Fédération nationale des Camelots du roi

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À gauche Charles Maurras, à droite Maxime Real del Sarte (1923).

La Fédération nationale des Camelots du roi est un corps de militants royalistes spécialisés dans le coup de force. Les Camelots du roi sont rattachés à l’Action Française. Ils sont actifs entre 1908 et 1936.

Les origines du mouvement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Action française.

L'année 1908[modifier | modifier le code]

Les Camelots du roi sont créés en novembre 1908. Leur rôle est à l’origine de vendre les numéros du journal de l’Action française dans les rues de Paris, d'où leur nom de camelots, marchands de journaux. Les Camelots sont recrutés d’une part dans le groupe royaliste du XVIIe arrondissement organisé par Henry des Lyons pour vendre des journaux à la porte des églises, et d’autre parmi les ouvriers et employés royalistes de l’Accord social de Firmin Braconnier.

Ce groupe comprend des gens très différents : des étudiants des classes supérieures (les 3 frères Real del Sarte, Théodore de Fallois, Armand du Tertre), mais aussi des recrues de situation plus humble comme Marius Plateau, garçon de course à la Bourse, Lucien Lacour, menuisier, Louis Fageau, commis-boucher.

Les Camelots sont l’instrument d’une politique de tumulte de la part de l’Action Française. Ils sont bien davantage une force armée qu’une force de proposition politique L’idée est de susciter le trouble pour rappeler la cause royaliste à l’opinion et de faire ainsi de nouvelles recrues. Les membres des Camelots portent une grande admiration à Charles Maurras en tant qu'écrivain et en tant qu'homme politique, il est leur maître incontestable même si certains vont petit à petit marginaliser leur position au sein de l'Action française, sans toutefois remettre en cause leur affiliation avec ce mouvement[1].

Le premier président des Camelots du roi se nomme Maxime Real del Sarte, et des Lyons en est le secrétaire. L’homme qui décide des rapports des Camelots avec l’organisation centrale de l’Action française, ainsi que la discipline est Maurice Pujo.

Idéologie[modifier | modifier le code]

La doctrine des Camelots est le nationalisme antirépublicain, antidémocratique et antisémite, qui se dit « intégral » dans la mesure où sa conclusion est monarchique. L'objectif est en effet de restaurer une monarchie « traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire, et décentralisée », ceci par « tous les moyens, même légaux », d’où l’utilisation de la violence[2].

Les Camelots récusent la conception universaliste de la citoyenneté, que l’on retrouve à travers le vote. Ils accusent la République d’être un régime purement juif ou protestant (ils reprennent la théorie des « quatre États confédérés » de Maurras : la démocratie institue l’avènement non pas d’un État mais de quatre que seraient celui des Juifs, celui des francs-maçons, celui des protestants et celui des « métèques »). Elle est donc une atteinte aux racines catholiques de la nation française. Cette vision trouve son paroxysme durant le Front populaire en 1936 où les Camelots mèneront leurs violentes campagnes avec le plus d’ardeur, dénonçant une République sioniste menée par le juif Léon Blum. Plusieurs de ses membres appartenaient à l’Action Française, mais sont rapidement devenus des dissidents de la doctrine maurassienne. Une nouvelle génération de militants monarchistes et nationalistes développe activement de nouveaux courants d’extrême droite, ainsi l’écrivain Claude Roy ayant milité parmi les jeunes Camelots collabore dans la rédaction du mensuel Combat.

Dans les années trente, les Camelots se prennent brièvement d’amitié avec l’extrême gauche[3] : Camelots et anarcho-syndicalistes ont sympathisé en prison, ils ont pour ennemi commun la République et la démocratie. Mais l’urgence de la guerre a mis fin à ce rapprochement.

Structure de l'organisation[modifier | modifier le code]

Les Camelots sont divisés en sections (40 hommes). À la fin de l’année 1909 on compte 65 sections de Camelots dans toute le France. Les obligations des Camelots sont lourdes : ils doivent se tenir prêts pour tous les défilés ou manifestations, et bien sûr vendre le journal tous les dimanches. Le tirage du journal de l’Action française distribué par les Camelots a atteint son maximum à l’été 1926 : 100 000 exemplaires, auxquels il faut ajouter environ 15 000 exemplaires pour le Supplément du Dimanche[4]. Les Camelots vendaient le journal et combattaient « les Rouges » quand l’occasion s’en présentait, mais ils aidaient aussi les amis : ils ont par exemple assuré le service d’ordre d’une réunion catholique le dimanche de Pâques 1925, défendu une réunion de la Fédération catholique à Marseille en mars 1926, défendu René Benjamin, attaqué lors de ses conférences par des syndicats d’instituteurs qu’il avait ridiculisés.

Dans les années vingt les succès du royalisme chez les étudiants est tel que le terme de Camelot finit par désigner n’importe quel membre actif. Les membres actifs des Camelots le restaient généralement le temps de leurs études, et un certain nombre d’entre eux entraient ensuite dans les cadres d’Action française. Il y a une valorisation forte de la jeunesse au sein de la formation. À travers le journal de l'Action française et la Revue critique des idées et des livres, de nombreuses références sont faites à la vigueur, la beauté et la pureté de la jeunesse, et sa nécessité pour diriger le combat monarchiste. Ainsi Georges Bernanos déclare "La jeunesse française aime la grandeur"[5]. Certains intellectuels soulignent cet aspect, comme l'historien Daniel Halévy, pourtant dreyfusard et proche de Charles Péguy qui décrit le rassemblement du 24 mai des jeunes gens membres des Camelots du roi et de l'Action française comme un "spectacle si rare dans nos rues parisiennes, cette élégance virile, cette beauté, cette noblesse..."[6]

Personnalités ayant milité au sein de l'organisation[modifier | modifier le code]

Les méthodes d'action des Camelots du roi[modifier | modifier le code]

Les Camelots privilégient le « coup de force » dont Charles Maurras fait la théorie dès 1900, et que le mouvement monarchiste prépare en mettant « la violence au service de la raison. »[7] Dans la perspective du « coup de force », les Camelots engagent dès leur création de virulentes campagnes nationalistes et antirépublicaines, dans l'intention avouée d'abattre le régime.

Violences et provocations[modifier | modifier le code]

Leur activité a donc tout de suite consisté en des affrontements menés par leurs membres étudiants munis de canne à bout ferré ou de nerf de bœuf. L’activité et la bonne organisation des camelots les faisaient apparaitre plus nombreux qu’ils n’étaient. Tous les Camelots d’une région se mobilisaient pour une manifestation ou un rassemblement dans une des villes. Ils n'hésitaient pas à en venir aux mains avec les forces de police. En mars 1912 Lucien Lacour et Maxime Real del Sarte recrutent ainsi une trentaine de jeunes gens costauds, parmi lesquels Georges Bernanos afin de briser violemment une réunion bonapartiste.

Bien que la brutalité des Camelots leur vaille des critiques, elle avait aussi pour résultat de provoquer le respect de l’ennemi. Leur rapidité d’action cadrait bien plus avec le concept de révolution que les longs débats des groupes révolutionnaires socialistes.

Étudiants en majorité, les Camelots du roi témoignaient d'un goût prononcé pour la farce provocatrice, le folklore royaliste (ils reprirent notamment le répertoire des chansons chouannes) et les affrontements avec les étudiants de gauche.

La violence était aussi verbale : dans les chansons, affiches on trouvait partout des références ouvertes à la haine. Quelques figures marquantes à ce propos comme celle de Bernanos[8] en sont un exemple : il écrit ainsi au professeur Alain, en réponse à un de ses articles du journal républicain rouennais : "Ce n'est pas ton idée que je méprise, c'est toi même."

Une menace pour l'ordre et pour la droite[modifier | modifier le code]

Faisant office à la fois de service d'ordre de l'Action française, de troupes de choc et d'activisme du mouvement, ils retinrent assez vite l'attention inquiète du pouvoir, et surtout de Briand qui voyait en eux et en leur violence un sérieux danger pour l'ordre et le maintien de la République.

Mais s'ils contrariaient les Républicains, les Camelots gênaient presque plus la droite que la gauche. Les audaces des Camelots, la violence de ses polémiques et son goût pour les batailles de rues scandalisent les royalistes restés fidèles à l'esprit conservateur et légaliste de l'orléanisme[9]. Cette tendance était massivement représentée au bureau politique du duc d'Orléans, et se reconnaissait dans Le Gaulois, dont le directeur, Arthur Meyer était proche du duc. Ce royalisme traditionnel paru avoir gain de cause lorsque, le 20 mars, 1910, Le Gaulois publia un entretien avec le duc Philippe d'Orléans, qui dénonçait les violences des Camelots du roi, et qui brandissait la menace d'un désaveu formel si ses militants « continuaient à ne pas distinguer entre amis et ennemis, et si une persistante erreur de manœuvre les poussait à diriger leur feu sur le gros des troupes royalistes »[10].

Propagande[modifier | modifier le code]

En plus de manifester, les Camelots savaient user de la propagande pour vendre leur cause. On trouve nombre de tracts et de journaux monarchistes qui en portent l'idéologie. En effet, si les Camelots et l'Action française en général avait été plus une contrainte qu'une aide pour le duc d'Orléans, dès 1911 le bureau politique du prince passa sous le contrôle de l'Action française, et resta entre ses mains pour un quart de siècle. Durant le Front populaire la vision antisémite et antirépublicaine des Camelots est à son paroxysme et leurs actions atteignent un nouveau seuil de violence. Les Camelots mèneront leurs violentes campagnes avec une toute nouvelle ardeur, dénonçant une république sioniste menée par le juif Léon Blum. Pour se faire connaître, ils n'hésitent pas à attirer l’attention sur eux par tous les moyens. Ainsi, certains se font arrêter volontairement pour comparaitre en procès public et pour faire parler d'eux dans la presse. L'apogée des Camelots et de l'Action française se situent autour de 1911, avant la Grande guerre. C'est à cette période que la Revue critique des idées et des livres organise une pétition qui rassemble aussi bien des intellectuels français reconnus que des militants monarchistes, en protestation contre l'arrestation de Henri Lagrange, membre des Camelots du roi alors âgé de 17 ans.

Stratagèmes[modifier | modifier le code]

Ils usaient aussi de stratagèmes. Il arrivait que lors d’un défilé les Camelots de tête de cortège aillent se replacer en queue de cortège pour défiler une deuxième fois, ce qu'ils firent par exemple lors du pèlerinage le 28 novembre 1926 au cimetière de Vaugirard pour les morts d’Action Française. Lors du défilé de Jeanne d’Arc du 30 mai 1927 les Camelots ont désorganisés les groupes catholiques rivaux par des contre-ordres transmis par des branchements sur la ligne téléphonique.

Coups d'éclat[modifier | modifier le code]

Majoritairement étudiants, les coups d’éclat des Camelots commencent à la Sorbonne à Paris.

L'affaire Thalamas[modifier | modifier le code]

Thalamas ne possédait pas de titre de docteur ès lettres, mais le Conseil des professeurs de la faculté des Lettres, présidé par le doyen, Alfred Croiset, l'avait autorisé en novembre 1908 à l'ouverture d'un cours libre, hebdomadaire, sur la pédagogie de l’histoire pour l'hiver 1908-1909. Ce cours était scindé en douze petits cours. Les Camelots le détestaient ouvertement car le professeur d’histoire Amédée Thalamas s'était déjà fait connaître pour avoir remis en cause le caractère surnaturel de la mission de Jeanne d’Arc. Après la nomination de Thalamas à la Sorbonne, les Camelots du roi dirigés par Maxime Real del Sarte interrompent chaque mercredi le cours d'Amédée Thalamas, parfois avec violence :

  • lors du premier cours, le 2 décembre 1908, étudiants et camelots envahissent l'amphithéâtre Michelet et mènent un tapage d'enfer. Maxime Real del Sarte et Lucien Lacour infligent à Thalamas une paire de fessées. Celui-ci s'enfuit ; les jeunes gens quittent la salle, se répandent sur le boulevard Saint-Michel, rompent les barrages de la police, franchissent la Seine, et arrivent à la statue de Jeanne d'Arc, où ils déposent une gerbe de fleurs.
  • Le 23, voulant réhabiliter Jeanne d'Arc, Maurice Pujo a entrepris de lui consacrer un cours libre en pleine Sorbonne, au sein de l'amphithéâtre Guizot et trace devant ses auditeurs un tableau historique. Il compare ainsi l'état de la France au xve siècle avec celui de son temps. Il avait terminé quand un officier de paix, suivi d'un capitaine de la Garde et d'une file de soldats, lui demande de sortir. Les auditeurs se dispersèrent sans incidents

Le premier procès fait à un Camelot du Roi eut lieu le 24 décembre : Serge Real del Sarte était accusé de "violence à agent". Le même jour, un groupe de 500 manifestants, conduits par Maxime Real del Sarte (son frère) et les Camelots, se dirigea vers le Sénat et envahit la cour du Palais aux cris de "A bas la République".
Le 31 décembre, Maxime Real del Sarte était condamné à quinze jours de prison pour "outrages à agents". La campagne contre Thalamas dura trois mois, avec de nombreuses arrestations pour injures et violences à agents, toujours celles de Maurice Pujo, Maxime Real del Sarte, mais aussi Yves Real del Sarte, Henry des Lyons, Marius Plateau, Georges Bernanos et des dizaines de Camelots anonymes, qui étaient toujours relâché après une quinzaine de jours passés en prison. L'affaire Thalamas a suscité des réactions passionnées ; les camps thalamistes et antithalamistes se sont confrontés à nouveau en 1909. Cet épisode s'inscrit dans une période de « mythification » de Jeanne d'Arc dans les milieux nationalistes français ; il s'agit de l'un des premiers coup d'éclat des Camelots du roi[11].

L'affaire Stavisky[modifier | modifier le code]

En 1933, la crise économique américaine touche la France et s'accompagne en plus d'une crise politique, avec la montée de l'antiparlementarisme en France.

Le 25 décembre 1933, sur ordre du sous-préfet Antelme, le directeur du Crédit municipal de Bayonne Gustave Tissier fut arrêté pour fraude et mise en circulation de faux bons au porteur pour un montant de 25 millions de francs. On découvrit rapidement que Tissier n'était que l'exécutant du fondateur du Crédit communal, Serge Alexandre Stavisky, qui avait organisé cette fraude sous la surveillance complice du député-maire de Bayonne, Dominique-Joseph Garat, qui sera condamné à deux ans de prison[12]. L'enquête, menée notamment par Albert Prince, chef de la section financière du parquet de Paris, permit de découvrir les nombreuses relations entretenues par l'escroc dans les milieux de la police, de la presse et de la justice : le député Gaston Bonnaure, le sénateur René Renoult, le ministre des Colonies et ancien ministre de la Justice Albert Dalimier, les directeurs de journaux Dubarry et Aymard.

L'Action française et les Camelots s'emparent alors de l'affaire, dénonçant «  le scandale de Bayonne » . D’une banale affaire d’escroquerie, “l’Affaire Stavisky” devient un scandale politico-financier qui touche tous les milieux de la république établie, en particulier le parti radical. L'indignation populaire entraîne la chute du gouvernement radical-socialiste. Édouard Daladier remplace Camille Chautemps à la présidence du Conseil. Il destitue aussitôt le préfet de police Jean Chiappe, suspect de sympathie avec les ligues de droite. Le 6 février 1934, Édouard Daladier présente à l'Assemblée nationale le nouveau gouvernement. Dans le même temps, une grande manifestation est organisée à Paris, place de la Concorde, à l'appel des Camelots, de l'association d'anciens combattants Les Croix de Feu ainsi que de mouvements communistes, sur le thème : «A bas les voleurs !» La manifestation dégénère. La police tire. Seize manifestants et un policier sont tués. On compte un millier de blessés. Trois jours plus tard, une contre-manifestation dégénère à son tour et fait 9 morts. Edouard Daladier doit céder la place à Gaston Doumergue à la tête du gouvernement[13].

D’autres incidents surviennent à la Sorbonne, comme la campagne contre le professeur de droit Lyon-Caen de confession juive, que les Camelots réussissent à mettre à la retraite prématurée ; ou encore l’irruption de Maurice Pujo dans une salle de cours de l’université qui a écarté le chargé de cours pour donner une leçon sur l’Action Française.

Le coup d'éclat de Lucien Lacour[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 19 au 20 novembre 1910, des Camelots placardent sur les murs de Brest une affiche intitulée « Les Gloires de la République », qui représente une grosse femme juive – portant un bonnet phrygien et un accoutrement maçonnique et attaquent avec virulence le président du Conseil Aristide Briand et « Reinach Boule-de-Juif » (pique à propos de son embonpoint, en référence à la nouvelle de Maupassant). Le lendemain, l’un d’eux, Lucien Lacour, réussit l’exploit de donner deux gifles à Briand, en criant : « À bas la République ! Vive le Roi ! À bas Briand, partisan de Lafferre, des fichards et d’Israël contre notre Pays ! »[14].

Le 22 janvier 1923, le secrétaire général des Camelots, Marius Plateau, est assassiné par Germaine Breton, une militante anarchiste qui voulait « venger les morts de Jaurès ». Décapités, les Camelots laissent éclater leur fureur : saccage des bureaux et des imprimeries de trois journaux de gauche : l’Œuvre, l’Ere nouvelle, Bonsoir. Cette fois l’opinion publique ne soutient pas les Camelots, Le Populaire écrit « quelqu’un (Germaine Breton) a osé retourner les méthodes des Camelots contre eux »

L’année 1931 marque un nouvel élan de l’activité des Camelots du roi. Le soir du 31 mai 1923 plusieurs personnalités de gauche devaient s’exprimer lors d’un rassemblement républicain destiné à dénoncer la politique allemande. Mais les Camelots agressent ce soir-là Marc Sangnier, Maurice Violette et Marius Moutet en les battant et les enduisant de goudron. Le lendemain les communistes, les socialistes et, pour la première fois, les radicaux expriment leur profond mécontentement. Les radicaux par leur chef Édouard_Herriot demandent au gouvernement de réaffirmer son caractère républicain.

Le 27 novembre 1931 les Camelots troublent cette fois un congrès international rassemblant plusieurs milliers de personnes d’une quarantaine de pays différents. Il s’agit du Congrès du désarmement international, organisé par l’École de la Paix de Louise Weiss, au Trocadéro à Paris. Les Camelots, alliés aux Croix de Feu et aux Jeunesses Patriotes donnent l’assaut de la tribune et expulsent les personnalités qui l’occupaient. Il a fallu vider la salle pour réussir à faire sortir les Camelots.

La dissolution des Camelots du roi[modifier | modifier le code]

Les années 1934-1936 marquent la fin des Camelots du roi. En 1934 ils participent aux troubles comme les autres ligues d’extrême droite, mais ils manquent d’organisation, Eugen Weber parle d’une « troupe vaillante mais d’un commandement lamentable », les plans d’action sont égarés quelques jours avant les manifestations et l’évènement trouve très peu de relais en province. Le 13 février 1936, le jour des obsèques nationales de l’historien royaliste Jacques Bainville, Léon Blum fend le cortège en voiture, les Camelots réagissent en attaquant sa voiture et en le blessant au cou et à la tempe.

Le lendemain, un conseil des ministres est réuni d'urgence à l'Élysée et le président Albert Lebrun signe le décret de dissolution "des associations et groupement de fait, dénommés ci-après : la Ligue d'Action française, la Fédération nationale des Camelots du roi et la Fédération nationale des étudiants d'Action française".

Les Camelots du roi, de nos jours[modifier | modifier le code]

Les Camelots du roi existent toujours. Ils se sont opposés aux « mouvements gauchistes » de Mai 68. On les retrouve aussi présents lors des commémorations bicentenaires des années 1980-1990, où ils occupent la cathédrale Notre-Dame de Paris, le Panthéon ou encore le théâtre de l'Europe, et perturbent une interprétation de la Carmagnole d'Hélène Delavault. Ils fleuriront la statue de Jeanne d'Arc contre l'interdiction du préfet et malgré les barrages de CRS en 1991. Dans le défilé annuel du mouvement Action française à Paris pour la date anniversaire de Jeanne d'Arc, on peut entendre leurs slogans royalistes tels Action française !, Ni droite, ni gauche, Monarchie populaire !, Vive le roi !, Le roi à Paris, à bas la République !

Moins nombreux qu'autrefois, ils conservent néanmoins une visibilité, notamment par le biais du Groupe d'Action royaliste, qui rappelle souvent le rôle joué par les Camelots du roi dans l'histoire, et qui actuellement s'organise en réseau militant tout en cherchant à moderniser le royalisme en ce début du XXIe siècle.

Cet esprit Camelot du Roi est également représenté par une association historique de l'Action française : l'Association Marius Plateau.

Divers[modifier | modifier le code]

Dans la nouvelle « L'enfance d'un chef » (tirée du recueil Le Mur, 1938), Jean-Paul Sartre décrit l'enfance et la jeunesse d'un jeune Camelot déchiré entre l'engagement nationaliste (Charles Maurras) et surréaliste (André Breton).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Huguenin, À l'école de l'Action française, un siècle de vie intellectuelle
  2. Bertrand Renouvin, Le royalisme, histoire et actualités, Paris, Economica, 1997
  3. ="Eugen Weber, L'Action Française, Paris, Hachette littérature, 1997"
  4. Ibid
  5. Georges Bernanos, Zola ou l'idéal
  6. François Huguenin, À l'école de l'Action française, un siècle de vie intellectuelle, Lattès Paris 1998
  7. Charles Maurras, Enquête sur la monarchie, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1935
  8. François Huguenin, À l'école de l'Action française, un siècle de vie intellectuelle,
  9. Bertrand Renouvin, Le royalisme, histoire et actualités, Paris, Economica, 1997
  10. Eugen Weber, L'Action Française, Paris, Hachette littérature, 1997
  11. Prevotat Jacques, Leymarie Michel, l'Action Française : culture, sociétés politiques, Presses universitaires du Septentrion 2008, p219.
  12. Claude Goyard, « Un aspect de la police politique sous la Troisième République : l'enquête et le rôle de la Sûreté générale dans l'affaire Stavisky », in Jacques Aubert (dir.), L'État et sa police en France, Genève, Droz, 1979, p. 177-206.
  13. * Paul Jankowski, Cette vilaine affaire Stavisky, Histoire d'un scandale politique, Paris, Fayard, 2000.
  14. Lettre de Lucien Lacour du 21 novembre 1910

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • MEUNIER Lucien Victor, Camelots du roi et camelots du pape, Bordeaux, Bureaux de la France du Sud Ouest, « Des Idées et des faits », 1909
  • PUJO Maurice, Les Camelots du roi, Paris, Ernest Flammarion, 1933 ; rééd. avec une préface de Pierre Pujo, Les Éditions du Manant, 1989
  • DELLUC Brigitte et Gilles, Jean Filliol, du Périgord à la Cagoule, de la Milice à Oradour, Pilote 24 édition, 2005
  • CHENESEAU Xavier, Camelots du roi : les troupes de choc royalistes (1908-1936), Boulogne Billancourt, Défi, 1997 ; rééd., Paris, Éditions de l'Homme libre, 2000 (ISBN 2912104114).
  • CHENESEAU Xavier, Les Camelots du roi : Ils voulaient abattre la République (1908-1936), Paris, Les Éditions AGNUS, 2010 (ISBN 9782918291015).
  • HUGENIN François, A l'école de l'Action française, un siècle de vie intellectuelle,
  • RENOUVIN Bertrand, Le royalisme, histoire et actualités, Paris, Economica, 1997
  • WEBER Eugen, L'Action Française, Paris, Hachette littérature, 1997
  • MAURRAS Charles, Enquête sur la monarchie, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1935
  • PREVOTAT Jacques, LEYMARIE Michel, L'Action Française : culture, sociétés politiques, Paris, Presses universitaires du Septentrion, 2008
  • GOYARD Claude,  Un aspect de la police politique sous la Troisième République : l'enquête et le rôle de la Sûreté générale dans l'affaire Stavisky, in Jacques Aubert (dir.), L'État et sa police en France, Genève, Droz, 1979.
  • JANKOWSKI Paul, Cette vilaine affaire Stavisky, Histoire d'un scandale politique, Paris, Fayard, 2000.

Presse des Camelots du roi[modifier | modifier le code]

  • Le Clairon du Rhône et du Sud Est. Organe mensuel royaliste publié par les Camelots du roi (Lyon, décembre 1909 - ?)
  • Le Grelot, puis Le Grelot Le de Tarn et Garonne. Organe [puis organe hebdomadaire] des Camelots du roi (Montauban, 10 septembre 1911 - 9 juin 1912, nos 1-39).
  • Chez Le Diable Bitru. Revue des Camelots du roi. Supplément à L'Étudiant français de novembre 1933 dirigé par Max Regnier et Jabon.

Documents sonores[modifier | modifier le code]

  • Chanson des Camelots du roi, par André Bekaert de l'Opéra Comique, avec Orchestre de France et Chœurs sous la direction de Victor Alix. Suivi de : Au jardin de France, par Maxime Brienne, Éric Royne de la Gaîté Lyrique, avec chœurs, orgue et orchestre dirigés par Victor Alix, 1 disque : 78 t, aig. 25 cm, [sans date, ni éditeur].
  • Grande fantaisie sur des airs et refrains royalistes, Orchestre de France, La France bouge, Vive le Roi quand même !, Chanson de Monsieur Henri, Chanson des Camelots du roi, Debout, les gas !, La bataille de Fontenoy, La chasse aux Loups, La Royale, 1 disque : 78 t, aig. 25 cm, [sans date, ni éditeur].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]