Camille Clifford

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Camille Clifford, vers 1910-1915.

Camille Antoinette Clifford (29 juin 188528 juin 1971) est une actrice née en Belgique, et qui est le plus célèbre modèle de la « Gibson Girl », créée par Charles Dana Gibson en 1887[1].

Son haut chignon et sa taille de guêpe correspondent parfaitement à la silhouette de la Gibson Girl.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Camille Clifford est née à Anvers, en Belgique. Elle est la fille de Reynold Clifford, un marin, et de Matilda Ottersen. Elle vit un moment en Suède, puis, après la mort de sa mère et de son père (disparu en mer), elle grandit en Norvège, où réside sa tante, Mrs Franz Ottersen. Elle y est mal traitée, et part alors rejoindre Mrs Schilling, un autre membre de sa famille, aux États-Unis[2],[N 1].

« Gibson Girl »[modifier | modifier le code]

Une Gibson Girl, telle que l'incarnait Camille Clifford.

Au début des années 1900, elle gagne 2 000 USD dans un concours organisé par un magazine pour trouver la créature de chair et d'os correspondant le mieux à la Gibson Girl inventée par Charles Dana Gibson[3], pour lui la femme idéale. À partir de la fin de 1902, après s'être départi de son accent scandinave, Camille Clifford participe à des comédies musicales à Broadway[2], puis joue en Angleterre, où elle apparait en particulier dans The Belle of Mayfair, et chante Why Do They Call Me a Gibson Girl?[4]. Elle quitte Londres pour retourner à Boston le 3 juillet 1906[5]. Bien qu'on ne lui confie guère que des rôles muets, Camille Clifford devient pourtant célèbre, non pour son talent, mais pour sa beauté. Son style distinctif est une longue et élégante robe du soir, drapée autour de sa silhouette à la taille de guêpe, encore aminci par le port du corset.

Vie ultérieure[modifier | modifier le code]

Elle quitte ensuite la scène pour épouser un capitaine, l'honorable Henry Lyndhurst Bruce, fils et héritier de Lord Aberdare. Ils ont un enfant, Margaret, mais l'enfant meurt cinq jours après sa naissance. Son mari est tué durant la Grande Guerre, en 1914[2].

Elle fait un bref retour à la scène, avant d'épouser le capitaine John Meredith Jones Evans. Après la guerre, elle quitte définitivement la scène, et possède plus tard une écurie de chevaux de course, qui connait un certain succès[6].

Malgré sa réputation en tant qu'archétype de la Gibson Girl, elle est loin d'être la seule à incarner cet idéal féminin.

Des photographies d'elle prises par Lizzie Caswall Smith en 1905 apparaissent souvent dans des ouvrages traitant de l'histoire de la mode pour illustrer le style edwardien des années 1900.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Du fait de son ascendance scandinave et de son émigration aux États-Unis, on lit parfois qu'elle est de naissance danoise ou américaine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Catherine Gourley, Gibson girls and suffragists, page 32
  2. a, b et c Don Gillan (www.stagebeauty.net) : Biographie de Camille Clifford
  3. « The Prince Of Pilsen: The People In The Piece », The Play-Pictorial: An Illustrated Monthly Journal, vol. XXII, no IV,‎ août 1904, p. 144 (lire en ligne) :

    « Among the players of minor parts is Miss Camille Clifford, who recently achieved considerable celebrity by winning a prize of 2,000 dollars given by an American journal to the lady who should be decided to be the most representative New York girl according to the famous Dana Gibson pattern. »

  4. Victoria Sherrow, Encyclopedia of hair, page 139
  5. lien vers Ellis Island, qui permet la recherche des passagers arrivés à Ellis Island entre 1892 et 1924)
  6. Don Gillan (www.stagebeauty.net)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) (en) Henry Colin Gray Matthew, Brian Howard Harrison, British Academy, Oxford dictionary of national biography: in association with the British Academy : from the earliest times to the year 2000, Oxford University Press, coll. « illustrated »,‎ 2004 (ISBN 9780198613626)
  • (en) (en) Cheryl Buckley, Hilary Fawcett, Fashioning the feminine: representation and women's fashion from the fin de siecle to the present, I.B.Tauris, coll. « illustrated »,‎ 2002, 164 p. (ISBN 9781860645068)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]