Campoussy

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42° 42′ 40″ N 2° 27′ 33″ E / 42.7111111111, 2.45916666667

Campoussy
Administration
Pays France
Région Languedoc-Roussillon
Département Pyrénées-Orientales
Arrondissement Prades
Canton Sournia
Code commune 66035
Code postal 66730
Maire
Mandat en cours
Alain Boyer
2008-2014
Intercommunalité aucune
Démographie
Population 41 hab. (2007)
Densité 2,4 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 42′ 40″ Nord
       2° 27′ 33″ Est
/ 42.7111111111, 2.45916666667
Altitudes mini. 391 m — maxi. 1144 m
Superficie 17,04 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Campoussy est une commune française, située dans le département des Pyrénées-Orientales et la région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Campoussinois.

Sommaire

[modifier] Géographie

[modifier] Accès

[modifier] Hydrographie

[modifier] Géologie

Campoussy, un village sur le granite

Un peu de géologie

Le granite est une roche magmatique, c’est à dire issue de roches en fusion (magma), apparue en surface après un long travail d’érosion des roches sus-jacentes. La majorité des granites est issue de la fusion de roches de la croûte terrestre continentale lorsqu’elle est soumise en profondeur à des températures supérieures à 600 degrés. Ce liquide très visqueux moins dense que les roches environnantes a tendance à remonter, se refroidir, se solidifier en cristallisant. Tout cela sur des temps géologiques qui s’expriment en millions d’années ! La formation des granites apparaît presque toujours liée à la formation des chaînes de montagne : pour ce qui concerne le granite de Campoussy, la chaîne hercynienne, il y a environ 300 millions d’années, et la chaîne pyrénéenne beaucoup plus récente.

La commune de Campoussy est entièrement située sur le massif de Millas-Quérigut (carte géologique de Quillan au 1/80 000ème) appartenant à la « zone axiale pyrénéenne ». Ce massif ancien a été soumis à de violentes contraintes successives qui l’ont profondément faillé. Une étude géologique réalisée au début des années 90 a mis en évidence 5 directions de failles qui s’entrecroisent. La rencontre des ces failles en profondeur crée des cavités dans lesquelles l’eau circule et s’accumule. A la surface qui est livrée à l’érosion, les différences de structures pétrographiques : granites porphyroïdes (gros cristaux), granulites (petits cristaux), granite quartzitique (blanc) entraînent des érosions différentes et sont à l’origine de reliefs et de creux. Certains de ces creux forment de larges dépressions (alvéoles) envahies par des arènes arkosiques (sables grossiers) qui recueillent les eaux de pluie (mouillères, puits de surface).

L’alimentation en eau du village

Bref historique

Ce furent d’abord les sources et les puits, nombreux dans le village, qui exploitent la nappe de surface dans les arènes granitiques.

Au début des années 50, une « source » située à 200 mètres du village (au dessus du départ du chemin de Palmes), fut captée pour alimenter la fontaine de la place.

Au début des années 60, fut creusé le puits communal (Prat Grand). Profond de 9 mètres, il fournit 300 litres/jour qui sont pompés dans le château d’eau. Canalisations et compteurs sont installés. Mais ce projet est insuffisant. Ce puits satisfait les besoins en eau jusqu’aux environs du 15 juillet. « A cette époque, le puits est vidé en totalité et l’arrivée de l’eau y est quasi nulle. Un pompage par semaine donne 3 m3 d’eau ».

(compte-rendu d’un conseil municipal présidé par Jean Chanaud, Maire)

Les besoins en eau se faisant effectivement de plus en plus sentir, notamment dans la période estivale, la municipalité réalise, en août 1966, un forage (F1) à 25 mètres dans la parcelle qui connaîtra par la suite plusieurs autres forages dont celui actuellement exploité. Ce forage (F1), exploité par siphonage, fournit 22 m3/jour (débit mesuré le 23 mai 1967 par le Génie rural). Ce débit insuffisant ne répond pas aux attentes.

En novembre 1968, un deuxième forage (F2), cette fois à 39 mètres et équipé d’une pompe immergée, fournit 700 litres/heure.

Les besoins en eau augmentant au fil des années, la nouvelle municipalité (Maire Alain Boyer) commande une étude à Henri Salvayre, hydrogéologue. Celui ci préconise un nouveau forage plus profond. Ce sera le forage F3 à 100 mètres qui alimente depuis 1985 le village (débit mesuré le 3 décembre 1984, plus de 30 m3/heure). Une pompe immergée remplit le château d’eau en fonction des besoins (capteur).

L’eau du granite

Nappe de surface et eau profonde (études géologiques)

Après des rapports géologiques en 1968 et 1984 (cf. bibliographie sommaire), une étude du site expérimental de Campoussy a été réalisée fin des années 80 - début des années 90 par le laboratoire d’hydrogéologie de l’ORSTOM de l’Université de Montpellier (S.Pistre, F.Arthaud, C.Drogue) avec notamment l’exploitation par balises Argos des données piézoélectriques recueillies dans un forage (F5) à 41 m.

Sans entrer dans les détails de cette étude, elle a confirmé l’importance des différents réseaux de fractures et leur rôle dans la circulation et l’accumulation des eaux profondes. Le rapport se termine par : « Le même type d’étude, réalisé sur un autre alvéole du massif … permettrait de préciser les schémas établis. Les conclusions hydrogéologiques pourraient alors être élargies à l’ensemble des aquifères fissurés du massif et en zone de socle [granitique] de façon générale ». La richesse en eau profonde des massifs granitiques fut confirmée par la suite.

Une thèse nouveau doctorat, reposant en partie sur des études piézoélectriques réalisées sur le site de Campoussy, a été présentée en 1992 par Lumony Bangoy (Directeur de thèse : Claude Drogue).

Le problème de la prédiction en surface des réservoirs d’eau souterrains reste posé. Une étude plus récente (1995, cf. bibliographie) a tenté également d’y répondre. La méthode proposée, basée sur la densité de fracturation et appliquée au site de Campoussy a donné des résultats prometteurs « mais la méthode doit être testée sur d'autres sites pour être considérée utile et efficace en hydrogéologie ».

Le site de Campoussy, actuellement et dans l’avenir.

Le forage à 100 mètres donne toute satisfaction et ne présente aucun signe d’essoufflement malgré un déficit des précipitations depuis plusieurs années. Le conseil municipal reste néanmoins vigilant en procédant à des relevés de niveau périodiques.

Jacques Baudé, décembre 2008


Quelques références

- Rapport géologique sur les possibilités de captage d’eau potable sur la commune de Campoussy. R.Plégat . 25 mai 1968. Institut de Géologie. Faculté des sciences (Université de Montpellier) (en mairie)

- Rapport géologique : améliorer l’adduction en eau de Campoussy en réalisant un forage. Henri Salvayre, 19 avril 1984 (en mairie)

- Quantification de la ressource en eau exploitable en aquifère fissuré. Site expérimental de Campoussy (rapports n°3) et (rapport n°5, décembre 1989) (en mairie) Laboratoire d’hydrogéologie U.S.T.L. Montpellier cedex 05

- Hydrodynamique d'un site expérimental en aquifère du socle fissuré. Nouvelle méthode d'interprétation des essais hydrauliques. Thèse soutenue en 1992 par Lumony Bangoy à l’Université de Montpellier 2. Drogue Claude (Directeur de thèse) http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=149160

- A new approach for the prediction of unexposed fractured reservoirs:

a case study in Millas Granite (résumé en français).S.Pistre et L.M.Bangoy, Laboratoire d’hydrogéologie (Montpellier)T.Rives ELF Aquitaine, CSTJF, Pau Journal des Sciences Hydrologiques,40,3, Juin 1995

http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=3519886

[modifier] Toponymie

En catalan, le nom de la commune est Campossi et Camporsin en occitan. Campo Ursino, Camporcy, Campourcy, Champ de l’Ours, sur un plateau à vocation pastorale, Campoussy émerge en moyenne montagne.

[modifier] Économie

[modifier] Histoire

Menhirs et dolmens attestent d’une occupation très ancienne des espaces. Le paysage est marqué par les différents siècles. Plus près de nous les vestiges de Séquerre (ou Séquère) et du château de Palmes se dressent non loin du village, le premier au sommet d’une crête, le second se détachant dans la végétation, signes d’un Moyen Âge en expansion démographique.

Campoussy sous la neige (photo J.B.)

Dans les pays de langue d’oc, l’adage « pas de terre sans seigneur » n’a aucune valeur. C’est plutôt « pas de seigneur sans titres ». Dans de nombreuses paroisses, les alleux — les terres non soumises aux droits seigneuriaux — sont souvent plus importants que les terres seigneuriales. C’est le cas à Campoussy.

Par ailleurs, de nombreuses paroisses n’ont aucune organisation. Le curé n’a aucun pouvoir. Il n’est que le guide spirituel des habitants. Certes, le dimanche, il annonce aux fidèles les édits royaux, mais c’est tout. L’intendant n’a donc aucun interlocuteur dans les paroisses, d’où la volonté royale de doter chaque communauté d’une organisation administrative à l’image du pouvoir royal très centralisé.

À Campoussy, la volonté royale s’exprime par la désignation d’un consul en 1686 : le premier est Antoine Uteza. La désignation du consul se fait à plusieurs niveaux par tirage au sort parmi les propriétaires les plus importants, en principe le matin du jour de Noël après la messe. 1686 est le début de l’histoire administrative du village qui se traduit par des actes. Uteza décide la réalisation de la place et d’une la fontaine d’eau douce (non-identifiée).

[modifier] Armoiries

Le blason est aussi choisi par le consul, en 1696. Il se décrit ainsi : d’azur, à un pal componé d’argent et de gueules de huit pièces. Il est celui de la communauté des habitants du village et non pas celui de la paroisse. C’est un blason civil, très rare pour le XVIIe siècle. L’explication est à trouver dans l’histoire politique du village en relation avec la politique du royaume. L’affirmation de l’existence d’une communauté serait la lointaine manifestation de la politique centralisatrice de Louis XIV.

Une des lectures possibles de ces armes est : l’azur = le royaume ; le pal divisé en huit pièces = les alleux ; les gueules = les terres du seigneur. Ce qui peut vouloir dire « le territoire de Campoussy appartient bien au royaume mais est partagé également en terres libres (alleux) et en terres seigneuriales ».

[modifier] La communauté

En 1367, on dénombre neuf feux au village.

L’abbé Théodore avance 600 habitants dans la deuxième moitié du XVIIIe.

En 1750, le curé Condance dispose de 900 livres de revenu. La taille représente 935 livres. Le village abrite trois maréchaux (mulets et ânes), un tailleur et un tisserand. La communauté est prospère. Les activités les plus importantes étant la vigne, les prairies et l’élevage du mouton.

[modifier] Lieux et monuments

[modifier] L'église paroissiale Sant Esteve

L’église primitive romane (première mention au début du XIVe siècle) a été bâtie fort probablement par les moines de l'abbaye Saint-Michel de Cuxa, à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe, comme celles de Séquère (Séquerre), de Palmes et une autre près de Sournia. L’édifice jouxtait le château primitif bâti sur l’emplacement de l’église actuelle. Il y a contre cette chapelle une maison à cuisine voûtée qui a pu être autrefois sacristie. De l'église romane proprement dite, il subsiste encore l'abside, sur la droite de l'édifice actuel, et surélevée à une époque postérieure. Elle est décorée d'une frise de dents d'engrenage. D'autres pans de murs semblent subsister, intégrés à la construction actuelle.

L’église récente, édifiée perpendiculairement à l'édifice roman vers 1785, est de style gothique méridional : large nef voûtée sur croisées d'ogives, chapelles latérales. L’abbé Roger, prêtre local, très cultivé et très bon pour les pauvres auxquels il laissa un legs, est l’architecte et le donateur principal. Le dimanche matin, chaque paysan, une heure avant la messe, apportait la pierre qu’il avait trouvée dans les champs durant la semaine et le curé avait choisi la sienne et la portait. Les briques montèrent d’’Ille à dos de mulet par un sentier. La façade et le clocher, tout deux de style baroque, sont très pittoresques.

À l'intérieur, le retable, du milieu du XVIIe siècle (classé monument historique), est tout à fait remarquable : au centre, un panneau : feuilles d’or sur bois, ainsi que les deux portes au-dessus qui constituaient avec le panneau une armoire pour l’ostensoir et le Saint Sacrement. Origine espagnole. La même armoire se trouve à Angoustrine dans son état primitif. La partie qui entoure le motif central est en plâtre doré, on y trouve Sainte Thérèse d'Avila et Sainte Catherine de Sienne.

[modifier] Le site de Palmes

Au lieu-dit de Palmes, au sud de Campoussy, subsistent les ruines du château du même nom, bâti à l'époque médiévale.

À proximité immédiate se trouve la chapelle Saint-Just. Datant vraisemblablement du XIIe siècle, restaurée au XIXe siècle, elle est constituée d'une nef unique, voûtée en berceau brisé, et terminée par une abside semi-circulaire. Le clocher mur domine, privé de sa partie supérieure, la façade occidentale.

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1875   Jean Larrieu    
1878   Antoine Grieu    
1879   Martin Boyer    
1881   Jean Larrieu    
1888   Zéphir Boyer    
1896   Jean Grieu    
1898   Justin Larrieu    
1898   Jean Pézilla    
1908   Pierre Palmade    
1909   Augustin Chambeu    
1912   Joseph Grieu    
1921   Martin Chambeu    
1929   Louis Sales    
1939   Moïse Macary    
1953   Louis Sales    
1959   Moïse Macary    
1965   Jean Chanaud    
1971   Férréol Pauco    
mars 1983 réélu depuis[1] Alain Boyer Parti socialiste Conseiller général

[modifier] Démographie

Évolution démographique
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
287 268 241 269 321 297 311 314 351
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
321 314 247 229 226 235 219 193 216
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
194 165 140 99 91 87 72 54 35
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 -
26 14 24 33 40 35 41 41 -
Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale depuis 2006
Sources : Insee[2],[3], Ehess[4]
Courbe d'évolution démographique de Campoussy depuis 1793

[modifier] Personnalités liées à la commune

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

[modifier] Sources

[modifier] Bibliographie

[modifier] Notes

  1. Préfecture des Pyrénées-Orientales, Liste des maires élus en 2008, consultée le 22 juillet 2010
  2. Campoussy sur le site de l'Insee
  3. Insee, Historique des populations par commune depuis le recensement de 1962 (fichier Excel), mis à jour en 2010, consulté le 21 juillet 2010
  4. Ehess, notice communale de sur la base de données Cassini, consultée le 4 juillet 2010
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