Camara Nangala

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Camara Nangala est un écrivain de nationalité ivoirienne (né à Katiola, région de la Vallée du Bandama, Centre Nord de la Côte d'Ivoire, le 10 novembre 1955).

Après des études en électronique et télécommunications, il devient professeur de mathématiques et de sciences physiques. Il enseigne présentement dans le secondaire général à Abidjan[1]. Parallèlement à cet emploi salarié, Camara Nangala écrit des livres de poésies, des nouvelles, des romans et des ouvrages pour la jeunesse. Au cours des années 1989 et 1999, il est consacré lauréat des concours Raconte-moi une histoire et Une histoire pour l'an 2000 organisés par les Éditions CEDA, à Abidjan (Côte d'Ivoire).

Camara Nangala est considéré comme l'un des écrivains ivoiriens les plus prolixes dans le domaine de la production littéraire[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Camara Nangala arrive à la littérature de façon toute naturelle. Il prend d'abord goût à la lecture grâce à son père, lui-même grand lecteur. Enfant, Camara se familiarise très tôt avec les livres : la famille possède en effet une bibliothèque riche de nombreux ouvrages. Doté d'un esprit indépendant, il s'achète dès le cours moyen (enseignement primaire), de petits livres dans les librairies dites d'occasion. Son goût pour la lecture s'accroît pendant sa formation au collège (premier cycle de l’enseignement secondaire), où il écrit des articles pour le journal de l'école. Alors qu'il poursuit ses études à Paris, il nourrit le projet de devenir écrivain après le baccalauréat.

Écrire : un besoin viscéral[modifier | modifier le code]

Camara Nangala écrit pour dénoncer, pour mettre en garde contre d'éventuels maux et fléaux de la société ; il écrit pour éveiller les consciences, pour éduquer. Il aurait aimé se consacrer exclusivement à l’écriture, mais son salaire d’enseignant lui est indispensable. Il lui permet, non seulement de vivre, mais aussi de financer la production de ses livres. Camara a le besoin “viscéral” d'écrire, de communiquer ses sentiments en permanence et le dit sans ambiguïté :

« Cette capacité à écrire beaucoup exprime simplement l'état d'esprit d'un être humain qui souffre en son for intérieur. Ou j'écris ou je deviens fou ! Que d'absurdités autour de moi ! Que de mensonges proférés ! Que de vilainies ! J'ai mal, très mal. Voici pourquoi j'écris. Mon aventure littéraire est l'expression d'un malaise intérieur. Je n'écris pas pour me donner un vernis d'intellectuel. J'écris pour vivre et espérer. Sans l'écriture, ma vie n'a pas de sens. J'ai un principe de vie : vivre en nuisant le moins possible à mon prochain. La littérature m'aide à mettre en application ce principe »

Camara Nangala et la politique[modifier | modifier le code]

Camara Nangala est un auteur engagé qui a fait le choix de ne militer dans aucun parti politique. Pour lui, ces deux états sont inconciliables :

« Un parti politique a sa discipline et sa logique. Pour ne pas être regardé comme un déviationniste, il faut respecter cette discipline et cette logique. Que faire quand le parti vient à proférer des contre-vérités parce que les nécessités du pouvoir l'imposent ? Se taire ou parler en prenant le risque de se faire exclure du parti ? Je ne suis pas le genre à observer des silences de mortification. Voici pourquoi je préfère me tenir loin des partis politiques. Il est vrai que le discours de l'écrivain, à un moment donné, peut rencontrer celui d'un parti politique parce que sur un sujet précis, ils ont la même analyse. Cependant, les objectifs ne sont pas du tout les mêmes. En effet, l'écrivain lutte pour que se manifestent la vérité, la dignité et la liberté alors que le politicien vise à prendre le pouvoir. Il est vrai que des hommes d'État font de la littérature. L'objectif poursuivi est sans nul doute pour pacifier leur esprit car la politique est très stressante. »

Camara Nangala, un écrivain engagé... dans l'humanisme[modifier | modifier le code]

Bernard Fauconnier, dans Le Magazine littéraire, janvier 1999 nous définit, selon Jean-Paul Sartre, La Responsabilité de l’écrivain, au vu d'une conférence prononcé par l'auteur sur ce thème en Sorbonne en 1946[3]: http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-responsabilite.html

« La responsabilité de l’écrivain, c’est cela : l’écrivain est engagé dans son rapport au langage. Nommer n’est pas innocent. Nommer, c’est choisir. La justification de l’acte d’écrire se trouve dans cette conscience de l’engagement, qui est aussi postulation de liberté, de liberté concrète. L’écrivain est un homme libre qui s’adresse à d’autres hommes libres. Que cette liberté soit opprimée, ou que l’écrivain choisisse de se réfugier dans l’art pour l’art, et la littérature se fait elle-même oppression, ou simple ornement destiné à conforter la classe dominante »

[4]Camara Nangala craint aussi que cette dernière option, choisie par l'écrivain, n'entâche sa sincérité et sa crédibilité, mettant à mal la noblesse du rôle qui doit être le sien dans la société, celui d'éveilleur de conscience. De son avis, les hommes politiques tiennent si peu compte des messages délivrés par les écrivains qu'on pourrait dire qu'ils n'en tiennent pas compte du tout! Il salue cependant avec enthousiasme les innovations qui ont cours dans son pays, (naissance de l'académie des sciences, des arts et des lettres, naissance du conseil consultatif de la culture et bien d'autres initiatives) et tendent à donner la parole aux hommes de culture. Si, comme il en convient, les analyses et recommandations de ces hommes et de ces femmes peuvent aider les politiciens à anticiper, il n'en exprime pas moins une crainte à travers ce souhait:

« L'idéal serait que les animateurs de ces structures évitent de basculer dans le bourbier de la politique politicienne. »

Il le dit sans ambigüité, l'écrivain doit posséder une grande âme car ce qui compte, c'est la patrie et dans une plus grande mesure l'humanité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir quatrième de couverture de l'œuvre « la dernière chance », de Camara Nangala.
  2. (fr) Raymond Alex Loukou, « Interview, Camara Nangala : Les écrivains doivent aider les populations à faire des choix de nature à les protéger », sur RéseauIvoire,‎ 2006 (consulté le 8 mai 2008)
  3. référence, citation ou lien
  4. Rezo-Ivoire.net | interview: Camara Nangala: " Les écrivains doivent aider les populations à faire des choix de nature à les protéger "