Cadenas d'amour

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Cadenas accrochés aux grilles du pont Hohenzollern à Cologne, en Allemagne.

Les cadenas d'amour sont des cadenas que des couples accrochent sur des ponts ou des équipements publics pour symboliser leur amour. Les cadenas comportent parfois les noms de ceux qui les accrochent, ou une autre inscription décrivant leur relation comme la date de leur rencontre, de leur mariage ou de la pose du cadenas. Il est d'usage de jeter ensuite la clé, par exemple dans la rivière qui coule sous le pont. Cette pratique est combattue par certaines municipalités qui y voient une dégradation des équipements publics, comme au Ponte Vecchio de Florence ou au Ponte dell'Accademia de Venise.

Origines[modifier | modifier le code]

La grille de Pécs en 2008.

De nombreuses explications pour l'origine de cette coutume existent. En Europe de l'ouest, les cadenas apparaissent dans les années 2000[1]. A Rome, la mode des cadenas sur le Pont Milvius a été décrite en 1992 par l'écrivain Federico Moccia dans son roman Trois mètres au-dessus du ciel, devenu très populaire en 2004 et adapté au cinéma la même année[2]. La mode apparaît clairement à partir de la sortie de la suite du roman, Ho voglia di te (it), et de son adaptation au cinéma, tous deux en 2006[3].

Pour certains, les cadenas d'amour remontent aux années 1980 : à Pécs en Hongrie, sur une grille en fer forgé reliant la mosquée et la cathédrale. Une autre hypothèse en ferait une tradition plus ancienne provenant de Cologne, en Allemagne, où des cadenas sont accrochés à la grille du pont Hohenzollern près de la gare, les amoureux jetant la clef du cadenas dans le Rhin enjambé par le pont[4].

En Serbie, cette tradition existe sur le pont Most Ljubavi depuis la Première Guerre mondiale. Elle est restée peu connue jusqu'à sa description dans le poème Molitva za ljubav (prière pour l'amour) de la poétesse serbe Desanka Maksimovic[5].

Popularité et réaction des autorités[modifier | modifier le code]

Pont des Arts, Paris en 2013.

Le maire de Rome, Walter Veltroni a interdit en mars 2007 l'accrochage de cadenas aux installations publiques, en particulier au Pont Milvius, sous peine d'une amende de 50 €[2]. En avril 2007, le réverbère sur lequel les cadenas étaient accrochés a commencé à céder sous leur poids. Ils sont donc enlevés et déplacés à la mairie de Rome. Des poteaux sont ensuite installés sur le pont pour accrocher des cadenas[3].

À Paris, cette coutume a commencé en 2008 sur le pont des Arts et s'est étendue au pont de l'Archevêché ainsi qu'à la passerelle Simone de Beauvoir pour atteindre, en avril 2010, environ deux mille cadenas fixés aux balustrades du pont des Arts[6]. La mairie de Paris déclare « que cette mode pose la question de la préservation du patrimoine », et précise qu'« à terme, ces cadenas seront enlevés[7] ». Le 12 mai 2010 au matin, la plupart des cadenas du pont des Arts ont disparu, mais la mairie de Paris se dit étrangère à ce fait[6]. On découvre un mois plus tard qu'il s'agit d'un étudiant de l'École des Beaux-Arts qui a enlevé tous les cadenas pour en faire une sculpture[8]. Ils réapparaissent néanmoins sur la rambarde ouest du pont de l'Archevêché à l'hiver 2010[1], et sont ensuite tolérés par la mairie grâce à la publicité qu'ils produisent, bien que certains Parisiens regrettent que les « cadenas gâchent l'esthétique des lieux »[4]. Certaines rambardes du pont des Arts ont d'ailleurs cédé sous le poids des cadenas, créant des trous qui compromettent la sécurité des passants. Ailleurs, ce sont des graffitis qui ont été réalisés sur toute la hauteur de la rambarde, le mur de cadenas servant de support[9][réf. à confirmer].

À Taïwan, des cadenas sont apparus au milieu des années 2000 sur la rambarde d'une passerelle enjambant les rails à la gare de Fengyuan, Taichung. Ils sont appelés « cadenas votifs » et portent des vœux écrits au feutre pour conserver ou trouver l'amour, mais aussi pour réussir aux examens ou faire fortune. Selon le chef de gare, la croyance locale est que les trains génèrent un champ magnétique qui imprègne les cadenas et facilite la réalisation des souhaits[10].

A Alger, des cadenas ont été accrochés trois fois en septembre 2013, deux fois sur le pont de Télemly et une fois sur le pont des suicides, pour transmettre un message de paix et d'amour, marquer l'« espoir d'un avenir meilleur » et lutter « contre l'intolérance notamment religieuse ». Bien qu'initialement soutenus par le maire d'Alger, les cadenas ont été enlevé par des intégristes après l'appel d'un imam, mais sont aussi dénoncés par d'autres religieux qui voient dans ces cadenas de la « sorcellerie »[11],[12],[13].

Un des arbres d'amour du pont Loujkov de Moscou en 2009.

À Séoul, elle a lieu au pied de la N Seoul Tower, qui surplombe la ville. Les cadenas sont accrochés aux grilles garde-corps, ce qui oblige les services d'entretien à remplacer ces dernières afin que tout le monde puisse profiter de la vue.

À Moscou, les autorités ont installé sur le pont Loujkov des arbres métalliques dont les branches servent à accrocher les cadenas des amoureux. L'effet esthétique produit en fait une attraction pour les touristes.

À Singapour, les cadenas d'amour sont apparus en 2013. Lancé par un shopping mall "Central" à Clarke Quay. Des centaines de cadenas sont accrochées sur une grille extérieure du centre commercial, le long de la Rivière Singapour.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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