Cap-Vert

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15° 06′ N 23° 37′ O / 15.1, -23.617 ()

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République de Cabo Verde

República de Cabo Verde (pt)

Drapeau
Drapeau du Cap-Vert
Blason
Armoiries du Cap-Vert
Description de l'image  Cape Verde (orthographic projection).svg.
Devise nationale Unidade, Trabalho, Progresso
« Unité, travail, Progrès »
Hymne national Cântico da Liberdade
Administration
Forme de l'État République
Président de la République Jorge Carlos Fonseca
Premier ministre José Maria Neves
Langues officielles Portugais
Capitale Praia

14° 55′ N 23° 31′ O / 14.917, -23.517 ()

Géographie
Plus grande ville Praia
Superficie totale 4 033 km2
(classé 175e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC -1
Histoire
Indépendance du Portugal
date 5 juillet 1975
Démographie
Gentilé Cap-Verdien, -ne
Population totale (2012) 523 568[1] hab.
(classé 167e)
Densité 130 hab./km2
Économie
IDH (2010) en augmentation 0,534 (moyen) (118e)
Monnaie Escudo cap-verdien (CVE​)
Divers
Code ISO 3166-1 CPV, CV​
Domaine Internet .cv
Indicatif téléphonique +238

Le Cap-Vert, en forme longue la République de Cabo Verde[2], en portugais Cabo Verde et República de Cabo Verde, est un pays insulaire de l'océan Atlantique au large de l'Afrique. Colonie portugaise à partir de 1456 (arrivée des premiers colons sur l'archipel alors inhabité), le pays accéda à l'indépendance en 1975. Il tire son nom du cap Vert. Le pays fait partie de la CEDEAO.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Cap-Vert.

Les îles du Cap-Vert restèrent inhabitées jusqu'à l'arrivée des explorateurs portugais en 1456 et à la fondation de Ribeira Grande (Cidade Velha) en 1462 sur l'île de Santiago.

Carte de 1746

Colonie portugaise jusqu'en 1975, l'histoire du Cap-Vert est marquée par deux périodes de prospérité, au XVIIe siècle grâce au commerce des esclaves, puis à la fin du XIXe siècle qui vit l'ouverture des lignes transatlantiques. Entre deux, les sécheresses chroniques dues à la déforestation provoquèrent des famines, accentuées par l'absence d'aide alimentaire.

À partir de 1956, les indépendantistes du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau, autre possession portugaise en Afrique de l'ouest, s'allient pour former le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). La Guinée-Bissau obtient son indépendance en 1974 et le Cap-Vert l'année suivante. Il était alors question d'une unité entre les deux pays, projet abandonné après le coup d'État en Guinée-Bissau de 1980. Le Cap-Vert vécut sous un régime d'inspiration socialiste jusqu'en 1990, avec le Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert (PAICV) pour unique parti. Le pays s'ouvrit au multipartisme en 1990. Le 23 juillet 2008, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) accueille le Cap-Vert qui devient alors le 153e pays membre. Pauvre mais relativement bien aidé, le Cap-Vert est désormais considéré comme un bon élève des organismes internationaux d'aide au monde en développement.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Cap-Vert.
Carte du Cap-Vert

L'archipel du Cap-Vert se trouve dans l'océan Atlantique, au large des côtes du Sénégal, de la Gambie et de la Mauritanie. L'archipel se divise en deux séries d'îles : au sud les îles de Sotavento (Brava, Fogo, Santiago et Maio) et au nord les îles de Barlavento (Boa Vista, Sal, São Nicolau, Santa Luzia, São Vicente et Santo Antão). Santiago est la plus fréquentée. Le Cap-Vert bénéficie de quatre aéroports internationaux : l'aéroport Amílcar Cabral sur l'île de Sal, depuis le 1er novembre 2005, l'Aéroport international de Praia sur l'île de Santiago, depuis le 31 octobre 2007, l'aéroport international sur l'île de Boa Vista et enfin celui de São Vicente depuis le 22 décembre 2009.

Les îles sont toutes d'origine volcanique, c'est sur l'île de Fogo (île du grand volcan) que se situe le point culminant 2 829 m : le Pico do Fogo dont la dernière coulée de lave ne date que de 1995. La plupart des îles ont un relief escarpé et sont couvertes de cendre volcanique pauvre en végétation. Le climat y est chaud et sec, avec une moyenne des températures située entre 20 à 25 °C. Durant les mois de janvier et février l'archipel subit l'influence des tempêtes de sable venu du Sahara. Le volcan Fogo possède une caldeira en arc de cercle d'environ km de diamètre. Les données actuelles précisent qu'elle a subi un effondrement de près de 800 m il y a 250 000 ans. Cette caldeira récupère les eaux pluviales à la saison des pluies. Ces eaux sont absorbées par le sol très poreux et s'écoulent en sources au bas de la montagne, pratiquement au niveau de la mer ce qui rend très difficile leur récupération. Cependant des forages ont permis d'obtenir de quoi alimenter des citernes.

Environnement[modifier | modifier le code]

Forêts sèches des îles du Cap-Vert
Écorégion terrestre - Code AT0201[3]

Description de cette image, également commentée ci-après

Baobabs dans la vallée de Ribeira Grande de Santiago.

Classification
Écozone : Afrotropique
Biome : Forêts de feuillus sèches tropicales et subtropicales
Écologie
Espèces végétales[4] :
257
Oiseaux[5] :
67
Mammifères[5] :
4
Squamates[5] :
28
Espèces endémiques[5] :
22
Conservation
Statut[5] :
Critique / En danger
Anthropisation[6] :
24,1 %
Espèces menacées[6] :
3
Ressources web :
Site du WWF

L'archipel constitue une écorégion terrestre dans la classification du Fonds mondial pour la nature sous le nom de « forêts sèches des îles du Cap-Vert ». Elle appartient au biome des forêts de feuillus sèches tropicales et subtropicales de l'écozone afrotropicale.

La végétation indigène est aujourd'hui gravement fragmentée et se limite essentiellement aux sommets des montagnes et autres zones inaccessibles. Ces vestiges sont cependant importants, car ils contiennent quelques-unes des rares zones de forêts sèches en Afrique et abritent un certain nombre d'espèces endémiques.

Culture[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Culture du Cap-Vert et Musique capverdienne.

La culture du Cap-Vert est d’origine africaine et portugaise. Il existe différents genres de musique comme le funaná, la coladeira, la morna (rendue célèbre dans le monde entier grâce à Cesária Évora), la mazurca ou encore le batuque.

La musique du Cap-vert se rapproche du zouk des Antilles française, soit sous sa forme originaire, soit sous des formes dérivées (le colá-zouk, mélange de zouk avec la coladeira et la kizomba, mélange de zouk avec du semba) est populaire chez les jeunes. Quelques-uns de ses meilleurs représentants sont, entre autres, Gil Semedo Moreira et Suzanna Lubrano (qui a gagné un Kora Awards en 2003) qui vivent aux Pays-Bas.

Le Festival de musique de Baía das Gatas a acquis une notoriété internationale.

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Nouvel an Ano Novo
13 janvier Jour de la démocratie Dia da Democracia
20 janvier Fête des héros Dia dos Heróis Nacionais Commémoration de la mort d'Amilcar Cabral
février Carnaval Carnaval Jour du mardi gras : celui de l'île de São Vicente est le plus renommé
8 mars Journée internationale des droits de la femme Dia internacional dos direitos da mulher
avril Pâques Páscoa
5 juillet Jour de l'Indépendance Dia da Independência
1er novembre Toussaint Dia de Todos os Santos
25 décembre Noël Natal

Religion[modifier | modifier le code]

Le christianisme, importé par les Portugais, est la première religion du pays. Le catholicisme est la première représentée (90%), le clergé a d’ailleurs une grande influence sur la vie sociale et politique du pays. Les églises sont présentes partout. À Cidade Velha, ancienne capitale sur l’île de Santiago, on trouve les ruines de la première cathédrale africaine. Contrairement à Cuba ou au Brésil, par exemple, il n’y a a priori pas eu au Cap-Vert de fusion avec des rituels animistes. Les Capverdiens pratiquent la même religion que les Portugais. La deuxième du pays est le protestantisme, chaque ville ou presque possède son temple. La principale dénomination protestante au Cap-vert est le Méthodisme (Église du Nazaréen), puis viennent l’Église Adventiste du Septième Jour et les Pentecôtistes (Assemblées de Dieu). Le judaïsme s'est implanté dès les origines du peuplement des îles. Un hameau de la commune de Paul s'appelle d'ailleurs Sinagoga. Quant à l’islam (voir islam au Cap-Vert), il commence à peine à faire son apparition avec l’arrivée des Sénégalais.

Langue[modifier | modifier le code]

La langue officielle du Cap-Vert est le portugais mais les habitants parlent majoritairement le créole capverdien (crioulo en portugais, kriolu ou kriol en créole capverdien). L'anglais et le français sont enseignés à l’école. Le Cap-Vert fait partie de l'Organisation internationale de la francophonie et de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

Il existe des variations régionales du créole, propres à chacune des 9 îles habitées mais qui ne sont pas suffisamment importantes pour empêcher la compréhension entre les habitants. Les différents créoles du Cap-Vert peuvent être séparés en deux groupes : les créoles de Sotavento (Brava, Fogo, Santiago et Maio) et les créoles de Barlavento (Boa Vista, Sal, São Nicolau, São Vicente et Santo Antão).

Francophonie[modifier | modifier le code]

Les régions au Cap-Vert de Ribeira Grande, de Santiago et de Santa Catarina do Fogo sont membres de l'Association internationale des régions francophones[7].

De plus, les municipalités de Praia et São Vicente sont membres de l'Association internationale des maires francophones[8].

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Cap-Vert.

Relations avec l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Le gouvernement du Cap-Vert a conclu avec la Commission européenne des accords permettant le versement de fonds de développement à l'archipel. Ces fonds substantiels ont pour objectif la réduction de la pauvreté dans l'archipel et le développement des infrastructures insulaires. L'accord réserve également une aide d'urgence en cas de catastrophe humanitaire[9].

L'agence Frontex, assurant la sécurité des frontières extérieures de l'Union, a conclu un accord bilatéral avec le Cap-Vert pour lutter contre l'immigration illégale en provenance du continent Africain. Ce partenariat permet des opérations communes en mer et implique un alignement progressif des méthodes de gestion des frontières maritimes du Cap-Vert sur celles de l'Union Européenne[10].

L'escudo est arrimé à parité fixe depuis le 5 juillet 1998 à la monnaie du Portugal (l'escudo portugais jusqu'en 1999, l'euro depuis cette date), au taux de change de 110,265 escudos pour un euro.

Économie[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Cap-Vert.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

Le Cap-Vert est resté inhabité jusqu'à l'arrivée des colons portugais en 1456 et sa population est issue d'un métissage entre ces derniers, (en particulier des Portugais des Açores et de Madère) et les esclaves importés du continent africain, surtout de l'ouest africain. Un certain nombre d'autres européens s'installèrent également sur l'archipel, ainsi qu'une communauté de juifs espagnols et portugais fuyant l'Inquisition. Ils se sont tous rapidement assimilés.

À l'étroit sur une terre exiguë et peu fertile, la population capverdienne subit de très nombreuses famines jusqu'à l'indépendance du pays en 1975. Aujourd'hui, l'aide alimentaire a permis d'éradiquer les famines mais le Cap-Vert reste une terre d'émigration, avec davantage de ressortissants vivant à l'étranger (États-Unis, Portugal, France, Luxembourg, Pays-Bas, Sénégal[11], Suisse, Angola, et Sao Tomé-et-Principe…) que de locaux (environ 700 000 ressortissants à l'étranger pour 500 000 au pays).

Avec un peu plus de 500 000 habitants, le Cap-Vert est l'un des pays les moins peuplés d'Afrique.

Données diverses
  • Population : 523 568 habitants (en 2012). 0-14 ans : 32,6 % ; 15-64 ans : 61,9 % ; + 65 ans : 5,5 %
  • Densité : 129,8 hab./km²
  • Espérance de vie des hommes : 66,78 ans (en 2012)
  • Espérance de vie des femmes : 73,27 ans (en 2012)
  • Taux de croissance de la population : 1,43 % (en 2012)
  • Taux de natalité : 21,21 ‰ (en 2012)
  • Taux de mortalité : 6,28 ‰ (en 2012)
  • Taux de mortalité infantile : 26,02 ‰ (en 2012)
  • Taux de fécondité : 2,44 enfants/femme (en 2012)
  • Taux de migration : - 0,66 ‰ (en 2012)

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions du Cap-Vert.

Divers[modifier | modifier le code]

Taux d'équipement des ménages
  • Lignes de téléphone : 71 600 (en 2006)
  • Téléphones portables : 148 000 (en 2007)
  • Postes de radio : 73 000 (en 1997)
  • Postes de télévision : 2 000 (en 1997)
  • Utilisateurs d'Internet :37 000 (en 2007)
  • Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 1 (en 2000)
  • Routes : 1 350 km (dont 932 km goudronnés) (en 2000)
  • Voies ferrées : aucune
  • Voies navigables : aucune
  • Nombre d'aéroports : 8 (tous avec des pistes goudronnées) (en 2007)
  • Compagnies aériennes : TACV, Cabo Verde Express et Halcyonair

Codes[modifier | modifier le code]

Le Cap-Vert a pour codes :

CPV 
selon la norme ISO 3166-1 alpha-3 (liste des codes pays), la liste des codes pays du CIO et la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-3,
CV 
selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-2, la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-2 et la liste des codes internationaux des plaques minéralogiques,

Indicatif téléphonique: 00238

Codes aéroports :

  • RAI (Praia - île de Santiago)
  • SID (Espargos - île de Sal)
  • VXE (São Pedro - île de São Vicente)
  • BVC (Rabil - île de Boa Vista)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Africa :: Cape Verde - 13 juillet 2012, sur le site cia.gov
  2. Le pays a indiqué le 24 octobre 2013 changer son nom officiel auprès des Nations unies.
  3. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, E. D. Wikramanayake, N. D. Burgess, G. V. N. Powell, E. C. Underwood, J. A. D'Amico, I. Itoua, H. E. Strand, J. C. Morrison, C. J. Loucks, T. F. Allnutt, T. H. Ricketts, Y. Kura, J. F. Lamoreux, W. W. Wettengel, P. Hedao et K. R. Kassem, « Terrestrial Ecoregions of the World: A New Map of Life on Earth », BioScience, vol. 51, no 11,‎ 2001, p. 935-938.
  4. (en) G. Kier, J. Mutke, E. Dinerstein, T. H. Ricketts, W. Küper, H. Kreft et W. Barthlott, « Global patterns of plant diversity and floristic knowledge », Journal of Biogeography, vol. 32,‎ 2005, p. 1107–1116 (DOI 10.1111/j.1365-2699.2005.01272.x, lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  5. a, b, c, d et e (en)World Wildlife Fund, « WildFinder: Online database of species distributions »,‎ janvier 2006, données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  6. a et b (en) J. M. Hoekstra, J. L.  Molnar, M. Jennings, C. Revenga, M. D. Spalding, T. M. Boucher, J. C. Robertson, T. J. Heibel et K. Ellison, The Atlas of Global Conservation : Changes, Challenges, and Opportunities to Make a Difference, Berkeley, University of California Press,‎ 2010 (lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  7. La Francophonie de Proximité, sur le site regions-francophones.com
  8. association internationale des maires francophones, sur le site aimf.asso.fr
  9. [PDF]Cap Vert - Communauté européenne : Document de stratégie pays et Programme indicatif national pour la période 2008-2013
  10. What is Frontex?, sur le site frontex.europa.eu du 4 septembre 2008
  11. Voir Saudade à Dakar, film documentaire de Laurence Gavron, 2005, 52', consacré à la communauté des Cap-Verdiens exilés à Dakar

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Barbe, Les îles du Cap-Vert, de la découverte à nos jours, une introduction : de l'entrepôt des esclaves à la nation créole, L'Harmattan, Paris, Budapest, Turin, 2003, 285 p. (ISBN 978-2-7475-3730-8)
  • Michel Lesourd (dir.), Le Cap-Vert, les Éd. du Jaguar, Paris, 2006, 277 p. (ISBN 978-2-86950-408-0)
  • Idelette Muzart-Fonseca dos Santos, José Manuel Da Costa Esteves et Denis Rolland (dir.), Les îles du Cap-Vert : langues, mémoires, histoire (actes du colloque de 2003), L'Harmattan, Paris, 2007, 262 p. (ISBN 978-2-296-04633-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]