Camille Soula

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Camille Soula (1888-1963) est un résistant Ariégeois, poète occitan, médecin physiologiste, artiste et humaniste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Camille Soula est né à Foix le 6 mai 1888 de Louis Théodote Soula et de Louise Abribat, sixième d'une famille de sept enfants.

Famille[modifier | modifier le code]

Jenny Sartre par Marc Saint-Saens

Ses ancêtres furent maires de Montégut-Plantaurel en Ariège de pères en fils et de frères en frères aux XVIIIe et XIXe siècles. Guillaume Soula, son grand-père, dit 'le curé', inspecteur d'Académie, maire de Monesple pendant quarante ans, installa la Troisième République à Pailhès le 7 septembre 1870, après avoir décapité la statue de Napoléon III à Artix d'un coup de sabre. Il épousa Françoise Grilh, dont la mère Marie de Bruyère prétendait descendre de la lignée de Simon de Montfort

Leur fils Louis Théodote, père de Camille, était musicien, enseignant à l'école d'agriculture, puis directeur de l'hôpital de Foix. C'était aussi un ami et un soutien de Théophile Delcassé, Ariégeois de Pamiers. Il épousa Louise Abribat (1852-1921), qui vient de la famille de Montesquieu-Volvestre.

Camille Soula épouse Antoinette Rives puis Jenny Sartre (1894-1961).

Sa fille Paule Soula (1925-1977) épouse Jean Ecoiffier.

Louis Bugnard, son neveu, médecin bio-physicien, polytechnicien fonda l'Institut National d'Hygiène (INH) devenu l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (I.N.S.E.R.M.) [1]

Camille Soula est mort le 3 avril 1963 à Paris, inhumé à Leucate en présence de Vincent Auriol.

Décorations[modifier | modifier le code]

Armée, Résistance, Guerre civile espagnole[modifier | modifier le code]

  • Mobilisé en août 1914 comme médecin-auxiliaire au 57e puis 90e régiment d'artillerie,
  • Blessé à deux reprises et cité à l'ordre du 2e corps d'armée
  • en compagnie de son ami Jean-Louis Vaudoyer, il profite des accalmies pour visiter la Vénétie julienne.
  • Démissionnaire d'office en 1942,
  • Entre en résistance[2] avec Jean Cassou et Joseph Ducuing, puis Silvio Trentin[3], fonde le groupe Libérer et Fédérer, est arrêté par la Gestapo le 2 février 1943, et emprisonné pendant quatre mois.
  • se réfugie à Rieumes chez son neveu Robert Roger (1900-1988)
  • fait partie un temps du Comité de Libération de Toulouse sous la bannière de Pierre Bertaux[4]

avec Jacques Ruffié ils utilisaient les identités de malades de l'hôpital psychiatrique au profit des aviateurs anglais.

  • Pendant la guerre, il dévore le traité de physiologie de Starling, et les poésies de Mallarmé

Camille Soula abrita, cacha et aida de nombreux juifs à passer en Espagne puis au Portugal à destination des États-Unis. Il cachait pour les protéger les œuvres de ses amis comme Hermann Fishgold, Jacques Lipchitz, Pinchus Kremegne. Michel Kikoïne, ou d'autres comme Henri Epstein qui ne revint jamais de Dachau.

  • Par la suite, il accueillit de nombreux scientifiques espagnols exilés : Jesús Bellido, Juan Négrin, Jordi Folch Pi, Augusto Pi-Suner, Diego Diaz…
  • Le 17 de la rue Monplaisir à Toulouse leur apporta plus qu'un réconfort pour les Réfugiés et exilés de la guerre d'Espagne.

Physiologie[modifier | modifier le code]

Formation en Angleterre[modifier | modifier le code]

À Hampstead, dans le laboratoire de Sir Henry Dale[5]

Faculté de médecine de Toulouse[6][modifier | modifier le code]

Les travaux de Camille Soula concernent le fonction cholestérogénique, la régulation glycémique, les transmetteurs chimiques…

Camille Soula, Ivan Pavlov et Louis Bugnard
Publication manuscrite de Camille Soula.
  • 1912 Thèse dirigée par le Pr J.-Emile Abelous (1896-1940), sur les relations entre l'activité fonctionnelle des centres nerveux, et la protéolyse des centres nerveux.
  • 1912 : Nommé chef de travaux de physiologie
  • 1920 : Nommé agrégé de médecine.
  • 1920 : Nommé dans le service de physiologie du Pr J.-Emile Abelous, y collaborera jusqu'en 1934.
  • 1935 : Nommé titulaire de la chaire de Physiologie[7] auteur de près de 250 articles ou écrits ou communications, dont, en 1944, le Précis de Physiologie[8].
  • 1939 Fonde l' Institut régional d'éducation physique et sportive (en souvenir, à Toulouse le complexe sportif sis sur l'ile du Ramier est bordé par des allées à son nom depuis le pont Pierre de Coubertin).
  • Il eut comme élèves ou collaborateurs : Paul Montastruc[9] voir : ,Biographie Paul Montastruc, Jean Scherrer (de 1958 à 1965), Alain Wisner (1966 à 1991) directeur du Laboratoire de Physiologie du C.H.U. Pitié-Salpétrière à Paris, Joseph Ducuing, J.J. Rouzaud, L. Bouisset, Antoine Baïsset, Yves Laporte…
  • Créateur de la première chaire de Pharmacodynamie
  • Fut proche des grands physiologistes du Monde :Ivan Pavlov[10], Victor Pachon, Charles Sherrington, Hill

Centre d'Études scientifiques de l'Homme) Paris[11][modifier | modifier le code]

y est nommé directeur en 1945

Laboratoire pharmaceutique d'opothérapie 'Lapra' (1930-1960)[modifier | modifier le code]

  • Production de la Liposplénine, Dermosplénine…

Laboratoire de Physiologie du Travail du Centre national de la recherche scientifique (CNRS)[modifier | modifier le code]

  • Fondateur de ce laboratoire, rue Gay-Lussac à Paris, dépendant du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) [12] et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
  • Il y dirige les travaux de S. Bouisset, Jean Darroquy (1925-1955), Hugues Monod[13], aidé par Cécile (Lilette) Balança, L. Blum, D. Delamare, J. Étienne, Jaqueline Gomiz, R. Monier, Francine Huard, Yvette Lacour, L. Laurn, R. Monier, D. Rohr, Madeleine Saint-Saens, P. Vassal.
  • Fondateur de la physiologie appliquée aux sports et au travail
  • Fondateur de l'enseignement de la physiologie aux professeurs d' éducation physique et sportive.

Humaniste, franc-maçon [14], maître à penser du monde des arts et des lettres[modifier | modifier le code]

Autant à Paris qu'en Occitanie :

Littérature[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Coproduction de Camille Soula et de Pablo Picasso

Sculpture[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Peintre[modifier | modifier le code]

Vie politique[modifier | modifier le code]

Homme d'action[modifier | modifier le code]

  • Il prit sur lui d'aller avec son gendre Jean Ecoiffier d'aller libérer manu militari André Marty (mutin de le Mer Noire) en résidence surveillée par le PCF à La Garenne-Colombes… et en attente d'élimination.

Homme de pensée[modifier | modifier le code]

Il fut écouté par de nombreux politiques pendant la période du Front populaire, ~

  • soutint activement Léon Blum, candidat à la députation dans l'Aude,
  • membre du Conseil Économique et Social représentant les travailleurs intellectuels au sein du groupe de la pensée française de 1951 à 1959. Auteur de rapports sur la recherche scientifique et technique en France (1953)[20], les méthodes d'analyse et de mesure du travail pratiquées en France (1954), Le rôle des allocations d'études dans l'enseignement (1955), Les aspects économiques et sociaux de la réforme de l'enseignement (1956)
  • ami, proche conseiller et médecin de Vincent Auriol son ainé de 4 ans et voisin de pays (Muret)
  • ami de la reine de Élisabeth de Belgique à lui présentée au festival de Prades par Pablo Casals

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Aujaleu Eugène : L'Institut National d'Hygiène, l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, et les Toulousains, Toulouse, juin 1984, chez l'auteur
  2. Maury Lucien : La Résistance Audois, Comité d'histoire de la Résistance du département de l'Aude, Paris, 1950, tyome II, p. 1733 : le groupe de Dorrès
  3. Arrighi Paul, Silvio Trentin, Un Européen en résistance (1919-1943), Éditions Loubatières (Broché)
  4. Bertaux Pierre : Mémoires interrompues, PIA éd., Asnières , 2000, ISBN 2-91021214-9
  5. Camille Soula : Lecture de Henry Dale, Impr. toulousaine, Toulouse, 1945
  6. Revue de Médecine de Toulouse, Vol.1,n°V, 1956, p. 253-296
  7. Camille Soula : Travail de l'Institut de physiologie de la faculté de médecine de Toulouse : Des rapports entre l'activité des centre nerveux et la protéolyse des centres nerveux, Impr. toulousaine éd., Toulouse, 1912,
  8. Camille Soula : Précis de Physiologie, Masson éd., Paris, 1947
  9. Montastruc Paul : Un grand précurseur des sciences pharmacologiques à la Faculté de Médecine de Toulouse : Camille Soula, La lettre du pharmacologue, vol.6, no 1,janvier1992
  10. Camille Soula : L.V. Pavlov 1949-1946, Masson éd., Paris, 1946
  11. Bibliographie Soula (1947-1957) : Centre d'Études scientifiques de l'homme, CNRS, Louis Jean imp., Paris 1958, p. 82-85
  12. Scherrer Jean : Les professeurs du Conservatoire National des Arts et Métiers, Dictionnaire biographique 1794-1955, sous la direction de Claudine Fontanon et André Grellon, Tome 2, Institut national de recherche pédagogique-CNAM, Paris 1994
  13. Monod Hugues : Physiologie du sport : bases physiologiques des activités physiques et sportives, Elsevier-Masson éd., Paris, 2003
  14. Entretien avec Maurice Tuibiana du 2 mai 2001, histrecmed
  15. Camille Soula, Ismaël Girard :Hommage à Déodat de Severac, Institut d'Études occitanes, Toulouse, 1952
  16. Camille Soula : La poésie et la pensée de Stéphane Mallarmé, essai sur l'hermétisme mallarméen, Champion éd., Paris 1919
  17. Camille Soula : Gloses sur Mallarmé (préfacé par Jean Cassou, Diderit éd., Paris, 1945
  18. Camille Soula : La poésie et la pensée de Stéphane Mallarmé, Essai sur le symbole de la chevelure, Champion &d., Paris, 1926
  19. Camille Soula : La poésie et la pensée de Stéphane Mallarmé : Notes sur le Toast funèbre, Champion éd, Paris, 1929
  20. Conseil Économique, 'les problèmes de la recherche scientifique et Technique, vol. 27, P.U.F éd., Paris, 1953

Liens[modifier | modifier le code]