Buigny-lès-Gamaches

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Buigny-lès-Gamaches
La mairie.
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement d'Abbeville
Canton de Gamaches
Intercommunalité Communauté de communes interrégionale de Bresle Maritime
Maire
Mandat
Jérémy Moreau
2014-2020
Code postal 80220
Code commune 80148
Démographie
Gentilé les Bistiers
Population
municipale
390 hab. (2011)
Densité 82 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 01′ 30″ N 1° 34′ 03″ E / 50.025, 1.5675 ()50° 01′ 30″ Nord 1° 34′ 03″ Est / 50.025, 1.5675 ()  
Altitude Min. 84 m – Max. 116 m
Superficie 4,77 km2
Localisation

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Buigny-lès-Gamaches

Buigny-lès-Gamaches est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie.

Ses habitants sont appelés : bistier, bistière.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant la période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Attachés au roi avant 1789, les bistiers ont cependant accepté la Grande Révolution, se laissant entraîner par la cascade d’évènements de la fin du XVIIIe siècle, sûrement dans leur propre intérêt et dans un contexte immédiat et mouvementé.

Le 20 avril 1792, la France a déclaré la guerre à François II, roi de Bohême et de Hongrie, soutenu par la Prusse. Les armées austro prussiennes déferlent alors sur la France ; l’invasion est stoppée à Valmy cinq mois plus tard, le 20 septembre 1792. Le lendemain, à la première séance de la Convention, la royauté est abolie et fait place à la Première République. Mais, si la victoire de Valmy a fermé la France à l’invasion, elle ouvre aussi une période marquée par une longue série de revers, qui oblige la jeune République à un lourd effort de guerre.

À l’intérieur, les enjeux politiques ont fait apparaître le régime de la Terreur : sur un fond de guerres extérieures, les luttes intestines minent la nouvelle République. Après la victoire de Fleurus (1794), les succès militaires se succèdent, et le général Bonaparte affirme ses ambitions.

L'assemblée municipale de 1792[modifier | modifier le code]

En 1792, la municipalité de Buigny-lès-Gamaches se compose de M. Delattre, maire ; Laurent Rimbaut, procureur ; M. Holleville, officier et Pierre Maubert, greffier, qui avant de se marier en secondes noces à Buigny-lès-Gamaches le 22 février 1791 était clerc laïc dans la paroisse de Béthencourt-sur-Mer.

Le 4 novembre 1792, François Hermine obtient la majorité des suffrages à l’élection d’un officier public. Le 8 décembre suivant, à l’issue des vêpres, l’assemblée des citoyens de la commune réunis dans l’église paroissiale procède au renouvellement de la municipalité. Après le dépouillement, les trois scrutateurs proclament les résultats suivants :

Maire : Pierre Têtu
Officiers municipaux : Angély Prévost fils et Adrien Cahon
Procureur : J.B Stoup
Greffier : François Stoup
Notables : Pierre Devillepoix, Alexandre Delabre, Louis Stoup, François Hermine, Pierre Lotin et François Gest

Le 27 mai 1792, les citoyens actifs assemblés au son de la cloche nomment deux commissaires chargés de veiller à l’exécution des ordonnances du corps municipal : Joseph Chivot, maréchal et Pierre Têtu, tisserand.

Quant à l’officier public, il a la charge de rédiger les actes d’état-civil ; depuis 1792, c’est Pierre Holleville qui assume cette fonction, tant bien que mal…enfin plutôt mal que bien si l’on en croit la déclaration de l’agent national à l’assemblée municipale, le 5 Frimaire an III : « […] il est justant de remédier aux actes de naissances qui étions mal dirigés de l’an 1793 vieux stile ». Le même jour, le conseil désigne alors Antoine Sueur en lieu et place de M. Holleville, mais le lendemain le nouvel officier public donne sa démission ne se « santans pas capable d’en remplir laditte actte dans leur correction comme nettans pas illuminé assez des loys dont il s’agit pour le remplire et ne connaissant rien pour la table alfabeth […] ».

La paroisse de Buigny-lès-Gamaches[modifier | modifier le code]

La paroisse de Buigny-lès-Gamaches dépend d’Hélicourt, et depuis 1790 l’abbé Poiré, vicaire, dessert la petite paroisse bistière. Natif d’Embreville, il est alors âgé de 28 ans. Mais quand la Révolution éclate, il préfère quitter la France, et le 8 septembre 1792, les officiers municipaux lui délivrent un laissez-passer afin qu’il rejoigne l’Angleterre « par Le Tresport ou Cayeux […] pour se conformer au décret de l’Assemblée nationale du 26 août dernier relativement à la déportation des prêtres non assermentés dont il est du nombre et laissez-passer et prêter lui aide et assistance en cas de besoin ».

Le même jour, les officiers municipaux procèdent à l’inventaire « des ornements, vases sacrés, linges, chasubles et autres effets de la chapelle pour la célébration du service divin », comme l’exige le décret du 4 septembre 1792. Les ornements, aubes, linges de purification, nappes, calices, pattennes et un ciboire en argent avaient été prêtés par M. de Rohaut, tandis que les autres effets de la chapelle (chandeliers en cuivre, encensoir, croix, bancs, deux paniers pour distribuer le pain bénit, crucifix et un plat en cuivre) avaient été prêtés par la communauté villageoise au chapelain pour célébrer l’office divin. Enfin, les administrateurs du district d’Abbeville avaient fait don de cinq ornements, trois aubes, sept bandes d’étole, une nappe de communion, une bourse verte et « une petite boète aux saintes huiles ».

La paroisse ne possédant donc plus de vicaire, la municipalité décide, le 7 octobre 1792, d’accorder au desservant de Gamaches la somme de 3 livres, payable par quartier, pour dire la messe et remplir les besoins spirituels des paroissiens tous les dimanches et fêtes.

La première école primaire de Buigny[modifier | modifier le code]

Buigny-lès-Gamaches compte à cette époque 417 habitants. La Convention ayant songé à l’instruction du peuple et ordonné la création d’une école primaire dans toutes les communes de plus de 400 habitants, la municipalité désigna, lors de la séance du 30 Thermidor an II, le greffier de la commune François Stoup, comme « instituteur public » pour ouvrir l’école le 21 Brumaire an II : François Stoup, premier instituteur officiel de la commune ? Un doute subsiste… Si c’est le cas, il ne le fut pas plus de six années : dans une lettre du maire de Buigny-lès-Gamaches répondant à la directive du sous-préfet d’Abbeville « […] aux instituteurs publics de respecter les institutions républicaines », M. Delattre répond, le 15 Floréal an VIII : « […] il n’existe point d’instituteur dans la commune »… !?

Les bistiers et les armées républicaines[modifier | modifier le code]

Face aux énormes besoins des armées de la République, les communes sont obligées de répondre à de fréquents ordres de réquisitions : Blés, paille, voitures attelées de chevaux et fourrage. Mais, souvent, les cultivateurs de Buigny ne mettent, dans l’exécution de ces ordres, ni bonne volonté, ni empressement. Cette réticence vaut à la commune de Buigny-lès-Gamaches un vif rappel à l’ordre de la municipalité de Gamaches, le 28 Germinal an III, considérant ce manque d’approvisionnement lié à «l’égoïsme des cultivateurs de Bugni ». C’est pourquoi le lendemain, à 5 heures du matin, quatre divisions de la garde nationale de Gamaches, soit 48 hommes commandés par 4 officiers municipaux, restent en garnison chez le maire, les officiers municipaux et les cultivateurs réticents de Buigny, jusqu’à ce qu’ils aient fourni le blé réquisitionné, arriérés compris. De plus, la municipalité gamachoise prévient celle de Buigny-lès-Gamaches que « les membres composant cette force armée seront nourris et hébergés et paiés à chacun 25 sols par jour qui leur seront paié avant leur départ ».

Le 13 Vendémiaire an III, l’agent principal pour la fabrication des salpêtres du District d’Abbeville lance un appel aux communes pour qu’elles fournissent la poudre nécessaire aux armées républicaines. Le 16 Vendémiaire suivant, le citoyen bistier Modeste Devillepoix est nommé chef de l’atelier de fabrication du salpêtre de la commune de Buigny-lès-Gamaches. Le 28 Vendémiaire, il demande à la communauté du village de lui fournir « 6 bacquets pour lessiver les terres salpêtrées, 2 bacquets pour renvoier les eaux et 2 sceaux ». Le 19 Bruimaire suivant, tous les citoyens de la commune âgés de 12 à 60 ans sont réquisitionnés pour cueillir chacun « 3 bottes de poix de 30 livres », et les « porter dans une pièce de terre de 8 journaux occupée par Pierre Devillepoix tenant au plan du citoyen maire du lieu » (La terre nitreuse et les cendres de certains végétaux servaient à la fabrication du salpêtre).

La garde communale[modifier | modifier le code]

Un document du Nivôse an IV (le seul sur la garde nationale du village) réorganise la garde nationale de Buigny-lès-Gamaches à la suite de l’arrêté départemental du 28 Frimaire an IV :

Capitaine : Nicolas Prévost
Lieutenant : Jacques François Hermine
Sous-lieutenant : François Stoup
Sergent-major : Pierre Louis Lottin
Sergents : Pierre Lecat, Sulpice Stoup, Victorice Delamare, Vincent Horville
Caporaux : Pierre Turpin, Pierre Louis Horville, J.B Delattre, Jacques Hermine, Laurent Chivot, Laurent Rimbaut, Dominique Prévost, Louis Roy

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Une photo de l'école de Buigny-lès-Gamaches, prise dans les alentours de 1910, apparait dans tous les livres d'histoire. Sur cette photo vous pouvez lire la phrase suivante : "Le peuple qui a les meilleures écoles est le premier peuple, s'il ne l'est pas aujourd'hui il le sera demain" Jules Simon

lien vers la photo : [1]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires et adjoints successifs

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
2008 avril 2014 Dany Cahon    
avril 2014[1] en cours
(au 6 mai 2014)
Jérémy Moreau    
  • 1792-1808
Pierre TESTU, maire
Adrien CAHON, officier municipal
Angély PREVOST, officier municipal
  • 1808-1810
Modeste DEVILEPOIX, maire
  • 1810-1815
François DEVILLEPOIX, maire
  • 1815-1832
Pierre-Louis HOLLEVILLE
  • 1832-1848
François DEVILLEPOIX
  • 1848-1855
Alexandre DEVILLEPOIX
  • 1856-1857
données inconnues
  • 1858
Mr DUFRIEN
  • 1859-1864
données inconnues
  • 1865
Mr DUFRIEN
  • 1866-1875
données inconnues
  • 1876-1878
Théophile DUFRIEN, maire
Léon DELABRE, adjoint
  • 1879-1887
Chrysostôme DEVILLEPOIX, maire
Mr DELABRE, adjoint
  • 1888-1894
données inconnues
  • 1895-1900
Pierre DEVILLEPOX, maire
Léon DELABRE, adjoint
  • 1901-1902
Pierre DEVILLEPOIX, maire
Vincent FORESTIER, adjoint
  • 1903-1919
données inconnues
  • 1920-1921
Pierre DEVILLEPOIX, maire
Julien CAHON, adjoint
  • 1922-1934
données inconnues
  • 1935-1944
Maurice GRANDSIRE, maire
Julien CAHON, adjoint
  • 1945-1948
Raymond BARDOUX, maire
Julien CAHON, adjoint
  • 1948-1953
Jean DEVILLEPOIX, maire
Julien CAHON, adjoint
  • 1953-1959
Louis DEHEDIN, maire
Mr BARDOUX, adjoint
  • 1959-1965
Louis DEHEDIN, maire
Jean DEVILLEPOIX, adjoint
  • 1965-1971
Jean DEVILLEPOIX, maire
Roland ACOULON, adjoint
  • 1971-1977
Raymond BARDOUX, maire
Pierre CAHON, adjoint
  • 1977-1983
Pierre CAHON, maire
Amand CAHON, 1er adjoint
Gilbert RASSE, 2e adjoint
  • 1983-2001
Pierre CAHON, maire
Gilbert RASSE, 1er adjoint
Louis MOREL, 2e adjoint
  • 2001-2003*
Jacques BERTHE, maire
Fabienne AUZOU, 1er adjoint
Guy BARDOUX, 2e adjoint
*À la suite de la démission collective du conseil municipal, une nouvelle élection est organisée pour désigner un nouveau conseil.
  • 2003-2008
Jacques BERTHE, maire
Dany CAHON, 1er adjoint
Stéphane WADIER, 2e adjoint

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 390 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
405 375 417 468 492 506 512 508 493
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
486 504 523 498 518 501 513 507 469
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
431 452 450 386 406 419 410 446 453
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
462 461 471 428 440 403 400 405 390
2011 - - - - - - - -
390 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Notre-Dame des Fermes (oratoire).
  • Lieux-dits de la Ferme du Petit Selve et du Grand Selve, siège d'une ancienne commanderie des templiers citée en 1137 (Grant Soivre), en 1185 (Gerlandi Silve et Gerlande Selve) et au XVIIIe siècle (Grand Sœuvres). Il subsiste des vestiges de cet édifice.
  • Église Sainte-Marie-Madeleine.
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Eugène Chivot (1901-2001), auteur picardisant connu dans le Vimeu, né à Buigny.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 14 avril 2014, p. 14.
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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