Canohès

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Canohès
Mairie de Canohès
Mairie de Canohès
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Pyrénées-Orientales
Arrondissement Perpignan
Canton Toulouges
Intercommunalité Communauté d'agglomération Perpignan Méditerranée
Maire
Mandat
Jean-Louis Chambon
2008-2014
Code postal 66680
Code commune 66038
Démographie
Gentilé Canouhards
Population
municipale
4 867 hab. (2010)
Densité 569 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 39′ 10″ N 2° 50′ 06″ E / 42.6527777778, 2.83542° 39′ 10″ Nord
       2° 50′ 06″ Est
/ 42.6527777778, 2.835
  
Altitude Min. 54 m — Max. 104 m
Superficie 8,56 km2
Localisation

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Liens
Site web www.canohes.fr

Canohès est une commune française, située dans le département des Pyrénées-Orientales et la région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Canouhards[1].

Sommaire

Géographie [modifier]

Commune de l'aire urbaine de Perpignan située dans son unité urbaine qui s'étend sur un territoire de 856 hectares et est limitrophe avec les communes de Perpignan, Toulouges, Thuir, Ponteilla et Pollestres.

La commune se situe à 20 km de la Méditerranée et à 26 km de l'Espagne par le Perthus, à 5 km au sud-ouest de Perpignan.

Le village est situé au bord d'une dépression formant un étang aux bords marécageux actuellement en grande partie asséché.

Accès [modifier]

Hydrographie [modifier]

Géologie [modifier]

Toponymie [modifier]

En catalan, le nom de la commune est Cànoes[2].

Histoire [modifier]

La commune est mentionnée pour la première fois sous le nom de Kanoas en 843[3]. Le nom Canohès est retenu à partir du XIVe siècle alternant avec la version catalane Canoes. Six sites archéologiques sont d'ailleurs répertoriés sur le territoire, aucun cependant n'a été jusqu'ici exploré cependant, lors des travaux pour le passage du TGV, un site wisigothique alors mis au jour à Manrèse a été fouillé avant d'être détruit.

En 1972, des travaux aux abords du portail de l'église ont permis de mettre au jour divers tessons et fragments de brique romaines. D'autre part, dans les vignes, un vase d'offrandes romain a été mis au jour, de même qu'un four à tuiles, ce qui montre que le site de Canohès est occupé depuis l'Antiquité.

Au Xe siècle, Canohès devient possession de l'abbaye de Lagrasse, dont les moines asséchèrent sans doute les marécages s'étendant sur toute la Prade, en contrebas du village.

Au XIVe siècle, le village est fortifié (il n'en reste presque aucune trace) : il est probable qu'il se soit développé autour d'une cellera beaucoup plus ancienne. En 1356 on dénombre 37 feux, en 1358 Canohès compte 46 feux. En 1359 la situation est telle que l'on ne peut déclarer que 2 feux (fochs) soumis à la taxe, comme en 1378 et 1470. En 1515, la communauté ne compte plus qu’un seul feu. En 1709, 39 feux, 1720, 30 feux, 1730, 31 feux. En 1767 Cànohes compte 139 habitants, en 1774, 194 habitants, en 1790, 72 habitants.

Comme toutes les communes du Roussillon, Canohès est annexé au royaume de France par le Traité des Pyrénées de 1659[4].

Canohès se trouve, en 1793, au centre de batailles de la guerre avec l'Espagne. Le 13 pluviose de l'an V (calendrier républicain), Canohès compte 114 habitants, en l'an VIII 175.

Canohès développe son agriculture grâce à l'assèchement des marécages et le canal de Perpignan (ou Les Canals). Ce canal a été aménagé par le roi Jacques II de Majorque pour irriguer les moulins (à Canohès le Mas du Moulin en est un vestige) et les châteaux royaux. Il traverse Canohès de part en part, au-delà du mas Gaffart (côté Perpignan) et jusqu'au territoire du mas Vézian, du côté de Thuir.

Canohès connaît actuellement une grande expansion du fait de sa proximité avec Perpignan : sa population a triplé en trente ans.

Canohès

Administration [modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
1904 1912 Boniface Escudier Socialiste  
    Louis Doutres   maire en 1948
1959 1977 Ferdinand Pouquet Socialiste Agriculteur
1977 2008 Romain Escudier UDF  
mars 2008   Jean-Louis Chambon[5] PS  

Démographie [modifier]

En 2010, la commune comptait 4 867 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
145 175 196 314 310 345 373 440 450
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
485 505 556 630 757 926 926 941 938
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 016 1 020 1 116 1 063 1 013 1 110 1 066 1 009 1 050
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2010
1 210 1 512 2 131 2 908 3 568 4 349 4 771 4 831 4 867
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[6] puis Insee à partir de 1968[7].)

Histogramme de l'évolution démographique

Économie [modifier]

Revenus de la population et fiscalité [modifier]

En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de 33 561 €[8].

Emploi [modifier]

Entreprises et commerces [modifier]

Lieux et monuments [modifier]

L'église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte (ou Sant-Quirc Santa-Julite). Elle est dédiée à saint Cyr, martyrisé en 304, en Cilicie, alors qu'il n'avait que trois ans, et à sa mère sainte Julitte. Sa fête est inscrite au martyrologe romain du 16 juin. Saint Quirc (variante locale du nom saint Cyr) est le saint qu'invoquent les femmes qui allaitent.

Article détaillé : Cyr de Tarse.

L'édifice proprement dit est située en plein centre du village et remonte au XIe siècle. L'abside, semi-circulaire mais sensiblement outrepassée, remonte à cette époque. Au XIIe siècle vraisemblablement, la charpente de la nef unique fut remplacée par une voûte en pierre.

Au XIXe siècle, on adjoint deux collatéraux de part et d'autre de la nef romane (en 1876-1876). Ces travaux causent l'effondrement de toute la nef. Il ne reste donc de roman, mis à part l'abside, que le massif occidental de l'édifice, ou du moins partiellement. Une restauration récente y a mis au jour une fenêtre géminée.

Lavoir canohès.jpg
  • Le lavoir :
    • Le 27 octobre 1894, M. Fournols, architecte, dresse le plan du lavoir que l'on va établir sur le "Correch des Romanis".
    • Ce lavoir se composait à l'origine d'un bassin en ciment placé au niveau du sol. Modifié par la suite, il est toujours ouvert au public.
    • Ce bâtiment rappelle cependant un temps révolu aujourd'hui...

Le tunnel de les Coves n'est pas daté par les historiens. Il est probable que cette œuvre a été réalisée ou du moins continuée et confortée par les moines bénédictins de l'abbaye de Lagrasse (située sur les bords de l'Orbieu dans l'Aude), dont Canohès était une possession du XIIe siècle jusqu'à la Révolution. La tradition aurait tendance à en attribuer la construction aux Templiers. Cet émissaire souterrain a pour vocation d'évacuer les eaux de la cuvette naturelle de "la Prada", qui collecte les eaux de pluie amenées par les "agulles", et est à l'origine du "Ganganell" qui arrose Perpignan. Ce tunnel n'était sans doute pas unique puisque l'on parle également de "Coves velles". Dans le passé, il a permis la mise en culture de nouvelles terres et l'assainissement du territoire. Aujourd'hui, il assure toujours sa fonction qui est essentielle pour le village. En effet, son obturation provoquerait l'inondation de plusieurs hectares de terre. Creusé sous un plateau, il se situe à certains endroits à 15 mètres de profondeur.

  • Ruisseau de "Les Canals"
    • Il amène l'eau de la Têt, et ce d'Ille-sur-Têt à Perpignan.
    • Il traverse Canohès, au nord, et son origine semble remonter au Xe siècle. Il a subi depuis l'origine diverses modifications. Il a été en effet fortement réaménagé par Jacques II, roi de Majorque, dont il est sans doute la réalisation la plus prestigieuse. Le ruisseau permet l'irrigation de la rive droite de la Têt et servait de source d'énergie à plusieurs moulins royaux. Bordé d'arbres qui dispensent une ombre bienfaitrice en été, propriété de la ville de Perpignan, le chemin qui le longe est aujourd'hui une très agréable promenade pour les canouhards, et sa transformation en piste cyclable est envisagée dans le Cadre de la voie verte entre Perpignan et Villefranche-de-Conflent.

Le monument funéraire d'Auguste Estrade (au cimetière du village), décédé le 6 septembre 1892, qui était propriétaire du Mas du Moulin : construit par l'entreprise Sarda de Perpignan sous le contrôle de M. Viggo Droph Petersen, architecte danois (Danemark 1851 - Perpignan 1937), selon les dessins de M. Estrade, il a été terminé le 8 mai 1896. En céramique romaine, il fait 11 mètres 80 de haut. C'est un monument d'inspiration hellénique : il rappelle le trophée chorégique de Lysicrate (-334) à Athènes. Sa construction a été commandée par l'Institut de France à Paris auquel Estrade avait laissé ses instructions.

Le monument aux morts se trouve dans un petit square devant le cimetière. Il s'agit d'une stèle en granit d'une hauteur totale de 3 mètres 18, surmontée d'une Pietà en bas-relief et de l'inscription "À nos Morts". Elle porte une plaque de marbre blanc sur laquelle sont gravés les noms des Morts pour la France du village : 45 morts lors de la Première Guerre mondiale et 12 lors de la Seconde Guerre mondiale. Il a été inauguré le 14 juillet 1948 en présence de Louis Doutres, maire de la commune à l'époque, et du docteur Guiry, président du Comité qui a initié et financé le projet par souscription publique.

Personnalités liées à la commune [modifier]

  • Auguste Estrade (1817-1892), ingénieur, ancien élève de l'école Polytechnique, propriétaire du mas du Moulin à Canohès. Il présente à l'Exposition universelle de Paris, en 1889, une locomotive "à grande vitesse" de sa conception baptisée "la Parisienne" qu'il a construite en 1886. Il espère atteindre 120 km à l'heure, hélas les essais ne sont pas concluants.
  • Boniface Etienne Joseph Escudier (Canohès 1875-1953), ouvrier agricole et petit paysan, militant socialiste (puis séduit par les théories libertaires) et syndicaliste, maire de Canohès (1904-1912). Un des principaux dirigeants et promoteurs des Syndicats ouvriers agricoles et viticoles du département. En avril 1907, il fait voter un emprunt de 3 000 Fr. pour ouvrir dans sa commune, des chantiers communaux, dont l'objectif est "de remédier au chômage qui sévit actuellement à Canohès, à la suite de la crise viticole..." Le 1er novembre 1911 au IIIe congrès des Syndicats ouvriers des P.-O., il fait adopter un ordre du jour contre le racisme et pour la solidarité avec les travailleurs immigrés. Après la Première Guerre mondiale, il reconstitue le syndicat CGT des ouvriers agricoles de Canohès et en est le secrétaire. Il se retire de l'action syndicale et politique et en 1937 est administrateur de la caisse départementale des assurances sociales. Son petit-fils, Romain Escudier, est maire de Canohès de 1977 à 2008. Elu conseiller municipal en 1959 sur une liste comprenant essentiellement des membres de la SFIO et du Parti Radical de Gauche, il est élu maire en 1977 après le retrait entre les 2 tours du maire sortant, Ferdinand Pouquet[9].
  • Le Joueur du grenier (alias Frédéric Molas), testeur de jeux vidéo rétro sur Internet, vit et tourne ses émissions dans cette commune.

Fêtes [modifier]

Deux fêtes votives avaient lieu à Canohès,

  • l'une en hiver, le 5 janvier, pour l'Épiphanie, "Fête des Rois" ;
  • au mois de mai, le 3e week-end, la fête du "Rosaire". Celle-ci est maintenue par la commission d’animation du conseil municipal qui organise les festivités ;

Le dernier dimanche de novembre grand marché de Noël organisé par la paroisse.

Comme partout en France, le 14 juillet, bal sur la place du village.

Activités sportives et culturelles [modifier]

Canohès est riche en activités sportives et culturelles.

On y trouve le Foyer rural et culturel qui comprend une bibliothèque, une activité randonnée, un club photo-vidéo, un club informatique, un club de volley ball, un groupe de danse country, un groupe sardaniste et un groupe folklorique.

Clubs sportifs :

  • Un club de rugby à XV, le SOC (Stade olympique canouhard), champion du Roussillon2èmè série en 1976 et 1979, 1re série en 1980 3e série 2003-2004 et quart de finaliste en championnat de France la même année. Champion de France 2e série en 1976
  • Un club de football, avec quatre équipes, une équipe féminine et un club corpo.
  • Un club de tennis de table, une activité escalade, un club de judo, un club de taekwondo, un club de pétanque, un club de Jeu lyonnais ( Sport Boules )créé en 1946.

Clubs Culturels :

  • Club de Point Compté
  • Association "Patrimoine Histoire et Collections de Cànohes et des Environs" qui afin de préserver le patrimoine du village recherche et réunit dans ses "cahiers", tous documents, écrits, photos, se rapportant à l'histoire de Canohès et de ses habitants et réunit les collectionneurs de cartes postales, timbres, etc.
  • Le Groupement Féminin qui recouvre, la cuisine, la couture, la peinture sur porcelaine et le cartonnage.
  • Le Club des retraités.
  • La Chorale « Canohes chante ».

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Géraldine Mallet, Églises romanes oubliées du Roussillon, Les Presses du Languedoc, 2003 (ISBN 2-85998-244-2)
  • Les Cahiers de Patrimoine, Histoire, Collections de Cànohes et des environs (11 numéros)

Articles connexes [modifier]

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références [modifier]

  1. Bienvenue à Canohès
  2. (ca)(fr)Institut d’Estudis Catalans, Université de Perpignan, Nomenclàtor toponímic de la Catalunya del Nord, Barcelone, 2007 [lire en ligne] 
  3. Site mairie de Canohès
  4. Site univ. de Perpignan Traité des Pyrénées
  5. Préfecture des Pyrénées-Orientales, Liste des maires élus en 2008, consultée le 22 juillet 2010
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
  8. Fichier RFDM2010COM : Revenus fiscaux localisés des ménages - Année 2010, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er février 2013.
  9. Frenay, Les débuts du Mouvement Syndical Agricole des P.O. 1894-1914 ; Jean Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Cahiers de l'Institut Maurice Thorez n°1, Paris, 1966 ; Archives communales, Articles divers journaux Le Socialiste des P.O., Le Cri catalan, L'Action syndicale
  10. Mairie de Valmanya, « Résumé de l'histoire de Valmanya »

Notes [modifier]

Liens externes [modifier]