Céramique coréenne

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Encensoir coréen en céladon, de la dynastie Goryeo (du Xe au XIVe siècles)

La céramique coréenne reçoit très tôt l'influence de la céramique chinoise, dès l'occupation d'une partie du pays par la Chine de 108 avant Jésus-Christ à 313 après Jésus-Christ. C'est à ce moment qu'apparurent les premiers fours élaborés, sans doute au plus tard vers le IIIe siècle après Jésus-Christ[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Poterie des Trois Royaumes[modifier | modifier le code]

Les Trois Royaumes de Corée (57 avant J.-C. - 668 après J.-C.), appelés Silla, Goguryeo et Baekje, virent le début de l'histoire de la poterie coréenne. Des poteries grossières pour l'usage domestique furent produites dans de nombreux fours. Dans le même temps, un certain nombre de statues très élaborées de personnages royaux, de gardiens et de chevaux, analogues aux statuettes de la dynastie des Han en Chine, furent fabriquées pour l'usage domestique, pour les sanctuaires votifs impériaux, et aussi, afin de servir d'escorte aux morts dans les tombes royales et dans les tombes des nobles ; certaines des pièces de cette époque furent tournées à l'aide d'un tour de potier, tandis que d'autres étaient façonnées simplement selon la technique du colombin.

Royaume de Silla[modifier | modifier le code]

Pendant la période Silla unifiée (668–935), la poterie était de forme, de style et de couleur simples.

Les fours de cette époque étaient en concurrence avec les céramiques chinoises. Les maîtres de la céramique coréenne décidèrent de distinguer la porcelaine baekja, ou la porcelaine blanche de Corée, par rapport aux importations de porcelaine chinoise, en conservant la simplicité des motifs, dès lors que les problèmes pratiques liés à l'obtention d'une glaçure d'un blanc pur seraient résolus. De fait, des datations de glaçures remontant à cette époque ont révélé du céladon, ou encore une patine ayant l'aspect du jade, sous la glaçure blanche.

Dynastie Goryeo[modifier | modifier le code]

Brûle-encens en céladon, de la dynastie Goryeo

La dynastie Goryeo (918 - 1392) réalisa l'unification des Trois Royaumes Postérieurs, sous le règne du roi Taejo. Les œuvres de cette époque sont considérées par certains comme étant les œuvres de petite dimension les plus belles de l'histoire de la céramique coréenne.

L'art de la céramique produisit alors des pièces de céladon raffinées, qui surprennent tant par leur complexité, pour certaines, que par leur moderne simplicité, pour d'autres.
C'est pendant cette période que se développèrent les motifs incisés, les poissons et les insectes stylisés, les panneaux elliptiques, les décorations fleuries ou géométriques, ou encore les motifs de feuillage. Les glaçures des céladons étaient en général de diverses couleurs, allant d'une couleur brune à des glaçures pratiquement noires. Les glaçures du céladon pouvaient être rendues pratiquement transparentes, pour mettre en valeur les incrustations noires et blanches.

Les formes que l'on voit en général sont des bouteilles à épaulement, de grands bols bas, ou des bols plus petits et de faible profondeur, des boîtes à fard très élaborées, ou des petites coupes incrustées ; mais la céramique bouddhiste a aussi produit des vases larges, des coupes à chrysanthèmes qui sont souvent d'une architecture spectaculaire, sur leur socle, avec leurs motifs de fleurs de lotus. Des bols à aumones à bord incurvé ont également été trouvés. Les coupes pour boire le vin sont souvent pourvues d'un long pied, pour être posées sur un réceptacle en forme de plat.

Dynastie Joseon[modifier | modifier le code]

Vers le milieu de la dynastie Joseon (1392 - 1910), vers la fin du XVIIe siècle, les potiers coréens produisirent des céramiques « bleu et blanc », faisant appel à l'oxyde de cobalt.

Toute cette période fut l'âge d'or de la céramique coréenne, au cours de laquelle eut lieu une longue croissance de la production, tant des fours impériaux que des fours provinciaux.

Les styles principaux en étaient le céladon, la porcelaine blanche, la porcelaine « bleu et blanc ».
L'influence de l'idéal confucéen se traduisit par une recherche d'un style plus simple, plus épuré que ce que l'on trouvait en Chine, que ce soit sous les Ming ou sous les Qing. Les céladons portaient des motifs bouddhistes, fleurs de lotus et saules.
La porcelaine coréenne blanche connut également une grand popularité au XVe siècle, et était souvent décorée de cuivre.

La fin du XVIe siècle voit le Japon envahir la Corée (« guerres des potiers »), et ramener de force au Japon de nombreux potiers coréens, ce qui permettra le développement de l'industrie de la porcelaine au Japon[2].

Porcelaine pour l'exportation[modifier | modifier le code]

Presque toutes les exportations de porcelaine de Corée étaient destinées au Japon. À la fin du XVIIe siècle naquit la pratique d'envoyer au Japon des modèles de céramique représentés sur papier, puis, après approbation par le commanditaire, d'en effectuer la fabrication en Corée.

Fours[modifier | modifier le code]

Four coréen au village de Yangdong (Gyeongju)

L'une des raisons du succès de la céramique coréenne tient à ses fours à chambre inclinée, qui furent utilisés pendant toute la période Joseon. Ils furent ensuite exportés au Japon, où ils furent rebaptisés noborigama.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]