Cabinet du président de la République française

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Le palais de l'Élysée, résidence officielle du président de la République et siège de la présidence.
Bureau du président de la République Française dans le salon doré du palais de l'Élysée.

Le cabinet du président de la République française constitue l'équipe de conseillers au service du chef de l'État français pour assister ce dernier dans ses prises de décisions quotidiennes. Le cabinet a à sa tête le secrétaire général de la présidence de la République ; il comprend aussi le chef de l'état-major particulier, le conseiller diplomatique (ou « Sherpa ») ainsi que le « conseiller spécial » du président. Mis en place sous la IIIe République, le cabinet du président sera conservé sous la IVe puis la Ve bien qu'aucune règle de droit positif n'en fasse mention. Selon la jurisprudence, il ne fait pas partie des administrations de l'État.

Composition et fonctionnement[modifier | modifier le code]

Dirigés par le secrétaire général de l'Élysée, les membres du cabinet du président de la République se répartissent en deux catégories : les membres de « l'équipe rapprochée » d'une part, le reste du cabinet d'autre part.

La première, l'équipe rapprochée du président aide le président, en particulier pour la gestion de ses affaires réservées et de sa communication. Elle regroupe le secrétaire général et son adjoint, le directeur de cabinet, le conseiller spécial, le conseiller diplomatique, le chef de l'état-major particulier et les conseillers auprès du président. Les personnes composant ce cercle proche de fidèles dépendent directement du président et le secrétaire général n'a aucune autorité hiérarchique sur eux.

Les autres collaborateurs du président englobent le chef de cabinet et son adjoint, ainsi que tous les conseillers, conseillers techniques et chargés de missions du président. Chacun d'eux est spécialisé dans un domaine de la vie publique (industrie, outre-mer, élections, enseignement…) et chargé à la fois de conseiller le président dans ce domaine et de superviser l'activité du(des) ministère(s) concerné(s) afin de vérifier qu'il y a cohérence entre les axes politiques définis par le président et leur traduction administrative, concrète. Ce travail nécessite une grande coordination, qui passe par des compte-rendus réguliers au secrétaire général, qui, en cas de besoin, en informera le président. Par exemple, le conseiller à la justice est chargé de conseiller le président pour tout ce qui touche à la justice, au droit et aux prisons, d'assurer la liaison avec le cabinet du Garde des Sceaux, de suivre le travail du Garde des Sceaux et d'en tenir au courant le secrétaire général. Ces conseillers dits subalternes dépendent du secrétaire général et n'ont généralement pas un accès direct au chef de l'État.

Certains conseillers sont regroupés sous l'autorité d'autres conseillers au sein de structures informelles. C'est le cas par exemple de « la cellule diplomatique », qui regroupe sous les ordres du conseiller diplomatique une dizaine de conseillers techniques chargés des dossiers internationaux et des grandes régions de la planète (cette cellule diplomatique a été plusieurs fois critiquée et remise en question puisque, à l'instar du secrétaire général de la présidence, elle travaille sur des dossiers relevant habituellement de la compétence du ministère des Affaires étrangères). C'est également le cas de la « cellule politique », qui rassemble une quinzaine de conseillers sous l'autorité des trois conseillers du président, afin d'aider ce dernier dans la gestion de sa stratégie, de sa communication, des relations avec la presse et avec le Parlement, de son image, des élections, de l'étude de l'opinion publique…

Enfin, il est utile de préciser que certains membres du cabinet chargés de tel ou tel dossier peuvent s'appuyer sur un autre conseiller. Par exemple, le conseiller diplomatique est assisté par un conseiller diplomatique adjoint. De même, le conseiller à la présidence chargé des affaires économiques est secondé par un conseiller technique.

Secrétaire général de l'Élysée[modifier | modifier le code]

Ne doit pas être confondu avec le secrétaire général du gouvernement.
Jean-Louis Bianco, secrétaire général de la présidence de la République de 1982 à 1991.

Le secrétaire général de la présidence de la République, couramment appelé « secrétaire général de l'Élysée », est le membre le plus haut placé du cabinet. Plus proche collaborateur du président et supérieur hiérarchique de tous les fonctionnaires composant les services de la présidence, il est, de par la nature de sa fonction, souvent surnommé par la presse « le deuxième homme le plus puissant de France », « le Premier ministre bis », ou encore « le vice-président ». Le secrétaire général le plus jeune et ayant exercé le plus longuement est Jean-Louis Bianco (il avait 39 ans quand il a été nommé à ce poste, qu'il a occupé pendant neuf ans), sous la présidence de François Mitterrand.

En plus de la direction et la coordination des membres du cabinet présidentiel (hormis l'équipe rapprochée), le rôle principal du secrétaire général de l'Élysée est d'informer le président de toutes les affaires du pays et de le tenir au courant des informations administratives et politiques utiles. Ainsi, il s'occupe des affaires privées du chef de l'État et gère pour lui les relations avec les partis politiques et les syndicats dont il reçoit régulièrement les représentants (notamment les députés de la majorité). Il prépare les décisions du président et assure la liaison avec le secrétaire général du Gouvernement ainsi qu'avec le directeur de cabinet du Premier ministre.

Mais le secrétaire général de la présidence assure également une mission de communication. En effet, il est le porte-parole du président : c'est lui qui transmet « la parole, la position officielle » du chef de l'État. Par exemple, c'est lui qui annonce la composition du gouvernement. Le secrétaire général peut assister au Conseil des ministres, même s'il ne peut toutefois pas y prendre part : c'est le seul, avec le président, le Premier ministre et le porte-parole du gouvernement, à pouvoir prendre des notes durant le Conseil des ministres.

Le secrétaire général intervient plus particulièrement dans les domaines d'intervention privilégiés du président de la République, tels que la défense et les relations internationales. Ainsi quatre secrétaires généraux de l'Élysée ont-ils, par la suite, accédé à la fonction de ministre des Affaires étrangères : Michel Jobert, Jean François-Poncet, Hubert Védrine et Dominique de Villepin.

Trois secrétaires généraux ont exercé ultérieurement la fonction de Premier ministre :

Directeur de cabinet[modifier | modifier le code]

À l'Élysée, le rôle de directeur de cabinet, c'est-à-dire tout ce qui touche aux affaires privées du président, aux relations avec les partis politiques, ainsi qu'à son porte-parolat, étant exercé par le secrétaire général, le directeur de cabinet a une fonction plus administrative que dans les ministères.

En effet, le directeur de cabinet du président est chargé de diriger et coordonner l'ensemble des services civils et militaires de la présidence, ainsi que d'établir et faire exécuter le budget attribué chaque année à la présidence. Il a autorité pour cela sur le directeur général des services, qui dirige les services civils de la présidence (intendance, protocole, audiovisuel, correspondance, archives…) et le commandant militaire du Palais de l'Élysée, qui dirige les services militaires de la présidence (sécurité des accès, entretien automobile, huissiers, prévention incendie…).

Conseiller spécial[modifier | modifier le code]

Le poste de conseiller spécial du président a souvent été utilisé par les présidents de la Ve République afin de faire office de contrepoids avec le pouvoir important du secrétaire général. Ainsi, régulièrement, lorsqu'il a une annonce particulière à faire, mais qui ne nécessite pas son intervention en personne, le président envoie son secrétaire général et son conseiller spécial chacun à un endroit, dans un média différent, afin de mieux diffuser la parole présidentielle.

Conseillers auprès du président[modifier | modifier le code]

Les conseillers auprès du président sont des membres du cabinet chargés de missions bien précises pour et uniquement pour le président (leur titre, variant selon les mandats, l'indique clairement : conseiller « du » président, conseiller « auprès du » président, conseiller « à la présidence »...). Aujourd'hui, ces missions comprennent la communication du président et la gestion de ses affaires politiques, mais certains de ces conseillers sont également chargés de dossiers importants et auxquels le président accorde beaucoup d'importance.

Conseiller diplomatique[modifier | modifier le code]

Le conseiller diplomatique et sherpa du président est chargé d'animer la cellule diplomatique qui fournit au chef de l'État des informations sur l'international et la diplomatie française.

Chef de cabinet[modifier | modifier le code]

Même s'il n'appartient pas au cercle des conseillers rapprochés du président, le chef de cabinet est quelqu'un d'important dans la hiérarchie de la présidence. En effet, il gère l'emploi du temps du président et organise tous ses déplacements, avec l'appui des services du protocole, de l'intendance et de l'entretien automobile de la présidence. Le chef de cabinet gère également la correspondance adressée au président : c'est lui qui signe les lettres et mails de réponse envoyé(e)s aux correspondants du chef de l'État. Il dispose pour cela du service de la correspondance.

Effectifs[modifier | modifier le code]

Il apparaît que le nombre de ces membres n'a cessé de croître ces dernières années. En effet, depuis une trentaine d'années, le cabinet, à l'instar des autres services de la présidence, a vu ses effectifs largement accrus, du fait notamment du poids politique de plus en plus important joué par le président. Aujourd'hui, le cabinet comprend environ une cinquantaine de membres suivant les mandats.

Lieux de travail[modifier | modifier le code]

Les membres du cabinet ont pour la plupart leurs bureaux dans le bâtiment principal du Palais de l'Élysée, à proximité du bureau du président (notamment pour les membres de l'équipe rapprochée ou du pôle politique), mais également dans les annexes de la présidence, rue de l'Élysée, au no 2 pour la cellule diplomatique ou aux no 4 et no 14 pour certains conseillers techniques (le no 14 abritant également les bureaux de l'état-major particulier).

Liste des personnalités ayant occupé des fonctions au cabinet du président[modifier | modifier le code]

Entre 1879 et 1900, le Secrétaire général était le chef de la maison militaire du président de la République.

Président Secrétaire général Secrétaire général adjoint Conseiller spécial Sherpa
Louis-Napoléon Bonaparte Auguste Chevalier (1849-1851)
Adolphe Thiers Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1871-1873)
Patrice de Mac Mahon Emmanuel d'Harcourt (1873-1877)
Jules Grévy François Pittié (1883-1886)
Joseph Brugère (1886-1887)
Sadi Carnot Joseph Brugère (1887-1893)
Léon-Charles Borius (1893-1894)
Jean Casimir-Perier Lafargue (1894-1895)
Félix Faure Charles Tournier (1897-1898)
Alexis Hagron (1898-1899)
Maurice Bailloud (1899)
Émile Loubet Maurice Bailloud (1899-1901)
Abel Combarieu (1901-1906)
Armand Fallières Jean Lanes (1906-1912)
Henri Collignon (1912-1913)
Raymond Poincaré Félix Decori (1913-1915)
Olivier Sainsère (1915-1920)
Paul Deschanel Adolphe Pichon (1920)
Alexandre Millerand Eugène Petit (1920-1924)
Gaston Doumergue Jules Michel (1924-1931)
Paul Doumer Georges Huisman (1931-1932)
Albert Lebrun André Magre (1932-1939)
Vincent Auriol Jean Forgeot (1947-1954)[1] Paul Auriol (1947-1954)
René Coty Charles Merveilleux du Vignaux (1954-1959)[2]
Charles de Gaulle Geoffroy Chodron de Courcel (1959-1962)[3] Olivier Guichard puis Pierre Lefranc
Étienne Burin des Roziers (1962-1967)[4]
Bernard Tricot (1967-1969) [5]
Alain Poher (intérim) Bernard Beck (1969)[6]
Georges Pompidou Michel Jobert (1969-1973)[7] Édouard Balladur (1969-1973) Pierre Juillet et Marie-France Garaud
Édouard Balladur (1973-1974)[8] Jean-René Bernard (1973-1974)
Alain Poher (intérim) Bernard Beck (1974)[9]
Valéry Giscard d'Estaing Claude Pierre-Brossolette (1974-1976)[10] Yves Cannac (1974-1978) Jean Serisé, qui succède en 1976 à Lionel Stoléru pour les dossiers économiques, et Victor Chapot sont chargés de mission auprès du président.
Jean François-Poncet (1976-1978)[11] Jacques Wahl (1978)
Jacques Wahl (1978-1981) [12] François de Combret (1978-1981)
François Mitterrand Pierre Bérégovoy (1981-1982)[13] Jacques Fournier (1981-1982) Jacques Attali, Jean-Louis Bianco (avant de devenir lui-même secrétaire général) ou encore François de Grossouvre. Jacques Attali (1981-1991)
Jean-Louis Bianco (1982-1991)[14] Christian Sautter (1982-1985), Michèle Gendreau-Massaloux (1985-1988) puis de nouveau Christian Sautter (1988-1990)
Hubert Védrine (1991-1995)[15] Anne Lauvergeon (1991-1995) Anne Lauvergeon (1991-1995)
Jacques Chirac Dominique de Villepin (1995-2002)[16] Jean-Pierre Denis (1995-1997), Olivier Dutheillet de Lamothe (1997-2000) puis Philippe Bas (2000-2002) Jérôme Monod Jean-David Levitte (1995-2000)[17]
Philippe Bas (2002-2005)[18] Frédéric Lemoine (2002-2004) Jean-Marc de La Sablière (2000-2002)[19]
Frédéric Salat-Baroux (2005-2007)[20] Marie-Claire Carrère-Gée (2004-2007) Maurice Gourdault-Montagne (2002-2007)[21]
Nicolas Sarkozy Claude Guéant (2007-2011)[22] François Pérol (2007-2009) puis Xavier Musca (2009-2011) Henri Guaino Jean-David Levitte (2007-2012)[23],[24]
Xavier Musca (2011-2012)[25] Jean Castex (2011-2012)
François Hollande Pierre-René Lemas (2012-2014)[26] Emmanuel Macron et Nicolas Revel (2012-2014) Paul Jean-Ortiz (2012-2014)[27]
Jean-Pierre Jouyet (depuis 2014)[28] Boris Vallaud (depuis 2014)[29] Jacques Audibert (depuis 2014)[30]

Liste des directeurs de cabinet[modifier | modifier le code]

François Mitterrand[31]
Jacques Chirac
Nicolas Sarkozy
François Hollande

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté du 20 janvier 1947, JORF no 19 du 22 janvier 1947, p. 906.
  2. Arrêté du 18 janvier 1954, JORF no 14 du 19 janvier 1954, p. 693.
  3. Arrêté du 8 janvier 1959, JORF no 7 du 9 janvier 1959, p. 613.
  4. Arrêté du 14 février 1962, JORF no 38 du 15 février 1962, p. 1603.
  5. Arrêté du 30 juin 1967, JORF no 153 du 2 juillet 1967, p. 6618.
  6. Arrêté du 2 mai 1969, JORF no 103 du 3 mai 1969, p. 4420.
  7. Arrêté du 20 juin 1969, JORF no 144 du 21 juin 1969, p. 6268.
  8. Arrêté du 5 avril 1973, JORF no 82 du 6 avril 1973, p. 3900.
  9. Arrêté du 6 avril 1974, JORF no 85 du 7 avril 1974, p. 3891.
  10. Arrêté du 27 mai 1974, JORF no 125 du 28 mai 1974, p. 5796.
  11. Arrêté du 27 juillet 1976, JORF no 174 du 28 juillet 1976, p. 4597.
  12. Arrêté du 20 novembre 1978.
  13. Arrêté du 21 mai 1981, JORF no 123 du 26 mai 1981, p. 1642.
  14. Arrêté du 1er juillet 1982, JORF no 152 du 2 juillet 1981, p. 2087.
  15. Arrêté du 17 mai 1991, JORF no 115 du 18 mai 1991, p. 6790, NOR PREX9110316A.
  16. Arrêté du 18 mai 1995, JORF no 117 du 19 mai 1995, p. 8407, texte no 101, NOR PREX9500818A.
  17. Arrêté du 19 mai 1995, JORF no 118 du 20 mai 1995, p. 8447, NOR PREX9500830A.
  18. Arrêté du 8 mai 2002, JORF no 108 du 10 mai 2002, p. 9093, texte no 3, NOR PREX0200921A.
  19. Arrêté du 8 février 2000, JORF no 33 du 9 février 2000, p. 2031, texte no 1, NOR PREX0003969A.
  20. Arrêté du 3 juin 2005, JORF no 129 du 4 juin 2005, texte no 1, NOR PREX0508492A.
  21. Arrêté du 29 novembre 2002, JORF no 282 du 4 décembre 2002, p. 19959, texte no 2, NOR PREX0206135A.
  22. Arrêté du 16 mai 2007, JORF no 114 du 17 mai 2007, p. 9511, texte no 1, NOR PREX0701153A.
  23. Arrêté du 16 mai 2007, JORF no 114 du 17 mai 2007, p. 9511, texte no 1, NOR PREX0701153A.
  24. Arrêté du 19 mars 2008, JORF no 69 du 21 mars 2008, texte no 1, NOR PREX0807231A.
  25. Arrêté du 28 février 2011, JORF no 51 du 2 mars 2011, texte no 1, NOR PREX1106074A.
  26. Arrêté du 15 mai 2012, JORF no 114 du 16 mai 2012, texte no 2, NOR PREX1223253A.
  27. Arrêté du 17 mai 2012, JORF no 116 du 19 mai 2012, texte no 1, NOR PREX1223404A.
  28. Arrêté du 16 avril 2014, JORF no 91 du 17 avril 2014, texte no 1, NOR PREX1409139A.
  29. Boris Vallaud nommé à l'élysee
  30. Arrêté du 31 juillet 2014
  31. [1]
  32. [2]
  33. [3]

Articles connexes[modifier | modifier le code]