Camerata Trajectina

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Camerata Trajectina

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L'église Buur et la tour de la cathédrale d'Utrecht : la ville qui est le berceau de l'ensemble de musique ancienne Camerata Trajectina.

Informations générales
Pays d'origine Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Genre musical Musique des Pays-Bas, du Moyen Âge jusqu'au XVIIIe siècle (et parfois au-delà)
Années actives depuis 1974
Labels Globe, Philips, VNM
Site officiel www.camerata-trajectina.nl
Composition du groupe
Membres Hieke Meppelink (soprano)
Sytse Buwalda (contre-ténor)
Nico van der Meel (ténor)
Marcel Moester (baryton)
Saskia Coolen (flûte à bec et viole de gambe)
Erik Beijer (viole de gambe, percussion)
Annelies van der Vegt (violon baroque)
Louis Peter Grijp, directeur artistique, musicologue, luthiste et joueur de cistre
Anciens membres Marius van Altena (ténor)
Barbara Borden (soprano)
Pieter Dirksen (clavecin, orgue)
Ingrid Smit Duyzentkunst (mezzo-soprano, instruments à vent)
Suze van Grootel (soprano)
Jan Nuchelmans (flûte à bec)
Alida Pot (épinette, instruments à vent)
Sjabbe van Silfhout (ténor)
Matthy Soethoudt (soprano), etc.

Camerata Trajectina (en latin), la Compagnie utrechtoise, est un ensemble de musique ancienne, fondé à Utrecht (Pays-Bas) et actif depuis 1974.

Bref historique[modifier | modifier le code]

Après le départ de Jos van Veldhoven, qui voulait s'engager plus intensivement dans le Consort baroque d'Utrecht qu'il avait formé en 1976, l'ensemble de musique ancienne Camerata Trajectina, créé fin 1973 par Jan Nuchelmans et Van Veldhoven, s'est consacré au répertoire néerlandais sous la direction du musicologue et luthiste Louis Peter Grijp, également attaché à l'Institut Meertens à Amsterdam et à l'Université d'Utrecht. Dès son enfance, Grijp avait été fasciné par le siècle d'or néerlandais. Il n'est donc pas étonnant de voir qu'en 1977, le premier programme néerlandais de la Camerata Trajectina ait pour sujet la guerre de Quatre-Vingts Ans. À l'occasion des festivités à Utrecht, ce projet a été repris et adapté en 1979 sous le titre Die Tyranny verdrijven (Chasser la tyrannie). Ce programme a été enregistré sur disque vinyle par la Société pour l'histoire de la musique aux Pays-Bas (Vereniging voor Nederlandse Muziekgeschiedenis), puis servait encore lors de la célébration des mille ans d'histoire de la ville de Bruxelles. En 1980, l'ensemble fait ses débuts au Festival de Hollande avec ce programme[1].

Bien que, par son répertoire, la Camerata marche sur les traces d'un autre ensemble de musique ancienne, Studio Laren, avec Marijke Ferguson de cet ensemble, elle échangeait collégialement des données. L'approche théâtrale du Studio Laren a eu un impact sur le chemin qu'allait suivre Grijp, directeur artistique de l'ensemble[2]..

Par la suite, l'ensemble s'est fait un nom par son infatigable plaidoyer en faveur de la musique néerlandaise du Moyen Âge jusqu'au XVIIe siècle, et parfois au-delà de cette époque.

En outre, l'ensemble est à la base du festival de musique ancienne de la ville à laquelle son nom se réfère : Utrecht. Il s'agit du seul festival aux Pays-Bas entièrement consacré à la musique ancienne.

Si l'ensemble Camerata Trajectina s'est avant tout construit un répertoire de chansons en langue néerlandaise (homophone ou polyphonique et de Hadewij à Komrij), il s'est également occupé de pièces instrumentales et d'œuvres vocales en d'autres idiomes (allemand, anglais, français, frison, italien, latin…), sélectionnées selon les exigences du thème abordé. En général, les programmes de l'ensemble sont élaborés autour de thèmes et de personnages de l'histoire nationale. L'ensemble a collaboré aux commémorations nationales de l'Union d'Utrecht (1979), de Guillaume d'Orange (1984), de Huygens (1987), de Coornhert (1990), de la paix de Munster (1998) et de la VOC (2002), ainsi qu'aux commémorations de Bredero, de Simons, de la Société des Remontrants et de Japicx. Il s'est également produit dans le cadre d'expositions autour du thème de la relation entre musique et peinture (Hoogsteder & Hoogsteder en 1995, Steen au Rijksmuseum en 1996 et Hals à Haarlem en 2004).

Étant devenu un succès éclatant, un projet de 2009 (élaboré en collaboration avec le poète Gerrit Komrij) a été repris en 2011. Ce spectacle multidisciplinaire, De Zeven Zonden, était inspiré par le tableau représentant Les Sept Péchés capitaux et les Quatre Dernières Étapes humaines, attribué à Bosch). Le spectacle a récolté des critiques élogieuses. D'autres projets de grande envergure ont été les Liedekens (Chansons) d'Obrecht, pour lesquelles Gerrit Komrij a écrit de nouvelles paroles (2005)[3], et le premier opéra néerlandais Bacchus, Ceres en Venus de Schenck (2006). Pour le double CD Antwerps liedboek de 2004 (consacré au recueil de chansons d'Anvers de 1544), l'ensemble a reçu le prix Edison Klassiek aux Pays-Bas[4].

L'ensemble a donné des centaines de concerts aux Pays-Bas, en Flandre et ailleurs en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Mexique, en Indonésie et au Ghana. La Camerata Trajectina a enregistré six disques vinyles et une trentaine de CD consacrés à la musique néerlandaise.

Le 20 novembre 2014, l'Association générale néerlandaise (ANV) a annoncé que le prix Visser-Neerlandia de la culture sera décerné à l'ensemble utrechtois, « car, depuis quarante ans, Camerata Trajectina réussit à présenter de la musique et des chansons de la période 1550-1700. [...] Grâce à l'exécution du répertoire issu d'un travail de recherche, la Camerata Trajectina a considérablement élargi notre connaissance de la musique néerlandaise du Moyen Âge, de la Renaissance et du début du baroque, et l'ensemble a réfuté le mythe qui consiste à croire que la culture néerlandaise n'avait aucune affinité avec la musique ou que sa production musicale aurait été limitée[5] ».

Les quarante ans de l'ensemble seront célébrés le 30 novembre 2014 avec la présentation d'un ouvrage commémoratif, un concert et une extension spéciale de la Base de données numériques de la chanson néerlandaise (Nederlandse Liederenbank), à laquelle tous les 930 enregistrements réalisés par la Camerata Trajectina seront ajoutés sous forme de fichiers audio. Le livre commémoratif est écrit par la journaliste spécialisée dans la musique ancienne Jolande van der Klis et retrace l'histoire et l'importance de la Camerata Trajectina[6].

Membres[modifier | modifier le code]

Pour des projets spécifiques, selon les nécessités du programme, l'ensemble fait parfois appel à d'autres musiciens ou ensembles tant néerlandais que belges (Egidius Kwartet, La Caccia, Brisk Recorder Quartet, Oltremontano, Paul Rans…). Au fil des ans, l'ensemble a associé à ses programmes des chanteurs tels que Marius van Altena, Barbara Borden, Suze van Grootel, Michel Puissant, Sjabbe van Silfhout ou Tom Sol. Les noyaux vocal et instrumental de l'ensemble se composent actuellement de :

Noyau vocal :

Noyau instrumental :

Discographie[modifier | modifier le code]

Disques microsillons[modifier | modifier le code]

Disques compacts[modifier | modifier le code]

CD-ROM[modifier | modifier le code]

DVD[modifier | modifier le code]

Ressources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jolande van der KLIS, Een tuitje in de aardkorst: kroniek van de oude muziek 1976-2006, [s. l.] [ Kampen ], Kok, 2007, p. 32 (ISBN 978-90-4351-322-7).
  2. Jolande van der KLIS, Een tuitje in de aardkorst: kroniek van de oude muziek 1976-2006, [s. l.] [ Kampen ], Kok, 2007, p. 32 (ISBN 978-90-4351-322-7).
  3. Un projet qui a donné lieu à l'enregistrement, par cet ensemble, de l'intégralité des œuvres profanes d'Obrecht.
  4. « Camerata Trajectina », in : Camerata Trajectina, [En ligne], [s. d.], réf. du 21 novembre 2014. [www.camerata-trajectina.nl].
  5. « […] omdat Camerata Trajectina er gedurende veertig jaar in slaagt een repertoire van onbekende muziek en liederen uit de periode 1550-1700 bekend te maken. [...] Dankzij onderzoek en uitvoering heeft Camerata Trajectina onze kennis van de Nederlandse muziek uit de middeleeuwen, de Renaissance en Vroeg-Barok aanzienlijk verruimd en de mythe weerlegd dat de Nederlandse cultuur een anti-muzikale of muziekarme cultuur zou zijn geweest. » Cité de : « Visser-Neerlandiaprijs! », Camerata Trajectina, [En ligne], [s. d.], réf. du 20 novembre 2014. [www.camerata-trajectina.nl].
  6. « Jubileumconcert Camerata Trajectina », Meertens Instituut, [En ligne], [s. d.], réf. du 29 octobre 2014. [www.meertens.knaw.nl].
  7. a, b, c, d et e « Camerata Trajectina », in : Discogs, [En ligne], [s. d.], réf. du 21 novembre 2014. [www.discogs.com].
  8. a, b et c Louis Peter GRIJP, « Louis Grijp — curriculum vitae en publicatielijst », in : Meertens Instituut, [En ligne], [s. d.], réf. du 21 novembre 2014. [www.meertens.knaw.nl].
  9. a et b « Discographie + het jubileumboek », in : Camerata Trajectina, [En ligne], [s. d.], réf. du 21 novembre 2014. [www.camerata-trajectina.nl].
  10. Louis Peter GRIJP, « Cornelis Schuyt », in : Camerata Trajectina, [En ligne], [s. d.], réf. du 21 novembre 2014. [www.camerata-trajectina.nl].
  11. Louis Peter GRIJP, « De Triomfeerende Min », in : Camerata Trajectina, [En ligne], [s. d.], réf. du 21 novembre 2014. [www.camerata-trajectina.nl].
  12. « Art, Music and Spectacle in the Age of Rubens », in : Brepols Publishers, [En ligne], [s. d.], réf. du 1er décembre 2014. [www.brepols.net].
  13. Louis Peter GRIJP, « De Vrede van Utrecht (1713) », in : Camerata Trajectina, [En ligne], [s. d.], réf. du 21 novembre 2014. [www.camerata-trajectina.nl].
  14. Louis Peter GRIJP, « Het Maassluise Hoekertje », in : Camerata Trajectina, [En ligne], [s. d.], réf. du 21 novembre 2014. [www.camerata-trajectina.nl].

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]