Cámara Santa d'Oviedo

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43° 21′ 44″ N 5° 50′ 34″ O / 43.3622, -5.84288 La Cámara Santa, dans la cathédrale San Salvador d'Oviedo, composée d'une pièce en sous sol, la crypte de Léocadie, et d'une pièce en rez-de-chaussée, est le lieu d'exposition de chefs d'œuvre d'orfèvrerie, et du Suaire d'Oviedo.

Présentation[modifier | modifier le code]

Édifiée au début du IXe siècle, par Alphonse II le Chaste (791835) pour abriter un coffre contenant d'insignes reliques rapportées de Tolède après la chute du royaume wisigoth.

La Cámara Santa a été transformée à l'époque romane, puis détruite par une explosion de dynamite en 1934. Reconstituée, elle a retrouvé maintes œuvres d'art.

Dans le vestibule, six groupes d'apôtres forment un ensemble de statues-colonnes stylisées qui comptent parmi les œuvres les plus magistrales de la sculpture espagnole romane du XIIe siècle. Remarquer également la tête du Christ au-dessus de l'entrée. Les statues-colonnes 1 Les statues-colonnes 2

L'artiste a été influencé par le Portique de la Gloire de la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, ce qui n'est pas surprenant car la Cámara Santa fait l'objet d'un détour très fréquenté sur le chemin des pèlerins. Comme le disait les pèlerins « Qui a esté à Sainct Jacques / Et n'esté à Sainct Salvateur / A visité le serviteur / Et a laissé le Seigneur

Les chapiteaux qui surmontent les colonnes présentent le mariage de Joseph et Marie, les Saintes Femmes au tombeau, des scènes de chasse au lion et au sanglier.

Le trésor de la Cámara Santa[modifier | modifier le code]

L'abside abrite un trésor composé de pièces d'orfèvrerie ancienne tout à fait remarquables.

La « Croix des Anges »[modifier | modifier le code]

La Chronique de Silos raconte que deux pèlerins, orfèvres de métier, se présentèrent, au sortir de l'église d'Oviedo, au roi Alphonse II le Chaste qui accepta leurs services. Or ces mystérieux pèlerins n'étaient autres que des anges, qui disparurent dès le lendemain.

Cette légende, qui donna son nom à cette croix refléterait une vérité historique, la venue à Oviedo d'orfèvres formés outre Pyrénées, peut-être envoyés par Charlemagne au roi Alphonse II.

Une inscription gravée au revers précise qu'elle fut commandée par le roi Alphonse II et achevée en 808[1].

C'est un reliquaire sous forme de croix grecque, qui rappelle les prototypes hispano-gothiques ou carolingiens, avec un disque dans le centre ; l'âme de bois est plaquée en or et rehaussé de cabochons et de camées antiques.

Dérobée en 1977, la Croix des Anges a pu être retrouvée puis restaurée.

La « Croix de la Victoire »[modifier | modifier le code]

Commandée par Alphonse III à l'atelier royal du château de Gauzon, elle date de l'an 908. Recouverte d'or ciselé et de pierreries qui fut portée, selon la légende, par Pelage lors de la victoire de Covadonga.

Ce chef-d’œuvre de filigrane d'or rehaussé de cabochons et de camées antiques a très tôt passé pour le symbole du petit royaume asturien : en effet, sa forme reproduit, dit-on, la légendaire croix de lumière apparue à Pélage lors de la Bataille de Covadonga, par analogie avec la vision qu'aurait eue Constantin (272-306-337) à la Bataille du pont Milvius en l’an 312. Aussi cette croix figurera-t-elle partout dans les fresques et manuscrits asturiens et mozarabes.

Le « Coffret aux Agates »[modifier | modifier le code]

Don du roi Fruela II (924-925) et de la reine Nunilo, il présente un couvercle en forme de pyramide tronquée. Au sommet, une petite plaque d'orfèvrerie d'origine carolingienne atteste une fois de plus le rôle essentiel que joue la notion de remploi dans cet art du haut Moyen Âge. Il s'agit, semble-t-il, d'un élément offert par Charlemagne au souverain d'Oviedo. Les arcades que forme le revêtement d'or encadrant les surfaces d'agate (ou d'onyx ?) évoquent l'architecture. Le Coffret aux Agates.

Le « Livre des Testaments »[modifier | modifier le code]

Il date des années 1126-1129, nom du recueil de donations et de legs faits par les souverains à la cathédrale d'Oviedo. C’est un somptueux ouvrage de 37 x 23 centimètres, dont les textes sont rédigés dans l'antique écriture mozarabe, presque partout abandonnée à cette époque. Il est orné de treize illustrations purement romanes d'une grande beauté. Le livre des Testaments, les couvertures. Le livre des Testaments, une page. autre page

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est-à-dire en 846 de l'ère de saint Idace (388-470), qui compte 38 ans de plus, et en usage dans l'Espagne du haut Moyen Âge, ainsi que l'inscription en fait foi.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]