Brian Jones (musicien)

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Brian Jones, de son vrai nom Lewis Brian Hopkin Jones, icône des sixties (28 février 1942 à Cheltenham, Gloucestershire - 3 juillet 1969 à Hartfield, Sussex) est un musicien et compositeur britannique. Il est surtout connu pour avoir été le fondateur et guitariste des Rolling Stones, de 1962 à 1969 ainsi qu'un musicien ingénieux (orgue, sitar, mellotron, clavecin, piano, etc.) ayant largement influencé le son de ces derniers dans les années 60.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Carrière musicale

Très jeune, il est touché par les grands bluesmen noirs américains (sa collection de disques, édifiante, fera de nombreux jaloux). Il apprend la guitare, se forge un style personnel à la slide ainsi qu'une technique d'harmoniciste stupéfiante. Jones cumule parallèlement d'autres records : gravitant autour de la Métropole dès 1962, hébergé par Alexis Korner, il sera connu à partir de 1965 comme le plus jeune alcoolique de Londres. Expulsé à 16 ans de son école pour avoir mis une fille de sa classe enceinte, il s'enfuit en Suède où il parcourt les clubs avec son bottleneck. Revenu en Grande-Bretagne, Jones est déjà une icône locale, reproduisant les solos d'Elmore James[1] à la perfection.

Il fonde les Rolling Stones en 1962, donnant une visée puriste à son groupe. Il rencontre Mick Jagger et Keith Richards au Ealing Jazz Club d'Alexis Korner. Il est rapidement dépassé par le leadership de Jagger-Richards qui, encouragés par leur nouveau manager Andrew Loog Oldham, se mettent à composer pour le groupe et écartent peu à peu Brian du rôle de leader. C'est à cette époque qu'il commence à manquer quelques concerts en raison de son état de santé affaibli par les drogues, l'alcool et les médicaments, et à se perdre dans ses conquêtes féminines et leur conséquences [2] ; il a déjà deux enfants [3]. En 1964, la seconde tournée américaine sacralise ses vœux de voir les Stones enregistrer aux Chess Studios de Chicago. Cependant, la reconnaissance mondiale du combo, dérivant vers une pop toute nouvelle à l'époque, lui fait faire la grimace. Abandonnant toute direction artistique centrale, Jones se rabat sur les ailes en se découvrant un arrangeur multi-instrumentiste de génie (Paint It Black, 2000 Light Years from Home, Ruby Tuesday, Lady Jane). Le film promotionnel de We Love You en 1967 a de quoi donner des frissons à tout le petit monde psyché fleurette de London : Jones est vert, défoncé à mort au LSD, totalement ailleurs. Ce n'est que le commencement…

Inlassablement poursuivi par la police, Jones oscille entre paranoïa et délire de persécution, il ne lui reste que quelques éclairs de génie (notamment la B. O. du film de Volker Schlöndorff, avec Anita Pallenberg dans le rôle principal, Mord und Totschlag, 1967, inédite [4]). Le reste est confusion. En 1967, il s'enfuit au Maroc et enregistre avec des musiciens locaux un disque bizarre rempli de flûtes de Pan : The Pipes of Pan at Jajouka, album resté méconnu bien que beaucoup s'accordent à reconnaître que c'était un premier pas dans la World Music (Brian jouait par ailleurs du sitar sur certaines chansons des R.Stones).

Les relations de Brian Jones avec les autres membres du groupe se dégradent, en particulier avec Keith Richards, à partir du moment où le mannequin suédois Anita Pallenberg quitte le premier pour le second. Dès lors, c'est le début de la fin. Jones ne participe qu'épisodiquement aux sessions de Beggars Banquet, l'album qui marque le renouveau musical du groupe après un an d'errances psychédéliques. On lui doit notamment la partie de guitare slide sur "No expectations" et le sitar sur "Street fighting man". C'est à peu près tout. L'ingénieur du son de l'époque raconte qu'il arrivait qu'on coupe les micros à Brian Jones tellement son jeu était inaudible et aléatoire. Dans le documentaire "One+One", tourné par Jean-Luc Godard pendant les enregistrements de Beggars Banquet, on le voit gratter une guitare acoustique avec Mick Jagger au moment de la conception de "Sympathy for the devil", avant de se laisser glisser dans l'inertie, devenant spectateur du propre groupe qu'il avait créé. L'ancien génie multi-instrumentiste n'est plus alors qu'une épave ravagée par la drogue, comme le montre le concert du "Rock'n roll circus", show organisé par les Stones en décembre 1968 avec la participation de quelques barons du rock, dont les Who, John Lennon, Marianne Faithfull et Eric Clapton. Brian Jones semble totalement hors du coup, relégué aux maracas sur "Sympathy for the devil".

Il achète la maison d'A. A. Milne, l'auteur de Winnie l'ourson, dans le Sussex au Royaume-Uni et se fait construire une piscine (où il trouvera la mort quelque temps plus tard). Il prend aussi du poids et finit par se faire exclure des Stones le 5 juin 1969, sa dépendance aux drogues diverses, qu'il absorbe en grandes quantités, à l'alcool et aux médicaments l'ayant rendu incapable de participer aux activités du groupe. On le remplace dans un premier temps par Mick Taylor (qui restera dans le groupe jusqu'en 1974 et sera remplacé par Ron Wood). Brian Jones meurt peu de temps après, noyé dans sa piscine. Différentes hypothèses sont étudiées dont celle du meurtre. Il est le premier rocker des sixties à être passé de l'autre côté le 3 juillet 1969.

Dans le livre 25x5, Mick Jagger lui rendra hommage en disant : « Nous avons essayé de rester dans la droite ligne du rythm and blues ; Brian a su nous en faire sortir, avec parfois de très heureux résultats. ».

[modifier] Vie privée

Il eut une relation avec l'actrice allemande Anita Pallenberg, qui le quittera plus tard pour Keith Richards en 1967, ce qui contribuera à la dégradation de son état moral. Il est également sorti avec Suki Potier en 1968, puis avec Amanda Lear en 1969.

Brian est connu pour avoir eu de nombreux enfants illégitimes :

  • le premier alors qu'il n'avait que 16 ans, au lycée, dont il fut exclu,
  • un autre avec Pat Andrew en 1961 ; il ne vivra pas avec elle, mais s'occupera d'elle quelque temps, surtout au début des Stones, où ils (elle et le bébé) venaient dormir de temps à autre dans la co-location "stonienne" d'Edith Grove,
  • un autre enfant en 1964 avec Linda Lawrence, sa petite amie du moment ; relation qu'il entretenait parallèlement à celle avec Pat Andrew.

[modifier] Film

Le film Stoned sorti en 2006 lui est consacré. Un film de Stephen Woolley avec Leo Gregory dans le rôle de Brian Jones.

Des documentaires sont parus également : "Brian Jones et les Rolling Stones" de Richard Driscoll, sorti en 2006 ; et "The Rolling Stones : In Memory of Brian Jones".

[modifier] Notes

  1. Il se donnera parfois le pseudonyme d'Elmo Lewis ; Elmo pour Elmore James, et Lewis, son deuxième prénom.
  2. James Phelge : "Brian was more preoccupied with his domestic situation and seemed to have no spare time", dans son livre Nakering with the Rolling Stones.
  3. L'un conçu au lycée, l'autre en 61 avec Pat Andrew, avec qui il vit plus ou moins régulièrement, tandis qu'il fréquente aussi Linda Lawrence.
  4. Titre anglais : A Degree of Murder ; titre français : Vivre à tout prix. « Pour les besoins de la bande musicale, Brian joue de la guitare, du sitar, de l'orgue, du tympanon et de l'harmonica, reflet de ses multiples talents d'instrumentiste. », Dominique Martin de la Cruz, « Le Psychédélisme anglais – 1966/8 : Rolling Stones », Jukebox magazine, nº 72, juillet-août 1993, p. 62.

[modifier] Bibliographie

[modifier] Revues, magazines…

[modifier] Livres


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