Byōbu

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Un byōbu à six feuilles du XVIIe siècle.

Les byōbu (屏風?, littéralement « mur de vent ») sont des paravents japonais faits de plusieurs feuilles articulées et décorés avec des peintures et de la calligraphie. Ils sont utilisés notamment pour séparer les intérieurs et clore des espaces privés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup d'arts et d'artisanats japonais, les paravents trouvent leur origine en Chine, où des exemplaires datant de la dynastie Han ont été découverts. Les byōbu, comme leur nom l'indiquent, ont pour but originel d'empêcher le vent de souffler dans les pièces. Ils sont introduits au Japon au VIIIe siècle, quand des artisans japonais commencent à fabriquer leurs propres byōbu, alors hautement inspirés de leurs modèles chinois. La structure et la conception des byōbu, tout comme leur matériaux et les techniques utilisées, varient avec les différentes périodes de l'histoire du Japon :

Époque de Nara[modifier | modifier le code]

La forme originale du byōbu est un simple panneau monté sur des pieds. Au VIIIe siècle, des byōbu à feuilles multiples font leur apparition, et sont utilisés comme ameublement à la cour impériale, principalement durant les cérémonies importantes. Les byōbu à six feuilles sont les plus communs à l'époque de Nara, et sont couverts de soie et reliés par des cordes de soie ou de cuir. La peinture de chaque feuille est encadrée par un brocard en soie, et le panneau est lié sur une armature en bois.

Époque Heian[modifier | modifier le code]

Au IXe siècle, les byōbu sont des meubles indispensables des résidences des daimyo, des temples bouddhistes et des sanctuaires shinto. Les zenigata (銭形?), des charnières métalliques en forme de pièces, sont introduites et remplacent massivement les cordes de soie pour relier les feuilles.

Époque de Muromachi[modifier | modifier le code]

Juraku-dai byôbu-zu, fin du XVIe siècle

Les paravents deviennent plus populaires, et trouvent place dans de nombreuses résidences, dojos et boutiques. Les byōbu à deux feuilles sont communs, et des charnières de papier recouvertes se substituent aux zenigata, ce qui les rend plus légers à transporter, plus faciles à plier, et plus résistants aux jointures. Cette technique permet aussi aux représentations d'être ininterrompues, ce qui encourage les artistes à peindre de somptueux paysages célèbres et des scènes de la nature, souvent en monochrome.

Les charnières de papier, bien que résistantes, requièrent que l'infrastructure des paravents soit aussi légère que possible. Des treillis de bois tendre sont construits en utilisant des ongles en bambou spéciaux qui permettent au treillis d'être aplati le long de ses bords pour être droits, carrés, et de la même taille que les autres panneaux du byōbu.
Les treillis sont recouverts d'une ou plusieurs couches de papier tendus sur leur surface comme une peau de tambour, pour fournir un appui plat et solide aux peintures qui sont plus tard montées sur le byōbu. La structure résultante est à la fois légère et durable, bien que relativement fragile, un doigt posé sur la structure hors d'un élément de treillis ayant toutes les chances de traverser et de faire un trou dans le panneau. Après la mise en place des peintures et brocards, une armature de bois laqué (typiquement, noire ou rouge sombre) est installée pour protéger la bordure extérieure du byōbu, et des décorations complexes en métal (bandes, angles droits, et goujons) sont appliquées sur l'armature pour protéger la laque.

Époque Azuchi Momoyama et début de l'époque d'Edo[modifier | modifier le code]

Matsuura byôbu, Iwasa Matabei, v. 1650

La popularité des byōbu continue d'augmenter, avec la croissance de l'intérêt de la population pour les arts et artisanats à cette période. Les byōbu décorent les maisons des samouraïs, servant de marques de rang et démontrant la richesse et le pouvoir de leur propriétaire. Cela initie des changements radicaux dans la fabrication des byōbu, avec des décors faits de feuille d'or (金箔, kinpaku?) et des peintures très colorées représentant la nature et des scènes de la vie quotidienne.

De nos jours[modifier | modifier le code]

Les byōbu sont généralement fabriqués en série, et de qualité réduite. Cependant, il est toujours possible de se procurer des byōbu faits à la main, surtout produits par des familles qui préservent la fabrication artisanale traditionnelle.

Types[modifier | modifier le code]

Matsuura byôbu (partie de droite), Iwasa Matabei, v. 1650

Les byōbu sont qualifés selon leur nombre de feuilles. Le tsuitate (衝立?) est un paravent à une feuille. Cet écran est le format le plus ancien. On en trouve fréquemment dans les magasins, les restaurants et d'autres lieux. Le nikyoku byōbu (二曲屏風?) ou nimaiori byōbu (二枚折屏風?) est un paravent à deux feuilles. Apparu au milieu de l'époque de Muromachi, il est indissociable des pièces où se tient la cérémonie du thé, et est placé au bout du tapis de l'hôte pour le séparer de la zone de l'invité. Il mesure généralement 60 cm de haut pour 85 de large. Le nikyoku byōbu est également appelé furosaki byōbu (風炉先屏風?) dans le contexte de la cérémonie du thé. Le yonkyoku byōbu (四曲屏風?), ce paravents à quatre feuilles est utilisé dans les couloirs aux époques de Kamakura et Muromachi et, plus tard, durant les cérémonies du seppuku et dans les salles d'attente des maisons de thé de la fin de l'époque d'Edo. Le rokkyoku byōbu (六曲屏風?) ourokumaiori byōbu (六枚折屏風?) est un paravent à six feuilles, le format le plus répandu, et mesure approximativement 1,5m de haut, pour 3,7 m de large. Le jūkyoku byōbu (十曲屏風?), ce format de paravent à dix feuilles est plutôt récent et est utilisé en arrière-plan dans de grands endroits tels que les hôtels et les halls de conventions.

Paravent à six feuilles représentant l'arrivée des Portugais au Japon.

Les paravents japonais sont aussi classés selon leur usage ou leur thème.

Le ga no byōbu (賀の屏風?) littéralement « écrans de longévité », est supposé être utilisés depuis l'époque Heian pour célébrer la longévité au travers des waka (poèmes) peints dessus, embellis par des peintures d'oiseaux et de fleurs des quatre saisons. Le shiro-e byōbu (白絵屏風?) est un paravent peint à l'encre ou au mica sur des surfaces de soie blanche, largement utilisés durant l'époque d'Edo pour les cérémonies de mariage et encore plus pour les lieux où les bébés viennent au monde, ce qui leur vaut le surnom de panneau de lieu de naissance ou ubuya byōbu (産所屏風?). Ils représentent des grues et des tortues avec le pin et le bambou, ainsi que des phénix. Le makura byōbu (枕屏風?) ou « écran oreiller » est un paravent de 50 cm de haut, généralement à deux ou quatre feuilles, utilisés dans les chambres pour poser des vêtements et d'autres accessoires, ainsi que pour préserver la vie privée. Le koshi byōbu (腰屏風?) est légèrement plus grand que le makura byōbu, et était utilisé à l'époque Sengoku, placés derrière l'hôte pour rassurer les invités, en leur prouvant que personne ne se cache derrière le paravent.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]