Canal Bruxelles-Charleroi

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Canal Bruxelles-Charleroi
Illustration.
Localisation du canal Bruxelles-Charleroi
Géographie
Pays Belgique
Coordonnées 50° 36′ 31″ N 4° 13′ 28″ E / 50.6087, 4.2244 ()50° 36′ 31″ N 4° 13′ 28″ E / 50.6087, 4.2244 ()  
Début Bruxelles
Fin Charleroi
Traverse Région wallonne, Région flamande, Région de Bruxelles-Capitale
Caractéristiques
Longueur 75 km
Altitudes Début :  m
Fin :  m
Maximale : 121,10 m
Minimale : 13,30 m
Gabarit Classe IV
Infrastructures
Écluses 10
Hauteur des chutes d'écluses Moyenne : 6,1 m
Maximale : 13,33 m
Histoire
Année d'ouverture 1832

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Canal Bruxelles-Charleroi
Le Plan incliné de Ronquières

Le canal Charleroi-Bruxelles est un canal belge à grand gabarit de classe IV, accessible aux convois de 1 350 tonnes. Long de 47,9 km pour sa partie wallonne, il relie Bruxelles à Charleroi et s'inscrit dans un axe nord-sud reliant le port d'Anvers, via le canal maritime de Bruxelles à l'Escaut, d'une part à la vallée de la Sambre (Charleroi, Namur, Liège), et d'autre part à Mons et au nord de la France (Lille, Dunkerque) via le canal du Centre.

L'ouvrage le plus remarquable est le Plan incliné de Ronquières.

Historique du canal Charleroi-Bruxelles[modifier | modifier le code]

Premiers projets[modifier | modifier le code]

C’est sous le règne de Philippe le Bon, duc de Bourgogne (1396-1467) que fut évoqué pour la première fois l’aménagement d’une voie d’eau pour desservir les cités hennuyères. Un édit de 1436 autorisait le redressement et l’approfondissement de la Senne. Projet trop cher hélas. Au cours des XVIe et XVIIe siècles des projets de canal voient le jour: Charles Quint (1500-1558) et son fils Philippe II roi d’Espagne (1527-1598) avaient donné l’autorisation de réaliser le canal avec le premier vrai projet pour relier le canal de Willebrouck (1561) à Charleroi. Projet sans lendemain. La saga française du canal de Charleroi à Bruxelles se termina avec les vues de Bonaparte sur le projet, troublées par toute la force qu’il concentra sur une politique étrangère orgueilleusement expansionniste.

Premier canal[modifier | modifier le code]

C’est l’acheminement économique du charbon qui sous le règne de Guillaume Ier d’Orange (1772-1843) allait enfin précipiter et concrétiser le tout. A.J. Barthélemy, membre de la seconde Chambre des États généraux et conseiller de la Régence à Bruxelles allait porter le projet. Il pensait déjà à utiliser des plans inclinés en lieu et place des écluses, plus coûteuses à l’époque. (1753-1838) défendait son idée, mais en finale les finances avaient le dernier mot et le choix des écluses fut retenu. L'ingénieur Jean-Baptiste Vifquain fut chargé du projet. On commença avec un canal à gabarit de 70 tonnes. Ce choix, dicté par les difficultés d'alimentation en eau, permettait d'en réduire la consommation. Le transport de la houille était assuré par des barges appelées « baquets de Charleroi » ou « sabots », dont la taille (19 m de long et de 2 6 m de large) était adaptée au gabarit réduit du canal. Long de 74,2 km, ce premier canal, qui fut mis en service en 1832, permettait d'aller de Charleroi à Bruxelles en 3-4 jours. Il nécessita la construction de 55 écluses. Le franchissement de la ligne de partage des eaux se faisait par le Tunnel de la Bête Refaite, long de 1 267 m et large de 4 m, entre Seneffe et Godarville. Dès 1854 et jusqu’en 1857 les premiers travaux pour réaliser une « grande section » (= moyenne section d’aujourd’hui) de 300 tonnes sur certaines sections allaient bon train.

Deuxième canal[modifier | modifier le code]

En 1885, la ligne de partage des eaux fut franchie par un nouveau tunnel, celui de Godarville, long de 1 050 m. En 1897, l’écluse de la porte de Flandre (Bruxelles) passa au gabarit de 600 à 800 tonnes. Toutes les écluses de ce gabarit en aval de Clabecq allaient être conçues avec une capacité de sassement de 1 350 tonnes. Les travaux progressèrent lentement et ne se terminèrent qu'en 1933.

Troisième canal[modifier | modifier le code]

Sous la pression des industriels hennuyers, qui devaient faire face à la concurrence de l'industrie liégeoise, le dernier grand remaniement (1948-1968) fut projeté en 1947. Le résultat est le tracé actuel au gabarit européen de 1 350 tonnes avec le plan incliné de Ronquières. Cette gigantesque œuvre de génie civil se trouve en amont de l'écluse n°5 de Ittre. Cette écluse a une chute moyenne de quelque 13,33 m, soit une des plus grandes de Belgique. Le canal suit entre autres les vallées de la Sennette et de la Senne. Il franchit la ligne de partage des eaux par la Grande tranchée de Godarville.

Plan de modernisation (2011)[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la réalisation de la liaison Seine-Escaut, la liaison entre ce canal et le Rhin devrait aussi être modernisée et portée, entre Pommeroeul et Namur, à un gabarit de 110 m x 11,5 m. Il en résulte que les trois écluses du versant Sambre devraient être reconstruites. Afin de ne pas interrompre le trafic pendant une longue période, de nouvelles écluses de 112,50 m x 12,25 m seront construites à côté des anciennes.

Écluses et plan incliné[modifier | modifier le code]

La différence de hauteur entre Bruxelles et Seneffe (versant Senne) est de 88 mètres. Pour passer ce dénivelé, sept écluses et un plan incliné furent construits. La différence de hauteur entre Seneffe et Charleroi (versant Sambre) est de 21 mètres. Ce denivelé est rattrapé par trois écluses.

  • Hauteur à Charleroi : 100,20 m
  • Hauteur à Seneffe  : 121,10 m (Point culminant, entre Ronquières et Viesville)
  • Hauteur à Bruxelles : 13,30 m
  • Marchienne-au-Pont : Ecluse n°1 (85,08 m x 11,50 m) – Hauteur de 6,20 m
  • Gosselies : Ecluse n°2 ( 87,70 m x 11,50 m) – Hauteur de 7,20 m
  • Viesville : Ecluse n°3 (87,60 m x 11,50 m) – Hauteur de 7,50 m
  • Ronquières : Plan incliné n°4 – (2 bacs de 85,50 m x 11,60 m) – Hauteur de 67,53 m
  • Ittre : Ecluse n°5 (90,00 m x 12,00 m) – Hauteur de 13,33 m
  • Lembeek : Ecluse n°6 (81,60 m x 10,50 m) – Hauteur de 7,07 m
  • Hal : Ecluse n°7 ( 81,60 m x 10,50 m) – Hauteur de 3,30 m
  • Lot : Ecluse n°8 (81,60 m) x 10,50 m – Hauteur de 3,70 m
  • Ruisbroek : Ecluse n°9 (81,60 m x 10,50 m) – Hauteur de 3,70 m
  • Anderlecht : Ecluse n°10 (81,60 m x 10,50 m) – Hauteur de 3,70 m
  • Molenbeek-Saint-Jean : Ecluse n°11 (81,60 m) x 10,50 m – Hauteur de 4,70 m

Trafic[modifier | modifier le code]

  • 1987 - Tonnage : 1.094.000 T - Nb bateaux : 3084
  • 1990 - Tonnage : 1.289.000 T - Nb bateaux : 3346
  • 2000 - Tonnage : 2.100.000 T - Nb bateaux : 3471
  • 2004 - Tonnage : 3.160.000 T - Nb bateaux : 5155
  • 2005 - Tonnage : 3.019.000 T - Nb bateaux : 4812
  • 2006 - Tonnage : 3.144.000 T - Nb bateaux : 5215 (3981 chargés)
  • 2007 - Tonnage : 3.091.000 T - Nb bateaux : 5163 (4048 chargés)
  • 2008 - Tonnage : 2.939.000 T - Nb bateaux : 4860 (4070 chargés)
  • 2009 - Tonnage : 1.686.000 T - Nb bateaux : 3741 (2361 chargés)
  • 2010 - Tonnage : 1.924.000 T - Nb bateaux : 3934 (2600 chargés)

Note : jusqu'en 2001, le trafic mesuré à Ronquières (ci-dessus) était destiné à La Louvière et à Charleroi. Depuis 2002, une partie de ce trafic entre sur le bief de partage par l'ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu. Il est communément admis que ce troisième point d'entrée a augmenté de plus de 50 % le trafic sur le Canal Charleroi-Bruxelles (+1.000.000 T, +1700 bateaux).

Liaisons avec d’autres voies navigables[modifier | modifier le code]

Gestion de l'eau[modifier | modifier le code]

Le canal de Charleroi à Bruxelles est alimenté par des ruisseaux et rivières. Cependant, le bief de partage se trouve à une altitude proche de la source des rivières proches, dont la Samme. Il en résulte que le niveau peut difficilement être entretenu en prélevant l'eau uniquement sur ces rivières et ruisseaux.
Cette raison justifie l'usage d'ascenseurs à bateaux sur le canal du Centre et du plan incliné de Ronquières, ces ouvrages ne consomment que quelques centimètres d'eau à chaque cycle.
Sur le versant Sambre du canal, les 11 écluses de l'ancien canal, qui consommaient en moyenne 420 m3 d'eau, ont été remplacées par trois écluses seulement, dont l'une a une chute de 7 5 m, et le volume consommé à chaque cycle est d'environ 7 500 m3.
L'appoint d'eau est fait par prélèvement sur les lacs de l'Eau d'Heure. L'eau est lâchée dans la rivière, dont le confluent avec la Sambre à Marchienne-au-Pont est proche de la jonction avec le canal. Elle est ensuite pompée à chacune des écluses.

Photos[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Sterling et Michel Dambrain, Le Canal de Charleroi à Bruxelles, témoin d'une tradition industrielle, Namur, La Renaissance du Livre/MET, coll. « Traces »,‎ 2001, 272 p.
  • La navigation de plaisance en Région wallonne, Namur, Éditions du MET,‎ 2008, 4e éd., A4, 88 p. (lire en ligne)
  • Liaison fluviale à grand gabarit Seine-Escaut et raccordements sur le territoire wallon (C.S.C. N°D.O.213.09.03) - Document de présentation vulgarisée du PLAN, Namur, Éditions du MET,‎ 2011, A4, 65 p. (lire en ligne)

Films[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]