Canal Mons-Condé

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Situation du canal comblé.

Le canal Mons-Condé a été construit à partir de 1807 par l'ingénieur Augustin Honnorez et mis en service en 1818, puis comblé alors que les péniches ont pu passer avec plus de profit par le Canal Nimy-Blaton-Péronnes.

Le canal originel, long de 25 km comptait 7 écluses.

Motif de la construction[modifier | modifier le code]

Il s'agissait notamment de faciliter le transport du « charbon de terre », des mines du Borinage vers l’Escaut et vers la France (la territoire belge faisait partie de l'Empire à l'époque napoléonienne).

Avant sa construction, on utilisait des parties canalisées de la Haine mais à cause du faible débit de cette rivière, on ne pouvait pas répondre au besoin en transport de l’énorme production de charbon des mines de la région.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au tout début du XIXème siècle, en 1805, le Gouvernement français (à une époque où la Belgique était française) décide de créer - à ses frais - un canal artificiel de Mons à Condé, en remplacement de la navigation en lit de rivière de la Hayne.

Les travaux de creusement débutent deux ans plus tard, en 1807. En 1814 il ne reste plus qu'à construire deux sas, des ponts et des terrasses. 10 ans après le début du chantier, c'est-à-dire début 1817, la première écluse et d'autres ouvrages accessoires sont presque terminés. Ils sont concédés (pour cinq ans et demi) avec un droit de péage fixé à 12 centimes par tonneau au passage de l'écluse et terminés par le concessionnaire en trois mois, et le prix du fret diminue rapidement[1]. Quelque temps plus tard, le Gouvernement français concède de la même manière la seconde écluse (et les travaux accessoires) aux mêmes conditions[1].

Selon l'ingénieur en chef des ponts et chaussées (et Membre de la légion d'honneur) Joseph Louis Étienne Cordier (1775-1849) « On rencontra dans leur exécution des sables bouillans, des sources abondantes, de grands obstacles et les résistances que l'intérêt particulier oppose souvent aux entreprises nouvelles. M. le Préfet par sa fermeté leva les difficultés morales; les concessionnaires poussèrent les travaux avec autant de rapidité que de bonheur ; le canal fut achevé, la navigation établie, et le fret tomba de nouveau de plus de moitié, c'est-à-dire de 1900 fr. à goo fr. , diminution qui doit continuer à mesure que les autres améliorations seront faites »[1].

C'est (toujours d'après Cordier) aussi dans le département du Nord la première concession par la quelle des investisseurs capitalistes investissent dans la construction décluses en spéculant que le retour sur investissement les remboursera largement[1]. On trouve là un exemple de partenariat public privé tel qu'il se pratiquait déjà en Angleterre.

Le canal prospère, mais après la bataille de Waterloo, ce canal devint situé dans deux pays différents et l’accès à l’Escaut n’était plus garanti.

Guillaume Ier des Pays-Bas demanda de construire rapidement un canal vers Tournai en passant par Antoing, d'où le canal Pommerœul-Antoing).

Le canal Mons-Condé a ensuite été comblé, au profit du Canal Nimy-Blaton-Péronnes qui permet le passage de bateaux à plus forts tonnages. Mais mais des traces de la partie comblée persistent entre Mons et Pommerœul, toujours visibles le long de l’autoroute E19 qui fut construite à son emplacement.

Un internat bilingue pour les enfants des bateliers à Saint-Ghislain existait à proximité de l’autoroute (qui a remplacé le canal).

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

À ce jour, il existe encore une bifurcation sur le canal Nimy-Blaton-Péronnes au niveau de Pommerœul en direction de Condé-sur-l'Escaut, mais le canal, mis à grand gabarit en 1980 côté français, a été fermé pour cause de comblement par des vases polluées en 1992. Des études sont menées pour sa réouverture dans le cadre du projet Liaison Seine-Escaut.

Un curage du canal côté français était proposé pour 2013 pour une remise en service courant 2015[2], mais cette opération coûteuse et délicate a été repoussée.

En 2007, le Cercle d'histoire de Saint-Ghislain a organisé une exposition et publié une synthèse sur l'histoire du canal : De Mons à Condé[3])

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Cordier Joseph Louis Etienne (1820) De la navigation intérieure du département du Nord et particulièrement du canal de la Sensée, exemplaire digitalisé par Google Livres, Hopwood chez Goeury, Libraire des Ponts et Chausées ; Quai des Augustins, n. 41; A Lille, 1820 -voir pages 11 et suivantes (sur 118)
  2. (fr) « Feu vert à nouveau pour le nettoyage du canal de Pommeroeul : travaux en 2013 »,‎ 28 octobre 2011 (consulté le 25 avril 2012)
  3. Un canal et des hommes (1807-1968). Catalogue de l’exposition organisée par le Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain et de la région, en partenariat avec la Ville de Saint-Ghislain, à l’occasion du bicentenaire du début des travaux de construction du canal de Mons à Condé. Publié sous la direction de Laurent Honnoré et Yannick Coutiez, Saint-Ghislain, 2007 (Publication extraordinaire du Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain et de la région, no 10

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]