Callithrix flaviceps

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Ouistiti à tête jaune

Le Ouistiti à tête jaune[1] (Callithrix flaviceps) est une espèce de primate de la famille des Cebidae qui se rencontre au Brésil.

Autres noms[modifier | modifier le code]

Ouistiti à tête jaune chamois. Buffy-headed marmoset. Sagui-da-serra, Sagui-da-cara-amarela, sagüi-taquara (Brésil).

Description[modifier | modifier le code]

Dos marron fortement tacheté de chamois et de rougeâtre. Dessous jaunâtre à orangé. Queue touffue brun sombre annelée de jaune. Tête entièrement jaune ou ochracée (couronne, front, joues et gorge) y compris les oreilles aux toupets courts (2,5 cm).

Mensurations[modifier | modifier le code]

Corps de 22 à 25 cm. Queue de 30 à 35 cm. Poids 406 g.

Hybridation[modifier | modifier le code]

Avec l’ouistiti à face blanche (C. geoffroyi) dans trois sites de l’Espírito Santo. S’hybride avec l’ouistiti oreillard (C. aurita) dans trois sites du Minas Gerais : dans deux d’entre eux, des groupes mixtes non hybrides coexistent avec les hybrides, ce qui montre un échange génétique faible et plaide en faveur de la spéciation et non de la subspéciation de flaviceps et aurita.

Distribution[modifier | modifier le code]

Côtes du sud-est du Brésil. Zone restreinte, aux confins des États de l’Espírito Santo, du Rio de Janeiro et du Minas Gerais. Au nord jusqu’au Rio Dôce, à l’ouest jusqu’à la pointe sud-est du Minas Gerais (le long de la vallée du Rio Manhuaçu), au sud jusqu’au nord du Rio de Janeiro (Serrana de Macaé).

Habitat[modifier | modifier le code]

Habitat : Forêt pluviale et semi-décidue des hautes terres au-dessus de 500 m. Forêt primaire et secondaire dégradée. On le trouve régulièrement à plus de 1 000 m d’altitude, comme dans le PE de Pedra Azul, le PN de Caparaó, à Santa Maria do Jetibá (rivières Sabino et Simão) et à la fazenda Pindobas (1 100 m). C’est l’ouistiti le plus « montagnard ».

Sympatrie et association[modifier | modifier le code]

S’associe avec C. geoffroyi. Sympatrique du hurleur brun du sud (Alouatta guariba clamitans), du muriqui du nord (Brachyteles hypoxanthus) et du sapajou noir (Cebus (Sapajus) nigritus).

Domaine[modifier | modifier le code]

33,86 ha (Caratinga, d’après Alice Guimarães). Grand territoire pour un ouistiti. Il exploite de petites sources alimentaires très dispersées.

Densité[modifier | modifier le code]

7,1/km² (de 3,7 à 18/km²), à Augusto Ruschi. 40/km² (Caratinga).

Locomotion[modifier | modifier le code]

Quadrupède.

Comportements basiques[modifier | modifier le code]

Diurne. Arboricole.

Activités[modifier | modifier le code]

Parcourt chaque jour 883,8 m (Caratinga, d’après A. Guimarães). Fourrage la moitié du temps en dessous de 3 m dans la végétation dense. Budget d’activités (Caratinga) : repos (8,3 %), déplacements (36,7 %), recherche alimentaire (21,3 %), alimentation végétale (7,8 %), alimentation animale (2,2 %) et interactions sociales (23,7 %). Utilise une cinquantaine de dortoirs nocturnes.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Gommivore-frugivore-insectivore. Budget alimentaire (d’après S. Ferrari) : gommes (65,8 %), fruits et graines (14,4 %), insectes (19,8 %, les 2/3 étant des orthoptères). La recherche de gomme occupe toujours plus de la moitié de son temps alimentaire sauf en janvier et février. A. Guimaraes a observé 76 % de gommivorie durant la saison sèche, avec une prédilection pour Anadenanthera peregrina et Acacia paniculata. Cette hyperspécialisation lui permet de trouver son comptant de glucides hors des périodes de fructification et l’autorise également à coloniser des habitats où les fruits sont rares tout au long de l’année. Utilise une trentaine de plantes, mais essentiellement deux. Durant la saison froide, il réduit son activité et sa température peut baisser de 4 °C durant la nuit. Suit les fourmis légionnaires pour croquer les insectes qui s’enfuient sur son passage. À la Caratinga, il consomme les graines de pasmo hediondo (Siparuna guianensis) et pourrait être le seul callitrichidé à consommer des graines.

Taille du groupe[modifier | modifier le code]

9,8 (de 5 à 15), à la Caratinga. 3,4 (de 2 à 5), à Augusto Ruschi.

Structure sociale et système de reproduction[modifier | modifier le code]

Groupe multimâle-multifemelle. Polyandrie. Polygynie. La femelle dominante peut s’accoupler avec plusieurs mâles et il arrive que deux femelles se reproduisent, comme chez l’ouistiti du Nordeste et l’ouistiti à tête jaune chamois. Il semble que la formation d’un nouveau clan social se réalise par l’association de deux paires de jumeaux de groupes étrangers.

Hiérarchie[modifier | modifier le code]

Au sommet les femelles dominantes puis les mâles et enfin les subordonnés. Les querelles intragroupes restent rares. Si une dominante est renversée, elle pourra rester au sein du groupe et s’occuper des enfants.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La femelle connaît un œstrus post-partum qui influence positivement le désir du male d’être auprès de sa compagne, ce qui aurait pour effet de favoriser le transport des enfants par ce dernier.

Développement[modifier | modifier le code]

Indépendant à 2 mois, seulement porté en cas de danger. Capture ses premières proies à 9 mois.

Communication orale[modifier | modifier le code]

Cette espèce pratique le partage de la nourriture, comme le petit singe-lion doré (Leontopithecus rosalia). Dans 85 % des repas observés, les adultes produisent des « appels pour la nourriture » qui encouragent les membres immatures du groupe à venir casser la croûte avec les grands.

Communication olfactive[modifier | modifier le code]

Le plus souvent marquage circumgénital, beaucoup plus rarement marquage sternal et encore plus rarement frottement du museau.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Considéré par certains comme une sous-espèce de l’ouistiti oreillard (Callithrix aurita) car les bébés sont extrêmement semblables de même que les vocalisations, les adaptations écologiques et les variations clinales des coloris du pelage.

Menaces[modifier | modifier le code]

Déforestation. L’ouistiti le plus menacé. Les fazendas de la région sont petites, séparées les unes des autres et déforestées. Très adaptable : il parvient à survivre dans les îlots de forêt secondaire des propriétés privées.

Conservation[modifier | modifier le code]

N’est protégé que sur 2 300 km2. PE. de Forno Grande, PE de Pedra Azul, RB d’Augusto Ruschi, SB de Santa Lúcia et SB de São Lourenço, fazenda Pindobas et fazenda Monte Verde (Espírito Santo) ; PN de Caparaó, SB de la Mata do Sossego et R. de Feliciano Miguel Abdala dont SB de la Caratinga (Minas Gerais), au Brésil.

Statut[modifier | modifier le code]

En danger.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annexes au Journal officiel des Communautés européennes du 18 décembre 2000. Lire en ligne.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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