Bruant proyer

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Emberiza calandra

Bruant proyer.

Le Bruant proyer (Emberiza calandra), aussi appelé Proyer d'Europe, est une espèce d'oiseaux appartenant à la famille des Emberizidae.

Historique et dénomination[modifier | modifier le code]

L'espèce Emberiza calandra a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758[1].

Initialement classé dans le genre Emberiza, puis transféré dans un genre distinct Miliaria Brehm, 1831 à cause de sa taille plus grande que les autres bruants, et à un dimorphisme sexuel peu important du point de vue du plumage. Cependant, les analyses de squelettes, puis les analyses d'ADN mitochondrial, ont montré le manque de justifications pour une classification dans un genre différent.

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • Miliaria calandra Linné,
  • Emberiza miliaria Linné,
  • Fringilla projer Muller
  • Miliaria europaea Swainson

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Liste des Sous-espèces[2] 
  • E. c. calandra Linnaeus, 1758, est la sous-espèce type ;
  • E. c. burturlini Johansen, 1907 ;
  • E. c. clanceyi Meinertzhagen, 1947 ;
  • E. c. thanneri Tschusi zu Schmidhoffen, 1903.

La sous-espèce E. c. insularis Parrot n'est reconnue que par certains auteurs.

Description[modifier | modifier le code]

Il mesure entre 17 et 18 cm de longueur pour une envergure allant de 26 à 32 cm[3]. L'espèce ne présente pas de dimorphisme sexuel si ce n'est une légère différence de corpulence : 89 à 107 mm de longueur d'aile pliée et 55 à 64 g pour le mâle au lieu de 91 à 96 mm et 38 à 52 g pour la femelle. Le bec est court et conique, adapté aux graines qu'il consomme.

Cet oiseau présente le dessus du plumage brun grisâtre ou roussâtre rayé de brun noir et le dessous blanc tacheté de brun noir sur les côtés de la gorge et à la poitrine tandis que les flancs sont rayés de noir[4].

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Le Bruant proyer picore à terre les graines des herbes et des céréales, qui constitueraient 75 % de son alimentation[3]. Il coupe de petites feuilles et des bourgeons. Il cueille aussi des baies.

Essentiellement pour nourrir ses jeunes, il capture des insectes adultes et larves (coléoptères, chenilles, sauterelle, etc.), des araignées, des mollusques et des vers de terre.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Oeufs de Bruant proyer Muséum de Toulouse

Entre fin février et mars, le mâle s'installe sur son territoire et chante. Très discrètes, les femelles demeurent en bandes jusque fin avril. Le mâle est quelquefois polygame.

Le nid est construit à même le sol, avec des racines, des herbes sèches. Le fond est tapi de poils ou de foin.

En mai-juin, la femelle pond 3 ou 5 œufs, rarement 6, blancs tachetés et marbrés de noir, dont la taille a pour valeurs extrêmes : 19,0-28,6 mm × 16,0-19,5 mm[5]. Elle les couve seule durant 12 à 14 jours, puis nourrit les petits, aidée à partir du quatrième jour par le mâle[5]. Alors qu'ils ne savent pas encore voler, les petits quittent le nid sans trop s'éloigner à l'âge de 9 ou 12 jours.

Une fois l'élevage des jeunes terminé le couple peut avoir une seconde nichée.

Comportement[modifier | modifier le code]

Territorial en période de reproduction, le Bruant proyer constitue le plus souvent de petits groupes en période internuptiale. Les dortoirs sont fréquemment situés à proximité de l'eau, dans les champs de plantes sarclées et les prairies. Ils peuvent réunir entre 500 et 700 oiseaux en automne.

Cette espèce boit et se baigne volontiers.

Voix[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Enregistrements du Bruant proyer (info)

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Ses appels sont des ticks, doublés lorsqu'il vole. Le chant est court, ressemblant à un zick zick zick zick zick chnirrps[5] (Écouter).

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Distribution géographique[modifier | modifier le code]

Il vit dans toute l'Europe, à l'exceptions des régions nordiques. On le trouve également en Afrique du Nord et dans une grande partie de l'Asie.

Les populations les plus au nord de la répartition migre en grands groupes vers le sud de l'Europe ou de l'Asie.

Habitat[modifier | modifier le code]

Il habite principalement les terrains ouverts, comme les champs de céréales, ou les pâtures de basse altitude.

Menaces et conservation[modifier | modifier le code]

Cette espèce est classée par l'UICN en LC (Préoccupation mineure)[6].

Protection[modifier | modifier le code]

Le Bruant proyer bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire[7]. Il est donc interdit de le détruire, le mutiler, le capturer ou l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, et de détruire, altérer ou dégrader son milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Linnaeus, C. (1758). Systema Naturae per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, Tomus I. Editio decima, reformata. Holmiæ: impensis direct. Laurentii Salvii. i–ii, 1–824 pp : page 176
  2. (en) Corn Bunting (Emberiza calandra) Linnaeus, 1758, sur Avibase
  3. a et b Référence Oiseaux.net : Miliaria calandra (+ répartition) (fr)
  4. Géroudet P. (1998) Les Passereaux d'Europe. Tome 2. De la Bouscarle aux Bruants. Delachaux & Niestlé, Lausanne, Paris, 512 p.
  5. a, b et c Jiří Félix, Oiseaux des Pays d'Europe, Paris, Gründ, coll. « La Nature à livre ouvert »,‎ 1986, 22 cm × 30 cm, 320 p. (ISBN 2-700-01504-5), p. 287
  6. Référence UICN : espèce Miliaria calandra Linnaeus, 1758 (en)
  7. Le statut juridique des oiseaux sauvages en France, Ligue pour la protection des oiseaux

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ch. & J. Champion, « Le Bruant proyer, un discret virtuose », L'Oiseau magazine, Rochefort, Ligue pour la protection des oiseaux, vol. 93,‎ janvier 2009, p. 62-65 (ISSN 0297-5785)

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Espèce Emberiza calandra[modifier | modifier le code]

Genre Miliaria[modifier | modifier le code]