Calluna vulgaris

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La Callune (Calluna vulgaris Hull.) est une espèce de chaméphytes ou nanophanérophytes sempervirents et le seul représentant du genre Calluna (famille des Ericaceae). C'est la fleur nationale de la Norvège.

Cette plante vivace est parfois appelée Béruée, Brande, Bruyère commune, Bucane, Fausse Bruyère, Grosse Brande, Péterolle ou Bruyère callune.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom « Calluna » vient du grec ancien « καλλύνω », kallúnô, qui signifie « orner, parer, embellir ». Son nom anglais « Heather » est devenu un prénom anglo-saxon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Jadis, la calluna vulgaris, était considérée comme une plante magique associée à la magie blanche.
La bruyère commune est une plante protectrice et d'augure. Dans les landes bretonnes, elle éloigne les esprits fantomatiques. En Écosse, si une jeune fille trouve un brin de bruyère blanche, elle est sûre de se marier dans l'année[1].

Description[modifier | modifier le code]

La Callune est un petit arbuste vivace de 20 à 50 cm de hauteur (rarement 1 m).

La plante supporte un pâturage modéré et peut se régénérer après un incendie. Parfois géré en utilisant une méthode de brûlis.

Elle se distingue du genre Erica par ses feuilles opposées en forme de petites écailles sessiles imbriquées sur 4 rangs, et son calice pétaloïde, qui enferme la corolle et est entouré à sa base par un calicule. Le calice et la corolle sont divisés en 4 parties. Les fleurs apparaissent en fin d'été, et pour les espèces sauvages sont généralement violet ou mauve.

La callune est une importante source de nourriture pour les moutons ou les chevreuils qui peuvent paître lorsque la neige recouvre la végétation. Le lagopède d'Écosse se nourrit de ses jeunes pousses et graines.

La Chrysomèle des bruyères (Lochmaea suturalis), un coléoptère de la famille des Chrysomelidae est son insecte-hôte et peut parfois provoquer de gros dégâts.

Habitat[modifier | modifier le code]

Répandue en Europe et en Asie Mineure sur terrains acides, ensoleillés et bien drainés, la Bruyère callune est une plante caractéristique des landes, tourbières et pinèdes.

La plante a été introduite en Nouvelle-Zélande et est devenue une mauvaise herbe envahissante dans certains domaines, notamment le Parc national de Tongariro, où elle supplante les espèces indigènes. Des chrysomèles des bruyères ont alors été introduites pour limiter sa propagation et les essais préliminaires sont concluants à ce jour.

Composants[modifier | modifier le code]

Éricoline, éricine, éricinol, quercétine.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Apiculture[modifier | modifier le code]

Plante mellifère, la bruyère est utilisée en apiculture car son nectar contient 24 % de sucre, principalement du saccharose, et chaque fleur produisant une moyenne de 0,12 mg de sucre par jour. Le miel de bruyère est caractérisé par sa texture gélatineuse.

Ornement[modifier | modifier le code]

La Callune est aussi une plante ornementale dans les jardins et pour l'aménagement paysager. Il en existe plusieurs milliers de cultivars aux fleurs allant du blanc, rose, violet, jusqu'au rouge. La saison de floraison des différents cultivars s'étend de la fin du mois de juillet à novembre dans l'hémisphère Nord. Les fleurs peuvent tourner au brun, mais restent sur les plantes pendant l'hiver, ce qui peut entraîner des effets intéressants.

Alimentation[modifier | modifier le code]

La Callune est un ingrédient du gruit, un mélange d'arômes utilisé dans le brassage de la bière au Moyen Âge avant l'utilisation du houblon. Son utilisation dans le brassage de la bière moderne est soigneusement réglementé. La callune doit être soigneusement nettoyée avant le brassage, car le dessous des feuilles peut contenir un produit intoxicant hallucinogène.

Pharmacopée[modifier | modifier le code]

  • Partie utilisée : sommités fleuries
  • propriétés: Diurétique, antiseptique urogénital, sternutatoire, dépuratif.

La plante est utilisée dans des décoctions alcoolisées pour soigner les rhumatismes. Les compresses bouillantes sont utilisées pour soigner les engelures.

Écotoxicologie[modifier | modifier le code]

Comme les lichens parfois abondants sur les landes, comme les champignons et comme d'autres végétaux vivant sur des sols naturellement acides et oligotrophes, les bruyères peuvent se charger en certains métaux toxiques, en radionucléïdes ou éléments indésirables pour la santé (animale ou humaine). Un sol au pH bas, c'est-à-dire acide, facilite la migration de nombreux métaux lourds, métalloïdes et radionucléides, tout en augmentant leur biodisponibilité). Un sol pauvre en éléments nutritifs peut aussi favoriser certaines carences en oligoéléments).

Radioécologie : En cas de retombées radioactives, quand elle est mangée par des herbivores, la callune joue un rôle dans le réseau trophique (et dans la chaine alimentaire pour l'Homme s'il s'agit d'un animal d'élevage). Ainsi, en Irlande, après la catastrophe de Tchernobyl, une étude a ainsi mesuré dans plusieurs landes des hautes-terres utilisés comme pâturages ovins l'activité (radioactive) de trois radionucléïdes ( Césium 134, Césium 137 et Potassium 40 ) déposés par le « nuage radioactif » sur la terre de bruyère[2]. Parallèlement, ces trois radioéléments et leur radioactivité ont été mesurés dans des échantillons de Calluna vulgaris prélevés sur ces sols[2]. Le coefficient de transfert "sol-plante" du radiocésium du potassium 40 ont été étudiés in vitro et in vivo. Dans ce cas, le césium déposé par le nuage de Tchernobyl présentait « une concentration élevée dans la terre de bruyère (par rapport aux taux antérieurs) »[2]. Des taux importants de césium radioactif ont été mesurées dans les quatre sites pâturés par des moutons, montrant une capacité de la terre de bruyère en termes de rétention[2].
La bruyère Callune s'est montrée capable de transférer ces radionucléides du sol aux herbivores qui la consomment, « avec une corrélation significative entre les taux de césium radioactif mesurés dans les moutons et l'activité de dépôts radioactifs mesurée au sol »[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Pente recouverte de callunes, Yorkshire du Nord

Références[modifier | modifier le code]

  1. guide de visite, les plantes magiques, du jardin des neuf carrés de l'abbaye de Royaumont
  2. a, b, c, d et e I.R. Mc Aulay, P.A. Colgan, D. Moran (1989), Measurements on retention and transfer characteristics of radiocaesium from poor quality upland soils to heather and from heather to sheep ; Science of The Total Environment ; Vol 85, Septembre 1989, p. 159 à 167 Transfer of Radionuclides to Livestock in Transfer of Radionuclides to Livestock (Oxford, 5–8 septembre 1988) ; Science of The Total Environment ; Vol 85, Septembre 1989 (résumé

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