Centre hospitalier universitaire en France

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En France, les centres hospitaliers universitaires (CHU) sont des centres hospitaliers régionaux (CHR),c'est à dire des établissements publics de santé ayant passé une convention avec une unité de formation et de recherche (UFR) médicale au sein d'une université, ou éventuellement de plusieurs universités. Ils sont parfois dénommés CHRU (Centres hospitaliers régionaux universitaires)[2]. Ces structures sont régies par des dispositions spécifiques du code de santé publique, et trois d'entre elles bénéficient d'un statut et d'un fonctionnement particuliers, par exemple au niveau de leurs instances de décision :

Historique[modifier | modifier le code]

Ils ont été créés par l'ordonnance 58-1373 du 30 décembre 1958 ("Ordonnances Debré") qui prévoit dans son article 1er : « Dans les villes sièges de faculté de médecine, de facultés mixtes de médecine et de pharmacie, ou d'écoles nationales de médecine et de pharmacie, les facultés ou écoles et les centres hospitaliers organisent conjointement l'ensemble de leurs services en centres de soins, d'enseignement et de recherche, conformément aux dispositions de la présente ordonnance. Ces centres prennent le nom de centres hospitaliers et universitaires »[3]. L'ordonnance a été préparée par le Comité interministériel présidée par le Professeur Robert Debré. Les CHU ont servi de modèle à la création de centres hospitaliers universitaires vétérinaires.

Personnel médical hospitalier et universitaire[modifier | modifier le code]

La création des centres hospitaliers universitaires a permis l'émergence d'un statut mixte hospitalier et universitaire, se caractérisant par plusieurs corps médicaux dont la nomination est conjointe entre université et hôpital. Employés par leur université, et nommés sur un emploi hospitalier et universitaire, ils sont rattachés à un service hospitalier et un département universitaire, le plus souvent au sein d'un laboratoire de recherche. Les fonctions des personnels hospitaliers et universitaires sont triples : une mission de soins, d'enseignement et de recherche ; la valence entre leurs différentes fonctions n'étant pas précisée par les textes.

Parmi ces personnels dits bi-appartenants, on distingue :

Ces personnels sont gérés conjointement par le ministère chargé de l'enseignement supérieur, par l'intermédiaire de leur université de rattachement, et par le centre national de gestion pour la partie hospitalière de leur activité. La rémunération de ces personnels a la particularité d'associer un traitement universitaire et un émolument hospitalier, seule une partie de leur rémunération étant soumise aux cotisations salariales et de retraite. La valence entre leurs trois missions professionnelles n'est pas définie par voie réglementaire.

Rapidement après la création des CHU, il est apparu que l'activité hospitalière de soins ne pouvait être assurée exclusivement par un personnel bi-appartenant car leur service hebdomadaire n'est pas totalement dévoué à l'hôpital. Ils peuvent être amenés à intervenir au sein des universités ou des unités de recherche au titre de leur activité d'enseignement et de recherche. Les praticiens hospitaliers assurent ainsi au sein des CHU une activité de soins, en qualité de salarié mono-appartenant de l'hôpital dans lequel ils sont nommés. Dans les faits et grâce à un statut particulier, les praticiens hospitaliers nommés en CHU peuvent être amenés à participer à l'activité d'enseignement et de recherche, par exemple via l'enseignement aux étudiants hospitaliers ou l'activité de recherche clinique.

Un rôle régional[modifier | modifier le code]

Les CHU ont sur le plan sanitaire une vocation régionale et jouent un rôle premier dans la planification régionale. Il en existe au moins un par région métropolitaine. Font exception la région Rhône-Alpes avec 3 CHU (Lyon, Grenoble, Saint-Étienne) et les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur (Marseille et Nice), Pays de la Loire (Angers et Nantes), Languedoc-Roussillon (Montpellier et Nîmes) et Bretagne (Brest et Rennes) avec chacune deux CHU. En revanche, la Corse n'en compte aucun.

Les CHU sont décomposés en plusieurs sites, bénéficiant d'un plateau technique et biologique lourd leur permettant de proposer une offre de soins complète et d'atteindre une taille critique.

Actes spécifiques[modifier | modifier le code]

Les actes pratiqués uniquement dans les CHU représentent 5,5 % seulement de leur activité de médecine, chirurgie et obstétrique[4].

Prérogatives des CHU[modifier | modifier le code]

Les CHU exercent des missions supplémentaires par rapport à un centre hospitalier :

  • l'enseignement et la formation des étudiants médicaux et paramédicaux ;
  • la recherche qu'elle soit clinique, fondamentale ou translationnelle en lien avec une université, l'INSERM ou le CNRS)
  • l'activité de recours et de référence, concernant les maladies rares.
  • certaines missions d'intérêt général (urgences, centre antipoison, etc.)

L'enseignement et la recherche[modifier | modifier le code]

  • Les CHU sont le terrain de stage et d'exercice d'un certain nombre d'étudiants médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes et pharmaciens en cours de formation, salariés de leur centre hospitalier universitaire de rattachement. En médecine, l'activité courante de soins est gérée par un étudiant en fin de formation, appelé interne sous la supervision d'un médecin titulaire. Les étudiants de deuxième cycle sont eux qualifiés d'externes ou étudiants hospitaliers.
  • Les études d'infirmier, d'aide-soignant, de manipulateur radio et d'autres professions paramédicales impliquent également la réalisation de stages hospitaliers, réalisés entre autres au sein des centres hospitaliers universitaires.
  • Comme expliqué précédemment, certains médecins hospitaliers sont également enseignants-chercheurs dans une université.

L'activité de recours[modifier | modifier le code]

L'activité de recours se justifie par une offre de soins régionale complète, impliquant médecins libéraux, salariés et hospitaliers. Les CHU se caractérisent par un plateau technique et biologique plus développé, et des services dont la tendance est à la surspécialisation.Ainsi, un patient hospitalisé au sein d'un service de CHU doit théoriquement y avoir été adressé par son médecin référent, quel que soit son mode d'exercice (public, salarié, libéral). Les patients accueillis en CHU sont ainsi préférentiellement en impasse diagnostique ou thérapeutique. Ils peuvent également être traités dans le cadre de maladies rares, pour lequel le CHU est étiqueté centre de référence. L'activité de soins implique généralement des interlocuteurs de santé différents, nécessitant une coordination dans le parcours de soins.

Liste[5][modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte de France des CHU, Reseau-chu.org
  2. CHU ou CHRU ?, Reseau-chu.org
  3. Alexandre Dhordain, Le CHU, l'hôpital de tous les défis : Jubilé des CHU, Editions Privat,‎
  4. La Sécu «droguée» à la dette, s'alarme Migaud, Le Figaro, 9 septembre 2011
  5. Carte de France des CHU, Reseau-chu.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Réseau CHU, site consacré à l'actualité des CHU en France