Camp de concentration d'Omarska

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44° 52′ 09″ N 16° 52′ 58″ E / 44.86917, 16.88278 () Le camp de concentration d'Omarska, ville minière proche de Prijedor dans le Nord de la Bosnie-Herzégovine, était un camp de concentration où la population bosniaque et croate des environs de Prijedor était enfermée et atrocement torturée en 1992, pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine. L'existence du camp est révélée à l'opinion publique internationale le 6 août 1992 par les images prises par une équipe de journalistes britanniques (Ed Vulliamy du journal The Guardian, Ian Williams et Penny Marshall de la chaîne TV ITN) accompagnés du caméraman Jeremy Irvin. Le reportage est diffusé le soir même sur Channel Four et ITN.

Administration[modifier | modifier le code]

Les Serbes ont institué trois catégories de suspects : 1/ les personnes ayant directement participé et organisé la rébellion armée 2/ les personnes soupçonnées d'avoir organisé, armé et financé la résistance 3/ les personnes ne présentant aucun intérêt en matière de sécurité. Selon un rapport serbe ont été détenus à Omarska 3 334 détenus. Le camp est administré par le personnel du commissariat de police d'Omarska. Son commandant est Željko Mejakič. Les gardiens sont répartis en trois groupes de trente hommes chacun.

Conditions de vie[modifier | modifier le code]

La majorité des détenus résident dans un hangar. L'intimidation, la torture, l'extorsion et la violence physique sont choses courantes. Les conditions sanitaires sont très mauvaises. Un seul repas par jour est fourni, aucune assistance médicale n'est assurée. Les femmes font l'objet d'intimidation et de violences sexuelles. Dans le bâtiment dédié aux interrogatoires, un témoin rapporte « le sol est [...] recouvert de taches de sang. Sur le radiateur, il y a des cheveux, de la cervelle, des fragments de crâne [...] les membres sont sectionnés au niveau des coudes et des chevilles, et la gorge est pratiquement tranchée en deux »[1].

Selon les enquêteurs américains, sur les 13 000 qui y ont été internées, 5 000 personnes auraient été tuées, souvent dans des conditions atroces (bastonnades avec des barres de fer recouvertes de barbelés, émasculation par arrachement des testicules au moyen d'un pare-chocs de voiture)[2].

Justice[modifier | modifier le code]

  • Željko Mejakić est reconnu coupable de crimes contre l'humanité (séquestration, torture, agressions sexuelles, persécution). Il est condamné le 30 mai 2008 par le tribunal spécial de Sarajevo à 21 ans de prison[3].
  • Momćilo Gruban est reconnu coupable de crimes contre l'humanité (séquestration, torture, agressions sexuelles, persécution). Il est condamné le 30 mai 2008 par le tribunal spécial de Sarajevo à 11 ans de prison[4].
  • Duško Kneževič est reconnu coupable de crimes contre l'humanité (séquestration, torture, agressions sexuelles, persécution). Il est condamné le 30 mai 2008 par le tribunal spécial de Sarajevo à 31 ans de prison[5].

Ils sont tous trois reconnus avoir fait partie d'une entreprise criminelle commune (Joint criminal enterprise (en)).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Delphine Evmoon, Les criminels de guerre sont-ils des hommes ordinaires ? l'exemple de la Bosnie-Herzégovine, L'Harmattan,‎ 2009 (ISBN 978-2296084285), p. 101
  2. Pierre Thys, Criminels de guerre: étude criminologique, L'Harmattan,‎ 2007 (ISBN 978-2-296-04222-3), p. 136
  3. [1] sur www.trial-ch.org consulté le 1 novembre 2013
  4. [2] sur www.trial-ch.org consulté le 1 novembre 2013
  5. [3] sur www.trial-ch.org consulté le 1 novembre 2013