement des lance-roquettes et missiles modernes. On trouve encore le Carl Gustav, arme antichar personnelle déployé dans de nombreuses armées, utilisé notamment dans le combat urbain pour ouvrir des brèches dans les murs. Les troupes aéroportées russes sont toujours dotées de modèles montés tels le SPG-9 de l'illustration.

De nombreux exemplaires américains et soviétiques figurent encore dans les arsenaux des pays peu développés et sont employés dans leurs conflits. Avec les guerres asymétriques des années 2000-2010, l'armée américaine refait un usage modéré de tels armes[1] en Afghanistan essentiellement sur des positions défensives. La simplicité de ces armes et leur coût réduit permet en effet de les déployer rapidement et en grand nombre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Currahees add to their weapons arsenal, Kimberly K. Menzies, Task Force Currahee, Public Affairs 12 février 2011