Campagne du Dodécanèse

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Campagne du Dodécanèse
Localisation des îles du Dodécanèse en mer Égée.
Localisation des îles du Dodécanèse en mer Égée.
Informations générales
Date 8 septembre - 22 novembre 1943
Lieu Dodécanèse, Mer Égée
Issue Victoire de l'Axe
Belligérants
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d’Italie
Drapeau de l'Afrique du Sud Union d'Afrique du Sud
State Flag of Greece (1863-1924 and 1935-1970).svg Royaume de Grèce
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
War flag of the Italian Social Republic.svg République sociale italienne
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni Robert Tilney
Drapeau de l'Italie Inigo Campioni
Drapeau de l'Allemagne Friedrich-Wilhelm Müller
War flag of the Italian Social Republic.svg Mario Soldarelli
Pertes
113 avions
4 800 tués
6 contre-torpilleurs coulés
8 croiseurs endommagés
2 sous-marins coulés
10 dragueurs de mines coulés
15 embarcations coulées
1 184 tués
Campagne des Balkans,
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Campagne des Balkans

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Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


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Guerre sino-japonaise

La campagne du Dodécanèse, durant la Seconde Guerre mondiale, est une tentative par les Alliés (majoritairement Britanniques), de capturer les îles italiennes du Dodécanèse, dans la Mer Égée, afin de s'en servir comme bases avancées contre les territoires Balkaniques, contrôlés par l'Axe. La défaite des Alliés provoque un contrôle total par le Reich des îles du Dodécanèse. De plus, elle a coûté des lourdes pertes en hommes et en navires pour les Alliés. Les opérations dans le secteur, du 8 septembre au 22 novembre 1943, constituent une des dernières grandes victoires du Reich.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Les îles du Dodécanèse constituent un archipel dans le sud-est de la mer Égée. Elles étaient sous occupation italienne depuis la guerre italo-turque. Sous la domination italienne, elles deviennent le fer de lance des ambitions coloniales italiennes en mer Méditerranée. Rhodes, la plus grande des îles, est alors une base militaire et aérienne majeure. L'île de Leros, grâce au port en eaux profondes de Lakki, est transformée en base aéronautique extrêmement fortifiée, qui constitue le « Corridor de la Méditerranée », selon la formule de Mussolini.

Après la chute de la Grèce en avril 1941 et la perte pour les Alliés de l'île de Crète en mai, la Grèce et les îles environnantes sont occupées par les forces de l'Axe. Après la défaite totale de l'Axe en Afrique du Nord, durant le printemps 1943, Winston Churchill, qui a toujours présenté un grand intérêt pour la région, se penche sur les îles. Les Britanniques envisagent ainsi capturer le Dodécanèse et la Crète, notamment pour priver l'Axe des ses bases les plus avancées, mais également pour presser la Turquie neutre à rejoindre les Alliés. De plus, l'idée respecte le vœu le plus cher de Churchill, « une route par les Dardanelles pour joindre l'URSS, et éviter les convois arctiques ». Durant la conférence de Casablanca, la première idée est avancée, et Churchill ordonne à ses commandants de planifier l'opération, en janvier 1943.

L'opération, nommée Opération Accolade, prévoit un assaut direct sur Rhodes et Karpathos, avec des forces totalisant trois divisions d'infanterie, une brigade blindée, et des unités de support. Les débarquements en Crète, qui était trop bien fortifiée et possédait une importante garnison allemande, sont annulés. Le problème principal est alors l'impossibilité pour les Britanniques de contrer le X Fliegerkorps de la Luftwaffe, les bases aériennes alliées étant situées à Chypre et au Moyen-Orient. De plus, ce problème est accentué par les demandes de la prochaine invasion de la Sicile. Les États-Unis sont septiques quant à l'opération, qu'ils considèrent surtout comme un bénéfice pour les Britanniques après la guerre, et comme une diversion inutile au front principal en Italie. Ainsi, ils refusent d'aider les Britanniques, et les avertissent qu'ils devront faire face seuls aux Allemands.

Alors qu'une capitulation devient probable, les Britanniques lancent l'opération en août 1943, pour prendre rapidement l'avantage sur un possible redressement germano-italien. Celle-ci prend géographiquement la forme d'une « accolade », d'où le nom de l'opération. Une force composée de la 8e division indienne est assemblée, et les Britanniques demandent l'aide des Américains, par le biais d'envoi d'escadrons de P-38. Cependant, suite à la conférence de Québec, les Américains refusent de fournir de l'aide aux Britanniques, et les forces de l’Accolade sont dispersées sur plusieurs fronts.

Déroulement de la campagne[modifier | modifier le code]

Premiers mouvements Alliés et Allemands : La chute de Rhodes[modifier | modifier le code]

À l'annonce de l'armistice de Cassibile, les garnisons italiennes de la plupart des îles du Dodécanèse tentent de changer de camp pour rejoindre les Alliés, ou de simplement rentrer chez eux. Cependant, le Reich a anticipé la capitulation italienne, et a disposé ses forces sur la plupart des îles, afin d'en prendre le contrôle. Ces divisions font partie du Groupe d'armées E, commandé par le général de la Luftwaffe Alexander Löhr.

La plus importante garnison allemande est composée des 7500 hommes de la division d'assaut Rhodes (Sturm-Division Rhodos), dirigée par le général Ulrich Kleemann. Cette division a été formée durant l'été sur l'île de Rhodes, centre administratif du Dodécanèse, et qui possède trois terrains d'aviation. C'est pourquoi Rhodes est le principal objectif militaire de l'Axe et des Alliés.

Le 8 septembre, la garnison italienne de l'île de Kastelorizo se rend à un détachement britannique, qui est renforcé dans les jours qui suivent par des bateaux alliés. Le jour suivant, un commando britannique, dirigé par Lord Jellicoe, est parachuté sur l'île de Rhodes pour persuader l'amiral Inigo Campioni de rejoindre les Alliés. Malgré tout, l'action rapide des Allemands surprend les Alliés. Sans attendre la décision des Italiens, Kleemann attaque la garnison italienne, forte de 40 000 hommes le 9 septembre, les forçant à se rendre dès le 11 septembre. La perte de Rhodes porte un coup critique aux espoirs Alliés. Alors que le Royaume d'Italie se rend, beaucoup de soldats italiens ne croient plus en Mussolini, lassés par guerre. Cependant, le général Mario Soldarelli lève une armée de 10 000 hommes, des soldats loyaux et des Chemises noires, pour aller combattre en mer Égée. Malgré ce revers, l'État-Major britannique décide l'occupation des autres îles de l'archipel, notamment les trois plus grandes, Kos, Samos et Leros. Les Allemands sont rapidement dépassés, grâce à la puissance de la flotte britannique, et grâce aux escadrons de Spitfire de la Royal Air Force et de la South African Air Force. Ainsi, du 10 au 17 septembre, la 234e brigade britannique d'infanterie, sous les ordres du Major General Francis Gerrard Russel Brittorous en provenance de Malte, accompagnée de 160 hommes du Special Boat Service, 130 hommes du Long Range Desert Group, le 11e Régiment de Parachutistes, et quelques hommes de contingents grecs sécurisent les îls de Kos, Kalymnos, Samos, Leros, Symi et Astypalaia, avec l'aide de bateaux britanniques et grecs. Les Allemands, rapidement mobilisé, répondent. Le 19 septembre, Karpathos, Kasos et les îles des Sporades et des Cyclades sont entre les mains des Allemands. Le 23 septembre, le lieutenant-général Friedrich-Wilhelm Müller ordonne l'assaut de Kos et Leros. Müller est le commandant de la 22e Division d'Infanterie, stationnée en Crète.

La bataille de Kos (3-4 octobre)[modifier | modifier le code]

Ayant découvert le rôle vital pour les Alliés de la seule base aérienne de Kos, le X Fliegerkorps commence à larguer des bombes sur l'île le 18 septembre. En même temps, des renforts d'avions arrivent, offrant aux Allemands 362 appareils opérationnels dans la zone le 1er octobre.

Les forces britanniques de Kos sont composées de 1 500 hommes, dont 680 de la compagnie de parachutiste, le reste étant des hommes de la RAF. De plus, l'île abritait 3 500 Italiens, du 10e régiment de la 50e division d'infanterie. Le 3 octobre, les Allemands débarquent dans le cadre de l’opération Ours Polaire (Unternehmen Eisbär), et atteignent les faubourgs de la capitale de l'île dans la journée. Les Britanniques se retirent de la ville durant la nuit, et se rendent le lendemain. La perte de Kos constitue une défaite décisive pour les Britanniques, qui leur suppriment une partie de leur couverture aérienne. Les Allemands capturent ainsi 1 388 soldats britanniques et 3 145 Italiens. Le 3 octobre, les Allemands exécutent le gouverneur de l'île, le colonel Felice Legio, suivant un ordre d'Adolf Hitler d'abattre tous les officiers italiens capturés.

La bataille de Leros (26 septembre-16 novembre)[modifier | modifier le code]

Fallschirmjäger allemands prêts à être parachutés sur Leros, 12 novembre 1943.

En conséquence de la chute de Kos, la garnison italienne de Kalymnos se rend, offrant ainsi aux Allemands une base de choix pour leur prochaine cible, Leros. L'opération nommée Opération Léopard, est prévue à l'origine pour le 9 octobre, mais le 7, la Royal Navy intercepte et détruit un convoi en direction de Kos.

Le 26 septembre 1943, les Allemands tentent de reprendre l’île aux Italiens, aux Britanniques et aux Grecs. Celle-ci fut très durement bombardée pendant plus d’un mois et demi jusqu'au 16 novembre 1943, date à laquelle elle tomba finalement aux mains de l’ennemi. La baie de Lakki abritait une importante base d’hydravions construite par les Italiens, pendant leur occupation, de plus cette baie est le port naturel le plus profond de mer Méditerranée, d'où son importance stratégique pour les forces allemandes en Méditerranée. Le film Les Canons de Navarone fut certainement inspiré par cette bataille, et c’est pourquoi l’ile de cette fiction est nommée « Keros ».

Opérations navales[modifier | modifier le code]

Depuis le début de la campagne, les Alliés et les Allemands ont dû compter principalement sur leurs navires de guerre pour obtenir renforts et des approvisionnements. Au départ, toutefois les forces navales en présence de chaque camp sont minimes. La plupart des navires alliés sont en effet transférés en mer Méditerranée centrale afin de soutenir les opérations en Italie, tandis que les Allemands n'ont pas d'importante force navale en mer Égée. Ils ont dû ainsi profiter de leur supériorité aérienne afin de mettre en échec l'offensive des Alliés.

Conséquences[modifier | modifier le code]

6 contre-torpilleurs, 2 sous-marins et 10 dragueur de mines alliés furent ainsi détruits par les attaques de la Luftwaffe. Dans le contexte de l'Holocauste, l'échec britannique de capturer le Dodécanèse a scellé le sort des Juifs qui y vivait et a donné aux nazis l'opportunité de prolonger la mise en œuvre de la solution finale à ces îles. 1 700 membres de l'ancienne communauté juive de Rhodes ont été ainsi raflés par la Gestapo en juillet 1944 et seulement quelque 160 d'entre eux ont survécu.

Les prisonniers de guerre italiens sont par ailleurs transférés vers l'Europe continentale par les Allemands dans des embarcations de fortune qui ont conduit à plusieurs accidents, dont le naufrage de l’Oria SS le 12 février 1944. Plus de 4 000 Italiens sont morts lorsque le navire a coulé dans une tempête.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jeffrey Holland, The Aegean Mission: Allied Operations in the Dodecanese, 1943. United Kingdom: Greenwood Press. (ISBN 978-0313262838).
  • (en) Anthony Beevor, Crete, The Battle and the Resistance. United Kingdom: John Murray (Publishers), 1991. (ISBN 0-7195-6831-5).
  • (en) Peter Schenk, Kampf um die Ägäis. Die Kriegsmarine in den griechischen Gewässern 1941-1945. Germany: Mittler & Sohn, 2000. (ISBN 978-3813206999).
  • (en) Anthony Rogers, Churchill's Folly: Leros and the Aegean — The Last Great British Defeat of World War II. Athens: Iolkos, 2007. (ISBN 978-960-426-434-6).
  • (de) Hans Peter Eisenbach, Fronteinsätze eines Stuka-Fliegers Mittelmeer 1943, Helios-Verlag Aachen, 2009. (ISBN 978-3-938208-96-0)
  • (it) Isabella Insolvibile, Kos 1943-1948. La strage, la storia. Italie: Edizioni Scientifiche Italiane, 2010. (ISBN 9788849520828).

Liens externes[modifier | modifier le code]