Caca d'oie

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Caca d’oie est un nom de couleur qui désigne une teinte jaune verdâtre, utilisée principalement dans les domaines de la mode et de la décoration. En Suisse, cette couleur s’appelle couramment caca pomme[réf. souhaitée].

Ce nom de couleur est d'abord attesté comme merde d'oyson au XVIIe siècle[1], puis comme merde d'oie au début du XVIIIe siècle[2] et elle apparaît ainsi dans plusieurs dictionnaires, y compris celui de l'Académie française, et autres ouvrages de ce siècle ; Stendhal écrit encore en 1835 : « M. Chabert était un bourgeois assez bien mis mais qui avait toujours l’air endimanché et dans les transes de gâter son habit ou son gilet ou sa jolie culotte de casimir merde d’oie[3] ». Elle s'abrège parfois en merdoie[4].

« Caca d'oie » est attesté en 1842[5], peut-être le changement de terme a-t-il à voir avec la pruderie, peut-être certains républicains trouvent-ils intéressant de rapprocher « merde d'oie » de « caca-Dauphin », couleur inventée lors de la naissance du Dauphin en 1751[6], bien que cette teinte aie été jaune-orangé. Les deux couleurs se sont succédé dans les tons de la mode[7], et apparaissent ensemble dans une pièce satirique de la Révolution française décrivant l'uniforme proposé pour les National-Bonbons, division d'enfants de la Garde nationale[8]. Caca d'oie est en tous cas plus facile à prononcer.

À la fin du XIXe siècle, Eugène Rolland donne « caca d'oie, merde d'oie, merde d'oyson (citant Scarron, L'Héritier ridicule) » comme synonymes[9]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Sorel, Polyandre : histoire comique,‎ 1648 (lire en ligne), partie 2, p. 464.
  2. « Merde d'oie — Ce mot se dit d'une couleur jaunâtre mêlée de vert, parce qu'elle ressemble à l'éxcrément des oies », Pierre Richelet, Dictionnaire françois, contenant généralement tous les mots tant vieux que nouveaux et plusieurs remarques sur la langue françoise, Amsterdam, Elzevir,‎ 1706 (lire en ligne), p. 546
  3. Stendhal, Vie de Henry Brulard, in Œuvres intimes, t. II, Paris, Gallimard (Pléiade), 1982, ch. XXV, p. 773, écrit vers 1835.
  4. Grand Larousse de la langue française, 1975.
  5. Philippon et al., Musée ou magasin comique de Philipon : contenant près de 800 dessins, vol. 1, Paris, Aubert,‎ 1842 (lire en ligne), p. 129
  6. Trésor de la langue française.
  7. Michel-Vincent Chevrier, « Lettre à l'Auteur des Affiches », Annonces et affiches de la province de Poitou,‎ 14 août 1783 (lire en ligne)
  8. Nouvelle composition de la milice parisienne, p. 10.
  9. Eugène Rolland et Henri Gaidoz, Faune populaire de la France, t. 6, Paris, Maisonneuve,‎ 1877-1915.