Bruce Bueno de Mesquita

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Bruce Bueno de Mesquita est un expert en science politique né en 1947. Il s'appuie notamment sur un modèle mathématique et informatique pour prévoir l'évolution d'une situation politique ou économique où se retrouvent impliquées de nombreuses personnes aux intérêts divergents.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bruce Bueno de Mesquita est né en 1947. Il fait ses études d'abord à l'université de la Ville de New York, puis à l'université du Michigan, à Ann Arbor. Il commence alors à s'intéresser à la théorie des jeux et lit The Theory of Political Coalitions (en) (La Théorie des coalitions politiques, de William Riker, non traduit en français). Il parvient à rejoindre l'auteur en 1972 à l'université de Rochester, pour travailler sur l'application de modèles mathématiques à l'analyse politique.

En 1979, le département d'État américain (équivalent du ministère des Affaires étrangères) lui demande une analyse sur des résultats parlementaires en Inde, la première application de ses modèles, encore balbutiants à l'époque. Le résultat fournit par l'ordinateur est trop imprévu pour que l'on retienne sa réponse, bien qu'elle se révèle être la bonne par la suite[1].

En 1982, il crée avec A. F. K. Organski une société de conseil, qui propose l'utilisation du modèle politique dans la sphère économique. Brueno Mueto de Mesquita continue à réaliser une vingtaine de prédictions par an, notamment pour la CIA, qui lui en a demandé plus de 1200 à ce jour[1].

En 2005, le magazine Foreign Policy l'a classé parmi les dix experts en sciences politiques les plus influents au monde.

Théorie et modèle mis en œuvre[modifier | modifier le code]

Dans le domaine politique, il n'existe pas pour de Mesquita d'institutions comme l'État ou de priorité globale comme l'intérêt national, juste des individus démarqués, qui tentent de gravir les échelons du pouvoir et de se maintenir à sa tête. Pour cela, ils doivent se rallier une partie de l'opinion publique (de manière différenciée dans une dictature ou une démocratie).

Aussi de Mesquita commence par déterminer quels sont les acteurs principaux susceptibles d'influencer le résultat d'une question politique ou économique (le nucléaire iranien par exemple), qui sont fréquemment une quarantaine. Il suppose, comme dans toute théorie des jeux, que les « joueurs » sont rationnels et égoïstes : ainsi il n'est pas nécessaire de posséder des connaissances psychologiques sur la personne ou historiques, voire culturelles sur le pays[1] : de Mesquita n'a besoin que de définir pour chaque acteur la valeur (entre 0 et 100) de quatre variables :

– quel résultat la personne souhaite-t-elle ?
– fera-t-elle des efforts pour y parvenir ?
– quelle influence peut-elle exercer sur les autres ?
– est-elle fermement déterminée ?

À partir des réponses à ces questions, que de Mesquita engrange grâce à des experts ou par la presse, son modèle mathématique effectue les calculs par ordinateur et donne un résultat, qui correspond au point de stabilité où tous les acteurs auront fait le maximum d'efforts pour converger sur une question en fonctions de leurs alliances, de la situation à long terme, etc.[1].

Résultats et critiques[modifier | modifier le code]

D'après Stanley Feder, qui a publié un rapport sur les prévisions de De Mesquita, les prévisions de ce dernier détiennent le même taux de réussite que celle des analystes de la CIA, mais elles sont plus précises[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d [1] article de Clive Thompson publié dans The New York Times le 12 août 2009 (en anglais)
  2. Article de Clive Thompson du New York Times traduit dans Courrier international n°1002, 14-20 janvier 2010