Caméra

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La caméra est un appareil de prise de vues animées au cinéma, à la télévision ou dans une vidéo, professionnelle ou grand public.

Le terme « caméra » est issu du latin camera (en français « chambre »). La camera obscura (chambre noire) désignait un dispositif que les peintres de la Renaissance utilisaient pour le dessin en perspective, conservé dans l'appellation « chambre photographique ».

En langue anglaise, camera désigne un appareil photo et movie camera une caméra ; de même pour les termes caméra et ciné-caméra, au Canada francophone (bien que ces acceptions y soient en régression).

Il existe deux types de technologies de caméra, quelles qu'en soient les applications :

Caméra Arriflex 35 mm

Histoire[modifier | modifier le code]

Homme utilisant une caméra en mars 1947 à Leipzig.
Homme utilisant une caméra en mars 1947 à Leipzig.

La première caméra brevetée a été conçue par Louis Le Prince, un français installé à Leeds en 1888.

Évolution[modifier | modifier le code]

Les caméras film utilisent le principe de la photographie. Elles impressionnent typiquement 24 images par seconde, sur un film qu'il faut développer, et éventuellement tirer, avant de pouvoir l'utiliser dans un projecteur, afin de le visionner.

Ce procédé impose de les charger à l'abri de la lumière.

  • Par l'invention du 9,5 mm en 1922, et l'apparition de la caméra Pathé Baby en 1923, le cinéma amateur devient abordable avec des caméras très compactes, faciles à charger et d'utilisation familiale.
  • Le 16 mm, apparu également en 1923, permet un matériel plus compact que le matériel 35 mm avec un coût de pellicule plus attrayant aussi bien pour les professionnels que pour le public aisé.
Caméra Super 8 de 1975
  • Le 8 mm proposé en 1932 par Kodak, était encore plus réduit et permettait l'utilisation de matériels compacts et économiques au détriment de la qualité de l'image, à cause de sa petite taille.
  • Avec l'invention du Super 8 en 1965, l'image est agrandie et le chargement de film est facilité. Dans les années 1970 il devient même possible d'enregistrer simultanément le son sur la pellicule comportant une piste magnétique.
  • L'invention des caméras vidéo et des magnétoscopes utilisés pour enregistrer les images et le son synchrone, sur bande magnétique, sert d'abord uniquement aux professionnels de la télévision et de la vidéo professionnelle.
  • Les volumes, poids et surtout prix devenant raisonnables vers 1985, la vidéo devint accessible au grand public et remplace totalement les caméras super-8 ainsi que les projecteurs.
  • Les productions cinématographiques professionnelles utilisent encore le plus souvent des caméras film alors que les amateurs sont passés à la vidéo.
  • Des caméras filmant dans l'UV ou l'infrarouge sont améliorées, de même que les systèmes d'amplification lumineuse.

Un scientifique utilise pour la première fois en 2004 une caméra multispectrale pour analyser La Joconde, révélant des détails et modifications invisibles autrement.

  • Le début du XXIe siècle voit l'introduction progressive de caméras « haute définition » en télévision (HD TV) et l'émergence de caméras numériques, caméras électroniques dont la qualité est comparable au 35 mm. Les premières caméras haute-définition miniaturisées apparaissent en 2009[1].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Les éléments essentiels d'une caméra argentique sont : le boîtier, le mécanisme d'entraînement du film, dit « mouvement », l'obturateur en connexion avec ce dernier, le magasin de la pellicule, l'objectif, le système de visée, un moteur[2].

Mécanisme de mouvement intermittent[modifier | modifier le code]

Entraînement du film et obturation

Le mécanisme d'entraînement du film est un mécanisme très délicat qui diffère selon les caméras.

Plusieurs fois par seconde, 24 ou 25 fois en général, le film est avancé par ce mécanisme d'un pas et arrêté. Dès que le film est immobilisé, l'obturateur s'ouvre, les rayons lumineux issus de l'objectif impressionnent le film, puis l'obturateur se referme, s'interposant entre objectif et film. Le film, désormais à l'abri de la lumière, avance de la longueur requise pour que les images enregistrées ne se chevauchent pas, (c'est la phase d'« escamotage »), puis il s'immobilise à nouveau.

Cette avance intermittente du film est assurée par une « griffe », qui constitua un des apports majeurs des frères Lumière à l'invention du cinéma. Une « came », triangulaire courbe, invention propre de Jules Carpentier, tourne à vitesse constante à l'intérieur d'un évidement pratiqué dans le « porte-griffe », susceptible de se mouvoir dans son propre plan et qui porte à son extrémité une ou plusieurs « griffes » en acier pénétrant dans les perforations de la pellicule. Un élément du mouvement est le couloir qui exige une grande précision d'usinage et d'entretien, c'est la pièce qui sert de guide et de positionnement du film par rapport à l'objectif. Durant son parcours dans la caméra, c'est le seul moment où l'émulsion du film est en contact avec une surface métallique. Il comporte une fenêtre de prise de vues au format image normalisé, parfaitement centrée sur l'axe de l'objectif.

La caméra Debrie G. V., « à Grande Vitesse », de 1921 selon des brevets d’Émile Labrély atteint 240 images par seconde. Son mécanisme positionne la pellicule par des pivots amovibles des deux côtés de la fenêtre d'impression. Le maximum d'aujourd'hui avec film 35 mm et contre-griffes est 425 images par seconde avec une caméra Photo-Sonics.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Les caméras peuvent être classées ainsi :

Quand il est question d’astronautique dans certains médias de vulgarisation, par exemple dans les livres[3] ou sur Internet[4], le mot « caméra » est souvent utilisé pour désigner les appareils de prise de vue se trouvant à bord des satellites artificiels et des sondes spatiales, et qui sont destinés à produire des photographies de la Terre ou des autres corps du système solaire. Et ce alors qu’en général ces appareils ne peuvent produire que des images fixes d’après la description qui en ait faite quand elle est disponible. Par exemple, les « caméras » des modules d'atterrissage des missions martiennes Viking étaient constituées de simples photodiodes recevant les rayons lumineux réfléchis par un miroir mobile. C’est le balayage horizontal et vertical obtenu par déplacement du miroir qui permettait de produire une image en deux dimensions de la scène à photographier[5].

Cette utilisation du terme camera semble d'ailleurs plus provenir d'une erreur de traduction que d'une volonté de différentiation d'avec le terme appareil photographique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Exemple : caméra HDD (High Disc Drive) ; le GZ-HD 320 et le GZ-HD 300 ne pèsent que 325g et pour un volume de 53 x 68 x 113 mm. source : JVC miniaturise les caméras hautes définitions HDD
  2. Principes de base : Caméra et film - L'enfant et le 7e art
  3. Quelques exemples de livres où l’utilisation du mot « caméra » est quasi systématique pour désigner les appareils de prise de vue des sondes spatiale :
    • L’exploration des planètes (Cosmos encyclopédie, volume 6) d’Albert Ducrocq, éditions Bordas et Sciences & avenir, 1972, ISBN 2-04-003053-0
    • À la conquête de Mars de Miles Frank et Booth Nicholas, 1988, ISBN 2-7242-3911-3
    • Les planètes proches (collection Voyage à travers l'univers) par les rédacteurs des éditions Time-Life, 1989, ISBN 2-7344-0517-2
    • Les planètes lointaines (collection Voyage à travers l'univers) par les rédacteurs des éditions Time-Life, 1990, ISBN 2-7344-0465-6
    • À la conquête de Mars d’Olivier de Goursac, éditions Larousse, 2000, ISBN 2-03-505041-3
  4. Par exemple sur la version française du portail de l’Agence spatiale européenne, dans certains articles traitant des prises de vue du satellite Envisat, l’instrument MERIS (Medium Resolution Imaging Spectrometer) est désigné comme étant une « caméra » : La Terre vue de l’Espace : « La Grande île rouge », La Terre vue de l’Espace : l’agonie de la Mer d’Aral, La Terre vue de l'Espace : La rivière d’herbe de Floride, et bien d’autres
  5. Page 32 de À la conquête de Mars d’Olivier de Goursac, 2000, ISBN 2-03-505041-3 ;

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]