Canon de marine de 12 pouces BL Mk XI - XII

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BL 12 inch Mk XI - XII naval gun
Batterie avant du HMS Vanguard
Batterie avant du HMS Vanguard
Caractéristiques de service
Type Artillerie navale
Service 1910 - 1920
Utilisateurs Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Conflits Première Guerre mondiale
Production
Concepteur Vickers[1]
Année de conception 1906
Constructeur Vickers
Royal Gun Factory
Production 1909
Exemplaires produits 85 (incluant les prototypes)
Variantes Mark XI, XI*, XII
Caractéristiques générales
Poids du canon seul Mk XI, XII : 66,18 tonnes
Mk XI* : 67,18 tonnes
Longueur du canon seul 605,6 pouces (1 538 cm)
Longueur en calibre 50,5
Longueur du canon et de l'affût 617,7 pouces (1 569 cm)
Calibre 305 mm
Cadence de tir 1,5 coups par minute[2]
Vitesse initiale 869 m/s
Portée maximale 19 369 m
Munitions AP, HE[n 1]
Durée de vie 160 - 220 coups
Alimentation Arme à chargement par la culasse
Hausse +15° à -3°
Syst. d'absoprtion du recul hydraulique
Pas de rayure 60

Le canon de marine de 12 pouces BL Mk XI - XII (en anglais BL 12 inch Mk XI - XII naval gun[n 2]) est un canon naval britannique conçu au début du XXe siècle. Successeur du Mark X, il est monté sur les cuirassés de la Royal Navy à partir de 1910.

Conception[modifier | modifier le code]

Le 21 juin 1906, l'Amirauté britannique demande à ce que soit conçu un nouveau canon de 12 pouces (305 mm) et de 50 calibres, qui ait une vitesse à la bouche minimum de 2 850 pieds (869 m) par seconde. Quatre concepteurs répondent à l'appel et proposent un modèle : Coventry Ordnance Works (en), Elswick Ordnance Company (en), Royal Gun Factory et Vickers, la proposition de ce dernier étant accepté. Ce canon possède une chambre plus grande que son prédécesseur ; cela induit des avantages, tels une érosion diminuée ou une balistique plus régulière, mais aussi des inconvénients, comme par exemple une vitesse à la bouche réduite. Le premier prototype de la première version, la Mark XI, est testé en août 1908 ; après 38 tirs, il se fend et un nouveau prototype renforcé est alors proposé, qui résout le problème[3].

La Mark XI* est conçue peu après ; les différences résident au niveau des tubes, de longueur et de conception différentes. Un arceau est rajouté à la base du canon pour garder le même centre de gravité que la Mark XI, afin de pouvoir utiliser les mêmes points de montage. Quelques canons de cette version sont produits par Beardmore, Elswick et Coventry à titre d'essai, afin de tester leur chaîne de conception de canons de ce calibre.

La variante Mark XII est quant à elle issue d'une proposition faite par la Royal Gun Factory le 23 mars 1909. Les dimensions sont les mêmes que la Mark XI, mais elle diffère de celle-ci au niveau de la liaison entre la bouche et l'affût[3].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le canon de marine de 12 pouces BL Mk XI – XII dispose d'une vitesse à la bouche de 2 825 pieds (861 m) par seconde. Il a une portée maximale de 21 183 yards (19 370 m) à une élévation de 15°, et peut tirer de un à deux coups par minute, selon les relevés faits durant la bataille du Jutland[4]. La durée de vie varie de 160 à 220 coups selon les variantes, le canon pouvant tirer des munitions AP et HE[n 1]. D'un poids de 66,18 à 67,18 tonnes, il est monté en tourelles doubles d'un poids total de 525 tonnes.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le canon de marine de 12 pouces BL Mk XI - XII est conçu pour armer les cuirassés Dreadnought de la Royal Navy à partir de 1910. Cinq tourelles doubles sont ainsi montées sur les navires des classes St. Vincent, Neptune et Colossus[1]. Le Neptune est alors le premier cuirassé de la Royal Navy à avoir des tourelles disposées de façon à pouvoir tirer en position superposée. Il est aussi le premier à pouvoir théoriquement tirer une bordée avec toutes ses tourelles simultanément et à disposer d'un système de conduite de tir[2]. Néanmoins, la version Mark XI, dès sa mise en service, acquiert la réputation d'être imprécise, à cause des battements. De plus, un affaissement est observé durant les essais, qui se réduit néanmoins avec l'échauffement du canon[1].

Tous les cuirassés sus-cités participent à la Première Guerre mondiale. Les trois navires de la classe St. Vincent, les HMS St. Vincent, Collingwood et Vanguard, le HMS Neptune ainsi que les deux navires de la classe Colossus, les HMS Colossus (en) et Hercules participant ainsi à la bataille du Jutland. Durant ces engagements, de nombreux coups au but du canon de 12 pouces sont rapportés[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b AP signifie Armor-Piercing, antiblindage ; HE signifie High Explosive, hautement explosif
  2. BL signifie breech-loading weapon, arme à chargement par la culasse

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Friedman 2011, p. 62
  2. a et b Fiche sur navweaps
  3. a et b Friedman 2011, p. 63
  4. Campbell 1998
  5. Massie 2007, p. 624-627

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Norman Friedman, Naval Weapons of World War One : Guns, Torpedoes, Mines and ASW Weapons of All Nations, Seaforth Publishing,‎ 2011 [détail de l’édition]
  • (en) John Campbell, Jutland: An Analysis of the Fighting, New York, Lyons Press,‎ 1998, 1e éd., poche (ISBN 978-1-55821-759-1, lien LCCN?)
  • (en) Robert K. Massie, Castles of Steel : Britain, Germany and the winning of the Great War at sea, Vintage Random House,‎ 2007 (1re éd. 2003), 865 p. (ISBN 978-0-099-52378-9)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]