Cadang-cadang

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Viroïde cadang-cadang
du cocotier

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Classification
Type Virus
Groupe Viroides
Famille Pospiviroidae
Genre Cocadviroides

Espèce

Coconut cadang-cadang viroid
CCCVd

— auteur incomplet —, date à préciser

Le cadang-cadang est une maladie des plantes qui affecte principalement les cocotiers (Cocos nucifera) dans la partie centrale des Philippines. Elle est causée par le viroïde cadang-cadang du cocotier (CCCVd, Coconut cadang-cadang viroid), viroïde mortel qui attaque, outre le cocotier, divers palmiers, dont l' anahaw (Livistona rotundifolia), le buri (Corypha outan), et le palmier à huile africain (Elaeis guineensis).

Il a été signalé pour la première fois dans l'île de San Miguel (Philippines) en 1927/1928. « À partir de 1962, 100 000 des 250 000 palmiers de cette île sont morts de la maladie », indiquant une épidémie[1]. Chaque année, un million de cocotiers sont tués par le CCCVd et plus de 30 millions de cocotiers ont été tués depuis que le cadang-cadang a été découvert. Le viroïde CCCVd affecte directement la production de coprah, matière première pour la production d'huile de noix de coco et pour l'alimentation animale. Aux Philippines, des pertes totales estimées à environ 30 millions de palmiers et des pertes annuelles de rendement d'environ 22 000 t de coprah ont été attribuées à la maladie du cadang-cadang[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

« Cadang-cadang » signifie littéralement « mourir, mourir » ou « mourir lentement » en bicol, langue parlée dans l'île de Luçon[3].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les viroïdes sont de petites molécules d'ARN simple brin, allant de 246 à 375 nucléotides de long. Contrairement aux virus, ils ne codent pas pour des protéines d'enveloppe mais contiennent des gènes pour leur réplication autonome. Bien qu'ils soient capables de provoquer des maladies graves, ont les rencontre le plus fréquemment dans un état ​​latent, et leur mode d'infection est essentiellement mécanique, bien qu'il existe des cas documentés de transmission verticale par le pollen et les graines[4]. La prédiction de la séquence et de la structure du CCCVd a été documentée. Il existe quatre formes d'ARN de faible poids moléculaire associées à la maladie du cadang-cadang (ARNcc)[5]. Sur les quatre, deux sont liées à la phase précoce de la maladie : ARNcc-1 rapide et ARNcc-2 rapide. Après plusieurs années, deux autres espèces apparaissent et prédominent : ARNcc-1 lent et ARNcc-2 lent. De plus, ils partagent une homologie de séquence avec d'autres viroïdes[1]

Des conditions sont nécessaires pour qu'un viroïde infecte son hôte, par exemple des blessures de l'hôte ou l'intermédiaire de grains de pollen infectés déposés dans un ovule[6].

La maladie de Tinangaja, causée par le viroïde trinangaja du cocotier (CTiVd, coconut trinangaja viroid), est proche du cadang-cadang. Ce viroïde présente 64 % d'homologie de séquence avec le CCCVd. Cette maladie a été découverte à Guam. On a découvert sur des cocotiers d'Asie et du Pacifique Sud des viroïdes ayant des séquences d'acides nucléiques similaires à celles du CCCVd. La pathogénicité du CTiVd est incertaine[7].

Symptômes[modifier | modifier le code]

Sur le cocotier, les symptômes de cadang-cadang se développent lentement, sur une période de huit à quinze ans, ce qui rend difficile un diagnostic précoce[6]. On peut définir trois stades principaux caractérisés par des séries de caractéristiques définies : initial, intermédiaire et final, qui durent en moyenne de deux à quatre ans, deux ans et cinq ans, respectivement [8]. Les premiers symptômes correspondant au stade initial de l'infection apparaissent au bout de deux à quatre ans[8]. Ces symptômes comprennent la scarification de la noix de coco qui devient aussi plus arrondie. Les feuilles (frondes) montrent des taches jaune vif. Environ deux ans plus tard, dans le stade intermédiaire[9], les inflorescences se rabougrissent et finissent par mourir, et la production de noix de coco cesse. Les taches jaunes sur le feuillage s'agrandissent et se multiplient, donnant l'apparence d'une chlorose. Dans le stade final, environ six ans après l'apparition des premiers symptômes, les feuilles de couleur jaunes/bronze commencent à diminuer en taille et en nombre. Enfin, toutes les feuilles tombent, ne laissant subsister que le tronc du palmier dressé comme une « poteau de téléphone »[6].

Les palmiers de moins de dix ans sont rarement affectés par la maladie du cadang-cadang ; l'incidence de la maladie augmente jusqu'à environ 40 ans, puis se stabilise[10]. « Aucune récupération n'a jamais été observée, et la maladie est toujours mortelle »[4].

Le palmier à huile africain présente des symptômes similaires à ceux du cocotier, mais présente aussi des taches orange sur les palmes[11].

Distribution[modifier | modifier le code]

L'aire de répartition du CCCVd se limite à certaines régions des Philippines. On le rencontre principalement dans les provinces de Bicol, Masbate, Catanduanes, Samar et dans d'autres plus petites îles de la zone. La limite septentrionale actuelle de cette aire se situe à la latitude de Manille et la limite méridionale à la latitude de l'île Homonhon (Samar oriental). Ce fait est important en raison de la proximité de la maladie de la région de Mindanao, principale zone de production de noix de coco et d'huile de palme aux Philippines[12]. Un foyer d'infection isolé a été signalé dans les îles Salomon (Océanie). Les données disponibles laissent penser que l'épidémiologie du cadang-Cadang ne peut pas se propager dans une direction particulière.

Un viroïde similaire, connu sous le nom de « viroïde Tinangaja du cocotier (CTiVd Coconut Tinangaja Viroid), a été découvert à Guam. Il provoque une maladie similaire, appelée maladie de Tinangaja. Ce viroïde a 64 % d'homologie de séquence avec le viroïde cadang-cadang du cocotier[13]. D'autres viroïdes apparentés au CCCVd ont été signalés en Asie et en Océanie. Ils ont un haut degré d'homologie mais leur pathogénicité est incertaine[9]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Haseloff J., Mohamed N.A., Symons R.H., « Viroid RNAs of cadang-cadang disease of coconuts », Nature, vol. 299,‎ 1982, p. 316-321 (DOI 10.1038/299316a0, résumé).
  2. (en) Zelazny, B., « Ecology of Cadang-Cadang Disease of Coconut Palm in the Philippines », Phytopathology, vol. 70,‎ 1980, p. 700-703 (lire en ligne).
  3. (en) Karl Maramorosch, «  The Threat of Cadang-Cadang Disease », Principes, vol. 37, no 4,‎ 1993, p. 187-196 (lire en ligne).
  4. a et b (en) Karl Maramorosch, Viroids and Satellites: Molecular Parasites at the Frontier of Life, CRC Press,‎ 1991, 192 p. (ISBN 978-0-8493-6783-0), p. 125-140.
  5. (en) Imperial, J.S.; Rodriguez, J.B.; Randles, J.W., « Variation in the Viroid-Like RNA Associated With Cadang-Cadang Disease: Evidence for an Increase in Molecular Weight With Disease Progress. », Journal of General Virology, vol. 56,‎ 1981, p. 77-85 (lire en ligne).
  6. a, b et c (en) Agrios, G. N. (2005). Plant Pathology pp. 822–823. (5th ed.). Burlington, MA: Elsevier Academic Press. ISBN 978-0-12-044565-3
  7. (en) Hanold, D., « Detection of coconut cadang-cadang viroid-like sequences in oil and coconut palm and other monocotyledons in the South-west Pacific », Annals of Applied Biology, vol. 118, no 1,‎ février 1991, p. 139-151 (résumé).
  8. a et b (en) « Coconut Cadang-Cadang Disease Primer. », Philippine Coconut Authority,‎ 30 janvier 2011. (consulté le 11 juillet 2014).
  9. a et b (en) « Coconut Cadang-cadang viroid - Data Sheets on Quarantine Pests  », Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP),‎ 2008 (consulté le 11 juillet 2014).
  10. (en) Randles, J.W.; Imperial, J.S., « Coconut cadang-cadang viroid »,‎ juillet 1984) (consulté le 11 juillet 2014).
  11. (en) « Coconut Cadang-cadang viroid: cocadviroid CCCVd », sur Invasive.org, Université de Géorgie, Center for Invasive Species and Ecosystem Health,‎ 2008 (consulté le 11 juillet 2014).
  12. (en) Randles, J.W., Hanold, D., Pacumba, E.P., and Rodriguez, M. J. B. Cadang-cadang disease of coconut palm. In: Plant Diseases of International Importance. A. N. Mukhopadhyay, J. Kumar, H.S. Chabue, and U. S. Singh, eds. Pretice Hall, Englewood Cliffs, NJ. In press. 1991.
  13. (en) Boccardo, G., Beaver, R. G., Randles, J.W. et Imperial, J.S., « Tinangaja and bristle top coconut diseases of uncertain etiology in Guam and their relationship to cadang-cadang disease of coconut in Philippines », Phytopathology, vol. 71, no 10,‎ 1981, p. 1104-1107 (ISSN 0031-949X, DOI 10.1094/Phyto-71-1104)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Mariau, Les maladies des cultures pérennes tropicales, Éditions Quae, coll. « Repères (CIRAD) »,‎ 1999, 287 p. (ISBN 9782876143401, ISSN 1251-7224), p. 98-99.
  • (en) R. S. Mehrotra, Plant Pathology, Tata McGraw-Hill Education,‎ 2003, 846 p. (ISBN 9780070473997), p. 742-742.

Liens externes[modifier | modifier le code]