Camp d'extermination de Chełmno

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chełmno.
Chelmno-fosse-commune.jpg
Localisation des camps d'extermination nazis.

Le camp d'extermination de Chełmno (en allemand Kulmhoff) est le premier camp d'extermination nazi destiné à l'assassinat des Juifs par le gaz.

Situé dans le village polonais de Chełmno nad Nerem à 60 kilomètres au nord-ouest de Łódź dans le Warthegau, partie de la Pologne annexée au Reich, il est utilisé de décembre 1941 à septembre 1942, puis en juin et juillet 1944, faisant plus de 150 000 victimes, essentiellement des Juifs originaires du Warthegau. Caractérisée par l'emploi de camions à gaz, sa première phase d'activité est dans la continuité des meurtres commis dans le cadre du programme Aktion T4 ou par les Einsatzgruppen et constitue une étape vers la mise en place des grands centres de mise à mort, comme Sobibor, Treblinka, Maidanek, Belzec et Auschwitz.

Outre le caractère précoce du début de ses activités, Chełmno se distingue des autres camps d'extermination par l'absence de chambres à gaz et par son indépendance à l'égard du WVHA et de l'Aktion Reinhard.

Création et organisation[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

En 1941, le Gauleiter du Reichsgau Wartheland (Warthegau), Arthur Greiser sollicite et obtient l'autorisation de Heinrich Himmler pour assassiner 100 000 Juifs résidant dans le Gau[1], où ils représentent une population totale de 420 000 personnes[2]. Greiser souhaite « désengorger » les ghettos du Warthegau en assassinant les Juifs incapables de travailler, afin de libérer de la place pour les Juifs déportés d'Allemagne[3]. Pour l'historien Christopher Browning, « si Chelmno est peut-être un camp d'extermination local pour les Juifs du Warthegau, sa rapide émergence à l'automne 1941 a lieu en grande partie parce que les perceptions et désirs des responsables locaux sur place concordent parfaitement avec les conceptions et les objectifs du centre »[4] ; Saul Friedländer attribue également une fonction locale au camp d'extermination de Chelmno[5], ce qui explique que ses activités ne sont pas reprises dans le cadre de l'opération Reinhard, décidée postérieurement et centrée sur la population juive du Gouvernement général, et qu'elles ne relèvent pas du WVHA[6].

Le site de Chełmno, situé à mi-chemin entre Varsovie et Poznań est choisi[N 1] parce qu'il est relié par une voie secondaire à la ligne ferroviaire Łódź-Poznań, et par une route en bon état avec Łódź, à soixante kilomètres au sud-est du village ; de plus, le village dispose d'un parc clôturé et d'un petit château inoccupé, avec des bâtiments de ferme et une église[7]. Le village compte environ 250 habitants, dont une majorité de Polonais et des Allemands originaires de Volhynie[8].

Le 16 juillet 1941, le Sturmbannführer Rolf-Heinz Höppner de l'état-major du chef suprême de la police et de la SS dans le Warthegau, Wilhelm Koppe, écrit à Adolf Eichmann :

« Au cours de discussions [...] diverses administrations ont abordé la solution de la question juive dans la région. On propose la solution suivante :

  1. Tous les Juifs du Warthegau sont rassemblés dans un camp de 300 000 personnes qui sera construit le plus près de la grande ligne ferroviaire charbonnière (Gdynia - Silésie).
  2. Dans ce camp sont rassemblés tous les Juifs du Warthegau. Ceux qui sont aptes au travail pourraient être affectés à des commandos de travail et détachés du camp.
  3. Selon le Brigadeführer-SS Albert, un camp de ce genre pourrait être gardé avec beaucoup moins de forces de police qu'actuellement. De plus le danger d'épidémie qui menace la population voisine des ghettos de Litzmannstadt [Łódź] et d'autres lieux serait réduit au minimum.
  4. Les Juifs courent le risque, cet hiver, de ne pouvoir être tous nourris. Il y a lieu de considérer sérieusement si la solution la plus humaine ne serait pas de liquider les Juifs inaptes au travail par un moyen quelconque à action rapide. En tout cas, ce serait plus agréable que de les laisser mourir de faim.
  5. On a proposé de stériliser dans ce camp toutes les Juives en état de procréer de façon à ce que le problème juif soit totalement liquidé avec cette génération. »

— Rolf-Heinz Höppner[9].

Le 3 septembre, Höppner interroge à nouveau les autorités centrales à propos du sort à réserver au Juifs : « Le but est-il de leur assurer un certain niveau de vie à long terme ou doivent-ils être totalement éradiqués? »[10].

Pendant ce temps, et avant la fin des travaux de construction du nouveau camp, Herbert Lange et ses hommes débutent l'extermination des Juifs du Warthegau. De fin septembre[11] à fin novembre 1941, ils gazent plusieurs centaines de Juifs dans la région de Konin et de Kalisz, au moyen d'un camion équipé de bouteilles de monoxyde de carbone[8] ; au total, ces diverses opérations font plus de 2 000 victimes[11].

Construction[modifier | modifier le code]

Plan général du camp d'extermination de Chełmno.

Fin octobre 1941, le kommando Lange[N 2] arrive à Chełmno, dont le château, en ruines et inoccupé, est réquisitionné : en quelques semaines, le camp d'extermination est aménagé[12]. Les villageois polonais sont déportés, à l'exception de quelques hommes forcés de participer aux travaux d'aménagement[3].

Le camp se compose de deux parties distinctes, distantes de quatre kilomètres ; la première section se trouve dans le château du village où on met à mort les victimes, la seconde, en pleine forêt où les cadavres sont enterrés, puis à partir de l'été 1942, incinérés.

Le château a un parc ceinturé par une simple clôture de fil, qui ne dissimule pas les opérations d'extermination, puis, un mois après le début des tueries, par une palissade de planches[8].

La partie située dans la forêt se compose de trois clairières, l'une de 80 mètres sur 80, une autre de 70 mètres sur 20 et une dernière de 50 mètres sur 15, où sont creusées des fosses communes[13], puis construits des fours crématoires.

Les aménagements terminés, on fait venir de Berlin trois camions à gaz : ils sont carrossés avec une caisse fermée munie d'une grande double porte à l'arrière, comme une voiture de déménagement ; à l'intérieur de la caisse, un caillebotis de bois recouvre le sol de tôle ; sous ce caillebotis, un tuyau percé de trous qui peut être raccordé au pot d'échappement afin d'asphyxier les personnes enfermées dans la caisse[13].

Contrairement aux autres camps d'extermination, Chełmno ne dispose pas d'entrepôts destinés à recueillir les biens confisqués aux victimes : ceux-ci sont envoyés dans le centre de tri de Pabianice, qui dépend de l'administration du ghetto de Łódź ; il s'agit d'une entreprise purement locale qui dépend directement du Gauleiter Greiser et non du WVHA[14]. Afin de limiter les vols, les SS affectés au tri et à l'inventaire des biens confisqués bénéficient d'une prime de risque de 6 Reichsmarks par jour[15]. À l'exception des fourrures, envoyées à Ravensbrück pour confectionner les tenues d'hiver de la Waffen-SS, les biens sont mis en vente au profit de l'administration du ghetto, en suscitant des conflits lors de certaines opérations[16],[N 3].

Les exécuteurs[modifier | modifier le code]

Photographie montrant deux enfants, une fille à gauche et un garçon à droite remettant un bouquet de fleurs à Heinrich Himmler au centre de la photographie ; le personnage de gauche est Wilhelm Koppe, celui de droite Fritz Bracht.
Au centre de l'image, de gauche à droite, Wilhelm Koppe, Heinrich Himmler et Fritz Bracht

Le personnel de Chełmno est constitué d'un petit groupe de membres du RSHA qui a participé aux gazages dans le cadre de l'euthanasie des malades mentaux[N 4], [N 5]. Ce noyau est complété par des membres de la Gestapo de Poznań et de Łódź, et de l'Ordnungspolizei de Lodz[17], détachés auprès du kommando Lange par le chef suprême des SS et de la police (HSSPF) Wilhelm Koppe[8],[N 6]. Certains membres de la police régulière sont affectés à Chełmno après s'être portés volontaires pour une mission à l'extérieur, sans connaître au préalable la teneur de cette mission[18]. Les exécuteurs sont commandés par Herbert Lange[N 7] choisi en raison de son expérience, puis, à partir de mars 1942, par le SS-Hauptsturmführer Hans Bothmann[19].

Lange a été le premier, ou l'un des premiers utilisateurs d'un camion à gaz en Pologne, le 17 décembre 1939, dans le cadre de la poursuite de l'Aktion T4[12]. Entre la fin de 1939 et le printemps 1940, il dirige une unité chargée « de nettoyer les asiles des malades polonais », notamment au moyen d'un énorme fourgon ressemblant à une voiture de déménagement et dans lequel est injecté de l'oxyde de carbone en bouteille[20]. Ce procédé posant des problèmes logistiques pour les Einsatzgruppen, des camions sont adaptés pour utiliser directement les gaz d'échappement, fin 1941[21]. Le processus mis en place par Lange est donc l'un des maillons de la chaîne qui relie les chambres à gaz fixes de l'Aktion T4, alimentées par du monoxyde de carbone en bouteilles, aux camions itinérants des Einsatzgruppen, puis aux chambres à gaz fixes de l'Aktion Reinhard où le gazage est effectué au moyen de gaz d'échappement de moteurs (Belzec étant une étape de transition), avant l'utilisation du Zyklon B, essentiellement à Auschwitz.

Si l'essentiel du personnel du camp est fourni par le HSSPF Koppe, Lange reçoit ses ordres directement de Heinrich Himmler ou d'Arthur Greiser à qui Himmler a délégué une autorité considérable[8]. Les exécuteurs allemands sont assistés par 7 auxiliaires polonais[22].

Les membres du RSHA occupent toutes les fonctions importantes au sein du camp ; quant aux membres de la police régulière, ils sont répartis en trois sections affectées au transport, au château et au camp de la forêt[18].

L'équipe du transport a pour tâche d'amener les victimes de la gare au village, en transitant, de mars à juin 1942, par le moulin de Zawadki ; l'équipe du château est chargée de la surveillance, mais ses membres participent également au déshabillage des victimes et aux gazages ; l'équipe de la forêt est divisée en deux sections, l'une montant la garde à l'extérieur du camp, l'autre, à l'intérieur, étant chargée de diriger et surveiller les activités du Sonderkommando[18].

Tous les membres du kommando bénéficient d'un complément de solde variant, selon le grade, de 10 à 15 Reichsmarks par jour, soit mensuellement, plus du double de la solde normale[18], ce complément provenant d'un fonds spécial de l'administration du Warthegau[8]. D'après les témoignages recueillis lors de leur procès, le moral des exécuteurs est bon ; ils passent des soirées détendues à jouer aux cartes et à boire de l'eau-de-vie ou de la bière ; ils vont au cinéma à Koło, et ils ont presque tous une petite amie, avec laquelle ils peuvent passer la nuit dans leur cantonnement[23].

Le Sonderkommando[modifier | modifier le code]

« Ils ont choisi environ cinq personnes parmi celles qui se trouvaient dans la cave. Nous devions prendre les bagages et les effets, les chaussures qui étaient restés là et les apporter dans une des pièces de cette maison qui était déjà pleine d'effets et de chaussures. […] Je travaillais là [aux fosses communes] depuis plusieurs jours déjà […] lorsque sont arrivés tous les gens de la ville où j'habitais. […] Il y avait là ma femme et mes deux enfants. […] Je me suis couché à côté des corps de ma femme et de mes enfants et je voulais qu'on me tue. Un des SS s'est approché de moi et m'a dit : Tu as encore des forces, tu peux continuer à travailler. Il m'a donné des coups de fouet et m'a obligé à continuer de travailler »

— Témoignage d'un survivant du Sonderkommando au procès Eichmann[24].

C'est à Chełmno qu'est créé le premier Sonderkommando, méthode utilisée par la suite dans tous les camps d'extermination : des détenus polonais ou juifs sont forcés par les SS d'accomplir « les diverses corvées attenantes à leur basse besogne[3] ».

Le Sonderkommando est composé d'une quarantaine d'hommes, fréquemment renouvelés, après des assassinats quotidiens[25]. Les hommes portent des chaînes aux pieds et logent dans le grenier aux grains ; au château, ils ramassent les vêtements des victimes, nettoient la cour[25], ou travaillent comme artisans, tailleurs ou cordonniers, pour les besoins de leurs bourreaux, ce qui leur vaut un sursis[25]. D'autres membres du Sonderkommando sont affectés à l'enfouissement, puis à l'incinération des corps des victimes[25]. Huit à dix prisonniers sont utilisés comme artisans, une quinzaine est affectée au tri des vêtements et effets personnels des victimes, et au moins 30 Juifs sont chargés d'effectuer « le terrible travail qui consiste à décharger et à nettoyer les camions et à mettre les corps dans de grandes fosses communes »[26].

Survivants et témoignages[modifier | modifier le code]

Seuls quatre déportés arrivent à s'échapper. Affectés au Sonderkommando chargé de l'enfouissement des cadavres, Mordechaï Podchlebnik s'évade début janvier 1942 et Jacob Grojanowski le 19 janvier[27], sur le chemin qui mène au camp de la forêt[28]. Lors de la destruction définitive du camp et de l'assassinat des derniers membres du Sonderkommando, deux autres déportés, Mordechaï Zurawski et Simon Srebnik[N 8] s'évadent à leur tour[29].

Réfugié au ghetto de Varsovie, Grojanowski livre son témoignage à l'Oyneg Shabbos dirigée par Emanuel Ringelblum. Retranscrit par l'équipe de Ringelblum, en polonais et en allemand, ce témoignage est notamment transmis par la résistance au gouvernement polonais en exil[30].

Un rapport détaillé sur les opérations d'extermination à Chełmno est également envoyé à Londres par un dirigeant du Bund en mai 1942 et reçoit une large publicité dans la presse britannique[31].

Les trois survivants à la fin de la guerre, Mordechaï Zurawski, Mordechaï Podchlebnik et Simon Srebnik sont entendus dans le cadre des travaux de la Commission centrale d'enquête sur les crimes allemands en Pologne[32] ; ils témoignent également lors du procès d'Adolf Eichmann[33].

Les opérations de tuerie[modifier | modifier le code]

L'arrivée des convois[modifier | modifier le code]

Les premières victimes, qui proviennent des environs immédiats du camp, y sont directement amenées par camion ; dans une deuxième phase, à partir du 16 janvier 1942[34], les trains en provenance du ghetto de Łódź s'arrêtent à Koło, où les déportés passent parfois la nuit dans la synagogue, avant d'être transportés vers leur lieu d'assassinat en camion : cette procédure manquant de discrétion, par la suite, les victimes sont acheminées, par un train à écartement étroit, à l'écart de la ville et gardées la nuit dans un moulin à Zawadki[35]. À leur arrivée à Chełmno, on leur annonce qu'elles vont être envoyées travailler en Allemagne[36].

Les témoignages cités par Eugen Kogon permettent de décrire l'arrivée des convois. Les premières victimes, amenées par camion, sont débarquées à l'extérieur de la clôture ceinturant le château, à l'intérieur duquel elles sont chassées à coups de fouet ; par la suite, les camions reliant la gare de Koło à Chełmno pénètrent directement dans l'enceinte du château[18]. D'importance diverse, les convois ferroviaires peuvent compter jusqu'à 1 500 déportés et comporter plus d'une dizaine de wagons. L'arrivée à la gare de Koło est marquée par une grande violence : arraché à sa mère, un enfant en larmes est tué devant celle-ci ; un jeune homme est tué à coups de bâtons, un homme âgé jeté du train en marche ; les plus faibles, les malades, ceux qui traînent ou protestent sont battus à mort[37].

La majorité des convois se compose de Juifs polonais, mais au nombre des victimes, on compte également des Juifs originaires d'Autriche, d'Allemagne, de Tchécoslovaquie et du Luxembourg, des Tsiganes, des enfants non-juifs du protectorat de Bohême-Moravie, provenant notamment de Lidice[38], des Polonais non-juifs[N 9], des religieuses polonaises et des prisonniers de guerre russes[39].

L'extermination[modifier | modifier le code]

La photographie montre un groupe d'enfants du ghetto de Lodz en rangs le long d'une clôture grillagée, en attente de leur déportation au camp de Chelmno.
Enfants du ghetto de Lodz regroupés pour leur déportation et leur assassinat à Chelmno

« On les fit se déshabiller et un camion arriva, un camion complètement fermé. On ouvrit les portes du camion et il vint se placer contre une rampe d'accès. On fit alors monter ces Juifs tout nus dans le camion. Puis on referma les portes et le camion démarra. »

— Adolf Eichmann[40].

Les gazages débutent à Chełmno le 8 décembre 1941[3], [8], [N 10] : les premières victimes sont des Juifs qui proviennent des villes et villages du voisinage immédiat, suivies par les survivants d'un groupe de 5 000 Tsiganes autrichiens déportés à Łódź, déjà décimés par le typhus[41]. Dans un premier temps est utilisé le modèle de camion associé à des bouteilles de monoxyde de carbone. Ces premiers gazages servent d'essais pour mettre au point le processus d'extermination[12] : fin décembre[N 11], Adolf Eichmann[N 12],[N 13] effectue une visite d'inspection à Chełmno[12], à la demande du chef de la Gestapo, Heinrich Müller[42], visite qu'il mentionne lors des interrogatoires avant son procès[43]. Une de ses tâches consistait à mesurer avec un chronomètre la durée précise de mise à mort des victimes dans un camion à gaz.

Courant janvier, deux camions à gaz supplémentaires, utilisant non plus des bouteilles de monoxyde de carbone mais les gaz d'échappement et adaptés à cet effet à Berlin par la division technique du RSHA, sur le modèle de ceux utilisés par les Einsatzgruppen, complètent le dispositif d'extermination[44] et permettent d'en augmenter la capacité : entre le 12 et le 29 janvier 1942, 10 103 Juifs du Ghetto de Lodz sont déportés à Chełmno, où ils sont gazés[45]. L'efficacité des nouveaux camions est soulignée dans un rapport du RSHA du 5 juin 1942 qui « n'en suggérait pas moins une série de six grandes améliorations techniques pour traiter plus efficacement le « nombre de pièces » (Stückahl) habituellement chargées dans chaque véhicule »[46]. Ces demandes d'amélioration sont peut-être la conséquence des problèmes techniques rencontrés avec l'un des camions, qui ont brièvement interrompu les opérations d'extermination fin mai[47].

Les déportés doivent se déshabiller dans une pièce située à l'arrière du château[12], officiellement afin de prendre une douche et de permettre la désinfection de leurs vêtements[48] ; ils déposent leurs effets personnels et de valeur dans des boîtes remises à des auxiliaires polonais, qui notent les noms des propriétaires dans un carnet afin de rendre la situation plausible[48] ; ils empruntent ensuite un escalier menant à une cave, puis un long couloir, dont les entrées comportent un panneau vivement éclairé et indiquant « Vers les douches »[48]. Le couloir débouche sur une rampe entourée d'une haute palissade, au bout de laquelle stationne un camion gris[12]. C'est à cet endroit, à ce moment, que les déportés sentent le danger : ceux qui hésitent à emprunter la rampe y sont forcés par la violence[48]. Lorsque trente à quarante personnes sont entrées dans le camion, les portes sont refermées et un ouvrier polonais raccorde le pot d'échappement à l'intérieur du camion via un tuyau souple : le chauffeur SS met ensuite le moteur en route pendant dix à quinze minutes, le camion restant à l'arrêt[12].

Plan du sous-sol du château à Chełmno.

Le processus est mis au point et rodé par Herbert Lange, puis appliqué par son successeur Hans Bothmann, au prix de sérieux incidents[19]. En mars 1942, un camion explose[19] ; à une autre occasion, lors d'un gazage, un travailleur polonais est enfermé par erreur avec les victimes : alors qu'il se débat pour qu'on le laisse ressortir, les SS jugent qu'il est trop tard pour rouvrir les portes[49]. Si à l'arrivée des camions aux fosses communes, les gardiens SS découvrent des enfants en bas âge vivants, ils leur fracassent la tête sur les arbres, les tuant sur-le-champ[50].

Un camion à gaz à Chełmno.

Les témoignages des survivants du Sonderkommando et des membres du Kommando Lange sont concordants sur les circonstances des assassinats.

« Un camion les attendait dehors. Les gens ont vu le camion et n'ont pas voulu monter, mais il y avait là des SS qui les ont frappés, et les ont obligés à monter dans les camions. […] C'étaient des camions fermés hermétiquement. […] On enfermait les gens dans les camions, on mettait en marche, et des gaz y pénétraient, des gaz d'échappement. […] Nous avons entendu des cris qui montaient des camions et lorsqu'ils ont mis en marche les moteurs, les gaz sont entrés. Les cris se sont tus »

— Témoignage de l'un des survivants du Sonderkommando lors du procès d'Adolf Eichmann[33].

« Les nouveaux arrivants se déshabillaient dans le hall du château et déposaient leurs affaires dans des corbeilles. […] La rampe avait été construite et installée de façon que ses dimensions soient parfaitement adaptées à celles du camion à gaz ; les gens qui sortaient de la cave n'avaient pas d'autre possibilité que de monter dans le camion ; […] depuis le moment de la descente du camion de transport devant la cour du château jusqu'à la montée dans le camion à gaz il s'écoulait un peu moins d'une heure.[…]

Une fois que tous les Juifs furent montés dans le camion à gaz, le chauffeur ferma et verrouilla les portes, puis il mit le moteur en marche ; bientôt se firent entendre des râles et des cris venant de l'intérieur ; on tapait aussi contre les parois ; je voyais bien que les gens à l'intérieur étaient asphyxiés par le gaz ; après environ dix minutes ils se turent ; je compris qu'ils étaient morts ; le chauffeur laissa tourner le moteur quelques minutes de plus puis fit démarrer le camion »

— Témoignages de membres du kommando Lange lors de leur procès[51].

Lors des tueries les plus importantes, qui culminent avec la liquidation du ghetto de Łódź, en septembre 1942(Kr139), les camions effectuent une dizaine de navettes quotidiennes entre le château et la forêt[19] et la capacité de tuerie est de 1 000 personnes par jour[52]. 145 500 victimes périssent lors de cette première phase d'activité[19], [N 14].

Le sort des cadavres[modifier | modifier le code]

« On me fit suivre le camion et ce fut alors le spectacle le plus horrible auquel il m'ait jamais été donné jusque-là d'assister. Le camion se rangea le long d'une fosse tout en longueur. On ouvrit les portes et on jeta les cadavres du haut du camion. On aurait dit qu'ils étaient encore vivants tellement les membres restaient souples. On les jetait dans la fosse. Je revois encore un civil arracher les dents avec des tenailles. »

— Adolf Eichmann lors de son procès[40].

Dans un premier temps, comme dans les autres camps d'extermination, les cadavres sont enterrés dans des fosses communes par des déportés affectés à un Sonderkommando, procédé qui soulève des problèmes d'hygiène et qui nuit au caractère secret des massacres[53].

« Le camion en marche, le policier qui était à côté de moi me dirigeait, après trois kilomètres, nous sommes arrivés dans la clairière d'une région boisée ; dans la clairière, le policier me fit arrêter devant une fosse commune, où travaillait une corvée de travailleurs juifs sous la surveillance d'un fonctionnaire de police […] qui m'ordonna de conduire le camion en marche arrière jusqu'au bord de la fosse. […] Puis un policier ouvrit le cadenas par lequel était assurée la fermeture des portes ; des travailleurs de la corvée spéciale reçurent l'ordre d'ouvrir la double porte; de huit à dix cadavres tombèrent sur le sol et le reste fut jeté hors du camion par les hommes de corvée ; le camion une fois vide je suis retourné au château, en chemin j'ai croisé un autre camion à gaz avec son chargement […] ; au château, des membres de la corvée durent nettoyer l'intérieur du camion avec de l'eau et des désinfectants. […] Le camion une fois nettoyé, le responsable m'ordonna de conduire de nouveau le camion jusqu'à la rampe et très vite le processus que j'ai décrit se reproduisit ; […] de retour dans la clairière, j'ai vu alors que les cadavres que j'avais précédemment amenés avaient été empilés. Je retournai au château ; mon travail était terminé il n'y avait évidemment plus de Juifs dans le château »

— Témoignage d'un membre du kommando Lange lors de son procès[54].

À partir de l'automne 1942, un commando spécial, dirigé par le SS-Standartenführer Paul Blobel, est chargé d'exhumer et de détruire les cadavres à Chełmno, dans la cadre de la Sonderaktion 1005 ; Blobel se rend à Chełmno pour y détruire les cadavres au moyen de bûchers, de fours crématoires primitifs. Chełmno est également doté d'un moulin pour broyer les os[53]. À la demande d'Eichmann, le commandant du camp d'Auschwitz, Rudolf Höss, se rend sur place le 16 septembre, afin de prendre connaissance des méthodes utilisées pour l'élimination des cadavres[55].

Les fours crématoires, larges d'environ dix mètres et longs de cinq à six mètres, sont creusés dans le sol et dépourvus de cheminée ; au fond, ils sont munis d'un gril constitué par des rails de chemin de fer, sur lequel on entasse alternativement des couches de cadavres et de bûches, avant d'y mettre le feu[56].

L'arrêt provisoire du processus d'extermination[modifier | modifier le code]

En mars 1943, il n'y a plus de convois vers Chełmno : tous les habitants des ghettos du Warthegau ont été exterminés ; seul subsiste celui de Łódź, utilisé comme centre de rassemblement[57]. Le 19 mars, le Gauleiter Arthur Greiser adresse à Himmler un rapport élogieux sur les hommes du kommando : « Les hommes n'ont pas seulement accompli leur difficile tâche complètement, loyalement et courageusement, ils ont aussi fait preuve d'un esprit de solidarité militaire exemplaire ». Dans ce même rapport, Greiser relaie le souhait des exécuteurs de ne pas être dispersés dans différentes unités et de continuer à servir sous le commandement de Hans Bothmann, demande acceptée par Himmler[58]. Pour « fêter » la fin des opérations d'extermination, Greiser invite les officiers du camp dans un restaurant à Koło, leur octroie des récompenses et leur accorde des vacances dans ses propriétés[28].

Le 7 avril[28], les derniers membres du Sonderkommando sont fusillés et les crématoires détruits à l'explosif[19] ; la palissade de la rampe est abattue, et les SS font sauter le château vidé de son mobilier ; dans la forêt, du gazon est semé sur les fosses communes[57].

Le 11 avril 1943, le kommando SS quitte le camp et confie la garde des lieux à une unité de gendarmerie locale[57]. Les travaux de destruction des preuves du massacre se poursuivent jusqu'en novembre 1943[59].

La deuxième vague d'extermination[modifier | modifier le code]

En février 1944, Arthur Greiser décide de remettre le camp en activité, en prévision de la liquidation du ghetto de Łódź et Hans Bothmann est rappelé de Croatie pour superviser les tueries[60].

Les installations d'extermination sont sommairement reconstruites dans la forêt, où se déroulent toutes les opérations afin de « rationaliser » le processus[19]. Deux baraques sont construites dans la forêt pour le déshabillage des victimes, puis deux fours crématoires[61]. De juin à juillet 1944, au moins 7 000 personnes supplémentaires sont assassinées à Chełmno[19].

Stèle sur les ruines d'un four crématoire dans la forêt à Chełmno.

« C'est début juin 1944 que commença l'extermination des juifs du ghetto de Litzmannstadt, elle dura jusqu'à mi-août 1944. [...] Arrivés à Kulmhoff (Chełmno) les Juifs descendaient avec leurs bagages, ils étaient logés dans l'église où ils restaient jusqu'au lendemain ; […] on les menait devant une des baraques en bois ; elles faisaient vingt mètres de long et dix mètres de large.
Chacune comptait deux pièces, une pour les hommes, une pour les femmes, avec des crochets pour pendre les vêtements. Pour donner l'illusion que c'était un camp de transit, il y avait un écriteau avec un numéro dessus : une porte de la palissade portait l'inscription « vers l'établissement de bains » ; une fois complètement nus, les femmes d'abord, les hommes ensuite passaient en file indienne par la porte établissement de bains, puis suivaient un couloir de vingt mètres de long large d'un mètre et demi, entre des palissades en lattis ; à la fin le couloir tournait à angle droit et débouchait sur une rampe ; au bout de la rampe se tenait un camion fermé où les Juifs devaient monter.
Lorsque soixante-dix à quatre-vingt-dix personnes étaient montées, on fermait la porte et le camion se mit en marche vers le four crématoire situé à deux cent mètres. […] Le camion arrivé près des fours, la porte était ouverte […] et les cadavres jetés dans le four crématoire pour être réduits en cendres en quinze minutes environ[61]. »

De la fin du camp à la création d'un lieu de mémoire[modifier | modifier le code]

Un arrêt définitif[modifier | modifier le code]

Suite à l'avancée de l'Armée rouge, qui se rapproche de l'installation, les 17 et 18 janvier 1945, le camp est détruit par les hommes de Hans Bothmann, à son initiative ; les quelques installations subsistantes[N 15] sont incendiées et les quarante à quarante-cinq membres[62] du Sonderkommando sont fusillés ou abattus d'une balle dans la nuque[60].

Au cours de la nuit du 17 au 18, deux déportés réussissent à s'enfuir[29]. Une vingtaine de membres du Sonderkommando se révoltent, attirent un gardien dans leur cellule et s'emparent de son arme. Tous périssent dans l'incendie du bâtiment, que les SS n'essaient pas d'éteindre, malgré la présence d'un des leurs dans le brasier. Au matin du 19, les SS détruisent les derniers documents et quittent définitivement le camp[62].

Bilan[modifier | modifier le code]

Habitants du Ghetto de Lodz lors de leur déportation vers Chełmno

Le bilan des activités exterminatrices de Chełmno varie selon les époques et les auteurs.

Selon l'enquête menée par les autorités polonaises en 1946-1947, le nombre des victimes assassinées à Chełmno s'élève à 340 000 personnes[63]. En 1961, l'historien Raul Hilberg, dans la première édition de La Destruction des Juifs d'Europe, revoit ce chiffre à la baisse, avec 150 000 victimes[64]. Les témoignages des membres du kommando Lange lors de leur procès à Bonn en 1962-1963, font état d'un même ordre de grandeur, retenu par les juges[65] : le tribunal précise qu'il s'agit là d'un chiffre minimum incontestable qui peut être retenu contre les accusés[65].

En 1977, Lucy S. Dawidowicz retient le chiffre de 250 000 victimes[66] ; l'estimation d'Annette Wieviorka, en 2011, est d'au moins 150 000 victimes juives[33] ; quant au musée de Chełmno, il avance le chiffre de 160 000 à 170 000 morts[28].

Le sort des exécuteurs[modifier | modifier le code]

Capturé par les troupes américaines, Arthur Greiser est remis aux autorités polonaises et jugé à Poznan : il est condamné à mort le 9 juillet 1946 et exécuté douze jours plus tard[67]. Wilhelm Koppe se cache en Allemagne de l'ouest sous un faux nom, et sa réelle identité n'est découverte qu'en 1960. Il est incarcéré jusqu'en avril 1962, puis libéré sous caution ; en 1966, les poursuites à son encontre sont abandonnées en raison de son mauvais état de santé[67].

Le premier commandant du camp Herbert Lange meurt en avril 1945 lors de la bataille de Berlin ; son successeur, Hans Bothmann est capturé par les troupes britanniques et se suicide par pendaison lors de sa captivité, le 4 avril 1946[68]. Deux gardiens du camp sont condamnés à mort[28] par des tribunaux polonais en 1948 et 1950 et exécutés[69]. Le service central d'enquêtes sur les crimes nationaux-socialistes de Ludwigsbourg estime que 160 Allemands ont participé aux opérations d'extermination à Chelmno ou collaboré à celles-ci : il ne réussit à en localiser que trente-trois[69]. Onze gardiens sont traduits devant la cour d'assises de Bonn[70] en juin 1965 ; trois sont condamnés à treize années de prison, un à huit ans de prison, un à sept ans de prison, trois à treize mois et deux semaines de prison[69], et trois sont acquittés[28]. Au cours de la même année, un autre gardien est condamné à Kiel à treize mois et deux semaines de prison[69].

Les enquêtes menées de 1962 à 1964 par la police et la justice de Poznan sur la participation de Polonais aux opérations d'extermination n'ont débouché sur aucune poursuite[69].

Un lieu de mémoire[modifier | modifier le code]

Le monument commémoratif du camp de la forêt

En 1957, des membres des communautés juives de Łódź et de Włocławek organisent une commémoration, près des vestiges du château ; un petit monument est érigé, portant l'inscription, en yiddish et en polonais, « Ce site a été sanctifié par le sang de milliers de victimes du génocide nazi. Honorez leur mémoire »[71]. Le 27 septembre 1964, une cérémonie organisée par les autorités polonaises lors de l'inauguration du monument situé dans le camp de la forêt rassemble 10 000 personnes : sur ce monument, seule figure une inscription en polonais « Pamietamy » (Nous nous souvenons), sans autre explication[69]. Pour Shmuel Krakowski, tout est fait pour « obscurcir la vérité historique et cacher le fait que la grande majorité de ceux qui ont péri sur le site était juive » ; jusqu'aux années 1980, rien n'est fait pour préserver les vestiges du camp situé dans le village, ou sauvegarder le camion à gaz laissé sur place par les Allemands[68].

Le mur commémoratif sur le site du musée L'inscription Pamięci Żydów pomordowanych w Chełmnie peut être traduite par « En mémoire des juifs assassinés à Chełmno »

En 1987, le gouverneur de la province de Konin décide de la création d'un musée du camp d'extermination de Chełmno, dépendant du musée provincial de Konin. Après la réalisation d'un inventaire des vestiges subsistants, notamment à partir de l'analyse de photographies aériennes, des campagnes de fouilles archéologiques et des recherches de documents et de témoignages, le musée est inauguré le 17 juin 1990. Il devient à la fois un centre scientifique, avec l'organisation de conférences et la poursuite des fouilles archéologiques, et un lieu de mémoire avec plus de 50 000 visiteurs par an, l'organisation de nombreuses commémorations et l'érection de plusieurs monuments. En 1995, un colloque universitaire consacré à l'histoire du camp d'extermination de Chełmno est organisé à Konin, colloque dont les actes sont publiés en polonais en 1996[68].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par Herbert Lange selon Christopher Browning, Ch. R. Browning, Les origines de la solution finale, p. 438
  2. Selon les auteurs, le détachement SS est appelé kommando ou Sonderkommando, termes généralement suivis du nom de son premier commandant Lange. Afin d'éviter toute confusion avec les Sonderkommandos où sont forcés de travailler des déportés, le terme « kommando » est utilisé dans le présent article pour faire référence aux bourreaux, celui de Sonderkommando étant réservé aux victimes forcées de collaborer aux opérations d'extermination.
  3. Lors de la vente de vêtements au Secours d'hiver de Poznań, cette organisation proteste parce que des vêtements portent encore l'étoile juive ou sont souillés de boue et de sang. La réponse de l'administration du ghetto qui impute les taches à de la rouille suscite un nouveau courrier du Secours d'hiver, qui admet que les taches de rouille peuvent être indélébiles mais regrette que les étoiles juives n'aient pas été enlevées, R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1757-1758.
  4. En 1940, ces hommes ont notamment assassiné, en utilisant des camions à gaz, 1 558 patients originaires de Prusse-Orientale et 250 à 300 patients polonais à Soldau, R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1657-1658
  5. Cette composition amène Gitta Sereny à avancer l'hypothèse selon laquelle Chełmno aurait initialement été conçu comme centre d'euthanasie, cf. Au fond des ténèbres, Paris, 1974, p. 90-91
  6. Pendant l'interruption des activités du camp d'extermination, ils sont transférés dans la 7e division SS Prinz Eugen, R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1657-1658.
  7. Gitta Sereny affirme que c'est Christian Wirth qui fut chargé d'entreprendre l'extermination des Juifs à Chełmno, mais cette hypothèse n'est mentionnée par aucun autre auteur, cf. Au fond des ténèbres, Paris, 1975, p. 58
  8. On peut voir Simon Srebnik témoigner dans la séquence d'introduction de Shoah de Claude Lanzmann
  9. Le 1er mai 1942, Arthur Greiser demande à Heinrich Himmler l'autorisation de gazer à Chełmno 35 000 Polonais tuberculeux, autorisation accordée puis annulée par Hitler qui souhaite éviter des rumeurs sur la reprise de l'euthanasie, S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 458
  10. Le 5 décembre selon U. D Adam, U. D. Adam, Les chambres à gaz, p. 244
  11. Christopher Browning situe cette visite courant janvier 1942, Ch. R. Browning, Les origines de la solution finale, p. 441
  12. Une telle visite fut peut-être aussi effectuée par Heinrich Himmler le 17 avril 1942, cf. Édouard Husson,Heydrich et la solution finale, Paris, 2008, p. 358
  13. Ce fut peut-être aussi le cas de Wilhelm Frick, courant mai 1942, cf. S. Krakowski, Chelmno, p. 101
  14. La date de l'arrêt de cette première période d'activité n'est précisée par aucun auteur.
  15. Les fours crématoires avaient déjà été démontés en septembre 1944 et en janvier 1945, E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 130

Références[modifier | modifier le code]

  1. R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1067-1068
  2. S. Krakowski, Chelmno, p. 14
  3. a, b, c et d A. J. Mayer, La solution finale dans l'histoire, p. 437
  4. Ch. R. Browning, Les origines de la solution finale, p. 388
  5. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 365
  6. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 437
  7. A. J. Mayer, La solution finale dans l'histoire, p. 436-437
  8. a, b, c, d, e, f et g Ch. R. Browning, Les origines de la solution finale, p. 439
  9. E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 98-99
  10. Ch. R. Browning, Les origines de la solution finale, p. 395
  11. a et b S. Krakowski, Chelmno, p. 23-29
  12. a, b, c, d, e, f et g U. D. Adam, Les chambres à gaz, p. 244
  13. a et b E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 102-103
  14. R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1750
  15. R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1755
  16. R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1757-1758
  17. R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1657-1658
  18. a, b, c, d et e E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 104-106
  19. a, b, c, d, e, f, g et h U. D. Adam, Les chambres à gaz, p. 245
  20. E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 56
  21. E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 73
  22. S. Krakowski, Chelmno, p. 34
  23. S. Krakowski, Chelmno, p. 40-41
  24. A Wieviorka Eichmann, p. 152-153
  25. a, b, c et d E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 115-117
  26. Ch. R. Browning, Les origines de la solution finale, p. 440
  27. S. Krakowski, Chelmno, p. 69
  28. a, b, c, d, e et f Site du musée de Chełmno
  29. a et b S. Krakowski, Chelmno, p. 203-204
  30. Site du musée de Chelmno
  31. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 491
  32. S. Krakowski, Chelmno, p. 60 et 203-205
  33. a, b et c A Wieviorka Eichmann, p. 152
  34. Ch. R. Browning, Les origines de la solution finale, p. 441
  35. R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1786-1787
  36. R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1789
  37. E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 106-110
  38. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 441
  39. E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 118-120
  40. a et b A Wieviorka Eichmann, p. 153
  41. A. J. Mayer, La solution finale dans l'histoire, p. 437-438
  42. A Wieviorka Eichmann, p. 154
  43. David Cesarini, Adolf Eichmann, Paris, 2010, p. 358
  44. Ch. R. Browning, Les origines de la solution finale, p. 440-441
  45. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 400
  46. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 457
  47. S. Krakowski, Chelmno, p. 100
  48. a, b, c et d S. Krakowski, Chelmno, p. 38
  49. R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1796
  50. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 404
  51. E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 110-113
  52. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 402
  53. a et b R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1798-1799
  54. E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 115-116
  55. S. Krakowski, Chelmno, p. 139-140
  56. E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 103-104
  57. a, b et c E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 122
  58. S. Krakowski, Chelmno, p. 147
  59. S. Krakowski, Chelmno, p. 150
  60. a et b R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1803
  61. a et b E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 124-128
  62. a et b E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 130-131
  63. (en) Commission centrale d'enquête sur les crimes allemands en Pologne
  64. R. Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, p. 1654
  65. a et b E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 131-132
  66. Lucy S. Dawidowicz, La Guerre contre les Juifs, éd. Hachette, 1977, p. 241.
  67. a et b S. Krakowski, Chelmno, p. 216-217
  68. a, b et c S. Krakowski, Chelmno, p. 234-235
  69. a, b, c, d, e et f S. Krakowski, Chelmno, p. 215-216
  70. E. Kogon, Les chambres à gaz, p. 282
  71. Sauf mention contraire, cette section sur base sur Le site du musée de Chelmno

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Uwe Dietrich Adam, « Les Chambres à gaz », dans L'Allemagne nazie et le génocide juif, Paris, Gallimard, Le Seuil,‎ 1985, 600 p. (ISBN 2-02-008985-8)
  • Ladislas Bednarz, Le Camp d'extermination de Chelmno sur le Ner, Édit. de l'amitié franco-polonaise, 1955
  • Christopher R. Browning, Les Origines de la solution finale, Paris, Les Belles Lettres,‎ 2007, 631 p. (ISBN 978-2-251-38086-5)
  • Saul Friedländer, Les Années d'extermination : L’Allemagne nazie et les Juifs : 1939-1945, Paris, Seuil,‎ 2008, 1028 p. (ISBN 978-2-02-020282-4)
  • Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire »,‎ 2006, poche, 2400 p. (ISBN 978-2-07-030985-6)
  • Eugen Kogon, Hermann Langbein, Adalbert Ruckerl, Les Chambres à gaz, secret d'État, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Arguments »,‎ 1984, 300 p. (ISBN 978-270-730-691-3, lire en ligne)
  • (en) Shmuel Krakowski, Chelmno, a Small Village in Europe : The First Nazi Mass Extermination Camp, Jérusalem, Yad Vashem,‎ 2009, 256 p. (ISBN 978-965-308-332-5)
  • Arno J. Mayer, La « Solution finale » dans l'histoire, Paris, La Découverte, coll. « Poche »,‎ 2002, 566 p. (ISBN 978-2-7071-3680-0)
  • Annette Wieviorka, Eichmann : De la traque au procès, Paris, André Versaille éditeur,‎ 2011, 287 p. (ISBN 978-2-87495-139-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Cet article est reconnu comme « article de qualité » depuis sa version du 17 octobre 2011 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l'ayant promu.