Brody (Ukraine)

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Brody
Броди
Blason de Brody
Héraldique
Drapeau de Brody
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Subdivision Flag of Lviv Oblast.png Oblast de Lviv
Maire Bohdan Semtchouk
Code postal 80600
Indicatif tél. +380 3266
Démographie
Population 23 784 hab. (2013)
Densité 2 743 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 05′ N 25° 10′ E / 50.083, 25.1750° 05′ Nord 25° 10′ Est / 50.083, 25.17  
Superficie 867 ha = 8,67 km2
Divers
Première mention 1084
Statut Ville depuis 1584
Localisation

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Brody
Sources
Liste des villes d'Ukraine

Brody (en ukrainien et en russe : Броди ; en polonais : Brody ; en yiddish : בּראָד, Brod) est une ville de l'oblast de Lviv, en Ukraine, et le centre administratif du raïon de Brody. Sa population s'élevait à 23 784 habitants en 2013.

Géographie[modifier | modifier le code]

Brody est située dans la vallée supérieure de la rivière Styr, à 87 km au nord-est de Lviv.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première mention de la ville remonte à 1084. Elle a sans doute été détruite en 1241 par Batou Khan. À partir de 1441, elle fut la possession de plusieurs familles féodales (Sienioski, Kamieniecki). La ville, qui était alors connue sous le nom de Lubicz reçut, des privilèges urbains (droit de Magdebourg) en 1546. En 1629, Brody entra en la possession de Stanisław Koniecpolski, qui la transforma en forteresse (1630-1635) sur les plans de l'ingénieur militaire français le marquis Guillaume Levasseur de Beauplan. En 1648, Bohdan Khmelnytsky fut incapable de la prendre malgré un siège de huit semaines.

Depuis le XVIIe siècle, la ville est peuplée principalement d'Ukrainiens et de Polonais, mais aussi de Juifs, d'Arméniens et de Grecs. En 1704, elle est achetée par la famille Potocki. En 1734, la forteresse est détruite par les troupes russes, puis reconstruite par Stanislaw Potocki dans un style baroque.

De la première partition de la Pologne, en 1772, à 1918, la ville fait partie de l'Empire d'Autriche puis Autriche-Hongrie (Cisleithanie après le compromis de 1867). C'est le chef-lieu du district de Brody, l'un des 78 Bezirkshauptmannschaften (powiats) en province (Kronland) de Galicie en 1900[1].

En 1812, Wincenty Potocki est forcé par le gouvernement autrichien d'abattre les fortifications de la ville.

Timbre de l'empire d'Autriche oblitéré à Brody en 1864

De 1918 à 1944[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale, le sort de la Galicie fut disputé par la Pologne et la Russie soviétique, jusqu'à la paix de Riga, signée le 18 mars 1921 et qui attribua la Galicie orientale à la Deuxième République de Pologne[2]. Brody fut rattachée à la voïvodie de Tarnopol. L'armée polonaise et l'Armée rouge y firent de graves destructions au cours de la guerre russo-polonaise de 1920, décrite en détail dans Cavalerie rouge d'Isaac Babel. C'était une ville militaire, base de la brigade de cavalerie Kresowa.

En septembre 1939, après la défaite polonaise face à l'Allemagne nazie, Brody fut occupée par l'Armée rouge, conformément aux clauses du pacte germano-soviétique. Entre le 26 juin et le 30 juin 1941, une bataille opposa la Première Armée Panzer allemande à cinq corps mécanisés soviétiques, avec de lourdes pertes des deux côtés. Au cours de l'été 1944, Brody et ses environs furent le théâtre d'une importante opération stratégique — l'opération Lvov-Sandomierz, à l'issue de laquelle l'armée soviétique encercla et détruisit d'importantes forces allemandes.

Dans le Gouvernement général sous l'occupant nazi, la Galicie orientale est annexée en 1944 par l'Union soviétique et incluse dans la République socialiste soviétique d'Ukraine.

La communauté juive[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, Brody était un carrefour et un centre de commerce juif et était considérée comme un shtetl. Elle était alors célèbre pour ses Brodersänger ou chanteurs de Broder, qui furent parmi les premiers à chanter en yiddish en public, en dehors des fêtes de Pourim ou des mariages.

Les mesures discriminatoires du tsar Alexandre III de Russie à l'égard des Juifs contenues dans les Lois de mai 1882 entraînèrent une immigration massive des Juifs de Russie. Chaque jour des centaines de Juifs arrivaient à Brody, ce qui plaça leurs coreligionnaires autrichiens et allemands face un dilemme. Les communautés juives d'Europe centrale et occidentale, qui appartenaient aux classes moyennes, se tournèrent vers l'Alliance israélite universelle, l'un des organisme philanthropique juifs les plus importants et les plus respectées, pour faire face à l'afflux des nouveaux arrivants.

Durant le Gouvernement général et l'occupation nazie, en décembre 1942, la population juive fut enfermée dans un ghetto, à l'intérieur de la ville. La plupart des 9 000 Juifs que comptait la ville avant la guerre périrent, dans des camps de concentration, de faim, du travail forcé ou furent assassinés.

Population[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[3] :

Évolution démographique
1869 1880 1900 1910 1939 1959*
18 700 20 000 16 400 18 000 15 700 10 243
1970* 1979* 1989* 2001* 2012 2013
15 948 19 471 23 256 23 239 23 725 23 784


Personnalité[modifier | modifier le code]

  • Joseph Roth (1894-1939), écrivain autrichien, né à Brody

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sandok Barącz, Wolne miasto handlowe Brody, Lwów, 1865.
  • Jakov Chonigsman, Evrei goroda Brody (1584–1944), L'vov, 2001.
  • Moriz Friedländer, Fünf Wochen in Brody unter jüdisch-russischen Emigranten, Wien, 1882. ([1])
  • Nathan Michael Gelber, Toledot jehudej Brody 1584–1943, Jerušalajim, 1955.
  • Zbigniew Kościów, Brody. Przypomnienie kresowego miasta, Opole, 1993.
  • Börries Kuzmany, Brody. Eine galizische Grenzstadt im langen 19. Jahrhundert, Böhlau, Wien/Köln/Weimar 2011. ISBN 978-3-205-78763-1 (PDF; 16,9 MB)
  • Börries Kuzmany, Die Stadt Brody im langen 19. Jahrhundert – Eine Misserfolgsgeschichte?, Thèse, Université de Vienne et Université Paris IV, 2008. [2]
  • Tadeusz Lutman, Studja nad dziejami handlu Brodów w latach 1773–1880, Lwów, 1937.
  • Mark Wischnitzer, Die Stellung der Brodyer Juden im internationalen Handel in der zweiten Hälfte des 18. Jahrhunderts, in: Wischnitzer, M. (Hg.): Festschrift zu S. Dubnows 70. Geburtstag, Berlin, 1930, p. 113–123.
  • Bohdan Zrobek, Brody i Bridščyna. Istoryčno-memuarnyj zbirnyk. Kniha II, Brody, 1998.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wilhelm Klein, Die postalischen Abstempelungen auf den österreichischen Postwertzeichen-Ausgaben 1867, 1883 und 1890, Vienne, 1967.
  2. André et Jean Sellier, Atlas des peuples d'Europe centrale, Paris, éd. La Découverte, 1991, p. 94.
  3. « Recensements et estimations de la population depuis 1897 », sur pop-stat.mashke.org(uk) « Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2010, 2011 et 2012 », sur database.ukrcensus.gov.ua« Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2011, 2012 et 2013 », sur database.ukrcensus.gov.ua

Liens externes[modifier | modifier le code]