Camopi

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Camopi
Poste du 3e REI
Poste du 3e REI
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Guyane
Département Guyane
Arrondissement Arrondissement de Cayenne
Canton Canton de Saint-Georges-de-l'Oyapock
Intercommunalité communauté de communes de l'Est Guyanais
Maire
Mandat
René Monerville
2014-2020
Code postal 97330
Code commune 97356
Démographie
Gentilé Camopiens, Camopiennes
Population
municipale
1 645 hab. (2011)
Densité 0,16 hab./km2
Géographie
Coordonnées 3° 09′ 56″ N 52° 20′ 28″ O / 3.165524, -52.3410993° 09′ 56″ Nord 52° 20′ 28″ Ouest / 3.165524, -52.341099  
Altitude Min. 60 m – Max. 830 m
Superficie 10 030 km2
Localisation

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Camopi

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Camopi

Camopi est une commune française du DOM-ROM de la Guyane.

Géographie[modifier | modifier le code]

En rouge le territoire communal de Camopi.

La commune, d'une superficie de 10 030 km²[1], est située sur les bords du fleuve Oyapock et traversée par les rivières Camopi et Yaloupi.

Cette très vaste commune continentale sud-est (la 3e de France par sa superficie), située en pays amérindien Teko (émerillon) et Wayampi n'est accessible qu'avec une autorisation préfectorale, instituée en 1970 puis révisée en 1977 (Arrêté n° 1845/C du 3 octobre 1977). On peut y aller en avion (avec un terrain souvent inutilisable en saisons des pluies mais dont la restauration doit être financée par l'Union européenne, une piste d'aviation en béton est actuellement en chantier) ou en pirogue en remontant l'Oyapock, en 4 à 6 h selon la saison à partir de Saut Maripa commune de Saint-Georges-de-l'Oyapock ou selon le type de pirogue et le moteur utilisé. La commune se trouve à l'embouchure du fleuve Oyapock et de la rivière Camopi, elle englobe aussi les villages de 3 Sauts à une journée de pirogue en saison haute et deux jours de pirogue en saison sèche.

La commune dispose au bourg d'une épicerie-hotel/restaurant, d'une gendarmerie et d'un centre de santé où œuvrent deux médecins et deux infirmiers, 4 transporteurs fluviaux qui font le lien entre St-Maripa/Camopi et 3 Sauts. L'école primaire,accueille environ 200 élèves. Une annexe du collège de Saint-Georges-de-l'Oyapock appelé collège Paul SUITMAN est également présente.

Plus au sud, à environ 150 kilomètres plus haut sur l'Oyapock, se trouve le village de 3 Sauts. Ce village fait partie de la commune de Camopi comme les dizaines de petits villages égrainés sur ce fleuve et la rivière Camopi.

Reliefs[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La date de création de la commune remonte à 1969 et cette dernière est considérée, de fait, comme la première commune "amérindienne" de France.

Au centre du village il y a un fromager, c'est un arbre immensément grand. Selon les dires, les amérindiens s'établissent autour pour y construire leur habitat. Il est visible de très loin que ce soit par les airs ou par le fleuve.

Avant ça, la concentration amérindienne était plus haut sur l'Oyapock, le village portait le nom de Alicoto. Bon nombre des anciens Wayapis présents actuellement sur le bourg sont nés là-bas.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 645 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2007 2011
295 276 399 554 748 1 032 1 414 1 469 1 645
(Sources : Insee : Population sans doubles comptes à partir de 1961[4] puis population municipale à partir de 2006[5])
Histogramme de l'évolution démographique


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1969 1970 Sincère Mande    
1970 1985 Gaston Yakali    
1985 1992 Paul Suitman PSG  
1992 2008 Joseph Chanel UMP  
mars 2008 en cours René Monerville sans étiquette  

Économie[modifier | modifier le code]

La majorité de l'économie locale est basée sur une agriculture familiale itinérante dans les abatis (brûlis) destinée à l'autoconsommation (culture du manioc, ainsi que divers tubercules, fruits et autres légumes).

Les principales ressources monétaires des habitants de Camopi sont le RMI et les allocations familiales.

Il existe également une entreprise spécialisée dans la construction des structures en bois. Depuis quelques années, cette entreprise construit des carbets sociaux destinés aux autochtones en employant de jeunes amérindiens de la commune et 4 entreprises de transport fluvial des personnes et marchandises.

Le bourg de Camopi est doté d'un bureau de poste, d'une épicerie fortement concurrencée par les commerces de Vila Brasil, un hameau de la commune brésilienne voisine d'Oiapoque de l'autre côté de la rive du fleuve Oyapock (dans la zone du parc national brésilien des Tumuc-humac).

Les autres bâtiments administratifs présents sont la mairie, l'école, le dispensaire, une antenne du conseil général, la gendarmerie nationale et un camp du 3 REI de la Légion étrangère implanté depuis 1998 sur demande du maire.

Il existe également une activité économique informelle liée à l'orpaillage clandestin : quelques jeunes étaient employés au transport d'essence et de marchandise vers les camps brésiliens de la rivière Camopi (certains ont été appréhendés par la gendarmerie et jugés à Cayenne fin 2006 pour cette activité). Joseph Chanel, l'ancien maire de Camopi (1987-2008), avait annoncé en 2006 dans un article du journal France Guyane qu'il se lancerait dans l'orpaillage si les autorités ne faisaient pas respecter la loi, afin que les communautés locales en profitent avant que la ressource ne soit totalement épuisée par les orpailleurs brésiliens. Les activités d'orpaillage ont également apporté des problèmes de délinquance (drogue et alcool).

On note également la présence d'activité artisanale, tel la confection de vanneries, d'arcs et de flèches et de casse-têtes exportés vers Saint-Georges-de-l'Oyapock et Cayenne.

L'activité touristique est volontairement inexistante dans cette zone d'accès réglementé, afin de préserver la tranquillité des habitants mais certains habitants se lancent dans les projets des sites touristiques en dehors du bourg. Il existe cependant un sentier de randonnée (le chemin des Émerillons dite TEKO) qui relie Camopi à Maripasoula. Il faut établir une demande auprès de la préfecture de Cayenne pour pouvoir emprunter ce sentier en "zone interdite".

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments et lieux touristiques[modifier | modifier le code]

Bien que le tourisme soit limité par la nécessité d'une autorisation d'accès pour se rendre à Camopi, divers projets touristiques sont en cours en 2011. Il s'agit de carbets de passages, de gites ou de restaurants.[réf. nécessaire] Des élus souhaiteraient que le système d'autorisation n'entrave pas le développement touristique.[réf. nécessaire]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La boisson traditionnelle des Amérindiens est le cachiri (également appelé cachichi en portugais, casiri en wayampi et coucou en teko). C'est une boisson faiblement alcoolisée à base de tubercules ou fruits de palmiers ou autres fruits. Le cachiri de référence est le cachiri de manioc, mais il y en a également à la patate douce, au cra manioc, parépou, igname, etc. La cassave (galette de manioc) est la base de l'alimentation.

Dans le biberon des enfants, on trouve également du cachiri mais non fermenté donc sans alcool.

Les Amérindiens peuvent chasser et pêcher librement, même les espèces protégées par la convention de Washington.

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

Camopi est situé dans une des régions les plus riches du monde en matière de biodiversité. La région est également aurifère. Les zones de pêche des amérindiens Wayampi et Teko de cette commune et du village ont été ou sont encore illégalement orpaillées et l’ont été parfois de manière intensive (1986-87), ce qui explique les taux de mercure très élevés détectés dans les cheveux des personnes testées en 1997 par des chercheurs français.

Ce mercure n'est pas biodégradable et persiste dans l'environnement, se concentrant notamment dans le poisson "aïmara" qui est la principale source de protéines de ces amérindiens. Les huiles de vidange des moteurs, le gasoil ajoutent leur pollution à celle du mercure autour de sites et sols dévastés par les motopompes. Les sites les plus connus exploités illégalement par les Brésiliens : Sikini, Courima, Alikéné, etc.

Des missions de lutte contre l'orpaillage illicite sont conduites plusieurs fois par an par la gendarmerie renforcée par une section de militaires. Ces missions sont destinées à détruire l'environnement des orpailleurs clandestins ainsi que leur matériel d'exploitation.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi vidéo[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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