Camp du Drap d'Or

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Bas-relief de l'hôtel de Bourgtheroulde à Rouen

Le camp du Drap d'Or est le nom donné à la rencontre diplomatique qui se déroula entre le roi François Ier et Henri VIII d'Angleterre du 7 et au , dans un lieu situé dans le nord de la France, près de Calais, entre Ardres et Guînes.


Histoire[modifier | modifier le code]

Le camp est établi en plaine de Flandre, entre le château d'Ardres, possession française, et celui de Guînes, possession anglaise. Sa finalité est d'accueillir une entrevue entre François Ier, roi de France, et Henri VIII, roi d'Angleterre, organisée par Galiot de Genouillac et Gilles de la Pommeraie.

Son nom lui fut donné à cause du faste que les deux cours rivales y déployèrent à l'envi. François Ier, dont le but était de gagner le roi d'Angleterre et de déjouer les intrigues de Charles Quint, obtint par un traité la confirmation du mariage du Dauphin de France avec Marie Tudor. Mais le cardinal Thomas Wolsey, ministre du roi d'Angleterre, acheté par Charles Quint[réf. nécessaire], prévint les effets de cette entrevue, qui fut au final un échec pour le roi de France. Celui-ci ne parvint pas à l'alliance souhaitée, notamment en raison d'une démonstration de puissance et de richesse trop importante de sa part. On peut ainsi citer l'anecdote d'un combat à main nue amical, qui vit François Ier gagner facilement et Henri VIII frustré, lors de cette entrevue.

Le récit de Martin du Bellay sur la description du camp parle d'« un logis de bois où y avoit quatre corps de maison qu'il [le roi d'Angleterre] avoit faict charpenter en Angleterre, et amener par mer toute faicte, et estoit couverte de toille peinte en forme de pierre de taille, puis tendue par dedans des plus riches tapisseries qui se peuvent trouver ; et estoit le dessein pris sur la maison des marchands à Calais »[1].

Robert de La Marck, pour sa part, parle de « la magnificence de leurs accoustremens puisque leurs serviteurs en avoient en si grande superfluité, qu'on nomma ladite assemblée le camp de Drap d'Or ». Il décrit également « un pavillon ayant soixante pieds en quarté le dessus de drap d'or frizé, et le dedans doublé de veloux bleu, tout semé de fleurs de lis de broderie d'or de Chypre, et quatre autres pavillons aux quatre coings, de pareille despense et estoit le cordage de fil d'or de Chypre et de soye bleue turquine, chose fort riche[2] ».

L'entrevue du Camp du Drap d'Or est représentée sur les bas-reliefs en pierre de l'hôtel de Bourgtheroulde à Rouen, qui datent du XVIe siècle.

Huile sur toile de 1545.
La peinture ayant été réalisée vingt ans après les faits, les habits des personnages sont anachroniques.

Source partielle[modifier | modifier le code]

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Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Camp du Drap d'Or » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aurélie Massie, « Les artisans du Camp du Drap d'Or (1520) : culture matérielle et représentation du pouvoir », in Encyclo. Revue de l'école doctorale ED 382, 2, 2013, p. 55-79, [lire en ligne] sur le site HAL-SHS (Hyper Article en Ligne - Sciences de l'Homme et de la Société).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collection universelle des mémoires particuliers relatifs à l'histoire de France, tome XVII, p.86 [1]
  2. Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France, volume 1, Histoire des choses mémorables advenues du règne de Louis XII et François Ier, en France, Italie, Allemagne et les Pays-Bas, depuis l'an 1499 jusques en l'an 1521, mise par escript par Robert de La Marck,publié par MM. Michaud,... et Poujoulat.