Canette (alimentaire)

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Couvercle (en aluminium) d'une canette métallique, avec son anneau d'ouverture
Une canette

Une canette alimentaire, ou boîte boisson, désigne habituellement une boîte métallique (en aluminium et/ou en fer-blanc) qui contient une boisson que l'on peut emporter facilement puis boire sans outil ni gobelet. L'ancien usage désignait une bouteille en verre.

Pour éviter le risque de corrosion, le couvercle (muni d'un anneau à ouverture facile) d'une canette en métal est toujours en aluminium, quel que soit le matériau de la boîte (acier ou aluminium).

En 2013, le marché européen de la canette a progressé de 3% (+10% en France) avec près de 61 milliards de canettes utilisées [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine, la canette désigne une unité de mesure spécifique à la bière; le mot kanete est attesté au XIIIe siècle au sens de « vase »[2]. De fait, la canette a longtemps eu la forme d'un vase ou d'un pichet avec un bec verseur et souvent un capuchon ou un couvercle[3].

Canette en verre[modifier | modifier le code]

Bouchon mécanique : système de fermeture d'une canette en verre.

Ces canettes sont des bouteilles en verre dotées d'un bouchon mécanique, qui est un système d'ouverture en métal qui comprime un bouchon en porcelaine, doté d'un joint en caoutchouc[4]. Le système de fermeture étanche de la canette permet la conservation des boissons gazeuses, notamment la bière et la limonade, qui étaient le plus souvent vendues, jusque dans les années 1970, sous cette forme, notamment en bouteilles d'un litre. De nos jours, seules quelques marques de bière ou de limonade utilisent encore ce système (on peut citer entre autres la bière Fischer et la limonade Lorina).

Canette métallique[modifier | modifier le code]

Dès 1935 aux États-Unis, et 1937 en France, certaines boissons étaient vendues en boîtes rondes métalliques, sans anneau d'ouverture facile. En 1935, la Gottfried Krueger Brewing Company fut la premiere société à proposer de la bière conditionnée dans ce qui est l'ancêtre des "canettes" que nous connaissons aujourd'hui.

Fabriquées en fer-blanc, semblables aux boîtes destinées à la conserve, on les appelait tin can, ce qui signifie « boîte en fer-blanc », ou plus simplement can.

Elles étaient ouvertes avec un ouvre-boîtes spécial qui permettait de faire deux ouvertures dans l'un des deux couvercles. L'un des trous permettait à l'air d'entrer tandis que l'autre laissait s'écouler le liquide, soit dans un verre soit directement à la bouche.

En 1959, le brasseur américain Coors Brewing Company[5] introduit la boîte en aluminium. Ces premières boîtes faites entièrement d'aluminium ressemblaient beaucoup aux boîtes de conserve en fer-blanc.

En 1962, grâce à l'invention d'Ermal Fraze, les entreprises Alcoa et Pittsburgh Brewing Company introduisirent les couvercles à ouverture facile en commercialisant la bière Iron City Beer avec le slogan Easy-Open Snap Top que l'on peut traduire librement par « dessus à ouverture facile ».

Dans les années 1970, ces boissons américaines en boîte arrivent en force sur le marché français. Elles étaient toujours appelées can par les Anglo-Saxons, et « boîte » par les professionnels francophones alors que le mot « canette », issu d'un anglicisme[réf. nécessaire], s’est imposé au grand public francophone. Dès les années 1980, le mot « canette » était utilisé par la presse québécoise[6].

Avant 1980, ces canettes étaient fabriquées avec un anneau qui se détachait lors de l'ouverture. Lorsqu'ils étaient jetés dans la nature, ces anneaux causaient par leurs bords tranchants divers désordres, notamment des blessures aux pieds nus sur les plages.

Pour remédier à cette situation, des industriels travaillèrent sur le moyen de maintenir l'anneau attaché au couvercle de la canette.

Daniel F. Cudzik, un employé de Reynolds Metals Company, a travaillé cinq ans à développer le procédé industriel[7] qui a permis de le faire. Breveté en juillet 1976, ce procédé est appelé Stay-On-Tab.

En 1993, Pepsi introduit un nouveau modèle d'opercule, percé d'un trou rond qui permet de maintenir la paille.

Le succès rapide de ce nouveau modèle permet à Pepsi de prendre un important avantage commercial sur Coca-Cola[réf. nécessaire] au milieu des années 1990 (principalement aux États-Unis où l'usage de la paille est plus répandu).

L'impossibilité pour Pepsi de breveter le système[réf. nécessaire] permet à ses concurrents de généraliser cette invention, que l'on retrouve aujourd'hui sur toutes les canettes[8].

En 1996, 80 % des canettes vendues sur le marché mondial sont en aluminium[9].

Les canettes métalliques vides sont capables de supporter une masse axiale d'environ 100 kg sans s'écraser, ce qui permet de monter dessus debout sans qu'elles ne s'écrasent[10]. Par contre, un adulte peut facilement presser et déformer une canette vide par l'action mécanique de la main.

Les Français consomment en moyenne une cinquantaine de boîtes par an, soit 7 à 8 fois moins que les Américains. Les jeunes jusqu'à 25 ans les consomment en nombre, pour ensuite leur préférer les bouteilles en verre[8].

Évolution de la boîte[modifier | modifier le code]

Pesant un peu plus de 50 g en 1937, une canette métallique de 33 cl pèse, au XXIe siècle, 21 g pour le modèle en acier et 13,2 g pour le modèle en aluminium.

Il reste encore une petite marge de manœuvre pour réduire la masse de métal nécessaire à sa fabrication, et cela sans nuire à sa résistance, notamment en continuant à diminuer le diamètre du couvercle par rapport au corps de la boîte.

Initialement, les premiers modèles de 33 cl avaient un couvercle d'un diamètre de 66 mm identique à celui de la boîte. Il a progressivement été diminué pour atteindre 52 mm en 2008[11].

Dans les dernières années, la canette avec une ouverture agrandie pour boire a fait son apparition.

La fabrication actuelle des canettes crée sur le couvercle une cavité qui peut permettre des poussières de s'y loger, ce qui n'est pas très hygiénique. Pour remédier à cet inconvénient, quelques fabricants de boisson posent une feuille de protection sur le dessus de la canette.

Fabrication de la canette métallique[modifier | modifier le code]

Processus[modifier | modifier le code]

Élaboration de la boîte[modifier | modifier le code]

Ce processus appelé Draw and Wall Iron[12] (DWI) a été breveté en décembre 1974 aux États-Unis. Les canettes modernes sont produites en emboutissant une rondelle issue d'une feuille d'aluminium ou d'acier étamé, lequel est couramment appelé fer-blanc. La malléabilité de ces deux métaux permet, en plusieurs passes, de créer une boîte cylindrique avec un côté ouvert et un côté fermé.

Après formation de la boîte, le bord du métal du côté ouvert étant irrégulier, le métal est coupé d'une façon régulière. Une étude menée par l'École des mines de Saint-Étienne et Péchiney dans les années 1990 a montré que l'irrégularité de l'emboutissage était liée à un problème de texture du matériau. Une modification du laminage peut d'ailleurs réduire considérablement ce phénomène d'anisotropie.

Le côté ouvert est ensuite déformé par rétreint pour former un cône et un bord sur lequel sera serti le couvercle après remplissage. Ce couvercle possède un anneau rivé qui permet de casser et déchirer une zone où le métal a été aminci afin de permettre une ouverture partielle du couvercle. La boite ainsi fabriquée reçoit toujours un vernissage intérieur et une impression à l'extérieur.

Remplissage de la boîte[modifier | modifier le code]

L'opacité du matériau rendant difficile l'appréciation visuelle du niveau par d'autres moyens, les procédés de contrôle du remplissage des boîtes métalliques font intervenir des sources radioactives. Les récipients, destinés aux boissons notamment, sont placés entre une source de rayons gamma et un détecteur. L'intensité du rayonnement faiblit lorsque le contenu de la boîte vient s'interposer entre la source radioactive et le détecteur. L'arrêt du remplissage est alors déclenché[13]. Les industries utilisant ces procédés sont soumises au respect des règles de radioprotection.

Matériaux[modifier | modifier le code]

Les canettes, entièrement constituées d’aluminium, sont facilement recyclables, et les équipements pour les récupérer sont courants. Au contraire du verre et du plastique, l'aluminium est souvent acheté en gros par les recycleurs de métal, même si aucune consigne n'est prélevée. Il faut, par exemple, 670 canettes pour fabriquer un vélo. Cassées, broyées puis compressées, les canettes passent dans un four électrique afin de récupérer le métal en fusion. Celui-ci, bien qu'issu du recyclage, conserve toutes ses qualités initiales, mais il est toutefois purifié pour en éliminer les impuretés.

En Europe, l'influence des groupes sidérurgiques régionaux a conduit à un partage du marché. Alors que le marché américain est dominé par la canette « tout aluminium », en Europe la canette est aussi fabriquée en fer-blanc avec un couvercle qui est toujours en aluminium. Cette association de deux métaux différents rend le recyclage plus difficile et les sidérurgistes, en association avec les fabricants d'emballages, cherchent à développer un couvercle en acier. Le point bloquant étant la zone de déchirure de l'opercule qui est plus sensible à la corrosion quand le couvercle est en acier. À terme, une canette « tout acier » serait moins chère et plus facile à recycler que son équivalent aluminium.

L'aluminium et le fer-blanc conduisent mieux la chaleur que le verre et le plastique, autres matériaux couramment utilisés par l'industrie alimentaire. Pour cette raison, le contenu des canettes est plus facile à refroidir que celui de bouteilles en plastique, par exemple.

Une canette acier est plus rapidement dégradée dans la nature par corrosion qu'une canette aluminium.

Impact sur la santé[modifier | modifier le code]

Une étude de 1992 du Medical Journal of Australia signale qu'un taux d'aluminium est quintuplé [pas clair] dans les boissons conditionnées dans des canettes d'aluminium. Ces milliards de canettes fabriquées chaque année présentent de sérieux risques de santé publique dans la mesure où l’aluminium qui les tapisse peut provoquer à la fois des carences et des intoxications[14]. Il est de plus soupçonné par les chercheurs que l'aluminium puisse jouer un rôle dans la maladie d'Alzheimer[15]. Cependant, il ne faut pas oublier que le produit à consommer n'est pas en contact direct avec le métal : lors de la fabrication, un revêtement alimentaire est vaporisé sur les parois intérieures de la boîte afin d'isoler le liquide du métal.

Les consommateurs avertis trouvent que le goût des produits provenant d'une canette est différent de celui venant d'une distributrice, d'une bouteille en plastique ou d'une bouteille en verre.

Utilisation dérivées[modifier | modifier le code]

À l'époque où les canettes métalliques étaient munies d'anneaux détachables, certaines personnes les collectionnaient et en faisaient des rideaux. Elles fabriquaient dans un premier temps des chaînes, qui étaient ensuite attachées ensemble pour faire un rideau. Les canettes font aussi parfois l'objet de collections.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Europe : le marché des canettes en croissance, surtout en France, Challenges, 13 mars 2014
  2. Le Romanz, de S. Fanuel, 2238, Chabaneau, cité par Delboulle ds R. Hist. litt. Fr., t. 6, p. 291.
  3. Bouillet, Dictionnaire Universel des Arts et des Sciences, 1880.
  4. Voir modèle sur ce site
  5. Année 1959 dans l'historique de la Company Coors Brewing
  6. Henri Michaud, « Canettes Aluminium - La récupération à bien meilleurs coûts », [Kamouraska], vol. 8, no 42,‎ 3 décembre 1985, p. 7
  7. U.S. Patent No. 3,967,752 1976-07-06 Easy-Open Wall.
  8. a et b La canette en aluminium, pages 19 et 20
  9. « Canettes en aluminium, 80 % du marché mondial »
  10. (fr) [vidéo] Vidéo sur Youtube sur YouTube
  11. J.P.G., Les canettes toujours plus light, Rayon boissons, no 168, novembre 2008 p. 20
  12. Draw and Wall Iron
  13. Les rayonnements ionisants. Applications médicales et industrielles, H. Vidal, in Radioprotection, Vol. 29, no 2, April-June 1994, p. 213-229, DOI:10.1051/radiopro/1994016 - Cliquer sur le pdf à droite et lire le chapitre 3.2 « Mesures de niveau » p. 220-221
  14. Voir particulièrement le § 3 CONDITIONNEMENTS ET ACIDITES (canettes, emballages) Aluminium et Alzheimer
  15. L'aluminium et la santé, pages 20 à 23

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]