Candide (journal)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Candide (homonymie).

Candide est le titre de différents journaux français parus aux XIXe et XXe siècles.

Le Candide blanquiste[modifier | modifier le code]

Candide est un journal fondé par Gustave Tridon et Auguste Blanqui le 3 mai 1865. Il paraissait le mercredi et le samedi de chaque semaine, et coûtait 5 centimes.

Les principaux collaborateurs du journal Candide furent : Blanqui, Tridon, Villeneuve, Vaissier, Watteau, Marchand, Viette, Verlière, Sumino.

Le Candide maurrassien[modifier | modifier le code]

Le nom fut repris en 1924 par un hebdomadaire lancé par la librairie Arthème Fayard. Ce journal a été l'un des principaux hebdomadaires littéraires politiques de l'entre-deux-guerres, sa formule inspirant Gringoire à l'extrême droite mais aussi Vendredi et Marianne à gauche. Candide quant à lui se situait dans la mouvance maurrassienne nationaliste et antisémite : Pierre Gaxotte, secrétaire particulier de Charles Maurras, était membre de la direction collégiale de la rédaction jusqu'en 1940 ; Lucien Dubech, à la critique dramatique, Dominique Sordet, à la critique musicale, Maurice Pefferkorn, responsable des sports, Abel Manouvriez, à la chronique judiciaire, occupaient les mêmes fonctions à Candide qu'à L'Action française ; Lucien Rebatet et Robert Brasillach, deux des jeunes talents maurrassiens, écrivaient dans Candide. Ses nombreuses caricatures, notamment celles de Sennep, étaient très appréciées des lecteurs.

L'hebdomadaire était antiparlementaire, antirépublicain, vivement anticommuniste, au fond, antidémocratique, et ne répugnait pas aux accents antisémites. Après le 6 février 1934, il se radicalisa, comme le reste de l'extrême droite et une bonne partie de la droite, sans atteindre le fascisme musclé de Je suis partout et en conservant un ton léger. L'hostilité aux Juifs et aux étrangers s'affirma. Alors qu'il avait souvent mis en garde contre le péril allemand, Candide approuva les accords de Munich, suivant l'évolution de la mouvance maurrassienne.

Imprimé en grand format (43 sur 60 cm), le journal tirait à 80 000 exemplaires la première année, presque 150 000 en 1930, puis à 340 000 exemplaires au moins à partir de 1936 (465 000 même, cette année-là, selon Pierre Albert, professeur émérite à l'université de Panthéon-Assas). Il exerçait une influence importante en politique dans les milieux conservateurs et réactionnaires et sa page littéraire était respectée au-delà : Albert Thibaudet, qui n'avait rien d'un homme d'extrême droite, y écrivait (mais il mourut en 1936). À partir de 1936 surtout, Candide tenta de convaincre ses lecteurs de l'imminence d'un coup d'État communiste en France.

Sous l'Occupation, le journal quitta Paris pour la zone sud et soutint la Révolution nationale, qui réalisait dans une large mesure les idées politiques qu'il défendait, a fortiori depuis 1934-36 — mais il évita le collaborationnisme parisien défendu par Je suis partout. Il disparut après la Libération, interdit à cause de sa compromission avec le régime de Vichy.

Autres collaborateurs : Georges Blond, Irène Némirovsky, Edmond Jaloux.

Le Candide gaulliste[modifier | modifier le code]

Un hebdomadaire nommé Le Nouveau Candide, et qui comptait Jean Dutourd, Paul Gordeaux, Renaud Matignon et Gilles Perrault parmi ses chroniqueurs, ainsi que Jean-François Steiner qui deviendra l'animateur du comité de défense de Maurice Papon, parut dans le courant des années 1960. Selon les confidences de Constantin Melnik, conseiller spécial auprès du premier ministre Michel Debré, cet hebdomadaire était financé par les fonds secrets afin de contrer l'influence des journaux opposés à la guerre d'Algérie comme L'Express et France-Observateur.