Testicule

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Testicule droit humain.

Le testicule (testes) est la gonade mâle des animaux. Il appartient à l'appareil reproducteur masculin. Il a une double fonction, plus ou moins exprimée selon les périodes de la vie :

  • spermatogenèse (production de spermatozoïdes) ;
  • stéroïdogenèse (fonction hormonale, active in utero lors de la différenciation sexuelle, puis brièvement dans les premiers mois suivant la naissance, puis à partir de la puberté jusqu'à la fin de la vie).

Tous les mammifères possèdent des testicules jumelés. Chez la plupart des espèces, ils migrent lors de l'embryogenèse et deviennent externes, dans une poche qui s'appelle le scrotum. Seules quelques espèces (mammifères marins) ont des testicules internes.

Anatomie humaine[modifier | modifier le code]

Scrotum contenant les testicules humains.

Les testicules de l'homme sont des organes pairs et symétriques situés à l'extérieur du pelvis dans le scrotum afin d'être à une température inférieure à celle de l'abdomen (°C en moins). Chaque testicule adulte mesure environ 3 cm de haut, 2 cm de large et 5 cm de profondeur pour un poids d'environ 20 grammes[1].

Les testicules comportent une coque lisse et blanc nacré appelée albuginée du testicule (tunica albuinea testis), elle est épaisse, solide et inextensible. Sur ses faces latérale et caudale, le testicule est entouré par une « cavité vaginale testiculaire », reliquat de cœlome interne. Au sommet du testicule on retrouve l'épididyme séparé du testicule par le « sillon épididymaire ». La disparition de ce dernier est le signe d'une pathologie de l'épididyme tel qu'un cancer. À son pôle caudal, le testicule est fixé au scrotum par le gubernaculum testi.

L'albuginée envoie des cloisons ou « septa » (pluriel de septum qui veut dire cloison) découpant le testicule en environ 300 lobules testiculaires contenant les tubes séminifères (tubuli seminiferi recti). Les tubes séminifères contenus dans l'albuginée sont le siège de la spermatogenèse. Ces tubes sont tapissés d'une couche de cellules nourricières (cellules de Sertoli). Ces tubes débouchent sur l'épididyme (epididymis), où les spermatozoïdes neufs maturent.

Entre les tubes séminifères se trouvent les cellules de Leydig, qui produisent différentes hormones stéroïdes.

Vascularisation[modifier | modifier le code]

Elle est terminale, effectuée par 3 artères.

  • Dans le cordon spermatique, l'artère et les veines spermatiques accompagnent le canal déférent. Au contact de l'épididyme, ces vaisseaux se divisent pour donner les vaisseaux testiculaires, les vaisseaux épididymaire antérieur et postérieur qui vascularisent respectivement la tête et la queue de l'épididyme.
  • Les vaisseaux testiculaires (1 artère et 4 veines) perforent l'albuginée en un point précis. Le canal déférent est vascularisé par une artère qui lui est propre, l'artère déférentielle.
    Chez l'embryon et le jeune enfant, il existe une anastomose entre les artères épididymaire postérieure, déférentielle et funiculaire (destiné au muscle crémaster). Cette anastomose ne peut pas se suppléer à l'artère spermatique et en cas de torsion du testicule la circulation sanguine est coupée et le testicule se nécrose au bout de 5-6 h (La torsion testiculaire est une urgence chirurgicale).

Développement[modifier | modifier le code]

Embryogenèse chez les mammifères[modifier | modifier le code]

Les testicules se forment de manière précoce :

La future qualité et quantité de spermatozoïdes produits de la puberté à la fin de vie dépendra en grande partie de la gamétogenèse fœtale et de la capacité des gonocytes à se transformer en spermatogonies souches ; la suppression expérimentale d'une partie de ces cellules chez l'embryon conduit à une diminution de la production spermatique chez l'adulte [3].

Maturation sexuelle[modifier | modifier le code]

Les cellules de Sertoli se multiplient activement jusqu’à la puberté. Elles ne seront ensuite jamais renouvelées.

Physiologie[modifier | modifier le code]

Anatomie génitale interne de l'homme

Comme les ovaires auxquels ils sont homologues, les testicules font partie de l'appareil reproducteur (en tant que gonades) et du système endocrinien (en tant que glandes endocrines). Leurs fonctions, respectivement, sont :

Les spermatozoïdes sont produits entre la puberté et la vieillesse à partir de cellules souches germinales (spermatogonie) qui subissent la méiose. Lors de la stimulation sexuelle, les spermatozoïdes sont expulsés des testicules et prennent part à la constitution du sperme, évacué par le pénis lors de l'éjaculation.

Les hormones stéroïdes sont la testostérone principalement et les autres androgènes. Il existe des hormones peptidiques comme Insulin-like 3.

Les deux fonctions du testicule, la spermatogenèse et la production de testostérone, sont régulées par des gonadostimulines : l'hormone lutéinisante (LH) et l'hormone folliculo-stimulante (FSH). Ces hormones sont produites, sur ordre de l'hypothalamus par l'hypophyse située à la base du cerveau.

Les bourses se rétractent et s'étendent afin de réguler leur température. Les spermatozoïdes doivent être produits à une température légèrement inférieure à celle du corps, environ 33 à 34 °C[4] ; c'est ce qui explique que les testicules sont suspendus en dehors du corps.

Les testicules sont extrêmement sensibles au contact ; leur stimulation légère peut produire un plaisir sexuel intense, mais tout choc ou blessure a tendance à être extrêmement douloureux (sensibilité nociceptive).

Techniques d'exploration[modifier | modifier le code]

  • La palpation permet d'apprécier l'absence de nodule et la relative symétrie de leur taille.
  • La transillumination avec une simple lampe de poche est un examen très simple permettant de s'assurer de l'absence de corps étrangers (débris métalliques par exemple) ou d'épanchement liquidien (sanguin le plus souvent).
  • Si besoin, on peut procéder à une échographie.
  • Pour s'assurer de sa viabilité, faire pratiquer un spermogramme.

Il faut absolument éviter de pratiquer tout examen radiologique de cette zone, les rayons X nuisant gravement aux spermatozoïdes.

Pathologies[modifier | modifier le code]

Les maladies les plus fréquentes des testicules sont :

Des pantalons trop isolants (comme les pantalons de ski produisant une température trop élevée) ou trop serrés (jeans), ainsi que l'exposition prolongée à une source de chaleur (batterie d'ordinateur portable par exemple) sont une cause fréquente de stérilité transitoire.

Le syndrome de dysgénésie testiculaire (TDS) semble de plus en plus fréquent et pourrait avoir pour origine une contamination du fœtus par des perturbateurs endocriniens[5],[6].

Si un testicule est enlevé chirurgicalement (orchidectomie) ou détruit par maladie ou accident, on peut se servir de prothèses testiculaires pour simuler l'apparence du testicule perdu. Les premières prothèses, après la Première Guerre mondiale étaient faites d'une simple balle de ping-pong. L'ablation des deux testicules s'appelle la castration. La stérilisation masculine par vasectomie n'implique pas l'ablation des testicules ; ils poursuivent leurs fonctions normales. La vasectomie est l'enlèvement d'une partie du canal déférent, de façon à empêcher les spermatozoïdes de sortir lors de l'éjaculation.

Usage en gastronomie[modifier | modifier le code]

Testicules de taureaux sur un marché en Italie

Les testicules des animaux s'appellent animelles ou rognon blanc. Les animelles font partie des aliments à cuisiner dans certains pays (Italie, Espagne où on les nomme criadillas, Belgique, États-Unis (Rocky Mountain oysters)). On peut les servir avec des frites ou avec une sauce qui convient avec des tripes, chaudes ou froides. Pas mal de gens pensent erronément que les choesels bruxellois sont préparés avec des animelles ; ce mets est en réalité composé de pancréas de bœuf.

Certains testicules d'animaux sont aussi consommés pour leurs prétendus effets aphrodisiaques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir ce site
  2. Habert R, Lejeune H, Saez JM. Origin, differentiation and regulation of fetal and adult Leydig cells. Mol Cell Endocrinol 2001 ; 179 : 47-74.
  3. Orth JM, Gunsalus GL, Lamperti AA. Evidence from Sertoli cell-depleted rats indicates that spermatid number in adults depends on numbers of Sertoli cells produced during perinatal development. Endocrinology 1988 ; 122 : 787-94.
  4. Hyperthermie scrotale [PDF]
  5. Sharpe RM, Irvine DS. How strong is the evidence of a link between environmental chemicals and adverse effects on human reproductive health? Br Med J 2004 ; 328 : 447-51.
  6. Skakkebaek NE, Rajpert-De Meyts E, Main KM. Testicular dysgenesis syndrome: an increasingly common developmental disorder with environmental aspects. Hum Reprod 2001 ; 16 : 972-8.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]