Camps d'extermination nazis

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Localisation des camps d'extermination nazis.

Les camps d’extermination nazis étaient des centres de mise à mort à grande échelle, dont « les opérations s'apparentaient par certains égards aux méthodes de production complexes d'une usine moderne »[1]. Créés et organisés dans le seul but d'exterminer un maximum de victimes dans un minimum de temps, ils firent près de 3 000 000 de victimes[1], juives dans leur énorme majorité, assassinées au moyen de chambres à gaz. Maillon essentiel de la Shoah, ils prirent le relais des fusillades de masse pratiquées par les Einsatzgruppen.
L'historiographie s'accorde sur une liste de 6 camps d'extermination : Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka, Auschwitz–Birkenau et Majdanek, les deux derniers étant intégrés à des camps de concentration préexistants.

Raul Hilberg a écrit que les camps d’extermination nazis « n'avaient aucun précédent. Jamais, dans toute l'histoire de l'humanité, on n'avait ainsi tué à la chaîne »[1].

La création : objectifs et processus décisionnel[modifier | modifier le code]

L'anéantissement des Juifs et des Tziganes est voulu par Hitler dès 1941 et progressivement, en particulier lors de la conférence de Wannsee en 1942, on y évoque la solution finale au problème Juifs : les camps d'extermination.

Une triple continuité : camps de concentration, Aktion T4 et Einsatzgruppen[modifier | modifier le code]

Le système concentrationnaire[modifier | modifier le code]

Les camps d'extermination sont dans la continuité des camps de concentration : lorsque ces derniers étaient en surcharge de détenus, ou lorsqu'ils ne pouvaient plus travailler, des convois étaient organisés afin de libérer de la place. Les camps d'extermination avaient le même but que les Einsatzgruppen : éliminer systématiquement toute personne ne convenant pas au Reich.

La vie dans les camps d'extermination était invivable[style à revoir] : en plus du manque constant de nourriture et d'eau, il n'y avait que peu de chance de survie. Des expériences étaient menés sur certains détenus, et ceux qui ne pouvaient plus travailler étaient envoyés dans les chambres à gaz.

L'assassinat des malades mentaux[modifier | modifier le code]

Une politique d'extermination des handicapés physiques et mentaux, l'Aktion T4, avait déjà été entreprise sur le territoire du Reich avant la mise en œuvre de la solution finale de la question juive. C'est dans ce cadre que les premières exécutions au gaz (monoxyde de carbone) ont été réalisées, mais après que les malades eurent été rendus somnolents par l'administration de médicaments[2]. Les nazis ont été contraints d'y mettre fin suite à l'émotion et à la protestation d'une partie de la population allemande, relayée par les églises protestante et catholique[3]. Cependant l'extermination des handicapés se poursuivra jusqu'en 1945[4],[5].

Les meurtres de masse des Einsatzgruppen[modifier | modifier le code]

La « Shoah par balles » a été perpétrée par des unités spéciales nommées les Einsatzgruppen. Elles ont agi principalement en 1942 dans l'Est de l’Europe, en suivant l'avancée de la Wehrmacht.

Construction des camps et début des assassinats[modifier | modifier le code]

Les camps de Belzec, Sobibor et Treblinka destinés à tuer dans le cadre de l'Aktion Reinhard tous les Polonais juifs ouvrent en 1942.

Organisation générale[modifier | modifier le code]

Arrivée des convois[modifier | modifier le code]

Les prisonniers étaient emmenés dans des wagons à bestiaux, où ils étaient entassés. De nombreuses personnes mourraient au cours de ces voyages, de faim, de soif, de froid et des maladies qui se propageaient dans les wagons[réf. nécessaire].

Sélection[modifier | modifier le code]

À l'arrivée des convois, les juifs sont triés en deux groupes : l'un sera immédiatement gazé (certaines femmes, les enfants, les vieillards, les handicapés et les malades) et l'autre regroupe les hommes et femmes considérés comme assez fort. Ces derniers sont gardés pour le travail forcé jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Gazage[modifier | modifier le code]

Les juifs étaient déportés de chez eux ou des ghettos, dans des camps de concentrations, la plupart répartis, dans l'est de la Pologne actuelle. Ils étaient ramenés dans ces camps en train par les SS.On leur disaient ensuite d'aller dans les douches communes, ou ils croyaient pouvoir se laver. Ils étaient alors gazés. Ils étaient 150 environ par chambres.[réf. nécessaire]

Destruction des cadavres et dissimulation des preuves[modifier | modifier le code]

Après avoir été dans un premier temps enfouis dans des fosses communes, les cadavres des victimes ont été incinérés dans des fours crématoires ou dans des fosses de crémation, à partir du printemps 1942 à Chelmno et à Auschwitz et de l'automne dans les camps de l'action Reinhard[6]. Des détenus étaient chargés de déposer les cadavres et ensuite d'y mettre feu.

Les bourreaux[modifier | modifier le code]

Des gardiens ou même des médecins nazis étaient des bourreaux pour les Juifs. Comme Joseph Mengele qu'on surnommait l'ange de la mort qui faisait des expériences barbares sur des enfants ou des jumeaux, ou encore Carl Clauberg qui faisait des expériences de stérilisation sur les femmes. Des gardiens SS ou venant des Einzatzgruppen se chargeaient des exécutions.

Les Sonderkommandos[modifier | modifier le code]

Les Sonderkommandos (initialement Krematoriumskommandos, les commandos du crématoire) étaient des unités de travail dans les camps d'extermination, composées de prisonniers, Juifs dans leur très grande majorité, forcés à participer au processus de la solution finale. Leur rôle étant de vider les chambres à gaz, arracher les dents en or, couper les cheveux des morts et d'incinérer les cadavres dans les fours crématoires et les fosses. Le mot vient de l'allemand et signifie unité spéciale. Ce terme est parfois rencontré dans une autre acception car il a également été utilisé auparavant pour qualifier les Einsatzgruppen qui, eux, étaient Allemands et participaient à ce qu'on appelle désormais la « Shoah par balles » sur le front de l'Est.

Les victimes[modifier | modifier le code]

Caractères spécifiques des différents camps[modifier | modifier le code]

Auschwitz[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Auschwitz.

Chelmno[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Camp d'extermination de Chełmno.

Les camps de l'action Reinhard[modifier | modifier le code]

Belzec[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Camp d'extermination de Bełżec.

Sobibor[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Camp d'extermination de Sobibor.

Treblinka[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Treblinka.

Majdanek[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Camp d'extermination de Majdanek.

Les chambres à gaz dans les camps de concentration[modifier | modifier le code]

Résistance et révolte[modifier | modifier le code]

Bilan[modifier | modifier le code]

  • Auschwitz-Birkenau ; 1 100 000 morts, 200 000 survivants.
  • Majdanek ; 78 000 morts, 200 000 survivants.
  • Treblinka ; 750 000 à 1 200 000 morts, 300 survivants.
  • Sobibór ; 200 000 à 250 000 morts, environ 50 survivants.
  • Bełżec ; 430 000 à 500 000 morts, deux survivants.
  • Chełmno; 153 000 morts, deux ou trois survivants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1595-1596
  2. Léon Poliakov, Bréviaire de la haine, Calmann-Lévy (Poche), 1974, p. 279-280
  3. voir l'intervention de l'évêque de Munich Mgr von Galen
  4. [Horst von Buttlar:Forscher öffnen Inventar des Schreckens at Spiegel Online (2003-10-1) (German)].
  5. R. J. Evans, Le Troisième Reich, p. 127-128
  6. [EPUB] Florent Brayard, Auschwitz, enquête sur un complot nazi, Seuil, 2012, 530 p. (ISBN 9782021072716), emplacement 7152-7171 sur 12153.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Mémoires et témoignages[modifier | modifier le code]

Ouvrages scientifiques[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Robert Merle, La mort est mon métier, éditions Gallimard, 1952.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]