Cé qu'è lainô

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Cé qu'è lainô (frp)

Celui qui est en haut

Partition du Cé qu'è lainô accompagné des paroles des quatre couplets chantés usuellement
Partition du Cé qu'è lainô accompagné des paroles des quatre couplets chantés usuellement

Hymne cantonal de la Flag of Canton of Geneva.svg République et canton de Genève
Musique inconnu
1603

Le Cé qu'è lainô est l'hymne de la République et canton de Genève (Suisse), qui raconte l'histoire de l'Escalade. Composé vers 1603 par un auteur inconnu après l'attaque du duc de Savoie contre la ville, il est rédigé en arpitan genevois, son titre signifiant en français « Celui qui est en haut ». Seules les strophes 1, 2, 4 et 68 sont chantées durant les cérémonies comme l'Escalade (commémorant la victoire contre le duc de Savoie de 1602) ou la prestation de serment du Conseil d'État.

Le Cé qu'è lainô constitue un document-charnière, illustrant la lutte qui était engagée depuis des siècles entre l'arpitan et le français, la première charte genevoise rédigée en français et non en latin datant de 1260. Son auteur ne peut être qu'un témoin oculaire de l'Escalade car tous les détails sont vrais. Un déséquilibre est néanmoins évident : sur 68 strophes, une trentaine sont consacrées à l'exécution des prisonniers savoyards.

Une chose reste sûre : le Cé qu'è lainô est postérieur au premier récit de l'Escalade, le Vray Discours de la miraculeuse délivrance. En effet, certaines expressions de celui-ci sont presque reprises textuellement par la chanson. Ce n'est ainsi pas sans raison qu'elles ont été choisies pour devenir le chant national genevois, cette courte sélection (trois strophes sur quatre remercient Dieu), se résumant toutefois à une action de grâces.

Texte[modifier | modifier le code]

Version originale en arpitan Traduction française
1

Cé qu'è lainô, le Maitre dé bataille,
Que se moqué et se ri dé canaille,
À bin fai vi, pè on desande nai,
Qu'il étivé patron dé Genevouai.

1

Celui qui est en haut, le Maître des batailles,
Qui se moque et se rit des canailles
A bien fait voir, par une nuit de samedi,
Qu'il était patron des Genevois.

2

I son vegnu le doze de dessanbro,
Pè onna nai asse naire que d'ancro;
Y étivé l' an mil si san et dou,
Qu' i veniron par là ou pou trè tou.

2

Ils sont venus le douze de décembre,
Par une nuit aussi noire que d'encre;
C'était l'an mil six cent et deux,
Qu'ils vinrent par là un peu trop tôt.

4

Petis et grans, ossis an sevegnance:
Pè on matin d' onna bella demanze,
Et pè on zeur qu' y fassive bin frai,
Sans le bon Di, nos étivon to prai!

4

Petits et grands, ayez en souvenance
Par un matin d'un beau dimanche,
Et par un jour où il faisait bien froid,
Sans le bon Dieu, nous étions tous pris!

68

Dedian sa man il y tin la victoire,
À lui solet en démure la gloire.
À to zamai son Sain Non sai begni!
Amen, amen, ainsi, ainsi soit-y!

68

Dedans sa main il tient la victoire,
À lui seul en demeure la gloire.
À tout jamais son Saint Nom soit béni,
Amen, amen, ainsi, ainsi soit-il!

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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