Bukittinggi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Bukittinggi ("haute colline" en malais) est la deuxième ville de la province indonésienne de Sumatra occidental. Sa population est de 91 000 habitants et sa superficie de 25,24 km2.

La ville est située dans les hautes terres du pays Minangkabau, à 90 km au nord-est de Padang, la capitale provinciale, au pied des volcans Singgalang (inactif) et Merapi (toujours actif). À 930 m au-dessus du niveau de la mer, la ville a un climat relativement frais, avec une température entre 16,1° et 24,9 °C.

Administrativement, Bukittinggi a le statut de kota. La ville est divisée en 3 kecamatan (districts) sur lesquels sont répartis 5 nagari (villages traditionnels) d'origine.

0° 18′ 20″ S 100° 22′ 09″ E / -0.3056, 100.36917

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1825, en pleine guerre des Padri, les Hollandais fondent Fort de Kock en haut d'une colline, lui donnant le nom du gouverneur-général des Indes néerlandaises de l'époque, Hendrik Merkus de Kock[1].

Une route reliant le fort à la côte ouest de Sumatra est construite de 1833 à 1841, passant par la gorge d'Anai, pour faciliter les mouvements de troupes[2]. En 1856, les Hollandais y créent une école normale d'instituteurs (kweekschool), la première à Sumatra, dans le cadre d'une politique d'éducation de la population locale[3]. Une voie ferrée est construite de 1891 à 1894, reliant Bukittinggi à Padang[4].

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la ville était le quartier général de la 25e Armée japonaise, qui occupait Sumatra[5].

Durant la révolution indonésienne, Bukittinggi abrite le "gouvernement d'urgence de la République d'Indonésie (Pemerintah Darurat Republik Indonesia ou PDRI) de décembre 1948 à juillet 1949. Les troupes hollandaises occupent la ville lors de leur seconde "action de police" en décembre 1948, après un bombardement de préparation. Les Hollandais rendent la ville à la république dans le cadre du transfert formel de souveraineté en décembre 1949[6].

La ville est officiellement rebaptisée Bukittinggi en 1949.

En février 1958, un mouvement d'opposition au gouvernement central de Jakarta proclame un "gouvernement révolutionnaire de la République d'Indonésie" (Pemerintah Revolusioner Republik Indonesia ou PRRI) à Bukittinggi. La ville est reprise par les troupes gouvernementales en mai de la même année.

  1. (en) Gaudenz Domenig, P Nas et Reimar Schefold, Indonesian Houses, Singapour, National University of Singapore Press,‎ 2004 (ISBN 978-9971-69-292-6, OCLC 58548434, LCCN 2004348943)
  2. (en) Freek Colombijn, « A Moving History of Middle Sumatra, 1600–1870 », Modern Asian Studies, vol. 39, no 1,‎ 2005, p. 1-38 (DOI 10.1017/S0026749X04001374)
  3. (en) Jan S. Aritonang, Mission Schools in Batakland (Indonesia), 1861-1940, Leyde (homonymie), BRILL,‎ 1994 (ISBN 978-90-04-09967-8, LCCN 93041413)
  4. Indra Krishnamurti, « History of Railways in Indonesia », sur keretapi.tripod.com,‎ 2004-12-09 (consulté le 3 octobre 2007)
  5. (en) Audrey Kahin, « Some preliminary observations on West Sumatra during the revolution », Indonesia, vol. 18, no Oct,‎ 1974, p. 76-117 (DOI 10.2307/3350695)
  6. (en) Audrey Kahin, Rebellion to Integration: West Sumatra and the Indonesian Polity, Amsterdam, Amsterdam University Press,‎ 1999, poche (ISBN 978-90-5356-395-3, LCCN 00336253)
Le canyon de Sianok

Tourisme[modifier | modifier le code]

Bukittinggi est une destination appréciée des "routards" européens en route depuis le lac Toba dans le nord de Sumatra vers Java en passant par la côte ouest de Sumatra.

Dans les environs, on peut visiter notamment le canyon de Sianok, le lac Maninjau et la vallée de Harau.

Sur les autres projets Wikimedia :