Broglie (Eure)

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Broglie
Village  de Broglie
Village de Broglie
Blason de Broglie
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Arrondissement de Bernay
Canton Canton de Broglie
Intercommunalité Communauté de communes du canton de Broglie
Maire
Mandat
Roger Bonneville
2014-2020
Code postal 27270
Code commune 27117
Démographie
Gentilé Brogliens (anc. broglions)
Population
municipale
1 098 hab. (2011)
Densité 138 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 00′ 34″ N 0° 31′ 49″ E / 49.0094444444, 0.53027777777849° 00′ 34″ Nord 0° 31′ 49″ Est / 49.0094444444, 0.530277777778  
Altitude Min. 132 m – Max. 197 m
Superficie 7,96 km2
Localisation

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Broglie (prononcée brogli) est une commune française située dans le département de l’Eure en région Haute-Normandie, appelée Chambrais jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Ses habitants sont appelés les Brogliens (anc. et toujours courant broglions).

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Broglie se situe dans la vallée de la Charentonne, affluent de la Risle qui se jette elle-même dans l'estuaire de la Seine. La Risle est la limite naturelle entre le pays d'Ouche à l’est et le plateau du Lieuvin à l’ouest. Broglie se situe à une dizaine de kilomètres de Bernay et une cinquantaine d'Évreux.

Toponymie[modifier | modifier le code]

« La dénomination actuelle de Broglie s’est substituée en 1742 à celle de Chambrais à l'occasion de l’érection de cette terre en duché en l'honneur du maréchal de Broglie, dont la famille était d’origine italienne[1]. »

L'origine du toponyme originel Chambrais est mal éclaircie. La forme la plus ancienne (latinisée) est Cambrense vers 1000 après J.C., ensuite on trouve Cambrest, Chambrescum en 1155 - 1158[2].

La première forme Cambrense peut être rapprochée de Camarès (Aveyron, Cambarensis 883), mais la seconde est plus proche de Combrée (Maine-et-Loire, Combaristum IIIe siècle)[2].

Le radical cambar, combar / camar se retrouve dans de nombreux toponymes en France : Cambrai, Cambayrac, Camalès, Combrée, etc[3]. Il est cependant probable que le type toponymique *Camar(i)acum qui explique Cambrai, Cambeyrac, Chambray, etc. soit basé sur le nom de personne gaulois Cambarius dérivé [?] de Cambo « Courbé, Tordu »[4],[5], suivi du suffixe celtique de localisation et de propriété -acum.

Broglie est la francisation de Broglio (italien [broljo]), nom de personne tiré d'un toponyme Broglio, dont il existe quelques exemples au nord de l'Italie et en Suisse[6]. Il est issu du même étymon gaulois brogilos « petit bois » que les toponymes du type le Breuil, Breil, Brieul, Bruel, etc[7].

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Chambrois[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Broglie est une fondation d'origine celtique (gauloise) qui se situait à la croisée de voies romaines des routes du sel et du fer. On y trouve d'ailleurs de nombreux fours à fondre le minerai ainsi que des châteaux et églises qui furent pillés et brûlés à de nombreuses reprises.

C'est probablement une fondation gauloise ancienne qui doit sûrement son développement au fait qu'il était situé à la croisée de routes, mais ce lieu ne doit cependant pas être confondu avec Chambray, autre commune de l'Eure, dont l'étymologie est peut-être la même.

Le bourg figure dans la dot de Judith de Bretagne et devient au Xe siècle partie intégrante du domaine du duc Richard II.

Au XIe siècle, Chambrais devint propriété de Henri Ier de Ferrières. La seigneurie passe à la famille Lecomte de Nonan en 1653. Puis, en 1682, Simon Arnauld de Pomponne, qui vient d'être disgracié de sa charge de secrétaire d'État des Affaires étrangères, achète la baronnie de Chambrais, Ferrières et autres lieux.

Enfin, en 1716, François Marie, comte de Broglie, achète la baronnie au fils de Pomponne, qui est érigée en duché héréditaire en 1742 par Louis XV, sous le nom de Broglie pour récompenser la famille de Broglie des éminents services rendus au royaume, notamment lors des guerres de Succession d'Espagne, de Pologne et d'Autriche.

Les constructions militaires de l’ancienne forteresse ont été remplacées par un vaste château moderne entouré d’un beau parc qui domine la vallée de la Charentonne.

Plusieurs personnages célèbres ont séjourné à Broglie :

Augustin Fresnel (1789-1827), auteur de la théorie ondulatoire de la lumière ;

Louis de Broglie, prix Nobel de physique, décédé en 1987, dont les travaux se rapprochent très directement des découvertes de Fresnel

et, enfin, Léonor Mérimée, père de Prosper Mérimée, écrivain du XIXe siècle, qui, lors de la Révolution de 1789, aurait évité le pillage du château en livrant ses archives aux émeutiers ; son nom a été donné à un pavillon de la demeure.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Broglie

Ces armes peuvent se blasonner ainsi aujourd’hui :

D'or au sautoir ancré d'azur

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1955 1976 Jean de Broglie RI député et ministre
janvier 1977 février 1995 Claude Cordier RPR Notaire
mars 1995 février 2001 Victor-François Marie Léon Amédée de Broglie DVD conseiller-général
mars 2001 février 2008 Jean Quatravaux Sans étiquette Chef d'entreprise
mars 2008   Bruno Leclercq Sans étiquette  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 098 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
955 977 972 950 1 007 1 052 1 024 1 265 1 232
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 204 1 214 1 252 1 176 1 140 1 122 1 025 1 034 966
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
963 923 1 017 917 992 974 919 1 012 982
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 057 1 051 1 132 1 126 1 168 1 105 1 111 1 115 1 098
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin
  • Église Saint-Martin : L'église actuelle fut édifiée au cours de la deuxième partie du XIe siècle par Henri II de Ferrières. Six colonnes romanes supportent des arcatures entrecroisées ; au-dessus, une ogive abrite la statue du saint patron et les piliers nord de la nef sont de style roman. Le collatéral sud a été construit au XVe siècle par Jean IV de Ferrières. À noter, un joli vitrail représentant saint Martin qui coupe son manteau pour en donner la moitié à un pauvre (en tant que membre de l'armée romaine, il ne possédait "en propre" que la moitié de cet équipement militaire).

Vers 1900 il est décrit ainsi par Pauline de Broglie, petite-fille du duc Victor (époux en 1816 d'Albertine de Stael) :

« La grande maison, fermée depuis de long mois, mal nettoyée. L'immense salle à manger était sombre, les portraits d'ancêtres à peine éclairés par les grosses lampes à pétrole suspendues aux plafonds et qui se balançaient au bruit des chaînes de cuivre (…) » Elle est aussi séduite par la célèbre bibliothèque aménagée par son grand-père, contenant 40 000 volumes : « Les rayons de livres qui, sur les quatre murs, vont du plancher au plafond, sont entièrement en pitchpin. Un petit escalier à vis monte jusqu'à un galerie légère qui fait le tour des rayons sans qu'on puisse comprendre sur quoi elle prend son appui (…). Le plafond en bois est formé de caissons orné de rosaces en pâte plastique ton sur ton. Sur les travées du haut se trouvent tous les livres qui ont appartenu à Mme de Stael et sont venus de Coppet après la mort de son fils Auguste en 1827 (…) » Les in-folio rangés à plat dans les meubles du centre, les fauteuils couverts d'andrinople rouge, "un superbe bureau Empire qui venait, disait-t-on, de la Malmaison", une lourde statue de Moise en bronze, le maître à penser d'une digne bibliothèque de "doctrinaire"[11].

Le célèbre portrait par le baron Gérard de Mme de Stael en Corinne, coiffée d'un turban blanc barré par un tortil de couleur noués "à la créole" qui surmonte la cheminée de la bibliothèque, serait une réplique de celui conservé au château de Coppet, selon Léandre Vaillat (Le château de Coppet - "L'Art et les Artistes", 1913, p. 171 - arch. pers.); une autre copie est au château de Versailles.

Populairement, il est dit que le Château compte "autant de fenêtres qu'il y a de jours dans l'année" (non vérifié). Situé en surplomb, entouré d'un vaste parc et d'une dense hêtraie, il est très peu visible et peu accessible aux visites.

  • L'ancienne gare ferroviaire, parfaitement conservée, est utilisée comme bibliothèque municipale. En direction de Bernay (Eure), l'ancienne voie ferrée Bernay-Sainte-Gauburge a été transformée en Voie verte.
  • La léproserie (dite "maison des lépreux"), située juste à l'arrière de l'église.
  • Le jardin aquatique.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Mairie et église de Broglie

Particularité[modifier | modifier le code]

  • Dans l'œuvre de Frédéric Dard, le célèbre inspecteur principal Bérurier, adjoint fidèle du commissaire San-Antonio, est originaire de Saint-Locdu-Le-Vieux. Selon plusieurs experts, cette commune serait Broglie[12].
  • L'assemblée générale des Amis de San Antonio s'est tenue à Broglie en juin 2004 et a été l'occasion d'inaugurer la nouvelle bibliothèque Frédéric-Dard de Broglie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard,‎ 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 78-79
  2. a et b François de Beaurepaire, Op. cit.
  3. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6)
  4. François de Beaurepaire, Op. cit., p. 87.
  5. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise. Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, éditions Errance,‎ 2003 (ISBN 2-87772-237-6), p. 99-100, sous cambo-
  6. Dictionnaire étymologique de l'italien (lire en ligne), entrée Bròglio, Bruòlo, Bròlo
  7. Xavier Delamarre, Op. cit., p. 91.
  8. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Broglie », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté le 11 janvier 2013)
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  10. Juliette Benzoni, Cent ans de vie de château, ch. I. La Belle Époque, C. de Bartillat, 1992, p. 172.
  11. Comtesse de Pange, Comment j'ai vu 1900, 1976.
  12. Assemblée générale de l'Association des Amis de San-Antonio en juin 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]