Cambronne-lès-Clermont

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cambronne-lès-Clermont
Le village depuis la croix Desnoyelles, au bord de la D110
Le village depuis la croix Desnoyelles, au bord de la D110
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Oise
Arrondissement Clermont
Canton Mouy
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Clermontois
Maire
Mandat
Jean-Pierre Blot
2014-2020
Code postal 60290
Code commune 60120
Démographie
Population
municipale
1 057 hab. (2011)
Densité 113 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 19′ 50″ N 2° 24′ 01″ E / 49.3305555556, 2.4002777777849° 19′ 50″ Nord 2° 24′ 01″ Est / 49.3305555556, 2.40027777778  
Altitude Min. 52 m – Max. 132 m
Superficie 9,34 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Picardie

Voir sur la carte administrative de Picardie
City locator 14.svg
Cambronne-lès-Clermont

Géolocalisation sur la carte : Picardie

Voir sur la carte topographique de Picardie
City locator 14.svg
Cambronne-lès-Clermont

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Cambronne-lès-Clermont

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Cambronne-lès-Clermont

Cambronne-lès-Clermont est une commune française située dans le département de l'Oise en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation et communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes

Le village de Cambronne-lès-Clermont est situé à 52 km au nord de Paris, 26 km à l'est de Beauvais, 32 km à l'ouest de Compiègne et à 63 km au sud d'Amiens[Note 1]. Le territoire comprend environ 933 hectares[a 1].

Communes limitrophes de Cambronne-lès-Clermont
Ansacq Neuilly-sous-Clermont
Cambronne-lès-Clermont Rantigny
Bury Rousseloy Cauffry

Topographie et géologie[modifier | modifier le code]

La commune se situe entre les vallées de la Brêche et du Thérain, en partie au pied du coteau de Cambronne et en majorité sur un plateau en grande plaine découverte. En bordure est de ce coteau se sont bâtis le chef-lieu, Cambronne et ses hameaux, Ars et les Carrières. Au pied se sont installés Vaux, la Croix-de-Vaux et Despoilleux. Le territoire s'étend vers l'ouest jusqu'à environ 2,5 km du méridien de Paris, qui traverse la commune voisine de Bury[a 1], en se localisant entre 46 à 132 mètres d'altitude. La mairie du village se trouve à 120 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le hameau d'Ars se trouve à 106 mètres. Le hameau de Vaux se trouve à 75 mètres et celui de la Croix-de-Vaux à 62 mètres. Despoilleux se situe à 66 mètres d'altitude. La partie centrale de la commune ainsi que Cambronne et Ars se trouvent un plateau culminant à 132 mètres au-dessus du niveau de la mer au lieu-dit Le Buisson Magister, au nord du territoire. Les hameaux de Vaux et de Despoilleux se situent dans le vallon de la vallée de Vaux, à l'est. À l'ouest, près de la limite communale avec Bury se localisent les fond de Berneuil et le vallon dit de la Gueule de Berneuil, rejoignant la vallée du Thérain. Au sud-est, près du hameau d'Ars se trouve un dernier vallon descendant vers la commune de Cauffry, où se trouve le point le plus bas du territoire, à 46 mètres d'altitude[1]. Comme la plupart des communes de la vallée de la Brêche, Cambronne a possédé des carrières de pierre de taille. Le détail d'une coupe du terrain d'une carrière montre, à titre d'exemple selon Louis Graves : de la terre végétale, du calcaire de décombres, brisé en moellons, suivi par un banc de massif calcaire appelé Vergelet, et du calcaire gras. L'étude géologique indique, outre le calcaire grossier relaté ci-dessus, qui constitue la masse de la colline, des grès épars en surface, des sables glauconieux sur les pentes des terrains d'apport dans la vallée. Au-dessus de Vaux, le sous-sol recèle probablement du lignite, comme il en a été trouvé à Neuilly-sous-Clermont et sur d'autres territoires voisins[a 2]. Des limons de plateaux qui débutent depuis Agnetz se prolongent jusqu'à Cambronne[2]. La commune se trouve en zone de sismicité 1[3]. On dénombre une potentialité de mouvements de terrains[4]. Le sol est également composé de plusieurs cavités (anciennes carrières principalement)[5].

Hydrographie et eau potable[modifier | modifier le code]

La commune ne possède pas de rivière, mais des sources alimentent : le fossé du Rayon ou rû de Vaux[6], qui coule vers l'est jusqu'à la Brêche, en traversant Vaux. Le rû de Soutraine[7] reçoit les eaux de ce hameau de Cauffry après avoir absorbé les sources d'Ars et se dirige également vers la Brêche. Le ruisseau de Boisicourt[8] reçoit la fontaine Loget, à l'ouest du pays, et va rejoindre le Thérain[a 3]. Il comprend trois sources distinctes dont deux sont situés à la limite sud-ouest du territoire : la première dans un petit étang du fond de Berneuil et la seconde dans le vallon de la Gueule de Berneuil. Ces deux bras se rejoignent dans le bois de Valescourt, avant de quitter le territoire et de rejoindre le hameau de Boisicourt (commune de Bury) où il se jettera dans le rû de Moineau. La commune se situe à la limite de partage des eaux des bassins versants de la Brêche (à l'est) et du Thérain (à l'ouest). La commune possède un château d'eau, situé rue du moulin d'Ars[1]. Les zones les plus basses du territoires se situent au-dessus de plusieurs nappes phératiques[9].

Voies de communications et transports[modifier | modifier le code]

La commune est traversée du nord au sud par la route départementale 110, de Clermont à Martincourt, qui suit sensiblement l'arrête du plateau, et par la route départementale 137 allant d'ouest en est, de Noailles à Maimbeville par Mouy, Ars et Liancourt[a 4]. Ce dernier axe, le principal de la commune, rencontre la D110 avant le hameau de Ars, qu'elle contourne par le nord. La D110 traverse le village par la rue de Clermont, voie principale du chef-lieu. La commune de Rantigny est accessible par la rue du même nom, en traversant les hameaux Vaux et la Croix-de-Vaux. Depuis Vaux, la rue de Neuilly permet de rejoindre Neuilly-sous-Clermont, au nord-est. Une autre route permet de joindre les hameaux de Despoilleux et de la Croix-de-Vaux. La route d'Ars relie le chef-lieu au hameau d'Ars, en croisant la D137[1]. Les gares ferroviaires la plus proches sont celles de Liancourt-Rantigny à 3 kilomètres à l'est[10] sur la ligne Paris-Nord - Lille et de Mouy-Bury à 4.4 kilomètres à l'ouest[11] sur la ligne Creil - Beauvais. La commune est desservie par un arrêt du réseau de bus du conseil général de l'Oise par la ligne 12B reliant le Tillet (Cires-lès-Mello) à Clermont ainsi que par une ligne de transports scolaires se dirigeant vers les établissements secondaires de cette dernière ville[12]. Le tarif de ce réseau de cars interurbains est de 1,50 € pour un trajet court et de 2,00 € pour un trajet long, l'aller-retour étant à respectivement 2,20 € et 3,00 €[13]. Une navette de regroupement pédagogique intercommunal relie l'école de Cambronne à Neuilly et Auvillers[14]. L'aéroport de Beauvais-Tillé se trouve à 25.5 kilomètres à l'ouest[15] et l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle se situe à 37.3 kilomètres au sud-ouest[16]. Il n'existe aucune liaisons entre la commune et ces aéroports par des transports en commun. La commune de Cambronne-lès-Clermont est traversée par trois circuits de randonnée du GEP Centre Oise : le circuit n°1 appelé Circuit du Bout du Monde part de la place d'Ars, il rejoint ensuite la rue du Couvent puis le bois d'Ars avant de quitter la commune. Après avoir traversé le village de Rousseloy, celui-ci entre une seconde fois sur le territoire communal en venant de Sailleville (Cauffry) puis rejoint le point le départ par la rue de Liancourt. Le circuit n°2 nommé La Commanderie arrive par le nord-est de la commune, traverse les hameaux de Vaux et de la Croix-de-Vaux puis rejoint Neuilly-sous-Clermont. Le circuit n°3 appelé Circuit de la Vallée Monnet part d'Ansacq, passe au nord-ouest du village et par le lieu-dit le Noyer avant de revenir à sa commune initiale[17].

Milieux naturels[modifier | modifier le code]

Hormis le tissu urbain qui compose la commune à 6.3% (59 hectares), les cultures couvrent près de 60% de la superficie du territoire. Les espaces boisées s'étendent sur 290 hectares (31%), qui se situent essentiellement sur les coteaux des vallées de Vaux, du fond de Berneuil et du vallon de la Gueule de Berneuil, aux limites du plateau ainsi que dans le vallon d'Ars (bois d'Ars). Les abords du ruisseau du Rayon sont également boisés. Les vergers et prairies rassemblent 21 hectares, soit 2.3% de la commune et les délaissés agricoles et urbains 0.5%, soit 4.5 hectares[18],[1]. Les coteaux de Mérard et de Cambronne-lès-Clermont, à l'ouest du territoire, comprenant le fond et la gueule de Berneuil sont inscrits en Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type 1[19]. Les différents coteaux présents sur le territoire constituent plusieurs corridors écologiques potentiels[20]. Le nord-est de la commune se situe également sur un biocorridor de grande faune, notamment pour les sangliers et chevreuils (cerfs)[21].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

La commune se compose, en complément du chef-lieu, de quatre hameaux : Ars, en bordure du coteau du plateau ainsi que Vaux, la Croix-de-Vaux et Despoilleux au pied du coteau, dans la vallée de Vaux[1]. L'ancien hameau de Damaslieu était situé a sud du territoire de Cambronne, en limite de Bury, vers la partie la plus élevée de la plaine. Actuellement, un hangard agricole marque approximativement l'emplacement de ce lieu (la Croix-Rouge), à 700 mètres au sud de la D137. Elle formait autrefois un écart. Elle est entièrement détruite, probablement incendiée par la foudre[a 5].

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

L'agglomération d'Ars est situé au bord du plateau (comme Cambronne) et fut toujours plus peuplée que le chef-lieu. L'ancien hameau des Carrières se compose de quelques maisons bâties en bordure et même au fond d'anciennes carrières, pour l’habitat des carriers. Les maisons du hameau de Vaux se localisent dans le haut du vallon du même nom, assez près du chef-lieu auquel les reliait une cavée dont la pente a été très adoucie. Plus bas, à l'entrée de la vallée, également sur le chemin de Cambronne à Rantigny, se trouve la Croix-de-Vaux, que quelques constructions nouvelles réunissent à Vaux. Despoilleux se situe plus au nord, au pied de la côte. Cet écart n'avait compté que quelques maisons. Il s'y est construit des pavillons[a 4]. L'ancien hameau des Carrières a réuni au village de Cambronne[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

La commune s'est appelée « Camboriacum » en 857, « Camberona » en 1244, « Camberonne » puis Cambronne. Ce nom a une origine antique. Il est formé de Camp (champ) et de Onna (source), mot qu'on retrouve dans Béronne, Verderonne et qui se justifie par l’existence de sources à mi-côte, sous le village[a 1].

Le hameau d'Ars fut très probablement une terre dévolue aux légionnaires romaines, qui s'est appelée « Arx », dans le sens de citadelle, lieu fortifié. Certains auteurs lui donnent la signification de bois brûlé, défriché par le feu. En 1194 on retrouve déjà l'orthographe « Ars » (de l'ancien français Arsis), puis « Vies Arse » en 1271, « Ard » au XIVe siècle. Le hameau de Vaux s'est appelé « Valles » en 1170 (de l'ancien français val, vallon, du latin vallis), « Vaulz » en 1373, puis « Vaulz-soulz-Camberonne ». L'écart de Despoilleux s'est nommé pendant des siècles « Valecourt », comme la commune du canton de Saint-Just : Valescourt. L'étymologie de son nom est la même pour tous ceux en -court, d'origine mérovingienne, qui signifie ferme, exploitation agricole, venant du latin cortis. Une carte de 1710 le dénomme encore ainsi. Puis Cassini l'appelle « Despoilleux », du nom d'une famille du lieu. Un bois de la commune, en bordure de Bury, porte toujours le nom de Valescourt (qui se prononce Valecourt). Jules Crépin rapporte un dicton concernant ce hameau. Les habitants de Vaux disaient volontiers autrefois, au sujet de leurs voisins, « Despoilleux, huit maisons, neuf voleux ». Les historiens ignorent toutefois sa véritable existence[a 6]. L'ancien écart de Damaslieu s'est également appelé « Damasselieu » et « Damachelieu ». Édouard Lambert indique comme origine de ce nom : Seigneur (ancien français dom, dam) : « domini locus » vers 1240, « Domage lieu » en 1352, « Damalieu » au XVe siècle, « Damas lieu » (ruiné) en 1710. La signification générale serait : lieu seigneurial[a 5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Ars est fort ancien. Ce fut probablement une terre dévolue aux légionnaires romains[a 4]. Ce hameau aurait été fondé sous l'empereur Auguste, petit-neveu de Jules César, par Artenus, l'un des colons romains qui introduisirent en Gaule la culture de la vigne, alors que d'autres vétérans s'installèrent près de là : Calfirus à Cauffry, Unus à Uny. Le fundus Arteniacus était compris dans le vicus de Soterna (hameau de Soutraine, commune de Cauffry). De nombreux fragments de tuiles romaines ont été trouvés à Ars[a 7].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le village était connu dès le IXe siècle[a 1]. On sait que Neuilly-sous-Clermont (alors Nully), ainsi que les hameaux de la Commanderie et Coutances, firent partie de Cambronne[a 4]. Selon une croyance assez répandue, il y aurait eu à Cambronne et à Ars des couvents dont les murs se retrouveraient en partie dans les constructions actuelles. Il s'agissait probablement de manoirs avec leurs habituelles dépendances : ferme, four, pressoir. Un document de la Bibliothèque nationale, datant de 1194, fait état d'un sentier (l'actuelle rue d'Ars) qui conduisait au monastère d'Ars. D'autre part, il existe dans ce hameau une rue du Couvent. La présence de nombreux couvents et monastères reste inconnue. D'autres hypothèses insistent sur le fait que l'habitation du seigneur a probablement remplacé celle des religieux[a 7]. A Vaux, le seigneur était en 1340 à Jean de Vaux, qui possédait des terres à Cambronne et également un fief à Breuil-le-Sec. Le hameau de Damaslieu était à la rencontre de chemins qui furent importants, aujourd'hui à peu près complètement abandonnés : de Mouy à Rousseloy et au-delà vers Saint-Leu-d'Esserent et Paris, de Saint-Claude à Clermont et au-delà vers Amiens, de Liancourt à Mouy par Cauffry, Ars, Damaslieu et Bury. Ce fut probablement un établissement religieux[a 5]. Damaslieu eut un rôle historique laissant supposer qu'il s'y trouvait un manoir. Dans les Grandes Chroniques de France, il est dit qu'en 1358, le 2 mai, le roi de Navarre, Charles le Mauvais, qui était logé à Mello, et le Régent, duc de Normandie, qui était logé à Clermont, furent à égale distance des deux villes pour négocier. Mais cette entrevue des 2 et 3 mai 1358 entre les deux cousins n'apporta pas l'entente qui aurait été utile au pays. Aussitôt après l'entrevue les États généraux se réunissaient à Compiègne. Quelques jours plus tard, la Jacquerie éclatait dans le Beauvaisis. Charles le Mauvais a écrasé le mouvement et voulait s'emparer du trône de France avec l'aide d'Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris. Mais la tentative a échoué[a 8]. Cambronne appartenait au comté de Clermont qui dépendait lui-même nominalement de l'évêché-comté de Beauvais. Le hameau d'Ars a toujours constitué une seigneurie séparée[a 7]. Le territoire comprenait 1100 hectares lorsque les hameaux de Commanderie et Coutances n'étaient pas rattachés à Neuilly-sous-Clermont[a 1]. Un autre lieu habitait dépendait de Cambronne : Damaslieu, aujourd'hui disparu[a 4]. Le dénombrement de 1303 indiquait 583 personnes au seul hameau d'Ars[a 1]. Au XIVe siècle, le poète Pierre de Hauteville était châtelain d'Ars et en 1373 il fut remplacé par Jean Favereau qui, au dénombrement de cette même année, présentait foi et hommange au comte de Clermont[a 7]. L'ancien chemin de Paris à Amiens, venant de Saint-Leu-d'Esserent (et plus tard Creil) pour gagner Clermont, passait un peu à l'ouest de la D110. Il était fort large, probablement à cause de son mauvais état qui obligeait souvent les usagers à s'écarter de la voie centrale. On l'appelait chemin des Postes. Il y avait un relais à l'entrée du ravin de Rousseloy[a 4]. Des documents de 1427 indiquaient Damaslieu sur le territoire de Rousseloy, d'autres le situent sur Bury. Il s'agissait d'un hameau de masures en pisé, couvertes en chaume, et qu'un fief de ce nom était dans la plaine voisine (où se trouve aujourd'hui le bois de Damalieu)[a 9]. En 1483, l'héritier du seigneur de Vaux, Guillaume le Bègue, vendait ses droits à la seigneurie de Rantigny, qui relavait elle-même du comté de Clermont[a 5].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Cambronne-lès-Clermont, carte de Cassini.

Un acte du 20 juillet 1588 énumère quatre hameaux faisant partie de la paroisse de Cambronne : Ars, Damaslieu, Nully (Neuilly-sous-Clermont) et Vaux. D'autre part, une maladrerie a existé entre le chef-lieu et le grand chemin de Paris, qui passait à l'ouest. Cambronne et Vaux appartinrent longtemps, dans leur plus grande partie, aux seigneurs de Mouy. En 1579, Claude Popillon ou Papillon, chevalier, seigneur des lieux, vendit ses biens à Antoine Guyot, président de la Chambre des comptes, dont la fille Marguerite épousa Henri du Plessis de Richelieu[22], qui fut tué en duel en 1619. Le cardinal Armand du Plessis de Richelieu, connu comme premier ministre de Louis XIII, hérita de son neveu le domaine de Mouy, Ansacq, Bury, Cambronne (en partie), le Plessier-Billebault (commune d'Ansacq). Il en fit don à sa nièce Claire-Clémence de Maillé qui épousa Louis II de Bourbon-Condé, dit le Grand Condé[a 7]. Avant la Révolution, on faisait procession, le jour de la Saint-Marc, au lieu-dit Croix-Rouge ou Croix-Saint-Marc, le chemin qui y conduit portant d'ailleurs ce nom. Il y avait eu à l'emplacement de la ferme du hameau de Damaslieu un couvent des Dames, dépendant de la maison des Ursulines de Clermont[a 5]. L'atlas du théâtre du Monde, édité en 1627 indique ce petit village avec un clocher. La carte de Mariette publiée en 1646 y situe simplement un lieu habité. Ce bien aurait appartenu au XVIIe siècle aux Boullongne, famille de grands artistes, et les personnes dont il aurait été question comme religieuses auraient été simplement des dames de cette famille, retirées en ce lieu isolé. On a noté que, le 7 septembre 1632 mourait Claude de Boulogne-la-Grasse, seigneur de Damaslieu[a 8]. En 1635, la seigneurie d'Ars a été vendue par les deux familles qui la possédait, les Macquerel et les d'Hédouville, aux du Plessis-Liancourt. Elle parvint ainsi aux La Rochefoucauld. Un bail du 31 mai 1636, passé devant Louis Monnier, notaire, apprend que la terre d'Ars se composait de la maison seigneuriale, chambre, salle, cuisine, grande, étables et autres bâtiments colombiers, pressoir, cour, jardin avec toutes les terres, vignes et héritages du seigneur Charles du Plessis ci-devant acquis de Charles de Hédouville et de sa femme. Une partie de ce manoir subsiste encore avec une fenêtre à meneaux du XVe siècle. Du fait du rattachement d'Ars aux seigneurs de Liancourt, lors de la création de l'hospice, en 1645, Ars et Cambronne bénéficièrent des avantages que cet établissement réservait aux 14 paroisses constituant le marquisat. Cette institution s'est maintenue jusqu'à la transformation administrative de cet hospice[a 5]. La carte de 1710 du diocèse de Beauvais indique Damaslieu comme lieu ruiné, et celle de 1756 de Cassini n'en fait pas mention[a 8]. En 1750, Jean de Sailly, seigneur de Cambronne, était châtelain de Vaux. De ce fief dépendait un vivier situé au pied du coteau[a 5]. On sait également que la terre de Damaslieu appartenait en 1774 à la seigneurie d'Ars, qui dépendait alors du comte d'Estissac. Puis, une vente passée à Clermont le 29 août 1780 portait sur une maison et deux pièces de terre sises à Damaslieu[a 8].Le Grand-Condé céda le domaine de Mouy à son frère Armand, prince de Conti, dont les descendant en firent vente le 7 octobre 1783 à Louis Stanislas Xavier Soyez, comte de Provence, marquis de Mouy, lequel devint roi de France en 1814 sous le nom de Louis XVIII[a 7].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts

Parmi les doléances des habitants de Cambronne présentées en 1789, on relève la demande d'un impôt unique et surtout l'institution dans chaque commune d'une école gratuite, dont les dépenses seraient prélevées sur les dîmes, celles-ci devant également servir à nourrir les nécessiteux de chaque paroisse[a 8]. Au commencement de la Révolution la population se composait de laboureurs, vignerons, journaliers, maçons, couvreurs en chaume et carriers. La commune a toujours appartenu au canton de Mouy depuis 1790, sauf du 23 février 1802 au 17 mars 1803, où elle fut rattachée à celui de Liancourt[a 1]. Les hameaux de la Commanderie et de Coutances demeurèrent sur la commune jusqu'en 1804, alors que Neuilly en était séparé beaucoup plus tôt[a 4]. L'ancien hameau des Carrières n'avait pas d'histoire connue[a 4]. Louis Graves écrit qu'en 1831, sur l'étendue de la commune, 125 maisons sur 164 étaient entièrement couvertes en chaume. Ars et Vaux ont fourni les premiers ouvriers à l'industrie naissante dans la vallée de la Brêche, à Liancourt et Rantigny[a 1]. Jules Crépin indique qu'en 1901, la population se répartissait ainsi : 130 habitants et 44 maisons à Cambronne, 207 habitants et 60 maisons à Ars, 156 habitants et 39 maisons à Vaux et la Croix de Vaux, 43 habitants et 20 maisons à l'ancien hameau des Carrières ainsi que 12 habitants et 5 maisons à Despoilleux[a 1].

Le recensement de 1962 a dénombré 558 habitants, dont 20 constituant la population comptée à part, logée au château de Vaux. Le chef-lieu comptait 209 âmes et les hameaux 329. Dans les années 1960, la grande majorité des travailleurs est employée dans les usines ou à l'établissement psychiatrique de Clermont[a 1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Guy Haller PCF  
mars 2008 en cours
(au 2 avril 2014)
Jean-Pierre Blot DVG Réélu pour le mandat 2014-2020[23]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 057 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
800 597 564 544 507 504 502 506 528
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
548 545 583 558 554 600 570 540 544
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
549 540 503 518 528 514 483 565 595
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
558 616 674 948 1 025 992 1 029 1 039 1 057
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[24] puis Insee à partir de 2004[25].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (16,2 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (17,5 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (51,1 % contre 48,4 % au niveau national et 49,3 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 51,1 % d’hommes (0 à 14 ans = 21,8 %, 15 à 29 ans = 13,4 %, 30 à 44 ans = 22,8 %, 45 à 59 ans = 25 %, plus de 60 ans = 16,9 %) ;
  • 48,9 % de femmes (0 à 14 ans = 20,7 %, 15 à 29 ans = 12,8 %, 30 à 44 ans = 25,8 %, 45 à 59 ans = 25,4 %, plus de 60 ans = 15,3 %).
Pyramide des âges à Cambronne-lès-Clermont en 2007 en pourcentage[26]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90  ans ou +
0,2 
3,2 
75 à 89 ans
3,3 
13,7 
60 à 74 ans
11,8 
25,0 
45 à 59 ans
25,4 
22,8 
30 à 44 ans
25,8 
13,4 
15 à 29 ans
12,8 
21,8 
0 à 14 ans
20,7 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[27]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

La commune de Cambronne-lès-Clermont compte deux monuments historiques sur son territoire, dont un classé et un inscrit.

  • L'église Saint-Étienne : En décembre 1239, Robert de Cressonsacq, évêque de Beauvais frère d'Anceau, sire de Liancourt, dédia l'église de Cambronne, nouvellement achevée, à Saint-Étienne. Elle avait été commencée de longues années auparavant, peut-être à la fin du Xe siècle. Entre temps, une chapelle de secours avait été édifiée en 1218. La construction de l'église avait pu être terminée grâce à Mathilde de Bourgogne, veuve du comte de Clermont, Philippe de France, l'un des fils de Philippe Auguste, qui s'était remariée au roi de Portugal, Alphonse III. De forme rectangulaire, l'édifice a 42 mètres de longueur et 14 mètres de largeur. La pointe de la flèche culmine à 32 mètres du sol. Le chœur mesure 11.5 mètres sous voûte. La situation de l'église près de la crête de la colline permet de voir le clocher de très loin dans la vallée de la Brêche et sur le plateau. La façade, le latéral nord et le clocher sont du XIIe siècle. Ce dernier, central, a deux étages. Sa tour est octogone, ainsi que sa flèche de pierre. La nef est de l'époque de transition. Ses colonnes sont agrémentées de colonnettes engagées. Plusieurs sont constituées de deux colonnes superposées. La travée du clocher possède des personnages aux retombées, des têtes monstrueuses. L'église n'a pas de transept. Le chœur est du style ogival à lancettes, ainsi que le latéral sud, plus élevé que celui du nord. Il date du commencement du XIIIe siècle ayant été terminé en 1239. Ses voûtes d'ogives sont portées plus haut que celles de la nef. Des piliers supportent, au-dessus des grandes arcades, des tribunes à trois baies trilobées surmontées de grands trèfles vitrés. Elles ne sont pas voûtées. Un mur droit termine le chœur, qui est carré est dont le sol est plus élevé que celui de la nef. Le maître-autel est pourvu d'une armoriale double. Les deux autels latéraux en possède une seule. Le même dispositif de cuvette se retrouve aux fonts baptismaux, du XIIe siècle. Cinq chapelles sont réparties dans les collatéraux. Des restes de peintures sont visibles en divers endroits des murs de la voûte du chœur et une grande fresque du XIIIe siècle demeure apparente au mur qui marque la fin de la nef. Elle représente le Christ présidant le Jugement dernier. Dans l'ancien pignon de la partie primitive est restée l'emplacement d'une cloche. Les quatre cloches actuelles sont du XIXe siècle. L'une d'entre elles n'est pas en place et repose sur le sol. L'église referme les sépultures familiales des familles d'Hédouville, Villain et autres. Certaines pierres tombales se trouvent dans le chœur. D'autres sont scellées au mur sud, avec celle qui représente la dédicace de 1239[a 10]. L'église est classée monument historique depuis 1875[28].

Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
  • Château de Vaux : d'apparence modeste, il est devenu une dépendance administrative de la préfecture de la Seine. Il a été reconstruit après 1870[a 4]. Le jardin d'agrément est inscrit au pré-inventaire des jardins remarquables[30]. Aujourd'hui, il a été reconverti en résidence.
  • Monument aux morts
  • Maison, rue de Clermont
  • Calvaires et croix
    • Croix Desnoyelles, à l'entrée nord du village
    • Calvaire, à Vaux
  • Lavoir de Vaux

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine-Joseph Warmé, Mouy et ses environs : Cambronne, Beauvais, Impr. de D. Père,‎ 1873, 520 p. (lire en ligne), p. 321-358

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « orthodromie : distance à vol d'oiseau », sur le site lion1906.com, site personnel de Lionel Delvarre (consulté le 30 août 2013)
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Lucien Charton, Liancourt et sa région, Office d'édition du livre d'histoire,‎ 1968, 560 p., p. 179 à 187
  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j p. 179
  2. p. 183-184
  3. p. 179-180
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i p. 180
  5. a, b, c, d, e, f et g p. 185
  6. p. 180 à 182
  7. a, b, c, d, e et f p. 184
  8. a, b, c, d et e p. 186
  9. p. 185-186
  10. a et b p. 187

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Carte 1/25 000e sur Géoportail.
  2. Claude Teillet, Histoire de Clermont-en-Beauvaisis, des origines à nos jours, 1995, page 15, Office d'édition du livre d'histoire
  3. « Risques naturels majeurs », sur macommune.prim.net (consulté le 11 septembre 2013)
  4. « Mouvements de terrains », sur www.mouvementsdeterrains.fr (consulté le 11 septembre 2013)
  5. « Cavités à Cambronne-lès-Clermont », sur www.cavites.fr (consulté le 11 septembre 2013)
  6. « Le ruisseau du rayon », sur www.breche.fr (consulté le 14 septembre 2013)
  7. « Le rû de Soutraine », sur www.brêche.fr (consulté le 14 septembre 2013)
  8. « Le rû de Boisicourt », sur services.sandre.eaufrance.fr (consulté le 14 septembre 2013)
  9. « Carte de remontée des nappes », sur www.innondationnappes.fr (consulté le 11 septembre 2013)
  10. « Orthodromie entre Cambronne-lès-Clermont et Rantigny », sur www.lion1906.com (consulté le 11 septembre 2013)
  11. « Orthodromie entre Cambronne-lès-Clermont et Bury », sur www.lion1906.com (consulté le 11 septembre 2013)
  12. « Transports en commun à Cambronne-lès-Clermont », sur www.oise-mobilité.fr (consulté le 11 septembre 2013)
  13. « Tarifs réseau interurbain du CG 60 », sur Oise mobilité (consulté le 30 juillet 2012).
  14. « Navette de regroupement pédagogique intercommunal », sur Oise mobilité (consulté le 10 octobre 2013).
  15. « Orthodromie entre Cambronne-lès-Clermont et Tillé (60) », sur www.lion1906.com (consulté le 11 septembre 2013)
  16. « Orthodromie entre Cambronne-lès-Clermont et Roissy-en-France (95) », sur www.lion1906.com (consulté le 11 septembre 2013)
  17. 14 Randonnées en Centre Oise, GEP Centre Oise, carte et description pages 2 à 6
  18. « Synthèse des zonages du patrimoine naturel et paysager, de la faune, de la flore et des habitats naturels sur la commune de Cambronne-lès-Clermont », sur www.donnees.picardie.developpement-durable.gouv.fr (consulté le 2 septembre 2014)
  19. « Coteaux de Mérard et de Cambronne-lès-Clermont, fiche znieff détaillée », sur inpn.mnhn.fr (consulté le 2 septembre 2014)
  20. « Corridor écologique potentiel sur la commune de Cambronne-lès-Clermont », sur www.donnes.picardie.developpement-durable.gouv.fr (consulté le 11 septembre 2013)
  21. « Liste des ZNIEFF dans la commune de Cambronne-lès-Clermont », sur www.donnes.picardie.developpement-durable.gouv.fr (consulté le 11 septembre 2013)
  22. Les historiens ignorent si les Plessis-Richelieu et les Plessis-Liancourt étaient parents
  23. « Cambronne-lès-Clermont : J.- P. BLOT réélu », Le Bonhomme picard, édition de Clermont, no 3283,‎ 2 avril 2014, p. 13
  24. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  25. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  26. « Évolution et structure de la population à Cambronne-lès-Clermont en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 25 octobre 2010)
  27. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 25 octobre 2010)
  28. « église », base Mérimée, ministère français de la Culture
  29. « Calvaire », base Mérimée, ministère français de la Culture
  30. « jardin d'argrément », base Mérimée, ministère français de la Culture