Brun des pélargoniums

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Le Brun des pélargoniums (Cacyreus marshalli, Butler 1898) est un insecte lépidoptère de la famille des Lycaenidae, de la sous-famille des Polyommatinae et du genre Cacyreus.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Le Brun des pélargoniums, Cacyreus marshalli a été décrit par Arthur Gardiner Butler en 1897[1].

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

Le Brun des pélargoniums se nomme en anglais Geranium Bronze[1].

Description[modifier | modifier le code]

Le Brun des pélargoniums est un petit papillon d'une envergure de 15 mm à 23 mm pour le mâle, 18 mm à 27 mm pour la femelle, au dessus marron bordé d'une frange blanche entrecoupée de marron, avec aux postérieures une queue et un petit ocelle en position anale.

Le revers présente des dessins en lignes dans divers tons de marron, certains très colorés, et la même frange blanche entrecoupée de marron.

Les espèces ressemblantes (pour la présence de deux petites queues) sont Lampides boeticus et Leptotes pirithous.

Chenille[modifier | modifier le code]

Les chenilles, d'abord de couleur vert tendre changent de coloration, portent des marques roses formant des lignes sur le dos et des poils raides de couleur blanche, ce qui fait qu’on les confond avec les boutons floraux dans lesquels elles pénètrent (phénomène de mimétisme cryptique)[2].

Biologie[modifier | modifier le code]

Aux Baléares, on compte jusqu'à six générations du brun des pélargoniums par an.

En élevage, le cycle biologique dure en France autour d'un mois. Dans les Bouches-du-Rhône, l'adulte peut être observé dès le mois de janvier et jusqu'en mi-octobre en Charente.

Plantes hôtes[modifier | modifier le code]

La plante-hôte de sa chenille sont les Pelargonium et dit-on, les Geranium, Geranium sylvaticum, Geranium pratense, Geranium pyrenaicum, Geranium robertianum[1]. Mais des travaux de l'INRA montreraient que les Geranium indigènes ne seraient pas plantes-hôtes et que seuls les Pelargonium seraient concernés[3].

Carte de répartition. En vert : présent. En orange : présent dans certaines zones

Écologie et distribution[modifier | modifier le code]

Le Brun des pélargoniums est présent dans le sud de l'Afrique (Afrique du Sud, Mozambique, Zimbabwe), et a été introduit aux Baléares puis s'est étendue au Maroc, à l'Espagne, à la France et en Belgique. Elle est également repérée en Suisse (Tessin), en Autriche et en 2003 à Palerme (Sicile).

En France il est présent dans tout le sud jusqu'en Charente-Maritime,Charente, Dordogne, Lot, Cantal, Loire, Saône-et-Loire et Ain. Il a été signalé en Seine-Saint-Denis et dans le Haut-Rhin[4]

L'espèce étant originaire d'Afrique du Sud, des stades immatures sont, selon toute vraisemblance, introduits accidentellement aux Baléares par transport avec des “géraniums” (Pelargonium). Observée à Majorque en 1988, l'espèce envahit rapidement l'île, puis le reste des Baléares, débordant sur l'Espagne continentale. Dès 1991, un brun des pélargoniums est capturé à Bruxelles. En 1996, des colonies sont repérées près de Rome. En 1997, l'espèce, déjà présente en Catalogne, au Portugal et au Maroc et dans le sud de la France[5], est observée à Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales) ainsi qu'en Grande-Bretagne (Sussex).

L'expansion du brun des pélargoniums, soutenue par le goût des habitants des villes et des villages pour le “géranium” et l'absence de parasites et prédateurs spécifiques, n'a pas été freinée dans les dernières années par sa relative disparition des balcons, du fait des ravages causés par les chenilles de l'espèce qui se nourrissent de toutes les parties aériennes de la plante, notamment des fleurs et des bourgeons floraux. Il semblerait donc que son établissement en France, au moins dans les régions méditerranéennes, soit à présent réalisé. Pour certains, le réchauffement climatique favoriserait cette expansion.

Biotope[modifier | modifier le code]

Il réside dans les jardins et tous les lieux où sa plante-hôte est cultivée, parcs, balcons et autres.

Nuisible[modifier | modifier le code]

L'espèce est considérée comme nuisible et sa destruction est obligatoire[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c funet
  2. Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord de Tom Tolman, Richard Lewington,, éditions Delachaux et Niestlé, 1998 - (ISBN 2603011146)
  3. Tiberglien et Vesco, INRA Brun des pélargoniums un insecte envahissant
  4. a et b lepinet
  5. M. Tarrier, «  Cacyreus marshalli, espèce nouvelle pour la France, le Portugal et le Maroc », dans « Alexanor » n° 20, 3, 1997 (p. 134-144).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Liens taxonomiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Cacyreus marshalli
  • T. Tolman / R. Lewington, Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, Lausanne-Paris, 1999 (p. 80).
  • J.P. Arnaud, «  Cacyreus marshalli en France : contribution à l'ébauche de la cartographie de son extension », dans « Alexanor » n° 21, 2, 1999 (p. 111-112).
  • J.F. Germain, «  Cacyreus marshalli, nouveau ravageur du Pélargonium », dans « PHM Revue Horticole », n° 402, 1999 (p. 36-40).
  • G. Tiberglien, «  Les Lycène des Géraniums, Cacyreus marshalli : état 2002 d'une espèce invasive », dans « Bull. Soc. Sc. Nat. Ouest Fr. N. S. », n° 24, 4, 2002 (p.205-214)
  • Xavier Mérit, «  Cacyreus marshalli Butler, 1898, nouvelle espèce pour l’Alsace (Lepidoptera, Lycaenidae) » dans « Bulletin des Lépidoptéristes Parisiens, 2003, 12 (26) (p. 108).
  • Xavier Mérit et Véronique Mérit, «  Cacyreus marshalli (Butler, 1898), espèce nouvelle pour les départements de la Drôme et de la Loire (Lepidoptera Lycaenidae) », dans « Alexanor », 2002 (2004), 22 (7) (p. 415-416).

Notes et références[modifier | modifier le code]