Broglie (Eure)
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| Broglie | ||
Village de Broglie |
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Blason |
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| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Haute-Normandie | |
| Département | Eure | |
| Arrondissement | Arrondissement de Bernay | |
| Canton | Canton de Broglie | |
| Intercommunalité | Communauté de communes du canton de Broglie | |
| Maire Mandat |
Jean Quatravaux 2008-2014 |
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| Code postal | 27270 | |
| Code commune | 27117 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Brogliens (anc. broglions) | |
| Population municipale |
1 110 hab. (2009) | |
| Densité | 139 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 132 m — Max. 197 m | |
| Superficie | 7,96 km2 | |
| Localisation | ||
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Broglie (prononcée brogli) est une commune française, située dans le département de l’Eure et la région Haute-Normandie, appelée Chambrais jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Ses habitants sont appelés les Brogliens (anc. et toujours courant broglions).
Sommaire |
Géographie [modifier]
La commune de Broglie se situe dans la vallée de la Charentonne, affluent de la Risle qui se jette elle-même dans l'estuaire de la Seine. La Risle est la limite naturelle entre le Pays d'Ouche à l’Est et le plateau du Lieuvin à l’Ouest. Broglie se situe à une dizaine de kilomètres de Bernay et une cinquantaine d'Évreux.
Toponymie [modifier]
« La dénomination actuelle de Broglie s’est substituée en 1742 à celle de Chambrais à l'occasion de l’érection de cette terre en duché en l'honneur du maréchal de Broglie, dont la famille était d’origine italienne[1]. »
L'origine du toponyme originel Chambrais est mal éclaircie. La forme la plus ancienne (latinisée) est Cambrense vers 1000 après J.C., ensuite on trouve Cambrest, Chambrescum en 1155 - 1158[2].
La première forme Cambrense peut être rapprochée de Camarès (Aveyron, Cambarensis 883), mais la seconde est plus proche de Combrée (Maine-et-Loire, Combaristum IIIe siècle)[2].
Le radical cambar, combar / camar se retrouve dans de nombreux toponymes en France : Cambrai, Cambayrac, Camalès, Combrée, etc[3]. Il est cependant probable que le type toponymique *Camar(i)acum qui explique Cambrai, Cambeyrac, Chambray, etc. soit basé sur le nom de personne gaulois Cambarius dérivé [?] de Cambo « Courbé, Tordu »[4],[5], suivi du suffixe celtique de localisation et de propriété -acum.
Broglie est la francisation de Broglio (italien [broljo]), nom de personne tiré d'un toponyme Broglio, dont il existe quelques exemples au nord de l'Italie et en Suisse[6]. Il est issu du même étymon gaulois brogilos « petit bois » que les toponymes du type le Breuil, Breil, Brieul, Bruel, etc[7].
Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Chambrois[8].
Histoire [modifier]
Broglie est une fondation d'origine celtique (gauloise) qui se situait à la croisée de voies romaines des routes du sel et du fer. On y trouve d'ailleurs de nombreux fours à fondre le minerai ainsi que des châteaux et églises qui furent pillés et brûlés à de nombreuses reprises.
C'est probablement une fondation gauloise ancienne qui doit sûrement son développement au fait qu'il était situé à la croisée de routes, mais ce lieu ne doit cependant pas être confondu avec Chambray, autre commune de l'Eure, dont l'étymologie est peut-être la même.
Le bourg figure dans la dot de Judith de Bretagne et devient au Xe siècle partie intégrante du domaine du duc Richard II.
Au XIe siècle, Chambrais devint propriété de Henri Ier de Ferrières. La seigneurie passe à la famille Lecomte de Nonan en 1653. Puis, en 1682, Simon Arnauld de Pomponne, qui vient d'être disgracié de sa charge de secrétaire d'État des Affaires étrangères, achète la baronnie de Chambrais, Ferrières et autres lieux.
Enfin, en 1716, François Marie, comte de Broglie, achète la baronnie au fils de Pomponne, qui est érigée en duché héréditaire en 1742 par Louis XV, sous le nom de Broglie pour récompenser la famille de Broglie des éminents services rendus au royaume, notamment lors des guerres de Succession d'Espagne, de Pologne et d'Autriche.
Les constructions militaires de l’ancienne forteresse ont été remplacées par un vaste château moderne entouré d’un beau parc qui domine la vallée de la Charentonne.
Plusieurs personnages célèbres ont séjourné à Broglie :
Augustin Fresnel (1789-1827), auteur de la théorie ondulatoire de la lumière ;
Louis de Broglie, prix Nobel de physique, décédé en 1987, dont les travaux se rapprochent très directement des découvertes de Fresnel
et, enfin, Léonor Mérimée, père de Prosper Mérimée, écrivain du XIXe siècle, qui, lors de la Révolution de 1789, aurait évité le pillage du château en livrant ses archives aux émeutiers; son nom a été donné à un pavillon de la demeure.
Héraldique [modifier]
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Ces armes peuvent se blasonner ainsi aujourd’hui : D'or au sautoir ancré d'azur |
Administration [modifier]
Démographie [modifier]
Lieux et monuments [modifier]
- Église Saint-Martin : L'église actuelle fut édifiée au cours de la deuxième partie du XIe siècle par Henri II de Ferrières. Six colonnes romanes supportent des arcatures entrecroisées ; au-dessus, une ogive abrite la statue du saint patron et les piliers nord de la nef sont de style roman. Le collatéral sud a été construit au XVe siècle par Jean IV de Ferrières. À noter, un joli vitrail représentant saint Martin qui coupe son manteau pour en donner la moitié à un pauvre (en tant que membre de l'armée romaine, il ne possédait "en propre" que la moitié de cet équipement militaire).
- Château de Broglie : « Le prototype des châteaux "sérieux" est celui, des ducs de Broglie[12]…» Il est décrit vers 1900 par Pauline de Broglie, petite-fille du duc Victor, époux en 1816 d'Albertine de Stael, en ces termes : « La grande maison, fermée depuis de long mois, mal nettoyée. L'immense salle à manger était sombre, les portraits d'ancêtres à peine éclairés par les grosses lampes à pétrole suspendues aux plafonds et qui se balançaient au bruit des chaînes de cuivre (…) » Elle est aussi séduite par la célèbre bibliothèque aménagée par son grand-père, contenant 40 000 volumes : « Les rayons de livres qui, sur les quatre murs, vont du plancher au plafond, sont entièrement en pitchpin. Un petit escalier à vis monte jusqu'à un galerie légère qui fait le tour des rayons sans qu'on puisse comprendre sur quoi elle prend son appui (…). Le plafond en bois est formé de caissons orné de rosaces en pâte plastique ton sur ton. Sur les travées du haut se trouvent tous les livres qui ont appartenu à Mme de Stael et sont venus de Coppet après la mort de son fils Auguste en 1827 (…) » Les in-folio rangés à plat dans les meubles du centre, les fauteuils couverts d'andrinople rouge, "un superbe bureau Empire qui venait, disait-t-on, de la Malmaison", une lourde statue de Moise en bronze, le maître à penser d'une digne bibliothèque de "doctrinaire"[13]. Populairement, il est dit que le Château compte "autant de fenêtres qu'il y a de jours dans l'année" (non vérifié). Situé en surplomb, entouré d'un vaste parc et d'une dense hêtraie, il est très peu visible et peu accessible aux visites.
- L'ancienne gare ferroviaire, parfaitement conservée, est utilisée comme bibliothèque municipale. En direction de Bernay (Eure), l'ancienne voie ferrée Bernay-Sainte-Gauburge a été transformée en Voie verte.
- La léproserie (dite "maison des lépreux"), située juste à l'arrière de l'église.
- Le jardin aquatique.
- La vallée de la Charentonne et du Guiel, site naturel protégé.
Personnalités liées à la commune [modifier]
- Simon Arnauld de Pomponne, ministre de Louis XIV, baron de Chambrais de 1682 à 1699. Il a commencé à reconstruire le château ;
- Augustin Fresnel (1788, Broglie-1827, Ville-d'Avray), physicien ;
- Léonor Mérimée (1757-1836), peintre, père de Prosper ;
- Jean de Broglie, (1921-1976), arrière-petit-fils de Germaine de Staël, ministre, signataire des accords d'Évian, assassiné à Paris ;
- Victor-François Marie Léon Amédée de Broglie (1949-2012), 8e duc de Broglie, fils du précédent, maire de la commune.
Particularité [modifier]
- Dans l'œuvre de Frédéric Dard, le célèbre inspecteur principal Bérurier, adjoint fidèle du commissaire San-Antonio, est originaire de Saint-Locdu-Le-Vieux. Selon plusieurs experts, cette commune serait Broglie[14].
- L'assemblée générale des Amis de San Antonio s'est tenue à Broglie en juin 2004 et a été l'occasion d'inaugurer la nouvelle bibliothèque Frédéric-Dard de Broglie.
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
Notes et références [modifier]
- François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3) (OCLC 9675154), p. 78-79
- François de Beaurepaire, Op. cit.
- Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, 1979 (ISBN 2-85023-076-6)
- François de Beaurepaire, Op. cit., p. 87.
- Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise. Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, éditions Errance, 2003, p. 99-100, sous cambo-
- Dictionnaire étymologique de l'italien (lire en ligne), entrée Bròglio, Bruòlo, Bròlo
- Xavier Delamarre, Op. cit., p. 91.
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Broglie », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Consulté le 11 janvier 2013
- Résultats du recensement de la population - Broglie, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
- Recensement de la population au 1er janvier 2006, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
- Populations légales 2009 en vigueur le 1er janvier 2012, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
- Juliette Benzoni, Cent ans de vie de château, ch. I. La Belle Époque, C. de Bartillat, 1992, p. 172.
- Comtesse de Pange, Comment j'ai vu 1900, 1976.
- Assemblée générale de l'Association des Amis de San-Antonio en juin 2004